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Le rôle de l'employeur dans l'avenir des soins de santé (WMT2-V35)

Description

Cet enregistrement d'événement, qui met en vedette Zayna Khayat, Ph. D., porte sur la manière dont les employeurs, y compris la fonction publique fédérale, deviennent des acteurs clés dans le domaine des soins de santé pour les employés, et met en évidence les conséquences sur les politiques publiques, l'évolution des attentes, les avancées technologiques et les aspects réglementaires à considérer afin d'accorder la priorité au bien-être en milieu de travail.

Durée : 00:57:02
Publié : 23 juillet 2025
Type : Vidéo


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Le rôle de l'employeur dans l'avenir des soins de santé

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Transcription : Le rôle de l'employeur dans l'avenir des soins de santé

[00:00:00 Logo animé de l'École de la fonction publique du Canada]

[00:00:04 Caroline Pitfield apparaît en plein écran. Texte à l'écran : Caroline Pitfield, Membre-cadre du corps professoral, École de la fonction publique du Canada.]

Caroline Pitfield : Bon après-midi et bienvenue. Je suis Caroline Pitfield, membre-cadre du corps professoral de l'École de la fonction publique du Canada, et je serai l'animatrice de l'événement d'aujourd'hui : Le rôle de l'employeur dans l'avenir des soins de santé. Avant de commencer, j'aimerais souligner que je m'adresse à vous depuis le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anichinabé.

Je tiens à exprimer ma gratitude aux générations passées et présentes d'Algonquins qui ont pris soin de cet espace que j'occupe. Je suis très honorée d'être ici. Je reconnais que les participants sont issus de diverses régions du pays et j'aimerais vous donner un moment pour reconnaître le territoire sur lequel vous vous trouvez avant de commencer.

Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir à nouveau Zayna Khayat, Ph. D., futurologue spécialiste de la recherche appliquée en santé, un boulot très sympa.

[00:00:58 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Caroline Pitfield : Zayna est professeure auxiliaire du secteur de la santé à la Rotman School of Management de l'Université de Toronto. Elle est également futurologue de la santé résidente chez Deloitte, au Canada.

Notre format pour aujourd'hui est le suivant : Zayna fera une présentation d'environ 40 minutes sur son travail dans la futurologie, particulièrement en ce qui concerne l'évolution du rôle des employeurs dans la santé au travail et l'avenir du bien-être des employés. Après sa présentation, j'aurai le privilège de discuter avec elle pendant une vingtaine de minutes avant de conclure. Sans plus tarder, Zayna, je vous laisse la parole.

Zayna Khayat : Merci, Caroline. Bonjour à tous. Je suis très heureuse d'être de retour. Je pense que c'est le troisième épisode d'une série sur la futurologie.

[00:01:45 Zayna Khayat apparaît en plein écran. Texte à l'écran : Zayna Khayat, Ph.D., Université de Toronto.]

Zayna Khayat : Notre première discussion, qui portait sur l'avenir de la santé, remonte à deux ans. Nous avons parlé du vieillissement et d'autres sujets. Nous allons maintenant approfondir la question du rôle des employeurs dans l'avenir de la santé des Canadiens et de leurs soins,

[00:01:59 Écran partagé : Zayna Khayat et titre de la diapositive, comme décrit.]

Zayna Khayat : dans le contexte d'un grand nombre de choses qui sont en train de changer. Je pense à la fonction publique, en particulier à la fonction publique fédérale, qui est, je crois, le plus grand employeur au pays. Elle joue un double rôle : mettre en place le régime de politique pour assumer son rôle en constante évolution pour tous les Canadiens, mais en tant qu'employeur important, elle peut aussi faire une énorme différence dans la santé et les soins des Canadiens.

Comme bon nombre d'entre vous le savent, si vous avez participé aux séries précédentes, ces logos qui se trouvent ici représentent en quelque sorte mes conflits financiers dans le cadre de mon travail de futurologue.

[00:02:37 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive, comme décrit.]

Zayna Khayat : Comme Caroline l'a mentionné, j'enseigne à l'école de commerce de l'Université de Toronto. Je suis intégrée en tant que futurologue chez Deloitte. La plupart de mes interventions publiques se font par l'entremise d'un bureau de conférenciers, Talk Boutique, et je conseille deux entreprises de technologie, dont Teladoc Health Canada, une grande entreprise de soins virtuels. Très récemment, j'ai rejoint une entreprise britannique appelée Quadrivia, qui est l'un des premiers agents médicaux d'IA. Tout ce que vous voyez dans les manchettes au sujet de l'IA qui remplace les travailleurs de la santé fait partie de mon travail. Et je fais partie d'une association de futurologues. J'adorerais communiquer avec vous, et bon nombre d'entre vous ont un compte LinkedIn. Vous y trouverez un petit code QR. Vous pouvez aussi me trouver sur Internet.

J'ai acquis certaines de mes connaissances et une partie de mon expertise dans le domaine de la futurologie dans le premier rôle que j'ai occupé en tant que futurologue dans une organisation nationale vaste et complexe, SE Health (St. Elizabeth Health). J'ai bâti l'équipe de futurologie. Je tire une grande partie de mon travail et de mes points de vue sur la futurologie de ce rôle. Je voulais simplement vous en faire part.

[00:03:55 Écran partagé : Zayna Khayat et un article de presse, daté du 21 juillet 1945, annonçant l'ouverture de l'hôpital Kaiser à Oakland, tel que décrit.]

Zayna Khayat : Certains d'entre vous, surtout en Amérique du Nord, et se demandent probablement pourquoi un employeur joue un rôle dans la santé et le bien-être des travailleurs. Certaines origines remontent au milieu des années 1930 aux États-Unis. L'un des industriels du pays, Henry Kaiser, détenait une entreprise et il fallait créer une société pour réaliser un grand projet d'infrastructures. Pensez à la construction du barrage Hoover, d'un chemin de fer ou d'un aqueduc.

Dans ce cas-ci, en 1933, Henry Kaiser concluait de gros contrats de construction et il s'occupait de l'indemnisation des accidentés du travail pour respecter les obligations de l'époque. Dans chaque province, il y a une commission de l'indemnisation des travailleurs ou de la sécurité au travail et tous les employeurs sont légalement tenus de répondre aux besoins de leurs travailleurs, principalement pour assurer leur sécurité. C'était aussi ainsi à l'époque. Pour ce faire, il a dû se doter d'une certaine capacité clinique et mettre en place un régime d'assurance pour protéger la santé des travailleurs; car, imaginons que l'un d'entre eux marche sur un clou dans la construction d'un aqueduc; non seulement il faut régler ce problème médical urgent, mais il y a aussi le risque pour l'entreprise. La construction d'hôpitaux et d'autres infrastructures faisait partie de ces obligations.

Dans l'une des collectivités du Colorado où l'un de ces chantiers était situé, un tout nouveau médecin, Sydney Garfield, tout juste sorti de l'école de médecine de Los Angeles, s'occupait de 5 000 employés travaillant sur l'aqueduc du fleuve Colorado et réalisait que sa mission était de ne pas nuire et de soigner les gens, conformément au serment d'Hippocrate. Beaucoup de ces employés n'avaient pas les moyens de payer ses services médicaux, mais il essayait quand même de les soigner. Or, son modèle ne pouvait pas fonctionner et il n'arrivait pas à exploiter sa clinique. Il ne pouvait pas payer les factures et faire le travail. Il a donc approché Henry Kaiser, car beaucoup de ses patients travaillaient à l'aqueduc du Colorado.

Ils se sont alors demandé comment faire face à cette situation. Ils ont fini par imposer des frais d'environ cinq cents par semaine à chaque employé ou employée afin de faire fonctionner la clinique. Ensuite, l'employeur versait environ 1,50 $ par semaine à même le régime d'assurance contre les accidents du travail qu'il avait pour donner un fonds de roulement à Garfield. C'est ainsi qu'a commencé la médecine industrialisée, fondée sur l'assurance.

