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Série sur l'exploration de l'énergie au Canada : Comprendre les réalités énergétiques régionales (TRN5-V70)

Description

Dans cet enregistrement d'événement, des personnes représentant les régions du Nord, de l'Atlantique et des Prairies du Canada discutent de la façon de relever les défis énergétiques propres à leur région et de faire progresser leur avenir énergétique.

Durée : 01:25:53
Publié : 6 janvier 2026
Type : Vidéo


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Série sur l'exploration de l'énergie au Canada : Comprendre les réalités énergétiques régionales

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Transcription : Série sur l'exploration de l'énergie au Canada : Comprendre les réalités énergétiques régionales

[00:00:01 Un texte apparaît à l'écran : « Welcome » « Bienvenue ».]

[00:00:06 L'écran s'estompe pour montrer Caroline Pitfield dans une fenêtre de discussion vidéo.]

Caroline Pitfield (membre-cadre du corps professoral de l'École de la fonction publique du Canada) : Bonjour. Bienvenue à l'événement d'aujourd'hui. Le deuxième volet de notre série d'apprentissage sur l'exploration de l'énergie au Canada intitulé « Comprendre les réalités énergétiques régionales ». Je suis heureuse que vous vous joigniez à nous. Je m'appelle Caroline Pitfield et je suis membre-cadre du corps professoral de l'École de la fonction publique du Canada. Je suis très heureuse d'être ici pour animer l'événement d'aujourd'hui. Avant d'aller plus loin, j'aimerais souligner que je m'adresse à vous depuis le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anichinabé.

Je tiens particulièrement à exprimer ma gratitude aux générations d'Algonquins, passées et présentes, qui sont les premiers gardiens de l'espace que j'occupe actuellement. Je suis très reconnaissante d'être ici. Et puisque vous nous regardez probablement depuis différents endroits du pays, je souhaite également prendre un instant pour vous permettre de réfléchir au territoire traditionnel sur lequel vous vous trouvez aujourd'hui et de reconnaître votre propre gratitude envers les gardiens de ce territoire. Bien. En ce qui concerne l'événement d'aujourd'hui, les avis sont partagés. Quand on parle d'énergie au Canada, on pense souvent au pétrole, au gaz et à l'hydroélectricité qui alimentent les centres urbains les plus peuplés de notre pays.

Mais le Canada, bien sûr, est un vaste pays composé de régions et de populations disparates qui ont des besoins et des solutions variés en matière d'énergie. Aujourd'hui, nous allons explorer les paysages énergétiques de trois régions distinctes du Canada : le Nord, le Canada atlantique et la région des Prairies. Chacune de ces régions a ses propres défis et possibilités en matière d'énergie. Nous avons trois conférenciers et conférencières aujourd'hui. Ces invitées nous parleront chacune d'un contexte particulier en matière d'énergie.

[00:02:05 Mark Heyck apparaît dans une autre fenêtre de discussion vidéo.]

Mark Heyck est le directeur général d'Arctic Energy Alliance, une société à but non lucratif dont le mandat est d'aider les communautés, les consommateurs, les producteurs, les organismes de réglementation et les décideurs politiques à collaborer pour réduire les coûts et les effets environnementaux de l'énergie et des services publics dans les Territoires du Nord-Ouest. Mark a également été conseiller municipal de Yellowknife pendant trois mandats et maire pendant deux mandats.

[00:02:31 Michelle Robichaud apparaît dans une autre fenêtre de discussion vidéo.]

Michelle Robichaud est la présidente d'Atlantica Centre for Energy, une organisation qui se consacre à l'amélioration des connaissances en matière d'énergie ainsi qu'à la croissance durable et au développement économique du secteur régional de l'énergie. Elle siège également au comité exécutif de l'Atlantic Hydrogen Alliance et est membre de la National Nuclear Leadership Roundtable. Bienvenue, Michelle.

[00:02:54 Martin Boucher apparaît dans une autre fenêtre de discussion vidéo.]

Enfin, Martin Boucher est le titulaire de la chaire de recherche sur la durabilité du NorQuest College, où; il dirige la recherche appliquée sur les stratégies innovantes permettant d'accélérer la transition énergétique. Il est également président fondateur de Community Energy Cooperative Canada et membre de l'Energy Futures Lab. Le travail de Martin est principalement axé sur l'énergie communautaire, les petits réacteurs modulaires, le perfectionnement des compétences, l'innovation sociale et les solutions en matière d'énergie propre. Dans un instant, je vais donner à chacune une dizaine de minutes pour prendre la parole. Après leurs présentations, je me permettrai de poser quelques questions en tant qu'animatrice, avant de vous demander, à vous et à l'auditoire, de poser vos propres questions.

En prévision de notre séance de questions et réponses, je vous encourage à soumettre des questions à nos panélistes en utilisant l'interface de la webdiffusion. Vous pouvez le faire dès que vous avez une question en tête, ou bien attendre pendant la période de questions et réponses. Ce qui vous convient le mieux. Pour soumettre vos questions, vous devez cliquer sur l'icône de la fonction de clavardage, qui se trouve dans le coin supérieur droit de votre écran. Et vous pouvez soumettre ces questions dans la langue officielle de votre choix. Nous essaierons de répondre à autant de questions que le temps le permet. De nombreuses personnes se sont jointes à nous aujourd'hui. Nous n'aurons peut-être pas le temps de répondre à toutes les questions, mais nous ferons de notre mieux. Sur ce, Mark, je vais d'abord vous donner la parole. Parlez-nous un peu du Nord.

Mark Heyck (directeur général de l'Arctic Energy Alliance) : Absolument. Merci beaucoup, Caroline. Bonjour à tout le monde dans l'Ouest. Et bonjour à tout le monde dans l'Est. Bon matin. Bon après-midi. C'est un plaisir de participer et je remercie l'École de m'avoir invité. Nous apprécions vraiment cette occasion de partager nos connaissances et notre expérience du nord du Canada. Je suis à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. Mais j'aimerais commencer par présenter un peu le contexte nordique en ce qui concerne les trois territoires du Nord. Ensuite, je parlerai des Territoires du Nord-Ouest plus précisément.

Dans le Nord, nous avons bien sûr le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, et ils se distinguent tous en termes de mélange d'énergie, de tentatives ou d'efforts d'atténuation du changement climatique et d'adaptation au changement climatique. Le Yukon dispose de réseaux électriques qui couvrent la quasi-totalité du territoire. La grande majorité de la population du Yukon est basée à Whitehorse, entre le deux tiers et 70 % de la population. Et la quasi-totalité du territoire, à l'exception d'une communauté, est reliée par des routes praticables en toute saison.

Voilà donc un peu le contexte du Yukon, et ce niveau de développement et de connectivité présente certains avantages au territoire. Je vais sauter les Territoires du Nord-Ouest pour l'instant et passer au Nunavut. Au Nunavut, il y a 28 communautés qui sont presque toutes des microréseaux à elles seules. La production d'électricité à partir de moteurs diesel est la norme dans toutes les communautés du Nunavut. Et bien sûr, le transport entre les communautés est vraiment limité au transport aérien et à l'approvisionnement par barge en été et en automne.

La connectivité est très faible, contrairement à celle du Yukon. Ici, dans les Territoires du Nord-Ouest, nous sommes à mi-chemin entre ces deux points. Dans la moitié sud du territoire, où; se trouve Yellowknife, sur la rive nord du Grand lac des Esclaves, et dans certains centres régionaux de la partie sud du territoire, nous sommes reliés à des routes et à des réseaux autoroutiers praticables en toute saison et, du point de vue énergétique, nous disposons de réseaux qui reposent en grande partie sur l'hydroélectricité. Sur la rive sud du Grand lac des Esclaves, nous avons le réseau hydroélectrique de Taltson, qui alimente les communautés de Fort Smith, Hay River, Fort Resolution et Enterprise.

Et sur la rive nord, à Yellowknife et dans la région environnante, nous avons le système hydroélectrique de Snare Lake. Ces deux systèmes, comme je le disais, produisent la très grande majorité de l'énergie que nous utilisons ici. Et la grande majorité de cette énergie provient de l'hydroélectricité propre et renouvelable. Dans la moitié nord du territoire, l'environnement est bien différent. En gros, toutes les communautés de la moitié nord du territoire, dont certaines ne sont reliées que par voie aérienne. Il existe des réseaux de routes d'hiver qui, pendant la saison des routes de glace qui se raccourcit, sont reliés pendant un mois ou deux mois à deux réseaux routiers.

Mais sinon, toutes ces communautés de la moitié nord du territoire sont vraiment très isolées et éloignées. D'un point de vue énergétique, elles constituent, comme le Yukon, des microréseaux à part entière. Dans les Territoires du Nord-Ouest, dans les petites communautés rurales du Nord, la production d'électricité au diesel, comme au Nunavut, est la norme. Dans les Territoires du Nord-Ouest, quand on se penche sur l'atténuation du changement climatique, c'est-à-dire à la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur laquelle est axée notre organisation Energy Alliance, on doit souvent prendre en compte les défis auxquels sont confrontées les communautés lorsqu'elles tentent d'améliorer leur rendement énergétique.

Je voudrais souligner une chose que je considère toujours comme un point de départ important pour la discussion quand on parle d'atténuation du changement climatique, c'est le profil des gaz à effet de serre des Territoires du Nord-Ouest eux-mêmes. Nous parlons beaucoup de la production d'électricité au diesel et du combustible diesel pour le chauffage local. Mais nous devons reconnaître qu'environ 80 à 90 % des émissions de gaz à effet de serre dans les Territoires du Nord-Ouest proviennent de l'industrie et des transports. Ce sont deux éléments du profil des GES qui échappent largement au contrôle des habitants des Territoires du Nord-Ouest.

Encore une fois, je suis très heureux de m'adresser à un auditoire national composé de représentants du gouvernement fédéral, parce que les choix politiques au niveau fédéral ont de nombreuses répercussions sur ce que nous essayons de faire ici, dans les Territoires du Nord-Ouest, en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. On parle souvent de distinctions entre les milieux urbains et les milieux ruraux. Dans les Territoires du Nord-Ouest et dans le nord du Canada, sa signification est un peu différente. Pour nous, le milieu urbain est Yellowknife, essentiellement, et peut-être certains centres régionaux. Yellowknife est une communauté de 20 000 habitants.

