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Les héros méconnus de l'énergie au Canada : La géothermie (TRN5-V73)

Description

Cette vidéo met en scène Emily Smejkal, membre et responsable des politiques au Bureau de l'énergie géothermique du Cascade Institute, ainsi que vice-présidente de Geothermal Canada, qui explore les vastes ressources thermiques souterraines du pays ainsi que les possibilités de faire progresser le développement énergétique géothermique au Canada.

Durée : 00:16:29
Publié : 1 octobre 2026
Type : Vidéo
Séries : Les héros méconnus de l'énergie au Canada


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Les héros méconnus de l'énergie au Canada : La géothermie

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Transcription

Transcription : Les héros méconnus de l'énergie au Canada : La géothermie

[00:00:00 Un montage d'images illustrant l'industrie et la production d'énergie partout au pays. Texte à l'écran : Les héros méconnus de l'énergie au Canada : Géothermie.]

[00:00:06 Emily Smejkal apparaît en plein écran. Texte à l'écran : Emily Smejkal, chercheuse universitaire à l'Institut Cascade sur la géothermie ultraprofonde.]

Emily Smejkal : Je m'appelle Emily Smejkal. Je suis géologue de profession et j'occupe un poste de chercheuse à l'Institut Cascade.

[00:00:14 Texte à l'écran : Qu'est-ce que l'énergie géothermique?]

Emily Smejkal : L'énergie géothermique est la chaleur d'origine naturelle produite par le noyau terrestre et par la désintégration des éléments présents dans la croûte terrestre. Cela signifie littéralement « chaleur de la Terre ». « Géo » signifie « terre »; « thermique » signifie « chaleur ». Énergie géothermique.

[00:00:31 Texte à l'écran : Comment peut-on y accéder?]

[00:00:38 Image d'une tarière en train de forer le sol.]

Emily Smejkal : On peut exploiter l'énergie géothermique en forant un puits dans le sol et en y faisant circuler de l'eau. Cette eau est ensuite acheminée vers la surface, où; elle sert soit directement à chauffer des édifices, soit à faire tourner une turbine pour produire de l'électricité.

[00:00:51 Texte à l'écran : Que devraient savoir les Canadiens au sujet de l'énergie géothermique et de son rôle potentiel dans notre réseau d'énergie propre?]

[00:01:03 Image d'un document d'étude, conformément à la description, sur lequel est superposé une carte du Canada illustrant le potentiel d'énergie géothermique en place.]

Emily Smejkal : Le Canada possède un immense potentiel géothermique. Une étude réalisée en 2012 par la Commission géologique du Canada a révélé que nous disposons, juste sous nos pieds, d'une quantité d'énergie plus d'un million de fois supérieure à celle nécessaire à notre production d'électricité actuelle.

[00:01:11 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Au Canada, ce potentiel se répartit en deux catégories. Nous disposons d'une source d'énergie géothermique peu profonde. Il s'agit d'un type d'énergie géothermique exploitée très près de la surface, à l'aide de puits dont la profondeur atteint généralement quelques centaines de mètres seulement.

[00:01:28 Vue aérienne de la Colline du Parlement en travaux.]

Emily Smejkal : À l'édifice du Centre du Parlement, dans le cadre des travaux de rénovation en cours pour le Centre d'accueil, on installe actuellement l'un de ces systèmes, qui assurera le chauffage et la climatisation de l'édifice.

[00:01:36 Texte à l'écran : Quelles caractéristiques géologiques du Canada sont propices à l'énergie géothermique?]

[00:01:41 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : L'énergie géothermique peu profonde peut être mise en œuvre pratiquement partout au Canada où; il n'y a pas de pergélisol; l'ensemble du pays se prête donc à l'utilisation de cette technologie pour le chauffage et le refroidissement.

L'énergie géothermique profonde est un peu plus complexe. Le Canada est un pays immense. Ce vaste pays possède une immense diversité de formations géologiques, et chacune d'entre elles exigera une technologie différente pour nous permettre d'en extraire l'énergie géothermique.

[00:02:07 Vue aérienne de la région côtière de l'ouest du Canada; Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : En commençant par la côte Ouest, on trouve des volcans et des sources thermales; on peut donc exploiter cette ressource grâce à ce qu'on appelle la géothermie conventionnelle. Et c'est ce que l'Islande – avec ses geysers – et l'Italie utilisent depuis très longtemps pour produire de l'électricité. Concrètement, les géologues recherchent des réservoirs souterrains d'eau chaude et salée, puis ils utilisent l'énergie thermique de cette eau pour produire de l'électricité.