Puis, au fur et à mesure qu'ils se sont améliorés dans la prise en charge de la santé des travailleurs dans le cadre de la médecine industrielle, les travailleurs ont commencé à être attirés dans les régions pour construire le barrage Hoover, ou le prochain grand projet, et ils ont amené leur famille. Avant, c'étaient surtout des hommes célibataires qui venaient travailler. Il fallait maintenant ajouter une couverture, non seulement pour le travailleur, mais aussi pour sa famille. Ensuite, les droits et les cotisations ont été élargis.

Ensuite, ils ont tellement bien réussi à construire des hôpitaux et des cliniques pour ces travailleurs et leurs familles au point où ils ont formé ce qui est devenu Kaiser Permanente, un régime de soins de santé et une organisation de prestation en 1945, qui peut maintenant accepter n'importe quel membre qui veut cotiser à ce régime, qu'il travaille sur un projet de Kaiser ou non. Voici donc les racines.

[00:07:50 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive montrant les logos de GMC, de Ford et de Chrysler.]

Zayna Khayat : Nous en sommes arrivés à un point au 21e siècle, surtout parce que la fondation était un régime d'assurance-maladie parrainé par l'employeur aux États-Unis et qu'il y avait très peu d'assurance publique aux États-Unis, contrairement au Canada, où l'État paie l'assurance-maladie pour les personnes âgées de plus de 65 ans avec les impôts ou les fonds du gouvernement fédéral, et Medicaid est le régime d'assurance pour les personnes à très faible revenu qui ne travaillent pas. Elles ne peuvent pas être parrainées par l'employeur.

À un moment donné, les coûts liés à la prise en charge des soins de santé des employés commençaient à avoir un effet négatif très important sur la compétitivité des sociétés. C'était une citation très célèbre. Imaginez que Toyota arrive en ville pour menacer ces trois marques connues et emblématiques de l'industrie automobile américaine. En tant que fille de Windsor, en Ontario, le gagne-pain de toutes les personnes que je connaissais dans ma ville était lié à la santé de ces trois entreprises, GM, Ford et Chrysler.

Le PDG de GM disait que dès qu'une voiture sort de la chaîne de fabrication, nous avons déjà un désavantage financier de 1 500 $ par rapport à un constructeur automobile chinois ou japonais qui n'utilise pas son revenu pour payer les coûts des soins de santé de ses employés. Le coût des soins de santé par voiture est plus élevé que le coût de l'acier, dans ce cas. C'est cet espace qui fait l'objet d'une attention particulière aux États-Unis. Au Canada, nous n'avons pas autant de ces dynamiques, mais prenons un peu de recul pour comprendre comment les employeurs en sont venus à participer aux aspects du bien-être, mais aussi de la santé des employés et des soins de santé.

[00:09:42 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive, comme décrit.]

Zayna Khayat : Supposons que l'indemnisation des accidentés du travail et la sécurité aient toujours existé parce que cela faisait partie de votre permis d'exploitation dans le monde de la fabrication, et que nos origines dans ces domaines ne remontent pas à 1933, comme aux États-Unis, dans les grands projets d'infrastructure et de construction, mais plutôt après la Seconde Guerre mondiale.

Tout le monde travaillait pour contribuer à la guerre. Les femmes sont entrées sur le marché du travail pour pourvoir de nombreux postes vacants. Tout était en train d'être reconstruit. Maintenant, pour être vraiment concurrentiel et attrayant pour toute la nouvelle industrie qui se forme, cela est devenu un avantage d'entreprise. Il s'agissait de certaines prestations de maladie et d'assurance dentaire; rappelez-vous que nous n'avions pas encore l'assurance-maladie ni de système de santé public, tout était donc privé. Voilà pour les origines.

Je dirais que cet incitatif administratif de l'employeur est devenu encore plus important au Canada à mesure qu'il s'améliorait parce que nous avons commencé à adopter une assurance financée par le secteur public. Quel est alors le rôle de l'employeur si la principale raison d'attirer et de retenir les gens n'est plus aussi dominante qu'elle l'était après la Seconde Guerre mondiale?

Ensuite, nous sommes entrés dans les années 1970. À mesure que notre population évoluait, nous avions une population très jeune et en bonne santé après la Seconde Guerre mondiale. Ce sont surtout les grandes sociétés qui faisaient de l'assurance de cette façon, mais elles avaient maintenant besoin de plus de prestations. Nous avons donc commencé à nous occuper de la gestion de l'incapacité. Si vous vous blessiez, que ce soit au travail ou non, votre travailleur vous couvrirait parce qu'il voulait vous remettre au travail, car il avait vraiment besoin de ses travailleurs. Des régimes d'assurance-vie ont été ajoutés. Ensuite, les syndicats ont commencé à prendre de l'importance dans une grande partie du milieu de travail. Ils ont commencé à jouer un rôle dans la détermination des montants totaux des programmes de rémunération et d'avantages sociaux, y compris les prestations de maladie des employés.

Nous en arrivons maintenant à notre ère moderne. Il ne s'agit pas seulement des grands employeurs, mais de toutes les tailles d'entreprise, notamment les petites et moyennes entreprises, y compris les offres qui peuvent être offertes si vous avez quatre employés. Elles ne font peut-être pas affaire avec une grosse société d'assurance-maladie, mais elles sont là. Bien sûr, la combinaison des besoins de la population en matière de santé, l'âge de la population et les outils médicaux disponibles ne ressemblent en rien aux années 1940, 1950, 1960 ou 1970.

Les produits biologiques sont arrivés sur le marché. Pensez à Remicade, à Ozempic, etc. L'assurance publique est apparue au Canada en 1984, il y a à peine 40 ans. Maintenant, le rôle consiste vraiment à compléter le régime public parce que tout le monde a une assurance universelle. Les offres sont devenues beaucoup plus complètes que la simple prise en charge des soins dentaires, de l'invalidité de longue durée et des médicaments.

Puis, au cours des cinq dernières années, je dirais que les Canadiens exigent et attendent beaucoup plus que ce que leur employeur paie pour leurs réclamations; ils veulent quelque chose comme un compte bancaire. Ils veulent beaucoup plus de flexibilité. Certaines entreprises disposent de comptes de gestion santé. Au lieu de statuer sur une demande, vous ou votre famille obtenez un budget de 2 500 $ et vous décidez des prestations que vous voulez acheter avec cet argent.

Ensuite, surtout après la pandémie de COVID-19, deux nouveaux services sont devenus presque courants : la télémédecine, c'est-à-dire l'accès virtuel sur demande aux soins dispensés par des médecins, et toute une gamme de services de santé mentale. Pour vous donner un exemple, le gouvernement fédéral a probablement été le chef de file au pays en offrant une couverture de 5 000 $ par année pour les soins de santé mentale. Vous avez donné l'exemple, et maintenant cela devient un enjeu important. Tous les autres employeurs, y compris Deloitte, où je travaille, ont commencé à ajouter cette protection.

Pour nous situer dans le contexte de ce dont nous parlons, les soins de santé parrainés par l'employeur, qu'il s'agisse du bien-être ou du traitement, selon l'entreprise, coûtent environ 150 $ par employé par mois, jusqu'à concurrence de 800 $ par employé par mois en moyenne. Cela peut représenter jusqu'à 25 % de votre rémunération totale, si vous l'utilisez beaucoup et qu'il couvre beaucoup de choses.

Voilà où nous en sommes. Maintenant, nous allons parler de la suite des choses, compte tenu de tous les vecteurs du changement dans l'avenir de la santé dont j'ai déjà parlé à l'école des politiques, mais aussi en ce qui concerne d'autres vecteurs.

[00:14:45 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Retour vers le futur : 6 changements dans l'avenir de la santé », comme décrit.]