Dans certaines régions du Canada, des communautés considérées comme extrêmement petites ont une population plus grande que celle de Yellowknife. Mais en dehors de Yellowknife, où; nous avons l'avantage de disposer d'entrepreneures et de gens de métier et de pouvoir tester différentes technologies dans le secteur de l'énergie, ça n'existe tout simplement pas dans beaucoup de nos communautés. J'assiste à de nombreuses conférences sur l'énergie et les discussions portent souvent sur des technologies comme les petits réacteurs nucléaires modulaires, la création d'hydrogène pour les transports et d'autres applications. Je pense que c'est important de se rappeler qu'un grand nombre de nos communautés, qui pourraient avoir une population de 100 à 300 personnes, n'ont peut-être même pas de mécanicien pétrolier certifié.

Ces communautés dépendent donc de personnes venant souvent des centres régionaux pour entretenir les équipements qui s'y trouvent, pour maintenir l'éclairage et le chauffage. Un autre point important selon moi, quand on parle de technologies émergentes, de décarbonation et de transition vers un avenir décarboné, c'est que pour beaucoup de nos communautés, la capacité à maintenir l'éclairage et le chauffage est une situation de vie ou de mort, et il y a très peu de place pour l'erreur à ce niveau. Quand on teste de nouvelles technologies, on doit toujours s'assurer qu'il existe un système de secours pour garantir de continuer à fournir de la chaleur, de l'éclairage, à faire fonctionner les appareils électriques, etc. C'est une chose importante à retenir, sur laquelle on insiste souvent.

L'une des choses qui, à mon avis, distingue les Territoires du Nord-Ouest de la majeure partie du Canada, c'est le rôle que jouent les gouvernements et les communautés autochtones. Nous avons une histoire de revendications relatives aux territoires colonisés beaucoup plus longue que dans de nombreuses régions du Canada, ce qui a conduit à des gouvernements autochtones très autonomes, qu'ils soient basés dans une communauté ou dans une région des Territoires du Nord-Ouest, qui collaborent avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest sur un grand nombre de questions et d'initiatives différentes, y compris des initiatives liées à l'énergie.

Plusieurs de ces gouvernements autochtones ont historiquement mis en place des sociétés de développement, par exemple, qui peuvent envisager des accords de production d'énergie indépendante avec le gouvernement territorial. Ils peuvent envisager de mettre en place des systèmes de chauffage urbain au sein de leurs communautés, pour fournir des sources d'énergie propre et renouvelable pour le chauffage local. C'est un environnement de gouvernance différent, je dirais, de celui de nombreuses régions du Canada. Et je pense que ça nous donne beaucoup d'avantages en termes d'autonomie et de pouvoir que les gouvernements autochtones ont ici dans les Territoires du Nord-Ouest. Mon temps est probablement écoulé.

Je vais parler rapidement de certains de nos efforts en faveur de la décarbonation. Et je crois que c'est aussi important pour les personnes qui travaillent au sein du gouvernement fédéral. Dans de nombreuses régions du pays, nos options sont limitées en ce qui concerne la transition vers une économie à faible émission de carbone. Le gouvernement fédéral a souligné les avantages des thermopompes, par exemple, dans des régions comme la Colombie-Britannique ou le Canada atlantique, où; le climat est plus clément et où; les tarifs énergétiques sont beaucoup plus avantageux. Ces technologies sont excellentes et fonctionnent très, très bien dans ces régions. Dans un environnement comme les Territoires du Nord-Ouest, où; les températures sont très froides et les coûts énergétiques très élevés, ce n'est pas nécessairement une bonne solution. Quand on se penche sur les autres solutions et qu'on revient sur le fait qu'on doit toujours s'assurer que le chauffage et l'éclairage fonctionnent. Nous avons examiné ce type de sources d'énergie pratiques vers lesquelles nous pourrions nous tourner.

L'un des grands gagnants ici, dans les Territoires du Nord-Ouest, a été la biomasse pour le chauffage local, et plus particulièrement les granulés de bois, que nous achetons dans le nord de la Colombie-Britannique et de l'Alberta. En gros, environ 30 % du bois qui passe par une scierie finit en déchets sous forme de granulés, de copeaux, de sciure, etc. Pendant longtemps, ces matériaux ont été mis en décharge. Quand les décharges municipales ont commencé à refuser, les scieries les ont brûlés sur place. Il y a plusieurs années, quelqu'un a eu l'idée géniale de transformer ce matériau en granulés et d'en faire un produit de base.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, c'est ici à Yellowknife que ça a commencé il y a environ 15 ans. Nous avons vu l'adoption généralisée de la biomasse pour le chauffage local et des granulés de bois en particulier. Ça nous permet de réduire nos coûts de chauffage de 30 à 50 %. C'est tellement moins cher. Et la biomasse est considérée comme une source de combustible neutre sur le plan des gaz à effet de serre. Nous avons donc mis l'accent sur cette technologie parce qu'elle a fait ses preuves, qu'elle est comprise et que nous pouvons l'appliquer dans n'importe quelle partie des Territoires du Nord-Ouest. C'est l'aspect pratique de la décarbonation et de la transition vers un avenir à faible émissions de carbone. Nous recherchons des sources de combustibles pratiques qui ont fait leurs preuves, et nous savons que nous avons la capacité, ici dans les Territoires du Nord-Ouest, de maintenir des systèmes de ce type.

Et maintenant, nous envisageons des systèmes de chauffage urbain plus importants. À Yellowknife, par exemple, nous étudions la possibilité de faire passer notre centre-ville à un système de chauffage urbain basé sur la biomasse, ce qui permettrait de réduire notre consommation de diesel d'environ 7 millions de litres par an. Ce sont quelques exemples de ce que nous essayons de faire, en tant qu'organisation, en mettant l'accent sur le renforcement des capacités, parce que nous devons perfectionner les compétences et l'expertise au sein de nos communautés pour s'assurer de pouvoir adopter ces technologies et de les utiliser de manière efficace. Merci.

Caroline Pitfield : C'est super, Mark. Merci beaucoup. Michelle, c'est à vous de nous parler un peu de la région de l'Atlantique.

Michelle Robichaud (Présidente du Atlantica Centre for Energy) : Merci, Caroline. Je suis très heureuse de me joindre à vous aujourd'hui depuis Saint John, au Nouveau-Brunswick, un centre industriel et énergétique de la région. Je représente le Atlantica Centre for Energy. Pour vous mettre un peu en contexte, nous sommes composés de membres de chacune des quatre provinces atlantiques, y compris les quatre gouvernements provinciaux. Nous représentons toutes les formes d'énergie, des producteurs d'énergie propre aux gros utilisateurs industriels.

Nous sommes un forum de collaboration, de recherche, d'éducation à l'énergie et de défense des droits pour aider la région à maximiser les possibilités économiques liées à l'énergie. Et je vous encourage à visiter notre site Web, atlanticaenergy.org, pour plus d'informations et de ressources sur la connaissance de l'énergie. Je vais commencer par une déclaration assez audacieuse. Nous pensons que la vision de superpuissance énergétique du Canada commence en fait dans la région de l'Atlantique et dans d'autres régions rurales, parce qu'il y a un potentiel important pour l'économie future du pays dans le domaine de l'énergie et des ressources.

Le premier ministre Carney a déclaré qu'il voulait faire du Canada une superpuissance énergétique, ce qui signifie plus que des exportations, plus que la souveraineté, plus que la sécurité énergétique et la résilience pour les Canadiennes. Mais pour y parvenir, je crois qu'on doit comprendre que les réalités rurales et régionales peuvent varier considérablement, et le Canada atlantique est un excellent exemple de cette différence. Je vais commencer par mettre en lumière une réalité un peu brutale de notre région. Le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont un système énergétique fondamentalement différent de celui de la plupart des grandes villes du Canada. Les centres sont électrifiés, dispersés et très exposés, contrairement aux grands centres urbains. La plupart d'entre nous ne chauffent pas leur maison au gaz naturel. Nos hivers sont longs et nous dépendons de l'électricité, de l'huile de chauffage et, un peu comme dans le Nord, de la biomasse, y compris le bois et les granulés de bois.

Les zones industrielles les plus urbaines du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse ont accès au gaz naturel. Mais c'est un système relativement nouveau et coûteux par rapport au reste du Canada. À Terre-Neuve-et-Labrador, nous avons la chance d'avoir de grandes centrales hydroélectriques. Le reste des provinces fonctionne avec un réseau beaucoup plus diversifié et beaucoup plus coûteux. L'augmentation de la population et les phénomènes climatiques extrêmes exercent une pression considérable sur nos grandes infrastructures. L'Île-du-Prince-Édouard, par exemple, a atteint sa capacité maximale d'importation d'électricité en raison de l'électrification et de la forte croissance démographique au Canada. La situation sera à surveiller dès cet hiver. C'est en grande partie pour cette raison que le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse continuent d'utiliser le charbon et d'autres combustibles fossiles lourds pour produire une partie de leur électricité. Mais collectivement, notre petite population est très diversifiée. Environ 2,6 millions de personnes. Nous avons une population vieillissante et rurale et, dans certains cas, plus de 50 % de la population est rurale. Nous sommes dispersés sur un terrain accidenté et sur de longues distances, ce qui rend les infrastructures et la prestation de services plus coûteuses.

Enfin, nous importons la quasi-totalité de notre gaz naturel par les États-Unis. Nous nous trouvons à l'extrémité du gazoduc, ce qui signifie que nous payons les prix de l'énergie parmi les plus élevés du pays. Nous sommes la seule région à ne pas disposer d'un accès est-ouest aux gazoducs et aux oléoducs, et la redondance de notre infrastructure de réseau est limitée. Terre-Neuve produit du pétrole en mer, mais il est essentiellement destiné aux marchés internationaux, en partie à cause des limitations réglementaires et de l'infrastructure de raffinage. Le Nouveau-Brunswick a construit le premier terminal d'importation de GNL au Canada à Saint John, ma ville natale, qui fonctionne avec succès depuis 15 ans, principalement pour desservir les marchés de l'électricité du nord-est des États-Unis. Nous n'avons donc pas ce gaz dans les Maritimes. Pour résumer, notre emplacement est stratégique, nous sommes la porte d'entrée du Canada sur les marchés mondiaux de l'énergie et nous sommes électrifiés. Cependant, nous sommes également vulnérables aux chocs de prix et dépendons de manière unique d'un système énergétique qui n'a pas été conçu en fonction de notre géographie ou de notre économie.

