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Les héros méconnus de l'énergie au Canada : L'énergie éolienne (FON1-V58)

Description

Cette vidéo présente André Bégin-Drolet, professeur titulaire au Département de génie mécanique et de génie industriel de l'Université Laval, qui examine comment l'énergie éolienne contribue à réaliser les objectifs du Canada en matière d'électricité propre.

Durée : 00:14:08
Publié : 23 septembre 2026
Type : Vidéo
Séries : Les héros méconnus de l'énergie au Canada


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Les héros méconnus de l'énergie au Canada : L'énergie éolienne

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Transcription : Les héros méconnus de l'énergie au Canada : L'énergie éolienne

[00:00:01 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Les héros méconnus de l'énergie au Canada : l'énergie éolienne ».]

[00:00:05 André Bégin-Drolet apparaît à l'écran.]

André Bégin-Drolet (Professeur titulaire, département de génie mécanique et de génie industriel de l'Université Laval): Bonjour, je m'appelle André Bégin-Drolet. Je suis professeur titulaire au département de génie mécanique de l'Université Laval depuis 2014.

[00:00:13 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Qu'est-ce que l'énergie éolienne? ».]

Donc, l'énergie éolienne, ça consiste à extraire l'énergie du vent et produire de l'électricité. À l'heure actuelle, les technologies qu'on a, ça s'appelle des éoliennes à axe horizontal.

[00:00:29 Un parc éolien apparaît à l'écran.]

Donc, c'est de grands tours principalement faites d'acier et de béton, qui amènent une nacelle à une hauteur d'environ 100 mètres. Et cette nacelle-là, au bout de cette nacelle-là, à l'intérieur de la nacelle, on a un générateur et le générateur est attaché à trois grandes pales qui font entre 80 et 100 mètres de long et qui tournent sous la force du vent, transfère l'énergie du vent en énergie mécanique. Donc, l'arbre qui est en rotation, qui entraîne un générateur qui lui crée de l'électricité. Donc, à ces tailles-là, ça représente plus d'un terrain de football qui est en constante rotation par le vent et qui crée de l'électricité.

[00:01:18 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Quelle est la position actuelle du Canada en matière de développement de l'énergie éolienne? ».]

Le Canada est très bien positionné en termes d'énergie éolienne. On est loin d'être un leader mondial, mais comme je dis, on est très bien positionné. Il y a plusieurs raisons qui nous mettent dans cette position-là. Une des premières raisons, c'est qu'on n'a pas de turbiniers, c'est-à-dire d'équipementiers qui sont des équipementiers canadiens. Donc, on est un peu à la merci de d'entreprises qui viennent d'autres juridictions. On a aussi un très, très grand territoire à couvrir. Donc, près de 10 millions de kilomètres carrés de territoire. On est un très grand pays. Donc, c'est un défi pour nous aussi d'acheminer l'énergie qu'on produit jusqu'à nos populations. Donc, c'est un défi pour nous. Ce qui nous met en bonne situation, c'est qu'on a un immense potentiel éolien. Et ça, ça nous aide beaucoup à nous positionner comme des leaders du futur pour l'énergie éolienne.

[00:02:26 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Comment ça se compare à l'échelle internationale? ».]

Donc, on a eu beaucoup de nouvelles installations qui ont été installées dans les 20 dernières années. On a à peu près 20 gigawatts de capacité de production qui sont installés au Canada. Comment ça se compare à d'autres juridictions? Bien, on peut comparer ça, par exemple au Danemark, qui est un pays qu'on sait qui est très développé au niveau de la production d'énergie éolienne. Mais au Danemark, il y a moins de capacité installée qu'au Canada. Ils ont 7.5 gigawatts de turbines installées. En Allemagne, ils ont 70 gigawatts d'installés. Donc, c'est plus que nous pour un territoire qui est beaucoup plus petit. Donc, pour ceux et celles qui se sont déjà promenés en Allemagne, on voit des turbines à beaucoup d'endroits là-bas. L'Allemagne est un pays qui a à peu près le double de notre population. Donc, ce qui fait en sorte aussi qu'ils ont plus de besoins en énergie comparativement à nous. Nous, on a une population, comme je vous le mentionnais, qui est plus étendue. Donc, on a un plus grand territoire. Donc, on a des défis qui sont différents d'autres juridictions. Donc, c'est difficile de faire une comparaison honnête de la situation. Comme je le disais, on est bien positionnés en termes de la ressource dont on dispose, mais qui est sous utilisée, sous exploitée pour l'instant.