Zayna Khayat : Donc, les notes de Cole sur l'avenir de la santé, et si vous voulez des détails, vous pouvez trouver d'autres enregistrements et plusieurs de mes publications sur ce sujet. Je l'organise dans ces six domaines ou caractéristiques de conception suivants, qui ont été le paradigme dominant pendant 50 à 75 ans de la façon dont les soins de santé sont prodigués et qui sont tous à saisir au cours des 5 à 10 prochaines années.

La première concerne le moment où nous fournissons effectivement des services de santé. La Loi canadienne sur la santé stipule que tout ce qui est médicalement nécessaire doit être assuré et payé par le gouvernement, peu importe votre capacité de payer ou votre région. Si quelque chose est médicalement nécessaire, il s'agit, par défaut, de soins pour malades ou de soins médicaux, ce qui signifie que vous avez des symptômes et que nous devons soit les corriger, soit les réduire, soit vous guérir.

Nous avons un modèle médical très réactif, et cela ne peut pas nous servir à l'avenir. Il n'y n'aura jamais assez de médecins, d'hôpitaux et de médicaments pour répondre aux besoins croissants des Canadiens dans notre système actuel, car la demande de soins de santé dépasse de loin l'offre; le système avait été conçu pour une population relativement jeune et en bonne santé, et ce n'est plus notre réalité. J'estime que la demande est de 2,5 à 10 fois plus élevée que l'offre disponible. L'offre est fixe, elle est limitée, elle dépend beaucoup de la main-d'œuvre et elle est financée en grande partie par les impôts. 70 % des soins de santé nécessaires proviennent de nos impôts, et nous ne pouvons plus taxer les Canadiens. Nous savons que c'est un sujet d'actualité. Il faut donc que ce soit préventif, proactif et même prédictif à l'ère de l'IA.

La question suivante est de savoir à quel point la personnalisation, l'individualisation, la médecine et la santé sont des efforts individuels. Vous et moi pourrions avoir le même diagnostic, mais la façon dont nous le traiterons sera complètement différente pour une foule de raisons. Mais ce n'est pas ainsi que les soins de santé ont été conçus. Dans le modèle industriel, c'est la même chose pour tout le monde. Dans notre secteur, nous appelons cela un segment d'un seul : très analogique; très humain et axé sur les bâtiments; assez grossier. Nous n'avons pas vraiment apporté de renseignements à la médecine parce que tout est bloqué sur papier, et les données relatives aux échanges de soins ne sont saisies nulle part.

Tout cela change à l'ère de l'information numérique pour être précis, intelligent, très personnalisé, configurable, etc. Je dis souvent que nous passons des soins de santé fondés sur les données probantes aux soins de santé fondés sur le renseignement. C'est un paradigme très différent. Certains disent que nous n'avons même pas de soins de santé fondés sur des données probantes, mais plutôt des soins de santé fondés sur le remboursement. Les seuls soins pratiqués aujourd'hui sont ceux qui sont payés. Mais il y a beaucoup de preuves d'incroyables choses qui ne sont pas payées. C'est un changement important. J'irai plus vite avec les autres points.

Parlons du canal, donc l'emplacement, la modalité par laquelle nous accédons aux services. Auparavant, c'était axé sur les installations. Il fallait se rendre à un endroit : une clinique, une pharmacie, un centre de laboratoire, un hôpital ou une maison de soins infirmiers. Nous concentrons les experts à cet endroit et nous partageons les experts et l'équipement. Par exemple, vous passez une IRM si vous avez un cancer du cerveau. Si vous avez le diabète, vous subissez un test de laboratoire tous les trois mois. Vous avez droit à une visite chez le médecin, peu importe votre problème. C'est un partage du temps de travail et du capital dans un paradigme basé sur les installations et les visites. Ces contraintes disparaissent dans l'avenir de la santé. Il s'agit vraiment d'une prise en charge en tout lieu, très décentralisée, et ce que j'appelle « digical », c'est-à-dire ce jeu transparent entre le domaine physique et le domaine numérique. Nous étions auparavant monocanaux, nous sommes aujourd'hui omnicanaux. C'est très important pour l'accès des Canadiens, mais cela a une incidence fondamentale sur des modèles d'affaires très ancrés dans un modèle axé sur les installations.

La durée est le quatrième point. Dans quelle mesure les cliniciens voient-ils ce qui se passe? Très épisodique; très cloisonné; très axé sur les visites; transactionnel. Maintenant, nous sommes beaucoup plus continus, beaucoup plus transparents, et ce sera une mauvaise pratique médicale que tout repose sur une relation individuelle entre un clinicien et un patient. Tout tourne autour de l'équipe.

Le cinquième changement, c'est le pouvoir de décider. Nous avions un agent, le clinicien, généralement un médecin, avec sa cognition humaine. Maintenant, vous et moi avons beaucoup plus à dire, en tant que patients. Je dis toujours que nous aurons 38 millions de DG du secteur des soins de santé, peut-être 42 millions, selon la croissance du Canada. Nous irons voir la foule et nos pairs, et nous aurons tous un agent d'IA qui nous aidera à prendre les décisions. C'est un réseau électrique très encombré, et nous avons un modèle très paternaliste depuis 50 ou 75 ans.

Enfin, lorsque nous apportons tous ces autres changements, nous changeons la devise, le modèle de paiement, ce que nous mesurons, ce que nous suivons pour payer des choses, pour les visites, pour les pilules, pour les tests, nous appelons cela des frais de service. Lorsque nous avons toutes les données, nous pouvons maintenant payer pour les résultats et la santé.

C'est très important, car [la] réserve de valeur se déplace. Chez Deloitte, nous avons modélisé environ 85 % des dépenses actuelles en fonction de ces modèles de paiement très différents. C'est important.

[00:20:38 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Le présent et l'avenir : Un système de santé publique en transition », comme décrit.]

Zayna Khayat : C'est un ensemble de changements importants. Comme je l'ai dit, nous avons une méthode très axée sur le travail pour répondre aux besoins de la population. Dans les années 1950 et 1960, quand nous avons construit tous nos systèmes de santé – la demande et l'offre – les choses se passaient plutôt bien. Mais la demande augmente parce que nous avons une plus grande population, nous vieillissons, nous devenons plus malades, l'embonpoint augmente et nous avons beaucoup plus notre mot à dire. Nous voulons vivre une expérience très différente dans le domaine des soins de santé, ce qui remet en question les caractéristiques de conception de l'ancien système et c'est pourquoi nous commençons à obtenir cette demande. C'est l'une des raisons pour lesquelles le rôle des employeurs dans le domaine de la santé de leurs employés va changer considérablement, et je dirais qu'il a déjà changé au cours des cinq dernières années.

[00:21:22 Écran partagé : Zayna Khayat et deuxième diapositive intitulée « Le présent et l'avenir : Un système de santé publique en transition », comme décrit.]

Zayna Khayat : Certains des plus grands irritants de nos systèmes de soins de santé – qui représentent environ 70 % de tous les soins de santé – parrainés par l'employeur représentent environ 15 % de tous nos soins de santé au Canada, soit 360 milliards de dollars. Mais ce sont mes 10 principaux grands problèmes avec lesquels notre système de santé est aux prises. Les sept premiers qui concernent la main-d'œuvre, les soins primaires et les soins pharmaceutiques existent depuis très longtemps. Nous continuons à y travailler. Il y avait quelques autres problèmes, mais après la pandémie de COVID-19, nous avons obtenu des résultats beaucoup plus importants en ce qui concerne la santé mentale et l'équité. Puis, depuis la pandémie de COVID-19 et maintenant des choses plus récentes, il y a eu 10 nouveaux principaux problèmes.