Mais le tableau énergétique du Canada atlantique n'est pas si sombre. Je dirais plutôt que nous sommes mûrs pour des occasions de croissance en matière d'énergie plus propre que n'importe quelle région du Canada. Notre système énergétique diversifié est un atout stratégique, et je l'ai souvent dit, je pense que le Canada atlantique est un géant endormi. En 2024, soit l'année dernière, la région avait enregistré plus de 40 milliards de dollars de projets énergétiques, dont la construction devrait commencer d'ici 2030. Évidemment, ce projet créera des emplois, attirera des investissements et soutiendra les communautés pendant des générations. Avec une telle diversité et un tel potentiel, nous avons de l'énergie nucléaire, de l'hydroélectricité, du charbon, du gaz naturel, des réserves de gaz naturel, la plus grande raffinerie de pétrole du Canada, des réserves de pétrole en mer et de plus en plus d'énergie éolienne, solaire et de carburants propres. Prenons l'exemple de l'Île-du-Prince-Édouard, puisque j'ai commencé par un aspect plutôt négatif. On considère souvent l'Île-du-Prince-Édouard comme un simple paradis pour l'agriculture et le tourisme. Cependant, elle produit la quasi-totalité de son électricité à partir d'énergie éolienne et d'importations hydroélectriques et nucléaires, ce qui en fait l'un des réseaux électriques les plus propres du Canada.

Cela démontre que même notre plus petite province est à l'avant-garde en matière d'énergie propre. Et au Nouveau-Brunswick, parce qu'il est fortement interconnecté avec les provinces et les États voisins, la diversité de son système énergétique permet cette résilience et constitue assurément un emplacement de choix pour l'exportation, en particulier vers le nord-est des États-Unis. Je sais que c'est un sujet un peu délicat en ce moment. Le système énergétique est soutenu par la plus grande raffinerie de pétrole du Canada, qui génère 80 % des produits pétroliers destinés aux États-Unis. Terre-Neuve-et-Labrador dispose d'une importante capacité hydroélectrique qui alimente non seulement son réseau, mais aussi celui du Québec, de l'ouest et du nord-est des États-Unis. La province a également contribué de manière considérable au PIB du Canada grâce à son secteur pétrolier et gazier en mer. Par exemple, plus d'un milliard de dollars de redevances ont été reversés à Ottawa pour le seul projet Hibernia.

La Nouvelle-Écosse est en train de construire un important parc éolien terrestre non seulement pour assainir son réseau, mais aussi pour produire de l'hydrogène propre destiné à l'exportation. Vous êtes peut-être aussi au courant qu'il a été annoncé récemment que l'éolien en mer a été établi comme un futur projet d'intérêt national dans le cadre de la Loi visant à bâtir le Canada. En tant que région, nous sommes fortement électrifiés. Nous avons une importante proportion de production d'électricité non émettrice. Nous avons des projets de carburants propres en place et en cours de développement, j'en parlerai plus tard, et d'autres sont à venir. Nous sommes prêts pour la transition. Nous construisons un système énergétique dans l'intérêt du pays, mais nous en supportons le fardeau au niveau local avec une population peu nombreuse. Si le Canada veut devenir une véritable superpuissance énergétique, le Canada atlantique ne doit pas être négligé. Nous représentons un corridor essentiel, un exportateur d'énergie propre et un banc d'essai pour les stratégies de transmission rurale dont le reste du pays devra s'inspirer.

Je vais terminer avec quelques points qui pourraient susciter des questions. Le Nouveau-Brunswick abrite la seule centrale nucléaire du Canada en dehors de l'Ontario, et c'est le seul site du pays qui fait actuellement l'objet d'un examen par la CCSN en vue d'un nouveau développement nucléaire, ce qui place notre région à l'avant-garde du développement des petits réacteurs modulaires. La Nouvelle-Écosse est en bonne voie pour éliminer progressivement le charbon d'ici à 2030. C'est l'une des transitions les plus ambitieuses du pays, qui consiste à mettre en place le projet de transmission et d'énergie renouvelable nécessaire pour faire de l'énergie propre à 80 % une réalité.

Terre-Neuve-et-Labrador produit déjà plus d'électricité qu'elle n'en consomme, presque entièrement grâce à l'hydroélectricité, et se prépare à ajouter l'énergie éolienne, hydrogène et plus d'hydroélectricité, pour devenir un exportateur majeur d'énergie propre vers l'Amérique du Nord et l'Europe. L'Île-du-Prince-Édouard, la plus petite province du pays, est sur le point de devenir la première au Canada à disposer d'une électricité 100 % renouvelable d'ici à 2030. C'est la preuve que même les petites régions rurales peuvent montrer la voie lorsqu'il s'agit d'énergie propre. Avec tous ces éléments, le Canada atlantique est une puissance en matière d'énergie propre. Nous avons les ressources, l'expertise et les partenariats nécessaires pour aider le Canada à atteindre ses objectifs en matière de sécurité énergétique et de climat. Et nous sommes prêts à y contribuer. C'est tout pour moi, Caroline.

Caroline Pitfield : Merci, Michelle. C'était un beau tableau. J'adore la complexité qui s'en dégage et j'aime la façon dont vous transformez cette complexité en un potentiel si inspirant. Je vous en remercie. Martin, parlez-nous des Prairies.

Martin Boucher (Chaire de recherche sur la durabilité du NorQuest College) : Oui. Merci. Michelle m'a donné envie de m'intéresser à la question de l'Atlantique.

Caroline Pitfield : Moi aussi.

Martin Boucher : C'est génial. Je me ferai l'écho de Mark et de Michelle dans la manière où; je présenterai les Prairies, en ce sens qu'elles sont diversifiées. Nous avons été chargés de parler de ces régions. Comme pour le Nord et le Canada atlantique, je vais parler des Prairies, mais la situation est en fait très différente d'une province à l'autre. Je parlerai un peu des différentes ressources, des différentes structures de propriété et de ce que j'observe en termes de voies de transition.

Je suis originaire d'Ottawa, j'ai rencontré ma femme au Manitoba, j'ai passé dix ans en Saskatchewan et l'année dernière, j'ai déménagé en Alberta. J'espère donc… J'espère pouvoir établir quelques liens. Je commencerai par le Manitoba. Le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta sont les plus verts du groupe. Environ 97 % de l'électricité provient d'énergies renouvelables, essentiellement de l'hydroélectricité. Manitoba Hydro est une société d'État verticalement intégrée, qui non seulement alimente la province, mais exporte aussi d'importantes quantités d'électricité.

Elle dispose d'un surplus d'électricité dans la province. Le Manitoba exporte environ 20 à 30 % de son électricité chaque année, principalement vers le Midwest des États-Unis et la Saskatchewan. Il y a aussi des accords d'interconnexion entre la Saskatchewan et le Manitoba. C'est un système assez écologique, mais qui n'est pas sans poser de problèmes. En raison de la forte dépendance à l'hydroélectricité, il existe des vulnérabilités aux variations des débits d'eau qui ont une incidence sur la fiabilité de l'hydroélectricité. Les grands projets hydroélectriques que nous avons connus au Manitoba ont créé des tensions financières et des problèmes d'accessibilité.

Manitoba Hydro a l'un des niveaux d'endettement les plus élevés de toutes les sociétés d'État au Canada. En 2023, la dette était d'environ 24 milliards. Cette situation pose des problèmes financiers et a entraîné récemment des augmentations de tarifs au Manitoba. Je dirais que certains des partenariats autochtones sont uniques dans les Prairies et qu'ils se déroulent de manière un peu différente d'une province à l'autre. Au Manitoba, certains des projets uniques… Je ne vais pas rendre justice à tous les projets novateurs dans toutes les provinces, mais je vais en mentionner quelques-uns que je trouve particulièrement intéressants.

Au Manitoba, certains grands projets comme le projet hydroélectrique Wuskwatim de 200 mégawatts, construit en 2012, et le projet Keeyask de 695 mégawatts, construit en 2022, qui ont été réalisés avec la participation financière des Autochtones. Ces accords prévoient un partage des bénéfices et une co-gouvernance. Il y a eu des controverses et des contestations, mais il y a eu beaucoup de tentatives de ce genre au Manitoba. Dans l'ensemble, je dirais que le Manitoba est dominé par les sociétés d'État et ne dispose pas d'un réseau électrique ou d'un système énergétique diversifié.

Cette situation crée un espace un peu encombré pour des choses comme l'énergie communautaire, parce qu'il y a un acteur qui domine la scène. Il y a aussi la Saskatchewan. Comme le Manitoba, la Saskatchewan dispose d'une grande société d'État monolithique appelée SaskPower. C'est une société d'État verticalement intégrée. La quasi-totalité de la production, du transport et de la distribution est assurée par cette société d'État. Les clients ne choisissent pas leur fournisseur, c'est essentiellement SaskPower, sauf pour Saskatoon. Il y a deux municipalités de la Saskatchewan qui possèdent leur propre service public.

En Saskatchewan, le défi est le charbon, l'élimination progressive du charbon. Les réglementations fédérales prévoient l'élimination progressive du charbon d'ici à 2030. Cette réglementation a créé de nombreux défis en matière de transition. En 2024, la Saskatchewan a notamment mis en place une installation de captage et d'utilisation du carbone sur son site de Boundary Dam 3 Station à Estevan. C'est une centrale au charbon. C'est la première centrale électrique au charbon à l'échelle commerciale au monde, équipée d'un système de captage et de stockage du carbone. Et la majeure partie du CO2 est utilisée pour la récupération assistée du pétrole dans les champs pétrolifères voisins. Pour l'instant, c'est un projet de démonstration, très coûteux. Et je mentionne que les électrons les plus chers sur le réseau de la Saskatchewan proviennent de Boundary Dam 3 Station. Toutefois, il existe des possibilités d'apprentissage supplémentaires. Comme pour toute technologie, la première fois est coûteuse et il faut espérer qu'il y aura ensuite des possibilités d'apprentissage, et c'est quelque chose que la province envisage activement.

Les énergies renouvelables sont en plein essor en Saskatchewan. En 2022, la province a ajouté 387 mégawatts de nouvelles capacités éoliennes et solaires. SaskPower s'est fixé pour objectif de produire 50 % d'électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici à 2035. La province considère très sérieusement les petits réacteurs modulaires. On peut dire que c'est assez nouveau pour la Saskatchewan. C'est un tout nouveau projet, il n'y a jamais eu de PRM, et puis, tout à coup, ça suscite un vif intérêt. Je pense que l'intérêt de la Saskatchewan pour le nucléaire et les PRM s'explique en partie par l'industrie de l'uranium. Le Canada est le deuxième producteur mondial d'uranium et la majeure partie se trouve en Saskatchewan.

