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Comprendre le racisme envers les Noirs et comment devenir un allié : L'histoire de Hantz

Description : Dans cette vidéo, Hantz Prosper raconte son histoire personnelle et son expérience du racisme.

Date : 14 juillet 2020

Durée : 00:07:47

Résolution : 1080p


Transcription

[Sur un fond blanc et violet apparaît le titre « Comprendre le racisme envers les Noirs et comment devenir un allié – L'histoire de Hantz »]

[Hantz Prosper, Directeur principal, Direction générale de la science et de l'infrastructure parlementaire, Services publics et Approvisionnement Canada, apparaît à l'écran]

Comme nous l'avons dit aujourd'hui, il me sera très difficile d'avoir cette conservation, je dois l'admettre. C'est la première fois que je parle de ce sujet devant un si large auditoire, alors ce ne sera pas facile pour moi. Mais je crois que le malaise est inévitable et qu'il peut être gênant pour certains de devoir admettre ou entendre ce qui va suivre, mais en tant que Canadien noir, j'ai ressenti un malaise pendant des années, ce qui fait que, selon moi, nous devons tous accepter d'avoir cette discussion

[Écritures blanches sur fond violet : « Le racisme blesse de plusieurs façons ». Du texte supplémentaire s'affiche : « Santé mentale, sentiment d'appartenance, au travail, en apprentissage »]

parce que le racisme m'a nui sur bien des plans, qu'il s'agisse de ma santé mentale ou de mon sentiment d'appartenance, et même dans mon travail et mon apprentissage.

Le racisme se vit à un très jeune âge, et tout le monde n'en comprend pas les répercussions. Dans mon cas, cela a commencé

[Une photo d'une salle de classe remplie d'enfants apparaît à l'écran. Hantz Prosper est dans la première rangée.]

dès que je suis entré à l'école. Donc à peine cinq ans, et sur la photo, je suis le troisième de la rangée du haut. C'est moi. Vous remarquerez que, dans la classe, il n'y avait que des élèves blancs et des enseignants blancs. C'est l'expérience que j'ai eue pendant presque toute ma scolarité. J'ai toujours eu l'impression que je n'étais pas à ma place, que je n'étais pas représenté, que les gens me regardaient de haut, et il y a eu aussi ces questions, parce que le racisme n'est pas seulement... on me lançait des insultes... j'avais cinq ans et on m'injuriait. À cause de cela, j'ai été dépossédé de mon enfance et de mon innocence.

Plein de questions comme si j'étais un extraterrestre et tout ça, c'est difficile pour un enfant, de comprendre justement pourquoi on me pose ces questions-là et on ne les pose à personne d'autre. Ça m'a tourmenté pendant beaucoup de temps et puis, c'était continuel,

[Hantz Prosper apparaît à l'écran.]

tu sais des questions qui ne venaient pas juste d'une personne, c'était vraiment de différentes personnes, dans différents endroits, donc ce n'est vraiment pas quelque chose qui était unique, mais qui était répandu. Et puis, en grandissant avec cette pensée-là, je suis passé à travers mon adolescence, et puis l'adolescence je dois dire, ça a été très difficile pour moi,

[Une photo de Hantz Prosper, jeune adulte, apparaît à l'écran.]

la période de 15 à 22 ans était très très triste. Je commençais à mieux comprendre la dynamique, ce qui se passait avec le racisme, au niveau de la brutalité policière, je comprenais mieux quand les gens faisaient des commentaires envers moi et ce qui se passait dans le système

[Hantz Prosper apparaît à l'écran.]

et puis je n'étais pas capable de bien digérer ça, de bien associer le tout. Par exemple, quand il y avait de la brutalité policière au Canada, c'est vrai qu'aux États-Unis, il y a beaucoup de brutalité policière, mais au Canada aussi, il n'y avait personne qui me réconfortait pour me dire que j'allais être correct. Les autorités ne disaient pas « ne vous en faites pas, ce n'est pas approprié ».

Et j'ai commencé à m'assombrir à cause des injures qu'on continuait à me lancer. J'éprouvais des sentiments de rage et je me sentais mal dans ma peau. J'ai commencé à perdre l'estime de moi-même et j'ai vraiment sombré dans la dépression,

[Écritures blanches sur fond violet : « Je sentais une discordance entre moi et la société ».]

et j'ai senti qu'il y avait une coupure entre moi et la société, vous savez, et mon cas n'est qu'un exemple.

[Hantz Prosper apparaît à l'écran]

Quand on pense à l'histoire qu'on nous enseigne, du point de vue des Noirs, l'accent mis sur l'esclavage est important, mais on n'enseigne rien d'autre sur ce que les Noirs ont accompli. J'ai dit qu'il serait facile de rappeler dans les salles de classe ce que les Haïtiens ont réalisé par exemple, en devenant la première nation d'esclaves à devenir indépendante en 1804. Nous parlons de l'indépendance américaine ou de la Révolution française, mais pas de l'indépendance haïtienne, et c'est tout à fait regrettable.