Nos piètres systèmes de soins de santé traversent donc une période difficile, ce qui a des répercussions. Après la COVID-19, tous les Canadiens sont très sensibilisés à notre santé et aux conséquences d'une mauvaise santé. Qui a été le plus durement touché par cet agent pathogène? Les personnes obèses, les personnes qui ont des problèmes cardiovasculaires ou des maladies polychroniques et les personnes âgées. Nous voyons maintenant de plus en plus de données sur l'impact disproportionné d'une mauvaise santé sur les résultats de la maladie d'Alzheimer.

Nous sommes donc beaucoup plus conscients. Nous avons beaucoup moins confiance dans le système public, mais nos besoins sont plus complexes. Il y a une ruée de fournisseurs de solutions sur le marché canadien pour aider à améliorer la situation des Canadiens. Ces solutions sont offertes à la fois dans le secteur public, mais elles le sont de plus en plus dans les locaux parrainés par l'employeur. Il y a des options, et vous n'avez pas à vous débrouiller tout seul comme nous ne l'avions pas auparavant.

Enfin, en cette ère où tout se fait en collaboration ou dans un écosystème, il y a ces nouveaux rôles qui s'étendent pour que les services de santé parrainés par l'employeur puissent travailler avec le système public. Ils sont restés très éloignés l'un de l'autre pendant les 70 dernières années. C'est un facteur.

[00:23:22 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Les Canadiens consomment des soins de santé de 4 manières différentes », comme décrit.]

Zayna Khayat : D'autre part, les travailleurs, en tant qu'employés, ont eux-mêmes des besoins changeants en matière de santé et de bien-être, indépendamment des pressions exercées par le système public. Si vous pensez à l'un d'entre vous dans le cadre de cet appel en ce moment, si vous avez besoin de services de mieux-être pour éviter de tomber malade, de services de soins de santé lorsque vous avez des symptômes, vous y accédez techniquement de l'une des quatre façons suivantes.

La première, c'est en tant que patients, lorsque vous allez chez votre médecin ou un autre travailleur de la santé. Ensuite, en tant qu'employés, comme nous en avons parlé, par l'entremise des prestations et de l'assurance-invalidité parrainées par l'employeur. Mais les deux derniers l'ont été en tant que citoyen canadien. En tant que consommateur, indépendamment de l'offre de votre employeur ou du système de santé, vous pouvez acheter des services. Vous pouvez payer pour un massage. Je paie actuellement de ma poche les soins liés à la ménopause parce que mon employeur ou le système de santé ne répondent pas à mes besoins.

Vous pouvez acheter une application en ligne et payer un abonnement pour un service de sommeil.

La dernière chose qui a été intéressante et qui a explosé pendant la pandémie de COVID-19, c'est lorsque vous êtes un client d'une autre entreprise, disons que vous vous rendez chez Best Buy ou Tim Hortons pour prendre un café, surtout pendant la pandémie de COVID-19. Les entreprises commencent à offrir des services de santé à leurs clients, ce qui est vraiment intéressant.

Vous vous considérez maintenant comme un employeur. Vous vous souvenez de Kaiser, l'entreprise qui construisait des aqueducs? Elle a commencé par offrir des services de soins de santé et un régime d'assurance à leurs employés et à leur famille, mais elle a ensuite bâti une entreprise pour tout le monde. Nous commençons à voir des sociétés. Si elles veulent s'occuper de leurs propres employés de toute façon, peuvent-elles offrir certains avantages pour aider à alléger la pression sur le système public? J'y reviendrai.

[00:25:44 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « L'avenir du travail en cours de redéfinition », comme décrit.]

Zayna Khayat : La dernière raison pour laquelle il est opportun que l'école des politiques ait une conversation sur les employeurs et la santé, c'est parce que le travail change. C'est le cadre de Deloitte. Tout le monde s'interroge sur l'avenir du travail parce que nous nous émancipons de l'ère industrielle en ce qui concerne les emplois, les employeurs, etc. Si le travail change et que chaque travailleur traverse une période difficile, alors, bien sûr, les prestations ainsi que les programmes et services de santé vont devoir évoluer.

[00:26:15 Écran partagé : Zayna Khayat et une série de diapositives présentant des communiqués de Deloitte, comme décrit.]

Zayna Khayat : Chez Deloitte, nous avons rédigé quelques documents afin d'imaginer ce à quoi cela pourrait ressembler. Si l'employeur devenait un vecteur important de la longévité, du bien-être et de la santé des employés, nous pourrions lui demander à quoi ressemblerait le monde au lieu d'avoir ce rôle passif, surtout au Canada.

Chez Deloitte, nous avons approfondi la recherche primaire au Canada pour rédiger un certain nombre de documents. Nous avons interrogé 1 500 Canadiens sur la manière dont leurs besoins sont satisfaits ou non par les soins de santé parrainés par leur employeur. Voici certains commentaires que nous avons entendus : J'en ai assez d'avoir toutes ces vies publiques et privées; je ne sais pas quelle est la ressource à laquelle faire confiance; il ne suffit pas que mon employeur me donne un site Web pour accéder à 100 articles sur le diabète. Que puis-je faire avec cela? J'ai de la difficulté parce que je ne peux pas avoir accès à des spécialistes et à des soins quand j'en ai besoin; on me lance comme une boule de cristal avec toutes ces réunions, tous ces spécialistes, tous ces rendez-vous et tous ces tests. Aidez-moi; j'ai besoin de renseignements pertinents pour savoir où j'en suis par rapport aux mêmes renseignements que tout le monde peut voir. Il est difficile de comprendre les options, et je ne fais plus confiance au système de soins de santé.

[00:27:45 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Résultat : Le paysage des prestations de santé pour les employés au Canada est en train de changer », comme décrit.]

Zayna Khayat : À partir de là, nous avons guidé beaucoup d'employeurs et de régimes d'assurance-maladie auxquels les employeurs confient essentiellement la gestion de leurs avantages sociaux. Voici les grands changements auxquels vous vous adaptez. Comment vous adaptez-vous aux besoins et aux préférences très différents de vos employés? Les besoins d'une entreprise dont la plupart des travailleurs sont des chauffeurs de camion ou des ouvriers du bâtiment et ceux d'un enseignant ou d'un décideur politique sont très différents. Pourquoi leur donneriez-vous tous le même programme d'avantages sociaux si vous travaillez avec un assureur?

Sur le lieu de travail, il y a maintenant six générations. Je dis bien six. Nous n'avons jamais connu cela dans l'histoire du pays. Il est impossible qu'un ou une jeune de 20 ans souhaite bénéficier d'un régime d'assurance-maladie comparable à celui d'une personne retraitée ou post-retraitée, car, comme vous le savez, une grande partie des prestations de santé accordées par l'employeur sont maintenues jusqu'à la retraite.

Le paysage des fournisseurs de solutions incroyables pour les employés s'intensifie. C'est pourquoi, pour être pertinent, tant l'employeur, dans son offre pour attirer et conserver les talents, que le régime d'assurance, si vous en utilisez un, doivent rester sur leurs gardes comme ils ne l'ont jamais été auparavant.

Le modèle économique ne fonctionne plus. En gros, les employés feront un massage, présenteront leur réclamation, et l'employeur statuera et paiera sa réclamation transactionnelle? [Cela] ne permet pas d'atteindre l'objectif de maintien et de rétablissement de la santé en cas de maladie. L'expérience a été brutale pour les employés, c'est pourquoi tout le modèle opérationnel est en train d'évoluer.

Enfin, le paysage réglementaire qui détermine ce qu'un employeur peut ou ne peut pas faire, et comment et ce que fait une compagnie d'assurance, est en pleine évolution, comme il se doit. D'autant plus, nous remettons en question certains aspects de la Loi canadienne sur la santé et de la protection de la vie privée.

[00:29:56 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Les employeurs demandent un retour sur investissement clair de leurs investissements en matière d'avantages sociaux », comme décrit.]