[Sur] la côte Ouest du Canada, ces technologies existent. Nous pourrions déjà exploiter cette énergie, qui présente un immense potentiel pour fournir une alimentation électrique de base fiable à un réseau qui a besoin de sources supplémentaires.

En nous dirigeant vers l'est depuis la Colombie-Britannique et en nous éloignant des volcans, nous entrons dans le bassin sédimentaire de l'Ouest canadien.

[00:03:02 Vue aérienne de la région du bassin sédimentaire du Canada.]

Emily Smejkal : Ce bassin s'étend sur les Territoires du Nord-Ouest, l'Alberta et la Saskatchewan, et abrite la majeure partie des réserves de pétrole et de gaz du Canada.

[00:03:11 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : En plus du pétrole et du gaz, ce bassin sédimentaire comprend également d'importantes réserves d'eau chaude. On pourrait utiliser cette eau chaude pour produire de la chaleur et de l'électricité.

Comme nous sommes plus éloignés des volcans, cette énergie thermique se trouve en réalité plus profondément dans la terre; nous devrons donc forer des puits plus profonds dans le bassin sédimentaire afin d'extraire l'énergie dont nous avons besoin pour produire de l'électricité. Cela signifie qu'il faudra probablement dépenser davantage dans l'Ouest canadien, plus précisément dans le bassin sédimentaire de l'Ouest canadien, pour exploiter l'énergie géothermique à des fins de production d'électricité. Mais on observe actuellement, à l'échelle internationale, des innovations technologiques issues du secteur pétrolier et gazier qui permettent de réduire les coûts de forage et de rendre ce type d'énergie géothermique ainsi que ces systèmes plus accessibles.

[00:03:59 Vue de la région du Bouclier canadien.]

Emily Smejkal : Le centre et le nord du Canada sont principalement dominés par le Bouclier canadien. Ce sont là certaines des roches les plus anciennes au monde, et il n'y a pas d'eau chaude sous leur surface.

[00:04:11 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Cela signifie que si nous voulons exploiter l'énergie géothermique qu'elles renferment, nous devrons nous tourner vers de nouvelles technologies capables de créer artificiellement des voies de circulation pour cette eau à travers cette roche chaude et sèche. Ces technologies font actuellement l'objet d'essais dans l'Utah et en Allemagne. Même si ces technologies n'en sont qu'à leurs tout débuts, grâce à une innovation constante, elles pourraient être mises en œuvre dans le Bouclier canadien afin de nous permettre d'exploiter l'énergie de la Terre pour produire de la chaleur et de l'électricité.

Enfin, sur la côte Est, les provinces de l'Atlantique du Canada sont situées dans un bassin sédimentaire très similaire à celui de l'Alberta, de la Saskatchewan et des Territoires du Nord-Ouest. Ici, nous avons des sources d'eau chaude souterraines existantes, mais il faudrait forer en profondeur pour récupérer la chaleur nécessaire à la production d'électricité.

[00:04:57 Vue aérienne de la communauté minière de Springhill, en Nouvelle-Écosse.]

Emily Smejkal : Mais la mine de Springhill, en Nouvelle-Écosse, utilise en fait déjà l'eau présente dans le sous-sol pour chauffer sa communauté.

[00:05:05 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Elle exploite déjà l'énergie géothermique provenant d'une mine inondée pour le chauffage de sa communauté.

[00:05:11 Texte à l'écran : Quelles sont les conditions nécessaires pour que l'énergie géothermique prenne de l'ampleur au Canada?]

[00:05:15 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Pour que l'énergie géothermique prenne de l'ampleur au Canada, il faudra adopter une approche à plusieurs volets. Si l'on considère la côte Ouest, on sait qu'il existe des technologies conventionnelles permettant d'exploiter cette ressource dès maintenant. Cependant, l'énergie géothermique présente un profil de risque très différent de celui de nombreuses autres sources d'énergie renouvelable.

[00:05:38 Image d'une ferme solaire.]