Il y a donc l'industrie, la recherche et tout ce qui tourne autour de l'uranium. Et c'est en partie la raison pour laquelle il y a cet intérêt, mais il y a une promesse pour… l'approche adoptée par la Saskatchewan est de ne pas être la première, d'attendre en quelque sorte l'Ontario et le PRM de Darlington, la province envisage de faire le même PRM que l'Ontario et d'apprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas à partir de cette expérience. Il y a beaucoup de choses, et je ne vais pas rendre justice à tout, mais il y a beaucoup de choses réellement innovantes qui se passent en termes de partenariats autochtones en Saskatchewan.

Par exemple, SaskPower a récemment lancé des appels d'offres qui prévoient une participation des Autochtones au conseil tribal de Meadow Lake, qui est désormais propriétaire majoritaire d'un projet d'énergie renouvelable souscrit par SaskPower. C'est en Saskatchewan que se trouve la First Nations Power Authority, un modèle innovant. Au départ, elle était axée sur la Saskatchewan, mais aujourd'hui, la FNPA accomplit un travail national vraiment génial.

Contrairement au Manitoba, la Saskatchewan connaît un déficit d'approvisionnement en électricité. La population et l'industrie sont en pleine croissance. Elle doit éliminer progressivement le charbon. Il y a donc un déficit qu'elle essaie de combler. Il y a un peu plus de possibilités pour des choses comme l'énergie communautaire et nous en voyons un peu apparaître. Ce n'est qu'un aperçu de la situation en Saskatchewan, de l'abandon progressif du charbon et de l'essor des énergies renouvelables. La province réfléchit à l'avenir du CUSC, en développant des usines de transformation du gaz de pointe à mesure que ses énergies renouvelables se déploient. Par ailleurs, il semble très prometteur que des PRM se profilent à l'horizon, mais tout ça reste à déterminer.

D'accord. La dernière et non la moindre, l'Alberta. L'Alberta est unique au Canada. J'apprends beaucoup de l'Alberta. Je suis ici depuis un an et c'est un marché de gros de l'électricité entièrement déréglementé. Les générateurs sont à propriétaire privé. Les prix sont fixés par le marché. Il y a des tonnes d'acteurs et d'entreprises et c'était autrefois possible de trouver des personnes qui comprenaient le système électrique et le système énergétique de l'Alberta. C'est maintenant impossible de trouver une seule personne qui comprenne le système électrique de l'Alberta, tout simplement parce qu'il y a tellement d'acteurs.

Il y a tant d'innovation et tant de choses qui se passent. Ça nécessite, je dirais, beaucoup de collaboration, beaucoup de partenariats. Il semble que ce soit le modèle à suivre pour faire avancer les choses. Jusqu'à une date relativement récente, l'Alberta était une zone de croissance importante pour les énergies renouvelables, mais certains changements législatifs récents ont considérablement ralenti cette croissance. Mais en 2023, l'Alberta a ajouté 2,2 gigawatts d'énergie éolienne, solaire et de stockage, représentant cette année-là environ 92 % de toute la croissance des énergies renouvelables au Canada. C'est très important. Dernièrement, ce chiffre a changé, mais il y a eu beaucoup de croissance dans ce domaine.

La plupart des développements sont le fait de grandes entreprises et je fais référence à l'espace des énergies renouvelables. Ce n'est pas facile pour les communautés et les coopératives de rivaliser avec les grandes entreprises. Il y a eu des innovations très intéressantes, et j'aimerais bien passer en revue la liste de toutes sortes de choses intéressantes qui se passent en termes d'énergie communautaire. L'une d'entre elles, c'est la ville d'Edmonton, qui abrite les premières centrales électriques virtuelles du pays. Blatchford, un quartier d'Edmonton, s'est associé à EPCOR, une entreprise de services publics, pour créer une centrale électrique virtuelle avec stockage. C'est donc une question de facturation nette. Il s'agit d'un projet très innovant.

Je l'ai mentionné du point de vue de la caractéristique du système de marché qu'il permet. Il y a des défis et des complexités, mais le système de marché permet à ce type d'innovations de voir le jour. Je ne peux pas parler de l'Alberta sans parler de la culture du pétrole et du gaz et de la culture de l'énergie. C'est ce qui existe ici. Le secteur du pétrole et du gaz est très important. Je crois que la plupart des gens en sont conscients. Mais, venant d'Ottawa, l'une des choses que j'aimerais que mon moi du passé, ou que d'anciens collègues ou mes amis d'Ottawa soient conscients, c'est à quel point l'énergie, le pétrole et le gaz font partie de l'identité et de la fierté de l'Alberta, ce qui n'est pas le cas dans d'autres provinces.

Il y a des raisons pratiques à ça. Environ 15 à 20 % du PIB de l'Alberta est directement lié au pétrole et au gaz. L'industrie pétrolière et gazière est une affaire de génération. Nous avons des familles, des moyens de subsistance, des entreprises, etc. Les gens sont liés à tout ça. Ça façonne en grande partie la politique et la culture. La résistance à la politique climatique fédérale, l'accent mis sur l'autonomie provinciale et les liens étroits avec les entreprises et les communautés du secteur de l'énergie.

Et tout ça va au-delà du pétrole et du gaz. Il y a une identité à voir l'Alberta comme un centre énergétique. L'Alberta est en train de se positionner pour toutes sortes de victoires potentielles dans le domaine de l'énergie. Les petits réacteurs modulaires suscitent également un vif intérêt. La province ne veut pas être la première à se lancer dans cet espace. Elle attend l'Ontario. Tout le monde attend l'Ontario en ce moment et Darlington pour voir comment ce projet va se dérouler. Mais l'intérêt pour les PRM est très fort. L'un des grands projets est l'Alliance Nouvelles voies.

C'est un projet d'utilisation du captage du carbone qui est un consortium des six plus grandes entreprises d'exploitation des sables bitumineux en vue de l'utilisation du captage et du stockage du carbone dans les sables bitumineux. Cet espace suscite beaucoup d'intérêt. Je ne vais pas entrer dans les détails pour des raisons de temps, mais il y a aussi l'hydrogène. Le premier centre canadien de l'hydrogène se trouve à Edmonton et il y a un très grand intérêt à le développer. L'Alberta est donc un endroit très dynamique, qui évolue rapidement et dans lequel il est très amusant de se trouver. Mais oui, c'est un espace très dynamique.

Donc, pour conclure, comme Mark et Michelle, je pense que les Prairies sont très différentes d'une province à l'autre. Il s'agit en particulier des structures de services publics et d'autres choses de ce genre. Le Manitoba est largement dominé par les sociétés d'État hydroélectrique. La Saskatchewan, beaucoup plus hétérogène, connaît à nouveau un déficit d'approvisionnement en électricité et est dominée par les sociétés d'État. Et enfin, l'Alberta est très déréglementée, évolue très rapidement et de nombreux grands projets sont potentiellement en cours. Je vous remercie et je répondrai volontiers à vos questions.

Caroline Pitfield : Merci beaucoup Martin. En fait, j'apprécie particulièrement votre observation sur le lien avec la partie de l'identité. Je pense qu'on oublie parfois, quand on lance des faits, de la science, on oublie la partie identité, qui peut être assez viscérale, mais aussi influencer grandement où; l'on va et comment on y arrive. Comme je l'ai dit plus tôt, je vais utiliser mon privilège d'animatrice et poser quelques questions à chacun et chacune d'entre vous, puis nous passerons aux questions et réponses. Je vais encore une fois vous mentionner les questions et réponses et vous rappeler que vous pouvez utiliser la fonction « clavardage » pour soumettre vos questions.

Elle se trouve dans le coin supérieur droit de votre écran. Vous pouvez soumettre votre question en français ou en anglais à tous nos invitées à la fois, ou à une seule. Nous attendrons ces questions. Mark, j'aimerais vous donner la parole en premier. Vous avez beaucoup parlé de certains des défis de la décarbonation dans le Nord, de ce à quoi ça ressemble, des termes très évocateurs sur le fait de s'assurer que les gens ne gèlent pas, qui est effectivement un des défis dans cette région.

J'aimerais savoir si vous ne pourriez pas explorer un peu plus pour nous certaines des questions d'équité qui sont impliquées dans la décarbonation. Puisqu'on se dirige vers la décarbonation, comment s'assurer que ça ne crée pas de problèmes de coût de la vie ou d'inégalités dans la société qui rendraient les choses encore plus difficiles? Une autre chose que j'ai entendue souvent pendant votre présentation, qui m'intéresse et qui est peut-être liée, c'est la question du renforcement des capacités. Donc, ces deux éléments, si vous pouviez nous en parler un peu plus.

Mark Heyck : Oui, absolument. J'apprécie les commentaires de Michelle et de Martin. L'une des choses qui me fascinent le plus – je ne suis pas économiste – mais c'est l'économie des services publics. Ce sont les problèmes auxquels sont confrontés les services publics. Ils sont tous confrontés à des problèmes mondiaux, mais ils diffèrent également selon le pays ou la région où; ils opèrent. L'une des choses que nous avons observées, c'est que nous avons ici une petite population d'environ 43 000 personnes dans l'ensemble des Territoires du Nord-Ouest. Et nous avons des coûts d'électricité très, très élevés. Et bien sûr, notre modèle de services publics a été établi il y a plusieurs dizaines d'années.

L'idée était un modèle de production centralisée où; l'électricité était distribuée et les revenus générés. Et ce modèle s'accompagne de nombreux coûts fixes liés à l'exploitation de ces systèmes. Ces dernières années, certaines personnes ont choisi d'investir dans l'énergie solaire pour leur maison, par exemple. Ces personnes se retirent donc de ce système de services publics, du moins dans une certaine mesure. Et les personnes qui peuvent le faire, bien sûr, sont celles qui appartiennent à des tranches de revenus plus élevées, à des ménages à revenus plus élevés, qui peuvent se permettre de faire ce changement le plus facilement.

En retirant ces revenus de l'ensemble du système de services publics, on réduit la base tarifaire et on augmente la pression sur les coûts pour tous les autres. Les gens qui ont le moins les moyens de procéder à ces changements se retrouvent à supporter le coût de ce modèle traditionnel de services publics. C'est une question à laquelle nous sommes confrontés, en tant qu'organisation, et je ne parlerai pas au nom du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, mais il y a un regain d'intérêt pour l'aide aux ménages à faible revenu en particulier pour cette transition. Parce que les ménages à revenus élevés sont beaucoup plus facilement en mesure de faire la transition que les ménages à faibles revenus.