Zayna Khayat : Je vais vous donner quelques exemples de la façon dont les choses se déroulent, puis Caroline posera des questions. De plus en plus d'employeurs disent que s'ils passent un contrat avec telle ou telle entreprise pour offrir des services de santé mentale à leurs employés, par exemple, ils veulent voir le rendement du capital investi. Je ne veux pas payer pour un tas de prestations et me poser des questions. Ce sont donc des modèles d'affaires très différents et des attentes très différentes des employeurs en ce qui concerne la valeur qu'ils créent. Je vais vous donner un exemple.

Au Japon, on s'inquiétait de la croissance de l'obésité et, en fait, le gouvernement japonais a adopté une loi, un règlement, selon lequel l'employeur doit aider à lutter contre l'obésité en milieu de travail. Ce n'est donc pas l'employeur qui a dit de son propre chef : « Je vais faire cela parce que c'est bon pour mes employés ». Mais si une certaine proportion de votre population se situe en dessous ou au-dessus d'un IMC, vous allez devoir payer des pénalités au gouvernement. C'est donc très intéressant.

De même, nous commençons à voir des services de santé mentale au travail, compte tenu des effets de l'épuisement professionnel, du stress et des congés, qu'il ne suffit pas d'offrir des avantages sociaux. Il faut aller un peu plus loin. Au Canada, un travail remarquable a été réalisé dans ce domaine, notamment avec la table ronde sur la santé mentale au travail et bien d'autres choses encore.

[00:31:20 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « 4 Évolution du rôle des employeurs et prestataires de services de santé », comme décrit.]

Zayna Khayat : Nous constatons que les employeurs (et c'est ce qui ressort de notre étude de Deloitte) commencent à faire évoluer leur rôle, ne se contentent plus d'offrir un ensemble de prestations à tout le monde, mais investissent davantage dans l'un des quatre rôles et la navigation en matière de santé. Ils offrent un service pour vous aider à naviguer et à combler toutes les lacunes de tous les éléments que vous devez gérer dans le secteur privé et public. Certains se lancent dans la fourniture et la fabrication de produits de santé eux-mêmes, au lieu de les confier à quelqu'un d'autre pour les proposer ensuite.

Certains s'intéressent de près aux données. Beaucoup de compagnies d'assurance avec lesquelles les employeurs font affaire ont des données incroyables. Peuvent-elles apporter cette capacité et aider le système de santé à avoir une bien meilleure vue d'ensemble des données sur les employés? Quelques-unes, comme GreenShield au Canada en tant qu'assureur et maintenant la Sun Life, qui couvrent des millions de travailleurs canadiens par l'entremise d'une assurance parrainée par l'employeur, deviennent ce que nous appelons un « prestataire ». Un fournisseur de soins de santé, un payeur et un assureur. C'est quelque chose de tout à fait nouveau au Canada. Non seulement ils offrent des services de soutien, mais ils emploient aussi des travailleurs en soins et fournissent certains de ces services.

[00:32:40 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive de la page d'accueil de « transcarent », comme décrit.]

Zayna Khayat : Voici [un] exemple de navigateur en santé, si vous voulez en savoir plus, regardez « transcarent » aux États-Unis. C'est littéralement un service que les employeurs offrent aux employés pour les aider à surmonter la myriade de problèmes qui se posent dans le domaine des soins de santé.

[00:32:54 Écran partagé : Zayna Khayat et une série de dépêches de « blue california », comme décrit.]

Zayna Khayat : Dans cet espace « prestataire », les principaux domaines sont la santé mentale; le bien-être et la prévention; les maladies chroniques; la mobilité physique; la douleur; la santé musculo-squelettique; des tonnes de choses se passent dans tout ce qui touche à la santé sexuelle; la santé des femmes; la santé des hommes; la santé affirmative des sexes; et beaucoup plus d'accent sur la prestation de soins familiaux. Je travaille et je prends soin des parents malades et de leurs besoins en matière de soins aux personnes âgées parce que le système de santé éprouve des difficultés. Par exemple, il y a deux semaines, GreenShield, un assureur, et SE Health, une organisation de soins à domicile, ont annoncé qu'ils proposaient désormais une offre pour les travailleurs qui sont des aidants familiaux. C'est la première fois qu'un projet de cette envergure est mis en œuvre au Canada. La Sun Life a fait une autre étude intéressante sur le deuil pour les travailleurs canadiens. Vos parents vont mourir, ou quelqu'un que vous connaissez. Pouvons-nous offrir une meilleure prestation à cet égard?

[00:33:56 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive, comme décrit.]

Zayna Khayat : En ce qui concerne l'organisation des données, en Suède, si je ne me trompe pas, ils ont en quelque sorte essayé de créer un portefeuille numérique afin d'avoir une vue d'ensemble des données et de l'argent, que les gens paiement eux-mêmes, obtiennent des services par l'intermédiaire de votre employeur ou fassent appel au système public? Je pense que nous devrions faire de même au Canada.

[00:34:19 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « De nouvelles solutions pour les employés », comme décrit.]

Zayna Khayat : Et créer beaucoup de nouvelles solutions pour les employeurs et les assureurs autour de nouveaux produits. Il s'agit donc de repenser la gestion des risques liés aux médicaments très coûteux. Certains d'entre vous essaient peut-être d'obtenir certains de ces nouveaux médicaments biologiques pour traiter l'obésité. L'ancienne façon d'organiser un régime d'assurance-médicaments ne fonctionne pas vraiment pour la nouvelle classe de médicaments. Par conséquent, un examen s'impose. Des entreprises comme l'Équitable, au Canada, ont recours à la surveillance à distance et aux dispositifs portables, couvrent la réalité virtuelle, etc.

[00:34:51 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Innovation en matière de paiement, de tarification et d'incitatifs », comme décrit.]

Zayna Khayat : Ensuite, ce qui se passe probablement un peu ici au Canada, mais pas du tout comme dans le reste du monde, c'est le programme Vitalité, une façon d'inciter les travailleurs à adopter des habitudes pour être en bonne santé, notamment marcher, ne pas fumer et ne pas boire. On peut obtenir des points comme une devise, et les utiliser pour acheter des choses qui nous tiennent à cœur. Qu'il s'agisse d'un canapé chez Wayfair, plus de café chez Tim Hortons ou, dans le cas de United Healthcare aux États-Unis, si vous faites ces choses qui sont bonnes pour la santé, vous obtenez en fait de l'argent supplémentaire pour votre régime d'assurance-maladie. Dans ce cas, vous pouvez faire ajouter 1 000 $ à votre compte de gestion santé pour acheter plus de choses que vous voulez pour être en bonne santé si vous faites ces cinq ou six choses qui sont mesurables.

Il y a donc beaucoup de choses intéressantes. Celle qui m'enthousiasme le plus, c'est ce que nous commençons à voir du rendement du capital investi. En tant qu'employeur, vous voulez que votre effectif maintienne un poids sain et l'aider à éviter le diabète ou le renverser, et il y a des solutions avec lesquelles vous pouvez maintenant conclure un contrat où vous ne payez que quand vos employés inversent le diabète, dans le cas de Virta, ou s'ils réduisent leur poids. Au lieu de payer le médicament de prise en charge de l'obésité, en tant qu'assureur ou employeur, vous payez le résultat.

[00:36:18 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Business for Health », comme décrit.]

Zayna Khayat : Il y a donc beaucoup de choses intéressantes. Je terminerai en disant que le rôle des employeurs en milieu de travail évolue beaucoup; appelons cela les affaires en matière de santé. Je pense que c'est une conversation très opportune. Mais bien sûr, ils ne le font pas dans le vide. Si vous êtes un employeur, par exemple la fonction publique au Canada, au niveau fédéral, vous ne faites pas tout ce travail pour vos propres employés. Vous vous intéressez à ce que cela signifie pour la santé des consommateurs, donc de tous les Canadiens, et à la santé communautaire.

[00:36:51 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « Les nouveaux joueurs élaborent des propositions convaincantes pour les employés et les employeurs », comme décrit.]