Emily Smejkal : Si vous comptez construire une ferme solaire, vous connaissez l'ensoleillement de votre région, vous savez combien de temps le soleil brille chaque jour, vous connaissez le prix d'un panneau solaire, et vous savez combien coûte votre terrain.

[00:05:46 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Il est très facile de faire le calcul et de déterminer à combien s'élèveront votre investissement initial et vos dépenses en ressources pour ce type d'énergie renouvelable. En réalité, la géothermie présente un profil de risque très similaire à celui d'autres ressources souterraines telles que le pétrole et le gaz, le lithium contenu dans des saumures, ou encore certains minéraux essentiels. Dans le domaine de la géothermie, nos risques sont concentrés en début de période. Il faut en effet forer physiquement le puits pour l'exploiter et déterminer s'il y a suffisamment d'énergie en profondeur pour produire de la chaleur et de l'électricité. Cela a tendance à dissuader les investisseurs privés.

Dans le cas de l'énergie géothermique, le forage représente généralement la partie la plus coûteuse de l'ensemble de l'opération. Non seulement c'est à l'avant que le risque est le plus élevé, mais c'est aussi là que se trouve le capital d'exploitation le plus coûteux. Si l'on cherche à déterminer ce qui pourrait stimuler et développer l'énergie géothermique là où; se trouvent nos meilleures ressources, soit sur la côte Ouest du Canada, nous avons pu constater que certains exemples internationaux ont très bien fonctionné.

L'un de ces exemples nous vient des Pays-Bas, où; l'on a recours à l'assurance pour le forage. Les promoteurs versent 7 % de leurs coûts de forage, et si leur puits ne fonctionne pas et qu'ils ne trouvent pas les ressources énergétiques escomptées, leur assurance couvre 80 % de leurs coûts. En Islande, on a recours à ce qu'on appelle des prêts à remboursement conditionnel : si le forage ne fonctionne pas, le gouvernement prendra en charge jusqu'à 50 % des coûts de forage. Nous avons constaté que ce genre d'initiatives fonctionne très bien à l'échelle internationale pour aider les entreprises à surmonter cette phase initiale caractérisée par un risque élevé et des besoins en capitaux importants; cela permet ensuite d'attirer des capitaux privés vers les projets, capitaux qu'elles peuvent ensuite mobiliser pour les réaliser.

Deuxième élément du casse-tête : si l'on considère le reste du Canada, où; il faut forer plus profondément et recourir à de nouvelles technologies pour exploiter l'énergie géothermique, nous aurons besoin d'innovation technologique, et de recherche et développement.

[00:07:48 La page d'accueil de FORGE, présentant des cartes de l'Utah sur lesquelles sont indiqués les emplacements des puits, ainsi que des images aériennes de ces puits.]

Emily Smejkal : L'un des exemples internationaux les plus réussis en la matière serait le Frontier Observatory for Research in Geothermal Energy, ou FORGE.

Il s'agit d'un ensemble de deux puits, situés dans l'Utah, et financés par le département de l'Énergie. Et c'est à ces deux puits seuls qu'on attribue le mérite d'avoir ouvert la voie à l'une des technologies géothermiques de nouvelle génération qui fait actuellement l'objet d'un développement commercial juste à côté.

[00:08:10 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : C'est le type de technologie géothermique que le Canada pourrait exploiter dans les profondeurs de notre bassin sédimentaire de l'Ouest canadien, voire dans notre Bouclier canadien à mesure que les coûts diminueront. Si le Canada souhaite véritablement développer la géothermie à l'échelle nationale, il faudra pouvoir compter sur le soutien public en matière de recherche et de développement et, éventuellement, sur un site d'essai ouvert et accessible au public, afin de financer et de favoriser l'innovation dans ce domaine partout au pays.

[00:08:35 Texte à l'écran : Quelles mesures réglementaires pourraient ouvrir la voie à l'avenir de l'énergie géothermique au Canada?]

[00:08:40 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : La réglementation constitue le premier élément de base de la réalisation de tout projet d'infrastructure, peu importe où; il est mis en œuvre. Seules trois provinces – l'Alberta, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse – ont mis en place une réglementation en matière de géothermie. Ces trois provinces disposent donc d'un cadre complet pour le développement géothermique, depuis le forage du premier puits et l'obtention des droits tréfonciers jusqu'à la mise en place d'une centrale électrique ou d'un système de production de chaleur.