Nous avons développé quelques programmes destinés aux ménages à faibles revenus, dans le cadre desquels notre personnel, nos conseillers et conseillères en énergie résidentielle, effectuent des évaluations énergétiques à domicile. Ces personnes peuvent se rendre dans les maisons avec le propriétaire ou le locataire, indiquer les différents éléments dont le rendement énergétique peut être amélioré et les coûts énergétiques réduits. Je viens de recevoir ma facture d'électricité hier, alors j'ai fait un calcul approximatif pour me préparer à la journée d'aujourd'hui. Nous payons environ 39,5 cents le kilowattheure pour l'électricité ici, alors oui, d'après la réaction sur le visage de Martin (rires).

Le marché déréglementé de l'Alberta peut aussi être un peu instable, mais c'est probablement l'énergie la plus abordable dans les Territoires du Nord-Ouest. Ça ne fait qu'augmenter à partir de là. Nous déployons des efforts concertés pour mettre l'accent sur ce secteur de la population. Je vais faire une publicité ici. Une organisation appelée Efficacité énergétique Canada tient une conférence sur la justice énergétique à domicile à Ottawa. Je crois que c'est la deuxième semaine d'octobre. Et cette organisation elle-même a effectué un travail considérable en mettant l'accent, d'un point de vue politique, sur la portion à faible revenu de la population canadienne.

C'est un élément sur lequel nous travaillons. L'autre aspect que vous avez abordé, Caroline, concerne le renforcement des capacités. L'une des choses que nous reconnaissons, encore une fois, c'est que nous sommes une petite population sur un territoire très vaste. Et nous l'avons réellement réalisé quand la COVID a frappé, quand nous avons réalisé à quel point nous étions vulnérables aux problèmes de chaîne d'approvisionnement, parce que pratiquement tout notre carburant provient du sud du Canada, toute notre nourriture, tous nos matériaux de construction, et ça a mis en évidence la nécessité de l'autosuffisance. Nous avons connu plusieurs saisons affreuses de feux de forêt dans le nord, comme beaucoup d'autres régions du pays. Ça s'est traduit, par exemple, par des millions d'hectares d'arbres éliminés par le feu. Nous disposons d'une source de combustible prête à l'emploi qui peut être récoltée de manière responsable en utilisant des pratiques de gestion forestière adéquates. Nous pourrions donc commencer à extraire une partie de l'énergie des ressources locales pour nous chauffer et nous alimenter en électricité sans dépendre à 100 % du sud du Canada et de tout ce qui peut se passer dans le monde.

Parallèlement à cette volonté d'autosuffisance, nous avons réalisé que nous devions également développer les compétences et l'expertise ici pour pouvoir en tirer parti. En tant qu'organisation, Arctic Energy Alliance a donc investi beaucoup de temps et de ressources dans la création de programmes de formation. Plus récemment, et ça peut sembler assez élémentaire, nous avons proposé des cours de formation à la sécurité des tronçonneuses aux personnes qui souhaitent récolter leur propre bois ou créer une petite entreprise de récolte de bois dans leur communauté.

Dans quelques semaines, nous proposerons ce programme dans une communauté appelée Fort Simpson, dans le sud-ouest du territoire. Nous aurons 15 participantes. Nous aurons un enseignant certifié. Les participantes passeront trois jours à apprendre les pratiques de récolte du bois en toute sécurité. Cette formation comporte également un volet sur la création d'une petite entreprise et un troisième volet sur la prévention des incendies au sein de la communauté.

Nous commençons à voir la confluence de l'atténuation du changement climatique et de l'adaptation, où; nous essayons d'inculquer le plus grand nombre possible de ces compétences à nos habitantes du Nord pour arriver à une meilleure autosuffisance et une meilleure résistance, en particulier au moment où; le changement climatique se rapproche à grands pas, s'il n'est pas déjà là. Merci.

Caroline Pitfield : Merci, Mark. Il y a tellement de choses intéressantes dans ce que vous venez de dire. Et bien évidemment, Michelle et Martin, si vous voulez réagir ou ajouter quelque chose à ce qu'a dit Mark, si vous avez des observations semblables, n'hésitez pas à le faire. Je ne veux pas que vous vous sentiez mis de côté par ma question. Ma question pour vous porte sur votre commentaire concernant les calendriers très ambitieux de la Nouvelle-Écosse et l'abandon du charbon.

J'aimerais que vous en parliez un peu plus, et peut-être que vous vous penchiez sur l'aspect humain de la question, sur les implications économiques et sociales. Mark, je vous comprends quand vous dites que l'économie des services publics est étrangement fascinante. Il pourrait bien s'agir d'un élément auquel les Canadiennes en particulier pensent, et devraient penser. Michelle, cette transition du charbon en Nouvelle-Écosse. Voulez-vous nous en parler un peu?

Michelle Robichaud : Oui, avec plaisir. La transition est définitivement en cours ici. Le Nouveau-Brunswick possède encore une seule centrale au charbon et la Nouvelle-Écosse a mis en place une partie importante de notre système électrique. Et comme je l'ai mentionné, à l'Île-du-Prince-Édouard, par exemple, elle n'a pas de charbon, mais elle a encore du diesel. Mais l'énergie éolienne fournit environ un tiers de l'électricité sur l'île.

Le reste provient généralement de la transmission à partir du Nouveau-Brunswick, qui repose sur l'hydroélectricité et le nucléaire. La Nouvelle-Écosse a récemment présenté ce qu'elle appelle son « Plan d'énergie propre », qui vise à éliminer progressivement le charbon et à atteindre 80 % d'électricité renouvelable d'ici à 2030. Si l'un ou l'une d'entre vous avait l'occasion de prendre l'avion entre Halifax et St. John's, à Terre-Neuve, vous verriez premièrement que l'étendue de la forêt là-bas est très impressionnante. Et ensuite, combien de parcs éoliens sont en cours de construction. Vous pouvez les voir et ils ont certainement été très agressifs, tout comme le Nouveau-Brunswick, dans l'ajout d'énergies renouvelables.

Un autre grand projet consiste à ajouter ce que l'on appelle une interconnexion de fiabilité entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. Je devrais préciser que tous les projets d'énergie propre actuellement en cours dans les Maritimes, en particulier, sont détenus par des Autochtones ou font l'objet d'un partenariat. Il y a une reconnaissance considérable du fait qu'il s'agit d'une partie vraiment importante de l'avenir de l'énergie propre.

Si l'on considère les énergies renouvelables en tant que pourcentage de la production, il est certain que leur part augmente très, très rapidement. L'unité de charbon (inaudible) du Nouveau-Brunswick se trouve dans le nord de la province. C'est un atout énergétique stratégique. Et pour atteindre l'objectif fédéral en matière d'électricité propre, cette centrale se convertira à la biomasse. Elle utilise une nouvelle technologie innovante qui n'a pas encore été mise au point, mais qui s'appelle le granulé torréfié, ce qui permettra également de créer un nouveau marché pour cette biomasse, et c'est une bonne nouvelle pour notre secteur forestier, qui est évidemment un élément clé de notre industrie.

Mais si nous parlons de l'incidence économique ou sociale de cette transition, parce qu'il s'agit d'un fardeau économique énorme, comme je l'ai mentionné précédemment, le secteur de l'énergie est vraiment l'épine dorsale de l'économie du Canada atlantique et certainement la principale exportation du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador. Et je ne parle pas seulement de l'électricité, mais aussi du pétrole et du gaz. Et nous commençons à constater que la Nouvelle-Écosse a été en mesure d'exporter une part importante de son électricité.

Mais les régions touchées préparent assurément un programme de transition de la main-d'œuvre. Elles cherchent à recycler les travailleures pour leur permettre d'occuper des postes dans le domaine de l'énergie propre et des métiers. Comme je l'ai mentionné, notre population vieillit, et nous essayons d'enseigner aux plus jeunes, à ceux et celles qui feront des études postsecondaires, les possibilités offertes. Nous avons un programme appelé « L'énergie de l'avenir » que nous menons actuellement avec le gouvernement de la Nouvelle-Écosse pour enseigner aux jeunes les possibilités qu'offrent les carburants propres.

Je dois mentionner que ce programme a été lancé par le gouvernement fédéral et le programme de financement des carburants propres de RNCan, que la Nouvelle-Écosse a en quelque sorte lancé ou reproduit. Et elle a son propre programme de carburants propres maintenant. C'est un élément important de leur avenir. Nous avons également mené de nombreuses recherches sur la chaîne d'approvisionnement et le développement de la main-d'œuvre pour les nouvelles centrales nucléaires, l'hydrogène et l'énergie éolienne, à la fois sur terre et en mer. Et je pense que c'est important de reconnaître que l'éolien terrestre a encore quelques problèmes au niveau de la chaîne d'approvisionnement. L'étude la plus récente a été publiée avec des infrastructures portuaires rondes qui soutiendront le développement du secteur de l'énergie en mer. Il s'agit d'une excellente étude réalisée par Net Zero Atlantic. Je vous encourage vivement à la consulter. Je peux également vous fournir une liste de toutes les recherches importantes qui ont été effectuées.

Un autre élément clé de ce volet économique ou social est l'accessibilité financière. Et je me fais l'écho de certaines des préoccupations exprimées par Mark. Bien que nous ne soyons pas en situation critique comme Mark dans le Nord, il s'agit toujours pour moi d'une question d'accessibilité financière, parce que nous avons le sentiment que la région prend en charge de manière disproportionnée certains des objectifs nationaux de réduction des émissions. Et c'est vraiment ici que l'accent est mis, dans le Canada atlantique. Comme je l'ai mentionné, nous avons une population assez réduite. Et pour les décideurs publics qui sont dans l'auditoire aujourd'hui.

Quand vous réfléchissez à cette politique, je vous encourage à penser à ces régions rurales. C'est certain que le prix de l'électricité est une préoccupation croissante, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Les contribuables qui supportent le coût des actifs vieillissants et du service de la dette, si on veut parler des services publics. Nous pouvons en parler abondamment dans notre région. Nous avons des problèmes d'endettement.

Et il y a très peu de gens pour aider à payer tout ça, en plus de la transition de l'économie. Mais je peux dire que d'un point de vue plus positif, nous voyons cette transition comme une occasion économique. Mais la collaboration régionale doit également en faire partie. Il existe des possibilités de partage du réseau, de planification conjointe qui, nous l'espérons, optimiseront la résilience de notre futur réseau.

Caroline Pitfield : Merci beaucoup Michelle. Martin, je vais vous poser une question dans un instant, mais je tiens à vous le rappeler. Si vous avez entendu quelque chose de Mark ou de Michelle que vous souhaitez développer, je pense que nous serions tous ravis d'entendre vos idées à ce sujet. J'allais vous demander de développer un peu plus les commentaires que vous avez faits sur les autres modèles de propriété. Vous avez parlé de l'identité de l'énergie dans les Prairies, nous pensons aussi aux grandes entreprises qui y sont installées. Mais vous avez également mentionné la propriété communautaire, la propriété autochtone. Vous avez fait allusion à certains avantages. Et je pense qu'à un certain moment, vous avez également fait allusion à un défi. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur les avantages et les défis que vous voyez dans ces autres modèles de propriété pour l'énergie?