Zayna Khayat : De plus en plus d'entreprises qui touchent beaucoup de gens grâce aux services, comme Walmart ou Apple, commencent à offrir des services, des solutions et des produits à tous leurs clients pour leur santé, peu importe qu'ils soient employés ou non. Apple en est une.

[00:37:09 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive, comme décrit.]

Zayna Khayat : Le fondateur de Walmart, Sam Walton, disait dans les années 1990 : « À Walmart, nous devons commencer à réduire  le coût élevé des soins de santé non seulement pour nos employés, mais aussi pour nos clients aux États-Unis. »

[00:37:25 Écran partagé : Zayna Khayat et un article de Forbes : Walmart Announces Ambitious Goal: "To Be The Number One Healthcare Provider In The Industry."]

Zayna Khayat : Et c'est ce que l'entreprise a fait. Elle a modifié sa stratégie : « Nous ne sommes pas seulement là pour vous faire économiser de l'argent. Nous sommes là aussi pour vous aider à mieux vivre avec de grandes ambitions. »

[00:37:33 Écran partagé : Zayna Khayat et une grande collection de logos de grandes organisations nord-américaines.]

Zayna Khayat : Je collectionne des logos de toutes ces organisations que vous n'auriez jamais pensé actives dans le domaine de la santé, mais elles le sont. Voici une liste de ces entreprises qui proposent des solutions aux personnes.

[00:37:47 Écran partagé : Zayna Khayat et diapositive intitulée « What is the future role of employers in Canadian healthcare », comme décrit précédemment.]

Zayna Khayat : C'est de cela que je voulais parler. Merci. Caroline, vous avez la parole.

[00:37:54 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Caroline Pitfield : Merci, Zayna. Il y a tellement de choses à considérer. C'est fascinant, en particulier en ce qui concerne les racines historiques de tout cela. D'un côté, ces programmes devraient être bénéfiques à tous, mais de l'autre, il y a deux façons différentes de voir les choses.

D'une part, il y a le point de vue des employés, qui ont alors une certaine influence sur ce qu'ils pourraient recevoir. D'autre part, il y a la préservation du capital. Dans ce cas, il s'agit du capital humain, qui est peut-être un peu plus lié aux besoins de l'employeur ou aux besoins opérationnels. Je pense que ces différents points de vue ont une incidence sur ce qui est offert, sur l'impact et sur la façon dont nous mesurons l'efficacité.

Pour ma première question, j'allais vous demander de parler un peu du point de vue des organisations de la fonction publique. Mais comment concilier le bien-être des employés avec les exigences opérationnelles, en veillant à ce que les initiatives en matière de santé au travail soient efficaces et viables à long terme, tout en tenant compte de ces deux points de vue différents : ceux des employeurs et ceux des employés?

Zayna Khayat : Comme je l'ai mentionné, je pense que l'un des grands changements est que les employeurs exigent un meilleur rendement, appelons cela le RCI de ces investissements incroyables. Comme je l'ai dit, il pourrait s'agir de 200 $ à 800 $ par employé par mois que vous puissiez dépenser pour beaucoup d'autres choses afin d'atteindre vos objectifs opérationnels. Je pense que c'est tout.

En tant qu'employeur, surtout dans une organisation de la fonction publique, vous ne voyez pas – il s'agit d'un poste budgétaire que vous voyez chaque jour – les avantages. Il vous incombe également d'examiner ces tendances et la façon dont les autres modifient leur programme afin d'obtenir des résultats à court terme pour l'exécution des opérations, mais aussi pour ce qui est des besoins des travailleurs et de la préparation à long terme.

L'autre point que je veux soulever, c'est que nous savons que les gens en santé font des choses incroyables. Si vous voulez tirer le meilleur parti de votre personnel et adopter cet état d'esprit, c'est ainsi que vous atteindrez vos objectifs opérationnels. C'est une orientation très différente de celle de la gestion des risques. Si un employé ou une employée tombe malade, vous voulez l'aider à guérir afin qu'il ou elle puisse reprendre son travail. C'est comme récupérer sa base de référence. Maintenant, comment optimiser la santé du personnel pour qu'il fasse des choses incroyables? C'est une bien meilleure position de force, au lieu de partir d'une position déficitaire.

Caroline Pitfield : Oui, je pense que c'est surtout ce qui s'est passé dans le cas des services de santé mentale. Il faut reconnaître que si nous n'investissons pas dans la santé mentale, nous n'aurons pas la meilleure main-d'œuvre possible. Nous avons constaté cette évolution assez fortement au cours des deux dernières années.

Zayna Khayat : Oui. En fait, c'est un parfait exemple de tout ce que je viens de dire.

Caroline Pitfield : C'est très concret. Cela aussi m'a beaucoup frappé. Les employeurs veulent un rendement réel des investissements. Je pense parfois que, dans la fonction publique, d'une certaine façon, notre employeur est le public canadien, et il veut aussi avoir l'impression que l'argent qui entre dans nos régimes d'avantages sociaux ou dans nos salaires est un bon rendement du capital investi.

Je m'interroge également sur les indicateurs des organisations de la fonction publique, sur ce que nous devrions utiliser pour mesurer l'efficacité de nos initiatives en matière de santé sur le lieu de travail.

Zayna Khayat : Je vais vous expliquer comment ça fonctionne aujourd'hui, parce que je connais l'une des entreprises avec lesquelles je travaille. Nous offrons des solutions à de nombreuses organisations de la fonction publique, directement ou indirectement par le biais de l'assurance. Ce sont les cas typiques aujourd'hui. Vous vous demandez à quoi sert littéralement l'argent dépensé? Pour rappel, environ 70 % du budget total consacré aux soins de santé financés par l'employeur concerne les médicaments, ce qui signifie que vous devez littéralement statuer sur les réclamations. Une autre tranche de 10 % à 20 % est consacrée aux soins dentaires; la répartition pourrait changer un peu si les programmes fédéraux sont mis à l'échelle. Les 10 % ou 20 % restants sont consacrés aux restes des dépenses : massage, télémédecine, services de santé mentale, portefeuille des dépenses de santé. Voici ce qui est fait aujourd'hui. Pour moi, ce n'est pas un très bon indicateur. C'est facile, mais comment savoir si cela fonctionne?

La couche suivante que certains utilisent est celle de l'utilisation. Combien de vos employés utilisent réellement ces avantages sociaux en pourcentage du total? Ensuite, s'ils adhèrent et les utilisent, quel est le taux d'adhésion? C'est ce que nous appelons l'engagement. Supposons que vous offriez 5 000 $ de soutien en santé mentale et que 10 % de votre population en profitent, mais que la plupart d'entre eux n'en profitent qu'une seule fois. Allez-vous vraiment en profiter pleinement? C'est la couche suivante.

Ensuite, bien sûr, la dernière mesure qui est très courante, c'est l'invalidité de longue durée ou de courte durée, nous avons une mesure très claire appelée les résultats du retour au travail, et vous voulez récupérer vos employés. Mais je vous avoue que je ne trouve pas beaucoup d'agressivité pour améliorer les résultats du retour au travail. Je connais des gens qui sont en congé pendant des mois et des mois parce que l'employeur attend que le système public améliore leur situation, et cela ne se produira pas. Nous commençons cependant à voir beaucoup plus d'innovation pour ce qui est de renforcer les attentes en matière de rendement du capital investi dans la gestion de l'invalidité.

Pour moi, l'étape suivante consiste à obtenir des résultats concrets, comme je l'ai montré dans certains de ces exemples. Imaginez que je doive payer pour un programme de médicaments d'ordonnance, comment puis-je ne payer que si j'obtiens les résultats que le médicament est censé offrir? Si je propose un programme de santé mentale, par exemple une thérapie cognitivo-comportementale, comment puis-je payer uniquement sur la base d'une baisse objective des scores de dépression?