Dans le reste du pays, l'élaboration de la réglementation en est à divers stades d'avancement. Le territoire du Yukon et la Saskatchewan en sont aux premières étapes de l'élaboration de leur réglementation en matière de géothermie, et la Saskatchewan a déjà autorisé un projet géothermique; bien que celui-ci ait été soumis à son régime de réglementation du pétrole et du gaz, la province dispose d'un cadre qui semble fonctionner. Le reste du pays a mis en place des mesures visant à soutenir l'énergie géothermique, ou en est encore à l'étape de sensibilisation dans le cadre du processus réglementaire. L'un des points essentiels, toutefois, alors que le Canada s'efforce d'élaborer ces règlements, c'est que nous ne voulons pas alourdir la bureaucratie. Nous souhaitons que ces règlements entre les provinces et les territoires soient harmonisés et uniformes afin que, lorsque nous envisagerons cette expansion à l'échelle nationale, les promoteurs puissent passer d'une province à l'autre en connaissant les délais et les attentes du régime réglementaire canadien.

[00:10:01 Texte à l'écran : Comment l'expertise canadienne en matière de forage pétrolier et gazier peut-elle se traduire par un leadership dans le domaine de la géothermie?]

[00:10:06 Une étude intitulée « The Future of Geothermal Energy », conformément à la description.]

Emily Smejkal : L'Agence internationale de l'énergie estime en effet que 80 % des compétences, de l'expertise, des technologies et de la chaîne d'approvisionnement nécessaires à l'énergie géothermique existent déjà dans le secteur du pétrole et du gaz.

[00:10:18 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Le Canada est un chef de file mondial dans le développement des technologies souterraines pour les secteurs du pétrole et du gaz. Ces connaissances peuvent facilement être adaptées et mises à profit pour soutenir l'industrie géothermique également. En réalité, l'expertise canadienne est déjà à l'origine de nombreux projets géothermiques à l'échelle mondiale. Il existe un laboratoire spécialisé dans les sables bitumineux qui a mis au point un outil résistant aux hautes températures et qui a d'ailleurs déjà été utilisé dans les geysers. Notre technologie de détection du pétrole fonctionne généralement à environ 220 °C, ce qui se situe largement dans la fourchette recherchée aujourd'hui par la plupart des technologies géothermiques.

On constate donc de nombreux recoupements entre l'énergie géothermique et les secteurs du pétrole et du gaz, et la plupart des avancées en matière de forage et de technologie auxquelles on assiste actuellement en Allemagne et aux États-Unis découlent de l'adaptation des technologies du pétrole et du gaz au secteur géothermique.

[00:11:16 Texte à l'écran : Quelle incidence l'énergie géothermique peut-elle avoir sur les communautés en situation de vulnérabilité énergétique au Canada?]

[00:11:21 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : C'est une excellente question. Je crois que l'énergie géothermique a un rôle incroyable à jouer dans les communautés canadiennes vulnérables sur le plan énergétique. Dans notre pays, 280 000 personnes vivent dans des communautés qui dépendent exclusivement du diesel pour leur chauffage et leur électricité. En général, cette énergie doit être acheminée de façon saisonnière, ce qui rend ces communautés extrêmement vulnérables à toute perturbation de la chaîne d'approvisionnement ou à des phénomènes météorologiques extrêmes, et les rend entièrement dépendantes de cette source d'énergie importée par camion. Il y a également plus de 800 000 autres Canadiens qui vivent en situation de précarité énergétique. Cela signifie qu'ils consacrent plus de 10 % de leur revenu familial à leur facture d'énergie.

Au total, nous comptons au total plus d'un million de Canadiens qui auraient besoin d'une source d'énergie fiable, sûre et abordable. La géothermie présente l'avantage de pouvoir être mise en œuvre exactement là où; on en a besoin. La communauté elle-même pourrait donc disposer, dès maintenant, d'une centrale géothermique destinée à la production de chaleur et d'électricité, implantée directement sur son territoire. Cela permet de réduire au minimum le transport de combustibles et de minimiser les besoins en matière de transport d'électricité.

[00:12:36 Image fournie par l'Institut Cascade montrant des données superposées aux pylônes électriques surplombant une ville illuminée.]