Martin Boucher : Oui, je suis en train d'hyperventiler. Parce qu'il y a tellement de sujets abordés par Mark et Michelle sur lesquels j'aimerais revenir.

Caroline Pitfield : Vous pouvez le faire en premier si vous voulez, Martin. Vous pouvez vous le faire en premier. Ça me va.

Martin Boucher : Pour ce qui est de l'accessibilité à l'énergie, je pense que le Canada atlantique est la région la plus touchée, en référence à la remarque de Mark sur Efficacité énergétique Canada, dont la carte de pointage indique que le Canada atlantique est l'une des régions où; il y a le plus de pauvreté énergétique. Ensuite, ce sont les Prairies, c'est-à-dire la Saskatchewan et l'Alberta. Nous avons des prix modérés, je me réfère en ce moment à la Saskatchewan et à l'Alberta en termes de coût, mais nous avons des hivers très froids et nous avons de très grandes maisons et des bâtiments inefficaces sur le plan énergétique. C'est malheureusement en Saskatchewan et en Alberta que l'on trouve certains des bâtiments les plus inefficaces du pays sur le plan énergétique. Le prix des émissions les plus élevées par habitant revient à la Saskatchewan. Cette situation crée donc une tension en termes de coûts énergétiques.

Et l'une des choses, parce que je sais que nous avons beaucoup de fonctionnaires du gouvernement fédéral aujourd'hui, j'inciterais les gens à faire preuve de curiosité, parce qu'il y a beaucoup de très bonnes politiques qui servent les personnes à revenu moyen, en particulier en ce qui concerne l'efficacité énergétique, comme l'initiative pour des maisons plus vertes, ou les personnes à très faible revenu. Mais il y a ces gens entre les deux qui ne sont pas extrêmement pauvres ni de la classe moyenne, des locataires ou autre, et qui se retrouvent un peu écrasés par les coûts de l'énergie. Et c'est ce que je constate assez souvent en Alberta. Et, donc, d'ajouter ces éléments à la discussion sur le type de politiques que nous pourrions envisager pour soutenir cette situation.

Et puis, Mark parlait des services publics, du modèle économique des services publics. Et je pense en fait que c'est un axe central. C'est une menace existentielle pour le modèle d'entreprise des services publics lorsqu'on fait des choses comme la production distribuée. Je pense que nous mettons parfois la pression sur les services publics sans être empathiques face à ce défi commercial. Nous devons faire face à ce défi fondamental et il y a des moyens d'aller de l'avant.

Mais oui, il y a certainement des défis à relever et Mark en a parlé, j'ai écrit quelques articles sur le sujet, des subventions croisées qui se produisent si vous avez un programme de production distribuée où; certaines personnes peuvent participer, d'autres non. Mais si c'est une caractéristique du modèle commercial, je pense que si nous voulons aller de l'avant avec plus d'énergie communautaire, plus de production distribuée, le code source c'est d'être vraiment curieux au sujet du modèle commercial que nous avons pour nos services publics et une partie de leurs mandats au niveau provincial, etc.

L'énergie communautaire dans l'entreprise. Je travaille beaucoup avec des coopératives, des coopératives d'énergie renouvelable. J'ai créé une organisation qui représente les coopératives d'énergie renouvelable d'un bout à l'autre du pays. Selon moi, il existe des possibilités pour différents modèles de propriété dans le cadre de la transition énergétique, et c'est en partie ce qui me motive à me mobiliser auprès des coopératives. L'une des choses que j'encouragerais les décideurs politiques à étudier, et d'après mon expérience, tant au niveau provincial que fédéral, c'est que l'actionnariat coopératif en général, et certainement en particulier dans le cadre de la transition énergétique, n'est souvent pas pris en compte.

Quand je m'adresse à des responsables politiques et que je leur parle des coopératives et du modèle de gouvernance et de la manière dont les choses sont structurées, les gens sont généralement très empathiques. Ils sont ouverts et enthousiastes sur le sujet, mais jamais réellement, je dirais, dans une optique de boîte à outils politique ou au premier plan en termes d'option qui pourrait soutenir ce début de changement. Mais je crois qu'il y a des possibilités. Les coopératives ont une longue histoire dans les Prairies, du moins en Saskatchewan et en Alberta. Le mouvement coopératif en Saskatchewan, en particulier dans les zones rurales. Il y a deux coopératives d'énergie renouvelable en Saskatchewan, selon la définition que l'on en donne, et environ trois en Alberta.

Et puis, il y a aussi les coopératives de vente au détail. Les seules coopératives de vente au détail du pays se trouvent en Alberta. Là encore, il s'agit d'une caractéristique du système de marché. Je pense qu'il y a des possibilités d'être curieux des différents modèles de propriété et de la façon dont les gens sont mobilisés. D'après les recherches menées à ce sujet, lorsque les gens, s'il s'agit d'Autochtones, il ne s'agit pas nécessairement de coopératives, mais si les Autochtones participent à de petites municipalités, à une structure coopérative, vous avez tendance à obtenir plus d'alliances lorsqu'il y a une résistance aux nouvelles technologies, lorsque les gens sont inclus et font partie des choses. Ça permet aux choses de bouger de manière plus harmonisée. C'est tout ce que j'ai pour l'instant. Merci, Caroline.

Caroline Pitfield : Merci. Je crois que vous pourriez intervenir et compléter les commentaires des unes et des autres, mais je voudrais m'assurer que nous gardons la dernière demi-heure pour les questions de notre public. Et nous en avons un certain nombre. Je vais commencer par poser quelques questions pour préparer le terrain et m'assurer que tout le monde est sur la même longueur d'onde.

La première question porte sur les petites centrales nucléaires. Ces petits réacteurs dont vous avez parlé. Les questions. Les gens veulent en savoir un peu plus sur le sujet. Ils veulent savoir s'il s'agit d'une énergie verte. En quoi sont-ils meilleurs? Donc, peut-être rapidement. Et je pense que vous y avez tous les trois fait allusion. Martin, je vais peut-être m'adresser à vous parce que je crois que c'est vous qui en avez le plus parlé. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les petits réacteurs dont vous parliez?

Martin Boucher : Oui. L'histoire de l'énergie nucléaire n'est pas géniale. Au Canada, le budget et les délais ont été dépassés à 100 %. Cette histoire s'est également déroulée à l'échelle mondiale. L'industrie nucléaire s'est donc adaptée. En fait, j'aimerais dire qu'elle a tiré des leçons du secteur des énergies renouvelables où;, si l'on fait les choses de manière modulaire, à plus petite échelle, on peut potentiellement apprendre. L'une des raisons pour lesquelles le nucléaire a tendance à être assez cher, c'est qu'il s'agit de projets sur mesure, très complexes. Chaque fois qu'on entreprend un projet de ce type, c'est très difficile de prévoir les contraintes de coût et de temps.

La logique est la suivante : si nous avons un modèle plus petit, nous pouvons le construire en partie dans une usine, nous le répliquons. Chaque fois que nous construisons une centrale nucléaire, c'est une nouvelle centrale nucléaire, d'une nouvelle conception, etc. La logique des PRM est la suivante : si nous réduisons l'échelle, si nous la modulons, nous pouvons limiter les coûts, nous pouvons la mettre en œuvre, peut-être un peu plus rapidement. C'était la réponse de l'industrie à certaines de ces questions. Ça fait des décennies que nous n'avons pas construit de centrale nucléaire au Canada.

La promesse des PRM réside donc dans la capacité de l'industrie, et même des régulateurs, à apprendre et à faire les choses plus rapidement et à moindre coût. C'est la promesse. Le PRM de Darlington semble être construit, et il nous permettra d'apprendre quels sont les coûts. Mon point de vue sur les PRM, c'est que nous devrions être curieux et ouverts à l'idée de savoir où; se situent certains des coûts. L'autre avantage, du point de vue du changement climatique, c'est l'ampleur de la production d'électricité dans un si petit format. Si tout se passe bien, il s'agit en fait d'un projet que nous pouvons mettre en œuvre rapidement et de manière rentable. Et ça indique qu'il y a beaucoup d'espoir de réduire réellement nos émissions et d'accélérer la quantité d'électricité que nous avons sur le réseau.

Michelle Robichaud : Caroline, si vous êtes d'accord, j'aimerais ajouter quelque chose. J'ai passé beaucoup de temps à parler des petits réacteurs modulaires ici au Nouveau-Brunswick. Il existe une stratégie pancanadienne pour intégrer les PRM au réseau électrique du Canada. En Alberta, je crois savoir qu'il existe une réelle possibilité de contribuer à l'énergie industrielle. La caractéristique des réacteurs intelligents, c'est qu'ils sont petits, ce ne sont pas les grands réacteurs actuels de 6, 7, 800 ou 1 000 mégawatts. Le terme « petit » signifie qu'il peut s'agir d'un micro réacteur, c'est-à-dire de quelques mégawatts, ou d'environ 150 mégawatts.

Je pense que celui de Darlington en produit environ 300. Mais il y a une différence entre les réacteurs avancés et les réacteurs actuels. En Ontario, ce qu'ils construisent est essentiellement une version plus petite d'un réacteur CANDU, et le Canada est en quelque sorte le premier au monde avec ses réacteurs CANDU. En résumé, ce nouveau réacteur n'appartient pas à la prochaine génération. Je pense que la prochaine version des PRM sera une version avancée, ce qu'ils appellent la quatrième génération. Les petits réacteurs modulaires, en tant que réacteurs avancés de quatrième génération, présentent des caractéristiques vraiment uniques, parce qu'ils peuvent monter et descendre en puissance très, très rapidement.

Ils soutiennent les énergies renouvelables. Si l'on ajoute l'éolien et le solaire, nous pouvons avoir ce PRM qui s'adapte à ces énergies. Et quand nous perdons le vent, nous aimons dire que si vous n'aimez pas le temps qu'il fait dans le Canada atlantique ou au Nouveau-Brunswick, attendez cinq minutes, il va changer. C'est donc un attribut très important. Il peut également produire des isotopes médicaux. C'est donc une réelle occasion pour le secteur des biosciences au Canada. Si l'on considère la composante modulaire, Martin en a parlé. Les Premières Nations et les petites communautés ont la possibilité de participer à la chaîne d'approvisionnement. Nous avons travaillé sur ce sujet au Nouveau-Brunswick. Je recommande vivement aux personnes intéressées d'en apprendre un peu plus.