[00:03:55 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Comment les opérateurs de réseau et les services publics peuvent-ils garantir la fiabilité et l'accessibilité financière avec plus d'intégration des énergies renouvelables variables? ».]

Très complexe. Et c'est une question qui se résout à l'échelle du système. Au niveau technologique, il y a des défis, mais il n'y a pas tant de défis que ça. C'est vraiment au niveau du système comment gérer l'offre et la demande. Il faut savoir que l'électricité qu'on utilise à tous les jours, c'est une matière qui est très difficile ou c'est un concept qui est très difficile à emmagasiner, contrairement à un producteur de lait qui pourrait produire du lait, les mettre dans des boîtes et entreposer les boîtes ou les envoyer à des clients potentiels. Au niveau d'électricité, tout ce qui est consommé doit être produit en même temps. Donc, on parle souvent d'opérateur du réseau. Je prends l'exemple du Québec où; c'est Hydro-Québec qui doit balancer le réseau à tous les moments. Donc, l'offre et la demande doivent être balancées à chaque instant sur le réseau. On commence à voir apparaître des technologies de stockage d'énergie, mais c'est marginal par rapport à l'ensemble de la production d'énergie. Donc, il faut premièrement comprendre que l'électricité, le marché de l'électricité, est très différent de bien d'autres marchés parce qu'on n'a pas la capacité de pouvoir stocker. Maintenant, au Québec, je vais prendre encore l'exemple du Québec, on a des réservoirs hydrauliques qui eux, permettent de produire de l'énergie via des centrales hydroélectriques.

[00:05:22 Un barrage hydroélectrique apparaît à l'écran.]

Et ça, ça nous donne la capacité d'avoir de l'énergie qui est emmagasiner sous forme d'énergie potentielle ou sous forme électrique. Et quand on a besoin, on peut se mettre à turbiner dans les barrages. C'est un énorme avantage qu'on a au Canada d'avoir ces ressources-là parce qu'elles permettent d'intégrer plus de ressources variables comme l'énergie éolienne. C'est-à-dire quand il vente, on peut stopper rapidement la production des barrages et rediriger la production vers les turbines éoliennes. Si on pense par exemple à des endroits où; est-ce qu'ils ont de l'énergie qui vient de source par exemple nucléaire, arrêter un réservoir nucléaire, ça prend beaucoup plus de temps que d'arrêter un barrage hydraulique. Donc, on a cet avantage-là aussi au Canada d'avoir un mariage facile entre l'éolien et l'hydraulique, si on veut.

[00:06:28 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Quelles conditions économiques influencent le secteur éolien canadien aujourd'hui? ».]

Donc, le secteur éolien canadien est influencé par le coût de l'énergie actuel qui est très bas. On a des sources d'énergie propres au Canada qui viennent de l'énergie hydroélectrique qui est produite, qui sont très faibles. Et ça, ça affecte beaucoup les projets éoliens qui sont à venir parce que leur coût est un peu plus élevé que ces sources-là, qui sont des sources patrimoniales qui sont là depuis longtemps. Elles continuent à bien produire. L'autre défi au niveau économique qu'on a surmonté, c'est le défi de l'incertitude. Souvent, ce n'est pas tant le coût de la technologie, mais le coût de l'incertitude associée à avoir ou non des technologies. Donc, au niveau financier, les gens qui vont financer, les investisseurs qui vont financer les projets, le fait qu'ils soient dans une certaine incertitude par rapport à ce qui va être produit ou c'est quoi les plans pour les 10, 20 ou 30 prochaines années, on a vu… Je vais prendre encore l'exemple au Québec des turbiniers venir ouvrir des usines ici le temps de produire pour certains projets. Puis, par la suite, étant donné qu'il n'y avait pas de projets qui étaient en cours, ces usines-là ont été fermées par manque de travail lié à ces usines-là. Donc, l'incertitude, c'est souvent pire que le coût comme tel de la technologie.

[00:08:10 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Comment les partenariats communautaires et les gouvernements régionaux font-ils avancer l'énergie éolienne? ».]

C'est la clé du succès. On appelle souvent ça l'acceptabilité sociale. Ça passe par les partenariats avec les communautés régionales. Et ces partenariats-là, il faut les voir au-delà des compensations financières pour l'utilisation des territoires et de la ressource qui est présente sur ce territoire-là. Il faut le voir de façon plus large sur l'impact que ça a sur ces communautés-là en termes de création d'emplois, en termes de formation des gens qui sont présents sur le territoire et ils contribuent au projet, et aussi en termes de gestion de ces projets-là. On forme du monde qui deviennent bon à faire ces choses-là. Et ensuite, on peut continuer à faire d'autres projets liés à ça. Donc, la clé, des partenariats c'est vraiment l'acceptabilité sociale qui permettent d'avoir des projets gagnants.