Certains de nos employeurs les plus pionniers commencent maintenant à inclure une mesure, que nous appelons le taux de recommandation net dans le monde des affaires. Disons que vous êtes un employé de la fonction publique et que vous avez utilisé l'un des programmes ou services offerts par votre employeur pour votre santé et votre bien-être. Vous les interrogez à chaque point de contact : recommanderiez-vous ce service à un autre collègue? Et si vous n'obtenez pas les deux premières boîtes, je dirais 60 % ou 70 %, est-ce un bon service? Et pour les soins de santé, qui veut deviner le taux de recommandation net de la plupart des services de soins de santé? 34 % C'est déplorable <inaudible>.

Ce sont là quelques-uns des nouveaux indicateurs, et je dirais que j'encouragerais un certain leadership pour tout bien public, mais surtout pour un employeur massif comme le service fédéral.

Caroline Pitfield : Oui, c'est très délicat, car quand vous recommandez un service, le faites-vous parce qu'il y a eu de bons résultats en matière de santé? Ou bien le recommandez-vous parce que, comme vous l'avez dit, il a été facile à utiliser et a fonctionné de manière très efficace? J'ai pu déposer la réclamation très facilement. Parfois, ce n'est pas la valeur thérapeutique qui compte, mais la facilité. L'autre défi est parfois ce chevauchement entre les rendements de l'employeur, un bon leadership, un endroit où il est agréable de travailler et le retour au bureau (en particulier lorsque nous nous intéressons à la santé mentale). Ce chevauchement peut aussi être très difficile à gérer.

Zayna Khayat : Pour moi, il s'agit d'un parallèle qui, une fois de plus, nous ramène à la façon dont nous avons obtenu la sécurité sur le lieu de travail, l'indemnisation de l'assurance sur le lieu de travail;

[00:45:32 Zayna Khayat apparaît en plein écran.]

Zayna Khayat : la sécurité était une version importante de la santé parce que nous construisions des choses et marchions sur des clous. La santé mentale en est aujourd'hui la version. Les lignes commencent à être un peu plus grises.

[00:45:42 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Caroline Pitfield : Absolument. Avec l'évolution du travail, la réalité du travail dont vous avez parlé également, cela rend les choses encore plus floues, à mon avis.

Zayna Khayat : Oui, je suis d'accord.

Caroline Pitfield : Bien. De votre point de vue, quels sont les plus grands défis à relever pour que ces programmes sur le lieu de travail soient efficaces? Comment pouvons-nous les aborder?

[00:46:02 Zayna Khayat apparaît en plein écran.]

Zayna Khayat : Encore une fois, en tant qu'employeur, comment préservez-vous la santé de votre personnel et comment la rétablissez-vous en cas de dérapage? Tout ce que je viens d'évoquer, tous ces exemples de règles en évolution : rassembleur de données, payeur, développeur de produits de santé, et la navigation dans les domaines dont j'ai parlé, c'est-à-dire les lacunes, est un espace parfait à occuper pour les employeurs : santé des femmes et santé sexuelle; maladies chroniques; santé musculo-squelettique; soins aux personnes âgées; etc. Ce que vous proposez correspond-il à ces besoins actuels?

Pour moi, la prochaine étape est de savoir comment réinventer le modèle d'affaires ou le modèle de gestion des avantages sociaux des employés dans le contexte d'un système de santé plus vaste. Est-il possible d'établir de meilleurs partenariats pour combler les lacunes du système public ou pour faire le lien entre ces deux systèmes de manière à ce qu'ils soient continus pour vos employés?

Imaginez que nous mettions tout dans un seul portefeuille au lieu de tous ces autres portefeuilles. Les employeurs peuvent-ils faire preuve d'initiative? Certains envisagent de le faire s'ils sont suffisamment grands et s'ils ont l'envergure nécessaire. Encore une fois, ce qui est magnifique dans la fonction publique, au niveau fédéral, c'est que vous avez une échelle et que vous faites partie de toutes les régions du Canada.

Puis deux autres idées. Un autre domaine dans lequel nous constatons un leadership de l'employeur est de sortir du bien-être et des soins pour aller beaucoup plus en amont, vers les déterminants de la santé. Certains commencent à s'intéresser aux causes profondes : l'alimentation, le sommeil, le mouvement, le stress, la consommation de substances, comme le tabagisme, et d'autres encore à un niveau supérieur : la réduction de la pauvreté, les déterminants numériques et les déterminants commerciaux, la connaissance de la santé. Il s'agit de leviers très récents qui ne statuent pas sur les demandes de remboursement de frais médicaux.

Je vais vous donner un exemple d'employeur qui agit de la sorte. Quelqu'un a-t-il déjà entendu parler de WHOOP? W-H-O-O-P? C'est l'une de ces entreprises spécialisées dans la santé du sommeil qui propose un outil de suivi et qui, une fois encore, vendrait ce service à un employeur pour qu'il l'offre à ses employés. C'est l'une de ces solutions – j'ai dit qu'il y avait un grand flot de nouvelles solutions qui arrivaient sur le marché. Elles ne sont pas encore présentes au Canada. En tant qu'employeur d'une entreprise à forte croissance, il joint le geste à la parole. L'employeur doit s'assurer que les produits vendus fonctionnent ses propres employés – en tant qu'employé, si vous avez un mauvais sommeil pendant cinq jours d'affiliée, vous avez droit à autant de jours de congé que nécessaire, entièrement payés, jusqu'à ce que votre sommeil redevienne satisfaisant. Et si mon sommeil est très sain? Ai-je droit à une prime? Non, mais vous ne serez pas pénalisé.

C'est donc un exemple de conception d'une prestation autour d'un rendement du capital investi : nous allons garantir un rendement du capital investi pour le programme de sommeil sain. Dans ce cas, c'est parce qu'on peut ensuite utiliser ces données pour les vendre à d'autres endroits. Cette responsabilité est très nouvelle dans ce contexte.

[00:49:17 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Caroline Pitfield : D'abord, je me suis dit que je prendrais un jour de congé supplémentaire si je ne dormais pas bien, car cela m'arrive assez souvent. Mais je me suis aussi demandé si je craignais d'être jugé pour mon mauvais sommeil. Est-ce que je craindrais qu'au bout du compte, les gens me regardent et me disent : « D'accord, ce n'est pas une excellente employée, elle ne dort pas assez bien, et cela pourrait être un risque. »

À mon avis, cela est lié à cette question sur les données, car je suis tout à fait d'accord avec vous pour ce qui est de réunir des données et de faciliter la tâche aux gens qui veulent s'approprier leurs données et les consulter, mais il y a aussi cette crainte du côté des employés.

Zayna Khayat : Je pense que tout le monde veut dire : « Oh, je ne veux pas que mon employeur fasse un test génétique pour avoir accès à ces données; par ailleurs, la fonction publique au Canada ne paie pas pour le séquençage complet du génome, alors que les meilleurs systèmes de santé dans le monde font un séquençage du génome sur toute la population. » C'est une question de bon sens.

Quoi qu'il en soit, de plus en plus d'assureurs et d'employeurs prennent désormais en charge certains médicaments, au sens littéral du terme. Si moi et vous, Caroline, avions exactement la même maladie, dans ma biologie, certains médicaments ne fonctionneraient jamais dans mon corps, mais ils fonctionneraient dans le vôtre à cause de la génétique que nous avons reçue de nos parents. Mais ensuite, les gens se disent : « Oh, non, cette personne ne peut pas avoir mes informations génétiques. Ils vont les utiliser contre moi. »

Je pense que c'est ce que nous voulons faire. Il n'existe aucune preuve qu'un employeur peut vous pénaliser pour avoir essayé d'améliorer votre santé. Ce sont toujours des mesures incitatives, mais jamais des mesures dissuasives. Un autre exemple important : je vous ai montré l'exemple de la vitalité et de United, si vous marchez pendant un certain nombre d'heures par jour et si vous arrêtez de fumer, c'est une augmentation. Ce n'est pas l'intention et ce n'est pas ce que nous voyons. Je comprends votre inquiétude, mais je n'ai jamais vu un tel cas de figure. Absolument.