Et à travers cette dépression, j'ai toujours aimé le hip-hop et le rap, et les paroles de chansons, et j'ai commencé à écrire de la poésie. Alors j'ai écrit beaucoup de poèmes et c'est ce qui m'a aidé à sortir de la dépression, parce que je ne pouvais pas supporter le fardeau de ne pas comprendre pourquoi les gens ne m'aimaient pas, pourquoi les gens étaient si durs avec moi ou ne voulaient pas voir mes réussites. Ma confiance en moi en a vraiment pris un coup et il m'a fallu quelques années pour retrouver l'estime de moi-même. J'ai réussi à obtenir un diplôme universitaire d'ingénieur en mécanique, puis j'ai dû essayer de trouver un emploi.

J'avais une belle coupe afro à l'époque. J'aimais beaucoup la coupe afro et la réaction des gens quand j'ai eu ma première entrevue était intéressante.
Bonjour, je suis Hantz Prosper, je viens pour l'entrevue. Ils m'ont regardé comme si j'avais l'air d'un extraterrestre et puis ils m'ont demandé de confirmer mon nom et puis je dis : « Oui, c'est Hantz Prosper, j'ai une entrevue maintenant ». Qu'est-ce qu'ils ont fait, ils m'ont emmené dans l'usine, m'ont fait faire un tour de moins de 5 minutes et après ils m'ont laissé partir. Ils m'ont dit : « Merci, on va vous contacter ». Je n'avais aucune question et puis, même en entrant au gouvernement, c'était difficile aussi parce que des fois les gens posent toujours des questions (et je sais que c'est innocent) : « Ah, c'est quoi tu manges? C'est quoi cette nourriture‑là? Pourquoi ci? Pourquoi ça? »

[Une photo de Hantz Prosper, jeune adulte, apparaît à l'écran.]

Il y a une dame une fois que je ne connais pas au travail et qui vient me voir, et puis à l'époque, j'avais un peu plus de cheveux, et puis elle trouvait mes cheveux intéressants et puis elle dit : « J'aimerais toucher tes cheveux, est-ce que c'est correct? » Et puis à ce moment-là j'ai réalisé, je comprends que les gens ont des besoins de curiosité. J'ai commencé à éduquer les gens au lieu de toujours m'opposer et puis, j'ai posé une question, je lui ai dit : « Oui, vous pouvez toucher mes cheveux, mais à une condition. » La personne m'a regardé un peu surprise et elle a dit : « OK, quelle condition? » Et je dis : « À la condition que je puisse toucher vos cheveux. » Et elle était restée surprise, elle ne comprenait pas pourquoi je voulais toucher ses cheveux.

[Hantz Prosper apparaît à l'écran.]

Donc, c'est vraiment le genre de dynamique qui se passe, qui affectait à chaque fois que les gens nous demandent de toucher nos cheveux, de faire des actes comme ça qui sont vraiment difficiles et qui nous agressent ou qui nous embêtent avec le temps. Et puis aussi au travail, je dois avouer que, d'abord toujours être le seul Noir dans la majorité de nos équipes : j'ai toujours été la seule personne noire, dans les comités, où que j'aille, quand je remplaçais mes gestionnaires, je suis toujours le seul Noir. Donc, tout ça fait en sorte que, on voit, il y a un manque de représentation, il y a beaucoup d'obstacles, c'est difficile pour moi de pouvoir avoir ce réseau-là, ces opportunités-là de pouvoir continuer. Et puis, ça m'a demandé beaucoup d'efforts et de travail pour en arriver où je suis. C'est possible, mais je vous dis aujourd'hui quand je regarde ma situation,

[Écritures blanches sur fond violet : « Je ne dis pas que je suis exceptionnel; je dis qu'en réalité, je suis l'exception ».]

où est ce que je suis maintenant, ce n'est pas que je suis exceptionnel, c'est vraiment que je suis l'exception.

[Hantz Prosper apparaît à l'écran.]

Je suis très heureux de constater qu'il se passe beaucoup de choses en ce moment pour soutenir les Noirs au sein du gouvernement fédéral et dans la campagne contre le racisme. Je crois que c'est très important.

Et cela m'encourage de voir que le racisme envers les Noirs est maintenant une priorité et que nous devons vraiment passer de la discussion à l'action.

[Hantz Prosper termine de parler. Sur fond violet, une icône animée montrant un livre avec une feuille d'érable au centre apparaît puis disparaît; l'adresse du site Web Canada.ca/ecole s'affiche, puis disparaît; le logo du gouvernement du Canada apparaît.]

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