Ceci étant dit, je veux aussi balancer le fait que les communautés qui sont partenaires des projets, il faut aussi qu'elles soient conscientes qu'elles deviennent aussi imputables si le projet ne va pas aussi bien que ce qui était attendu dans les modèles initiaux. Pour prendre des exemples où; est-ce qu'on a prévu que dans le contexte d'un projet, on produise X nombre d'énergie pendant l'année, mais si on produit moins d'énergie pour une raison qui est hors de notre contrôle, je pourrais prendre l'exemple des conditions climatiques qui font en sorte qu'il y a plus de givre qui est présent sur les turbines. Et là, les turbines ne peuvent pas produire, bien, on va produire moins. Et là, le modèle économique devient un peu moins fort. On peut se ramasser avec des projets qui sont à perte aussi. Donc, il faut que les communautés partenaires fassent aussi leur étude des projets pour être sûr qu'elles embarquent dans des projets qui sont profitables pour leur communauté.

[00:10:16 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Comment faire en sorte que les avantages du développement éolienne soient partages équitablement entre les communautés? ».]

[00:10:22 Des ouvriers du bâtiment au travail apparaît à l'écran.]

Je pense que ça passe par des partenariats, mais des partenariats qui sont étudiés de part et d'autre et dans lesquels tout le monde est conscient des impacts que ça amène. Ça a des avantages très grands pour les communautés. Ça amène des emplois, ça amène des connaissances, ça permet d'avoir de la formation de personnes liées à ces projets-là. Ça permet également de développer le territoire, créer de nouvelles routes d'accès et vraiment de développer localement les choses. Donc, pour moi, le partage équitable va au-delà des compensations financières. Il faut voir tous les retombées et les impacts que ça a sur les communautés qui sont présentes.

[00:11:09 Le texte suivant apparaît à l'écran : « Qu'est-ce qui te rend optimiste quant à l'avenir de l'énergie éolienne au Canada et quels sont les défis qui restent à relever? ».]

Je suis très optimiste sur l'avenir de l'éolien au Canada parce que de un, on a une énorme ressource qui est sous exploitée. Et cette ressource-là, elle va toujours être présente dans les années à venir. Au niveau des défis, on a un immense territoire à couvrir et c'est un des défis les plus importants qu'on va avoir, donc acheminer les équipements, les installer. Après ça, une fois qu'ils sont en opération, ramener l'énergie vers les grands centres. Les défis de main d'œuvre vont être présents, c'est clair. On sait qu'on a une population vieillissante. On a des défis de main d'œuvre dans bien des secteurs. Il y a beaucoup de choses qui automatisent. On a de plus en plus de systèmes avancés. On a l'expertise qui a été développée aussi au Québec, au Canada, pour l'installation de nouveaux parcs. Et je côtoie la nouvelle génération d'adultes, si on veut dire, et je les vois très enthousiastes par rapport à ces défis-là et investis dans développer une économie à bas carbone, notamment au niveau de la production d'énergie. Donc, ça me rend optimiste pour les années à venir.

[00:12:37 Le texte suivant apparaît à l'écran : « De quoi le Canada a-t-il besoin pour cultiver un avenir prometteur pour le secteur de l'énergie éolienne? ».]

Je pense que c'est le mot le plus important, c'est avoir la prévisibilité pour les années à venir. Et ça, ce serait que les pipelines de projets soient tels qu'on est capable de former la main d'œuvre, mais une fois qu'elle est formée, on est capable de continuer à l'occuper. Et ça, je pense que ça se fait main dans la main avec le gouvernement, avec les entreprises qui développent des projets, avec les entreprises qui réalisent les projets. Une fois qu'on a du personnel formé, on veut pouvoir continuer à les utiliser de façon efficace. Puis, ça peut passer par plein de choses : permis de transport, permis d'installations sur différents sites. Ça va même jusqu'à un crédit d'impôt à l'investissement pour les entreprises pour venir établir des usines et créer de l'emploi ici au Canada. Donc, vraiment c'est de diminuer les incertitudes reliées à ce domaine-là. Tout le monde le sait que c'est un domaine d'avenir. Il faut collectivement investir là-dedans pour s'assurer de justement diminuer les incertitudes et avoir plus de prévisibilité à ce niveau-là.

[00:13:59 Le logo animé de l'EFPC apparaît à l'écran.]

[00:14:04 Le logo du gouvernement du Canada apparaît à l'écran.]


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