L'autre avantage de la nouvelle génération de réacteurs, c'est qu'ils ne nécessitent aucune intervention existante. Et donc, ils ne consomment pas d'eau. Ils utilisent du sel (inaudible) ou du sel fondu et le réacteur s'arrêtera de lui-même. Il présente de multiples composantes. Un réacteur est à l'étude ici, au Nouveau-Brunswick, sous le nom d'ARC Clean Technology. La CCSN vient de lui remettre son rapport d'examen de la conception du fournisseur. L'Alberta étudie actuellement cette possibilité. Elle a signé quelques protocoles d'entente. C'est très excitant, mais ce sera un produit unique en son genre, ce qui signifie qu'il sera beaucoup plus cher, Martin.

Mais au fur et à mesure que nous développons la chaîne d'approvisionnement et la technologie, l'idée est de pouvoir la déployer à l'échelle mondiale. Le Canada peut réellement redevenir un chef de file dans le domaine nucléaire, comme nous l'avons été avec le CANDU et certaines de ces nouvelles technologies. Je pense que c'est un domaine vraiment passionnant et je suis contente que ce soit l'une des premières questions posées.

Caroline Pitfield : Mark, si vous avez quelque chose à dire sur les réacteurs.

Mark Heyck : Je vais intervenir rapidement et dire d'emblée que je ne suis pas sûr que cette technologie soit vraiment applicable dans le contexte nordique. J'ai parlé précédemment des problèmes de capacité. Et c'est intéressant. Je pense que la première fois que j'ai assisté à une présentation sur les petits réacteurs nucléaires modulaires, c'était il y a environ 15 ans. J'ai assisté à plusieurs présentations depuis, et il semble que nous soyons toujours à une dizaine d'années de la première présentation. On dirait une étrange dynamique temporelle flottante où;, quel que soit l'endroit où; l'on se trouve dans le futur, nous sommes toujours environ 10 ans plus tard.

Je me demande si on de devrait pas procéder à une analyse coûts-bénéfices rigoureuse de ce qui est actuellement faisable en termes de technologie. Les énergies renouvelables intermittentes posent des problèmes. Le stockage peut-il répondre à certains de ces défis? Le changement climatique est une menace tellement imminente pour la planète que nous voulons vraiment faire tout ce que nous pouvons, sur le plus grand nombre de fronts possible. Mais encore une fois, en ce qui concerne le Nord, où; la population est peu nombreuse et où; nous avons nos propres problèmes de capacité, c'est quelque chose qui est probablement en dehors du domaine d'une solution réaliste pour nous.

L'autre chose que je mentionnerai et qui est en quelque sorte propre au Nord, c'est que d'un point de vue culturel, nous avons beaucoup de ressentiment à l'égard des sous-produits de l'exploitation minière, par exemple. Par exemple, Port Radium a été établi sur la rive du Grand lac de l'Ours dans les années 1930, initialement pour extraire du radium à des fins de radiographie. À l'époque, le sous-produit de l'exploitation minière était ce que l'on appelait la pechblende, qui était essentiellement répandue autour du site minier. Il s'est avéré que la pechblende contenait beaucoup d'uranium, qui, quelques années plus tard, est devenu très, très précieux pour de multiples raisons. Aujourd'hui encore, il y a des zones autour du Grand lac de l'Ours où; la neige ne gèle pas.

Il y a encore des radiations actives. Les gens s'en souviennent. Il y a aussi une communauté qui s'appelle aujourd'hui Déline et qui était appelée le « village des veuves » il y a de nombreuses années parce qu'il y avait des Dénés ou des porteurs pour cette exploitation minière. Et les taux de cancer dans cette communauté étaient bien supérieurs à ce que l'on observe partout ailleurs dans les Territoires du Nord-Ouest. Et ici à Yellowknife, certaines d'entre vous connaissent peut-être la mine Giant. C'est une mine d'or établie dans les années 1930.

Le sous-produit de ce traitement du minerai est le trioxyde de diarsenic. Pendant des décennies, la solution de la compagnie minière a été de stocker sous terre le trioxyde de diarsenic, une substance hautement toxique. À tel point qu'aujourd'hui, même si cette mine a fermé il y a une vingtaine d'années, nous avons environ 270 000 tonnes de trioxyde de diarsenic stockées sous notre ville.

Ces souvenirs, même s'ils appartiennent un peu au passé, restent dans la culture et je sais que des gens sont venus à Yellowknife et dans les Territoires du Nord-Ouest pour parler de l'énergie nucléaire. Et la réaction est assez viscérale, parce que les gens se souviennent de l'héritage de certaines de ces choses. Mais comme je l'ai dit, le changement climatique étant une menace si imminente, nous devrions vraiment faire tout ce qui est en notre pouvoir. Les solutions seront différentes selon les régions du pays.

Caroline Pitfield : Cette conversation est d'une grande richesse et nous approchons de la fin. Je crois que nous avons encore le temps pour une dernière question. Je vais essayer de combiner plusieurs choses. Il y a un certain intérêt pour la possibilité d'une plus grande interconnexion entre ces différents réseaux énergétiques, quels qu'ils soient. Et peut-être, Mark, plus particulièrement pour vous, une question sur un projet qui relie le Nunavut et le Manitoba. Kivalliq, je crois que c'est son nom. Il y a un certain intérêt pour l'état d'avancement du projet. Et puis, pour vous trois, peut-être nous dire s'il y a plus à faire pour interconnecter ces différents systèmes?

Mark Heyck : Absolument. C'est une nouvelle très intéressante qui est ressortie, je crois, des dernières réunions des premiers ministres. Et c'est un défi constant pour nous au Nunavut et assurément dans les Territoires du Nord-Ouest. Et je crois que des discussions sont en cours entre le Yukon et la Colombie-Britannique, parce que nous n'avons pas de connexion avec le sud. Nous avons nos mini-réseaux ou micro-réseaux dans les territoires, mais il n'y a pas de connexion avec le sud. Cette situation pose des problèmes de fiabilité et d'accessibilité financière de l'électricité dans les Territoires du Nord.

Mais ça nous empêche également d'exploiter notre potentiel économique, parce qu'il existe un énorme potentiel de ressources hydroélectriques, par exemple dans les Territoires du Nord-Ouest, avec le système Taltson dont j'ai parlé plus tôt, sur la rive sud du Grand lac des Esclaves. Ils déversent de l'eau parce qu'ils ont plus d'énergie qu'ils ne peuvent en utiliser dans les communautés de South Slave. Le défi pour nous est le coût de ces connexions. Plus récemment, il a été question dans les T.N.-O. de relier le réseau Taltson, au sud du lac, sur la rive sud du Grand lac des Esclaves, au réseau Snare, sur la rive nord du lac.

Le coût de cette connexion est actuellement estimé entre 2 et 3 milliards de dollars. Nous sommes une population de 43 000 personnes. Nous aimerions penser qu'il y aura à l'avenir des activités minières, des minéraux de terres rares, des éléments de cette nature, mais rien n'est garanti. L'ampleur de ces investissements est assez stupéfiante pour la population que nous avons ici. Cependant, au fil de nos discussions, cette conversation a pris de l'ampleur au cours des derniers mois, certainement en termes d'autosuffisance du Canada en tant que nation et de capacité à connecter ces divers systèmes dans différentes parties du pays.

Je pense que c'est pertinent, et j'apprécie le fait de parler de ces projets de construction de la nation et que certaines de ces nouvelles commencent à sortir d'Ottawa. Il y a un potentiel pour tout ça, et c'est certain que dans le nord, nous aimerions vraiment voir beaucoup plus de connectivité avec nos homologues du sud. Merci.

Caroline Pitfield : Merci, Mark. Michelle et Martin, voudriez-vous ajouter à cette interconnectivité?

Michelle Robichaud : Certainement. Je ne sais pas si, Martin, vous voulez d'abord poursuivre sur les commentaires de Mark.

Martin Boucher : J'ai juste un petit commentaire à faire. Ça ressemble beaucoup à ce que vous dites, Mark. J'aimerais dire qu'avec nos dix provinces, du point de vue de l'électricité, c'est comme si nous avions dix pays différents parce que les systèmes électriques sont si différents. La plupart de nos échanges commerciaux se font du nord au sud, et non d'est en ouest. Et c'est en quelque sorte unique au monde. En partie, je pense qu'en Europe, il y a plus d'électricité échangée entre les pays européens qu'entre nos provinces.

C'est en partie une caractéristique de la confédération et du type d'autonomie que nous accordons à nos provinces. C'est également une caractéristique de notre grand pays. Mais il me semble que le moment est venu de mettre cette question sur la table. Il y a beaucoup d'alignement du côté provincial et du côté fédéral pour vraiment s'unir sur ce sujet. C'est passionnant de constater cette dynamique. Mais je vais passer la parole à Michelle.

Michelle Robichaud : Oui. Si je prends un peu de recul et que je réfléchis à l'ampleur de l'investissement qui sera nécessaire pour la transition de notre système électrique, non seulement vers un système plus propre et plus vert, mais aussi pour les occasions de croissance et de développement économique, au cours de la prochaine décennie et au-delà, je peux assurément constater que l'investissement sera sans précédent. Et puis, vous regardez les projets, par exemple, dans le Canada atlantique, nous envisageons des éoliennes en mer, de l'hydrogène.

Il y aura un énorme volet d'investissement, mais rien de tout ça ne se produira si nous n'avons pas de plan pour relier ces éléments entre eux. Vous avez peut-être entendu parler d'un Partenariat énergétique de l'Est avec les premiers ministres des provinces atlantiques. Il s'agit de savoir où; se trouve le marché pour certains de ces grands projets énergétiques et comment nous pouvons l'atteindre. Je dirais, et Martin y a fait allusion, que le Canada est assez unique en ce sens qu'il n'a pas de système régional ou national pour les échanges est-ouest ou au sein de son propre pays.

Mais nous avons assurément des échanges nord-sud avec les États-Unis. En fait, au Nouveau-Brunswick, par exemple, nous sommes le seul fournisseur d'électricité de la partie nord de l'État du Maine. Il y a donc une interdépendance qui ne va pas changer, je pense, de sitôt. Par ailleurs, si l'on considère le système que nous avons pour le GNL ici au Canada atlantique ou même pour le gaz naturel, c'est ce flux qui est acheminé vers les États-Unis.