Emily Smejkal : Les modélisations que nous avons réalisées à l'Institut Cascade portaient sur un scénario hypothétique de déploiement à grande échelle d'un système géothermique amélioré dans l'Ouest canadien.

[00:12:44 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : Selon notre modèle, le déploiement à grande échelle de l'énergie géothermique améliorée dans l'Ouest canadien permettrait non seulement d'augmenter le produit intérieur brut de ces provinces, mais aussi de réduire les coûts d'électricité pour les consommateurs. L'énergie géothermique offre non seulement la possibilité de fournir de la chaleur et de l'électricité exactement là où; on en a besoin, mais aussi de réduire les factures d'énergie dans tout le pays, et pas seulement pour les personnes vivant dans des communautés vulnérables.

[00:13:14 Texte à l'écran : Comment le Canada peut-il transformer son potentiel souterrain en énergie durable et sûre?]

[00:13:19 Emily Smejkal apparaît en plein écran.]

Emily Smejkal : L'énergie géothermique est un géant endormi. Il est juste sous nos pieds, et n'attend que nous pour se réveiller. Le Canada pourrait adopter une approche à plusieurs volets, idéalement menés de front, afin de mettre à profit ses ressources géothermiques et de leur permettre de contribuer à faire de notre pays une superpuissance énergétique sûre, souveraine et prospère.

La première consisterait à élaborer une feuille de route pour l'énergie géothermique dans notre pays. Cela permettrait non seulement de mettre en lumière cette ressource souterraine invisible, mais aussi de donner la priorité aux projets les plus accessibles, aux meilleurs projets, et d'examiner quelles technologies seront les plus importantes pour les géologies du Canada et où; se situent nos points forts, ce que nous pourrions facilement adapter à partir de notre expertise dans le domaine du pétrole et du gaz, et comment nous pourrions tirer parti de tout cela pour devenir un chef de file mondial en matière d'innovation dans les technologies géothermiques.

Cette feuille de route ressemblerait probablement à celle des petits réacteurs modulaires, que le gouvernement fédéral a publiée il y a quelques années et qui a permis de lancer ce secteur au Canada. L'énergie géothermique mériterait de bénéficier de la même visibilité, de la même attention et de la même planification que celles consacrées au développement de cette ressource. En parallèle, la côte Ouest du Canada dispose dès à présent d'une source d'énergie géothermique grâce à des technologies qui existent déjà.

J'ai déjà évoqué le profil de risque de l'énergie géothermique, sa complexité, et la nécessité d'un appui public pour permettre son lancement. Si l'on examine les exemples de l'Islande et des Pays-Bas, on constate que ces pays ont mobilisé des fonds publics, garantis par le gouvernement, pour permettre aux promoteurs de lever des capitaux privés et de lancer leurs industries géothermiques.

Enfin, si le Canada souhaite tirer parti de sa position de chef de file en matière de recherche et développement dans le secteur du pétrole et du gaz, nous pourrions créer un centre d'essais situé au Canada, à l'image du FORGE, qui permettrait à nos développeurs de technologies de mener des essais en conditions réelles, sur le terrain, au Canada. Si nous parvenions à mener de front ces trois actions à l'avenir, nous disposerions d'une feuille de route indiquant comment exploiter cette ressource et ce qu'elle pourrait potentiellement apporter à l'écosystème énergétique canadien. Nous aurions ainsi un projet qui permettrait de réduire les risques liés à cette technologie au Canada et de démontrer qu'elle fonctionne ici. Et l'innovation serait le moteur de ce secteur, nous permettant ainsi d'exporter notre expertise partout dans le monde.

Bien que l'énergie géothermique soit encore peu connue et qu'elle ne soit pas encore exploitée au Canada, elle offre à notre pays un immense potentiel qui viendrait renforcer notre statut de superpuissance énergétique. L'industrie géothermique canadienne n'en est encore qu'à ses débuts, mais nous disposons de l'expertise nécessaire pour la développer, ce qui nous donne un avantage clair. Grâce à un soutien réglementaire et économique adéquat de la part des gouvernements fédéral et provinciaux, le Canada pourrait transformer ce géant endormi et méconnu en une source d'énergie sûre et durable.

[00:16:20 Le logo animé de l'EFPC apparaît à l'écran. Texte à l'écran : canada.ca/ecole.]

[00:16:25 Le mot-symbole du gouvernement du Canada s'affiche à l'écran.]


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