Caroline Pitfield : Cela nous ramène à l'intersection entre notre santé et notre bien-être, notre rendement au travail, la manière dont nous sommes évalués, ce que nous craignons d'avoir offert et la manière dont nous craignons que cela soit jugé ou interprété.

Zayna Khayat : Je comprends cette crainte.

Caroline Pitfield : Nous avons parlé de la fonction publique du point de vue d'un gros employeur qui gère d'importants programmes de soins de santé, mais nous jouons également un autre rôle,

[00:51:25 Caroline Pitfield apparaît en plein écran. Texte à l'écran : Caroline Pitfield, Membre-cadre du corps professoral, École de la fonction publique du Canada.]

Caroline Pitfield : en tant que responsable des politiques en matière de santé et d'autres politiques dans cet espace fédéral. Avant de nous quitter, je voulais vous inviter à y réfléchir. Que pouvons-nous faire au niveau fédéral pour aider tous les employeurs à améliorer la réalité pour tous les Canadiens?

[00:51:45 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Zayna Khayat : Je pense qu'il y a un point à l'ordre du jour qui est littéralement à l'étude en ce moment, c'est-à-dire la zone grise de la Loi canadienne sur la santé,

[00:51:53 Zayna Khayat apparaît en plein écran.]

Zayna Khayat : de ce qui doit légalement être fourni par l'État par rapport à ce qui peut être optionnel, qu'il soit parrainé par l'employeur ou non, mais il y a des zones grises qui ne sont pas claires. Pour être honnête, je ne crois pas que certaines lignes directrices publiées récemment aient été aussi claires que de la boue.

Je pense simplement, encore une fois, que le fait de s'assurer que le programme politique qui devrait être couvert par le public reste pertinent à l'heure actuelle. Personnellement, je pense que la Loi canadienne sur la santé doit être complètement ouverte, mais c'est un sujet de conversation qui n'a pas lieu d'être. Je m'attends à ce que les décideurs aient le courage d'aller de l'avant.

Je pense aussi à quelques autres domaines, évidemment, au fur et à mesure que les soins dentaires évoluent, ainsi que les soins pharmaceutiques, qui sont les deux principaux postes budgétaires, représentant 80 % ou 90 % des soins de santé parrainés par l'employeur. Comment gérons-nous cette transition? À quoi ressemble-t-elle?

J'espère qu'un jour, au cours d'une campagne électorale, la prochaine version sera celle du Régime universel de soins de santé pour les personnes agées. Un Canadien sur cinq aura plus de 65 ans cette année. Cela ne s'est jamais produit. Nous ne pouvons pas tenir compte d'un système de soins de santé fondé sur les hôpitaux et les médecins pour garder nos mères, nos pères et nos familles en bonne santé. Quel est le rôle du gouvernement fédéral dans ce domaine? On en a parlé ad nauseam. Je n'ai pas vu beaucoup d'action.

Deux autres domaines : J'aimerais que le gouvernement fédéral fasse preuve de leadership en matière de politiques. Deloitte a estimé qu'environ 40 % des Canadiens travailleront dans l'économie à la demande. Je suis une travailleuse de l'économie à la demande. Je ne travaille à temps plein pour personne. Travailler à temps plein pendant 30 ans dans un même emploi est un artefact de l'ère industrielle. Comment pouvons-nous faire évoluer le paysage de façon à ce que cette combinaison d'ouvrages publics et privés pour tout le monde dans une économie à la demande nécessite beaucoup de travail stratégique, parce qu'il s'agira du paradigme dominant en matière de main-d'œuvre, et non pas du paradigme mineur?

Enfin, il est question d'un nouveau régime de prestations, qui est un peu lié à la Loi canadienne sur la santé, mais nous sommes le seul pays au monde à disposer d'une assurance universelle financée par l'État. Partout ailleurs, j'ai la possibilité d'y renoncer et de souscrire à un régime alternatif. Quel est ce programme politique et comment l'introduire? En fait, je pense que cela pourrait au moins nous prouver à l'avenir que nous sommes capables d'absorber les chocs et les bouleversements dont je viens de vous parler dans l'avenir de la santé et du travail.

Je n'ai même pas parlé de l'IA et du travail. Je pense simplement que nous devons tout assouplir. La politique vous aide à prendre l'infrastructure très statique que nous avons, qu'il s'agisse d'une infrastructure stratégique, et à lui donner un peu plus de souplesse pour absorber ces chocs, et j'aimerais avoir ce genre de leadership.

[00:54:33 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Caroline Pitfield : Ce n'est pas une petite liste de choses à faire que vous nous avez remise. Le chevauchement des soins aux personnes âgées et de l'économie à la demande constitue un défi important. Mais oui, merci pour cela. Il y a certainement beaucoup de travail à faire. Le temps est presque écoulé, mais je voulais vous donner l'occasion de réfléchir à tout ce que vous avez dit et peut-être nous indiquer la prochaine étape clé que vous aimeriez que nous franchissions, soit en tant qu'employeurs du gouvernement fédéral dans le cadre de cette structure ou en tant que chefs de file dans le domaine des politiques. Il s'agit soit d'une prochaine étape clé, soit d'un point important à retenir, soit d'une occasion de partager ce que vous n'avez pas encore partagé.

Zayna Khayat : Oui, peut-être simplement un appel à l'action sous les deux angles que vous venez de mentionner.

[00:55:19 Zayna Khayat apparaît en plein écran. Texte à l'écran : Zayna Khayat, Ph.D., Université de Toronto.]

Zayna Khayat : Je pense qu'en tant que plus gros employeur au Canada, il faut lancer toute une série d'expériences. À mon avis, vous devriez être la boîte de Pétri dans le laboratoire des choses de la prochaine génération dont je viens de parler. Choisissez un domaine et lancez-vous. Un peu comme vous l'avez fait avec 5 000 $ par personne pour la santé mentale, ce qui a brisé un sceau. Je viens d'énumérer 15 autres domaines dans lesquels vous pouvez le faire, alors faites-en plus.

Ensuite, je pense qu'en tant que programme politique pour le pays qui touche tout, chaque dossier, chaque province, comme je l'ai dit, choisissez quelques-uns des domaines qui sont touchés en raison de l'avenir du travail et de la santé, encore une fois, comme un laboratoire avec ce qui pourrait être le prochain régime de politique pour nous prouver à l'avenir. J'ai énuméré quelques idées. Je pense que ces deux domaines nous aideraient beaucoup à nous préparer.

[00:56:14 Écran partagé : Caroline Pitfield et Zayna Khayat.]

Caroline Pitfield : Je vous en remercie. J'allais dire d'emblée que vous travaillez dans deux domaines qui me tiennent à cœur : la réflexion stratégique ou la prospective stratégique, et la politique en matière de soins de santé, deux domaines que j'ai aimés tout au long de ma carrière. Ce fut un réel plaisir pour moi d'avoir cette brève conversation avec vous. J'espère que nous aurons l'occasion de nous croiser à nouveau. Mais je tiens à vous remercier au nom de tout le monde, des fonctionnaires fédéraux qui nous regardent, de l'École de la fonction publique du Canada, pour cette excellente présentation aujourd'hui.

[00:56:47 Caroline Pitfield apparaît en plein écran.]

Caroline Pitfield : J'invite les gens qui nous regardent à consulter le site Web ou la plateforme pour découvrir d'autres offres de l'École de la fonction publique du Canada. Merci beaucoup, Zayna. C'était très intéressant.

[00:56:54 Le logo animé de l'EFPC apparaît à l'écran.]

[00:56:58 Le mot-symbole du gouvernement du Canada apparaît à l'écran.]

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