Et les Maritimes sont effectivement coupées du Canada par les États-Unis. Il y a donc un petit élément qui nous relie, au moins, aux Maritimes. Mais la Nouvelle-Écosse est en train de mettre en place son propre gestionnaire de réseau électrique indépendant. Il s'agira d'un changement radical par rapport à la façon dont la province gère le réseau actuellement. En Nouvelle-Écosse, c'est une entreprise privée qui s'occupe de la transmission et de la distribution. Au Nouveau-Brunswick, c'est la société d'État. Ça nous ramène à la conversation que nous avons eue plus tôt. En ce qui concerne l'Île-du-Prince-Édouard en particulier, les besoins sont très importants et très urgents.

Je dirais qu'il y aura un peu plus de coopération dans les Maritimes. Bien qu'il y ait déjà beaucoup de coopération au sein des services publics, je pense qu'il y en aura encore plus avec la construction de certains bâtiments. Ce serait extrêmement utile d'inclure le Québec et l'Ontario dans cette conversation. Terre-Neuve-et-Labrador vient tout juste d'être raccordée au réseau électrique nord-américain grâce au câble qui relie la province au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, une région très importante pour la Nouvelle-Écosse, qui dispose ainsi de 500 mégawatts.

Donc, encore une fois, ces interconnexions ne se produisent pas toutes ici. Il s'agit simplement de coopérer. Si nous devons mettre en place ce vaste programme d'énergies nouvelles, comment en faire le meilleur usage possible? Le Atlantica Centre for Energy a été un grand promoteur de la coopération régionale. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous existons aujourd'hui, pour faciliter certaines de ces conversations au sein du Canada atlantique. Mais c'est un problème un peu plus important dans le reste du Canada. Et nous devons continuer à parler de la manière dont nous encourageons ces relations et le partage des informations.

Caroline Pitfield : Merci à tout le monde. J'ai vraiment l'impression qu'il faut saisir l'occasion. Il y a beaucoup de bonnes idées, beaucoup de potentiel, et on a vraiment l'impression que c'est le moment. Malheureusement, c'est aussi le moment pour moi de commencer à conclure. Il nous reste environ 10 minutes, mais avant de terminer, je voudrais vous donner à tous les trois l'occasion de dire une dernière chose, que je pourrais formuler de la manière suivante. Plus de 40 % des fonctionnaires fédéraux travaillent depuis la RCN, ici à Ottawa. La plupart des autres travaillent dans les grandes villes : Toronto, Montréal, Vancouver. Relativement moins de fonctionnaires travaillent dans vos régions.

En cette fin d'année, je souhaite vous donner l'occasion de vous adresser aux fonctionnaires. Quelle est la chose que vous souhaiteriez que tous ces gens qui travaillent sur ces enjeux gardent à l'esprit à propos de votre région dans cet espace, dans ce domaine? Nous pourrions y aller dans l'ordre inverse. Martin, nous commencerons par vous et nous terminerons par Mark. Est-ce injuste? C'est peut-être injuste. Je vous laisserai parler quand vous serez prête à le faire. Je veux entendre chacune d'entre vous.

Martin Boucher : J'essayais de rassembler mes idées pour ensuite faire le lien avec Mark et Michelle. Mais je n'ai que quelques remarques à formuler. Si je me souviens de mon enfance à Ottawa et que j'en apprends un peu plus sur la vie dans d'autres régions du Canada, je pense que si je devais parler à des fonctionnaires dans ce genre de zones urbaines, je dirais qu'il y a un grand fossé entre les zones rurales et les zones urbaines. Je n'en ai pas beaucoup parlé pour les Prairies. Je crois que Mark et Michelle en ont parlé. C'est aussi une chose très importante, et il y a de grandes différences.

La propriété autochtone, en particulier dans le Nord et les Prairies, est très importante. Nous n'avons pas beaucoup parlé de ce sujet, mais ça peut être un secteur de croissance important dans le cadre de la transition énergétique au Canada. Et pour revenir à ce que je disais à propos de l'Alberta, de l'identité énergétique, etc. C'est un élément important, je dirais, à prendre en compte alors que nous collaborons, que nous allons de l'avant avec une grande vision pour l'énergie au Canada.

Caroline Pitfield : Merci beaucoup, Martin. Désolée, je vous ai mis sur la sellette. Michelle, êtes-vous la suivante?

Michelle Robichaud : Oui, bien sûr. Si je devais lancer un appel à l'action à nos fonctionnaires, je vous encouragerais à remettre en question vos idées reçues sur le Canada atlantique. Je comprends que c'est parfois plus facile d'avoir une politique générale ou de penser à la moyenne, mais ça ne fonctionne pas toujours. Il n'y a certainement pas de solution unique, et il pourrait y avoir d'autres moyens d'aider les petites régions. En fait, pour être honnête, je vais donner un peu de crédit à deux organisations différentes.

Les autorités fédérales de RNCan, qui ont salué le programme HRS, ont vraiment reconnu l'occasion d'une transition rapide. Beaucoup de réactions formidables et de programmes qui comprenaient les besoins uniques du Canada atlantique. En Nouvelle-Écosse, par exemple, les communautés micmaques ont collaboré sur certaines priorités énergétiques communes, notamment les batteries à l'échelle du réseau.

Elles se sont associées à Nova Scotia Power, l'entreprise de services publics du secteur privé, et la Banque de l'infrastructure du Canada est intervenue pour aider à conclure le premier accord de partenariat en capital et à soutenir ces 13 communautés micmaques. Ce sont des programmes uniques et réactifs.

C'est une excellente occasion de tirer parti de la fracture entre les zones rurales et les zones urbaines, comme l'a mentionné Mark. Une dernière chose. Nous invitons à la collaboration. Nous vous invitons à communiquer avec nous. Ça nous fait plaisir de servir d'intermédiaire. Chez Atlantica Centre for Energy, c'est ce que nous faisons. Décrochez le téléphone. Envoyez-nous un courriel. Nous sommes une petite région. Nous devrions donc être assez faciles d'accès. Si vous ne trouvez pas d'expert d'Atlantica, appelez-nous. Mon travail consiste littéralement à vous mettre en contact avec les bonnes personnes qui peuvent vous aider à comprendre ce qui se passe au Canada atlantique. Alors n'hésitez pas. Communiquez avec nous. Nous sommes très sympathiques ici. J'apprécierais beaucoup une conversation.

Caroline Pitfield : Merci, Michelle. Mark?

Mark Heyck : Génial. Merci, Caroline. Merci beaucoup à tout l'auditoire pour votre attention et votre présence au cours de la dernière heure et demie. C'était super. L'un des principaux enseignements de la discussion d'aujourd'hui est l'incroyable diversité du secteur de l'énergie d'un océan à l'autre au Canada. Pour défendre le fédéralisme asymétrique, en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre des programmes au niveau fédéral, je citerai l'exemple d'un programme qui nous a posé de nombreux problèmes, l'initiative pour des maisons plus vertes.

C'est un programme de Ressources naturelles Canada. L'idée sous-jacente était excellente, puisque le prgramme visait à améliorer l'efficacité énergétique des maisons canadiennes. Toutefois, ce programme prévoyait une condition préalable, à savoir qu'une maison ou un propriétaire devait faire l'objet d'une évaluation énergétique par un conseiller ou une conseillère certifiée en énergie résidentielle pour pouvoir bénéficier du programme. Notre organisation est la seule dans l'ensemble des Territoires du Nord-Ouest à disposer de ces professionnelles certifiées en énergie résidentielle.

Toutes ces personnes se trouvent à Yellowknife. Nous avons des communautés qui se trouvent à 2 ou 3 000 kilomètres au nord de chez nous. Cette exigence a donc créé un obstacle majeur pour les personnes qui auraient pu être intéressées par ce programme pour réduire leurs coûts énergétiques ou leurs émissions de gaz à effet de serre, parce que ça nous coûterait des milliers de dollars d'envoyer quelqu'un juste pour répondre à cette seule condition préalable du programme.

Maintenant, il faut rendre à César ce qui appartient à César. La version 2.0 de l'initiative pour des maisons plus vertes sera bientôt disponible. Elle est axée sur l'accessibilité et les ménages à faibles revenus. Cette rétroaction a été prise en compte et, si j'ai bien compris, ce n'est plus une condition préalable. C'est réellement formidable de voir ce genre de changement de mentalité basé sur l'expérience de ce seul programme. Je tiens également à saluer le travail accompli conjointement par Ressources naturelles Canada et Relations Couronne-Autochtones.

Ils ont créé un programme de financement global appelé « Wah-ila-toos ». C'est en fait un guichet unique où; une communauté ou une organisation intéressée par un projet d'énergie propre ou d'efficacité énergétique peut le présenter à l'équipe de Wah-ila-toos. Et cette équipe l'acheminera vers le programme de financement du gouvernement fédéral le plus approprié à ce projet particulier. Ces exemples d'évolution pour répondre aux besoins des clients sur le terrain sont fantastiques.

Pour conclure, je pense que nous sommes tous et toutes d'accord pour reconnaître que, dans un pays aussi vaste et diversifié que le Canada, une solution unique ne fonctionne pas toujours. Une approche flexible est bénéfique et certainement très appréciée par ceux et celles d'entre nous qui se trouvent dans les régions les plus éloignées du pays. Merci.

Caroline Pitfield : Je dois dire que malheureusement, notre temps est écoulé. Et ça conclut notre discussion. Je dois achever cette discussion très appréciée, et dire merci beaucoup à Mark, Michelle et Martin pour votre présence aujourd'hui. Je le fais en mon nom personnel, au nom de l'École, au nom de l'équipe organisatrice de l'École et au nom des fonctionnaires qui nous écoutent aujourd'hui. Ce sujet peut parfois sembler intimidant. Il semble compliqué. Et pourtant, vous avez fait en sorte qu'il soit réellement excitant, inspirant, et surtout, possible. Je crois vraiment qu'il faut saisir l'occasion qui se présente. Je vous comprends également, Michelle, en ce qui concerne la volonté d'être une source d'information pour les gens. Je vous en remercie donc à l'avance. Un petit coup de pouce pour l'École. Si vous souhaitez poursuivre cette conversation, je vous invite à consulter notre site Web. Dans le cadre de cette série sur l'exploration de l'énergie au Canada, nous avons prévu d'autres événements à venir, ainsi que des produits qui pourraient vous aider à mieux comprendre ce domaine. Merci beaucoup. J'ai beaucoup apprécié.

Michelle Robichaud : Merci. Merci pour cette opportunité.

Mark Heyck : Merci.

[01:25:44 Le logo animé de l'EFPC apparaît à l'écran.]

[01:25:49 Le logo du gouvernement du Canada apparaît à l'écran.]

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