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Série Café virtuel de l'EFPC : préserver la sécurité nationale et publique du Canada (vidéo)

Description : Le 14 juillet 2020, l'École de la fonction publique du Canada a été en compagnie de David Vigneault, directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, et Monik Beauregard, sous-ministre déléguée de Sécurité publique Canada. Ils discuteront avec Daniel Jean, ancien conseiller auprès du premier ministre en matière de sécurité nationale.

Série Café virtuel de l'EFPC : préserver la sécurité nationale et publique du Canada

Date : 23 février 2021

Durée : 01:05:35

Résolution : 1080p


Transcription

Bonjour tout le monde et merci de vous joindre à nous pour ce deuxième café virtuel de l'École de la fonction publique du Canada. Il s'agit d'une nouvelle série d'événements d'information à l'attention des fonctionnaires qui examinent des idées et des thèmes importants avec des discussions éclairées en faisant appel à des acteurs intéressants, tant de la fonction publique que d'ailleurs. La série a été lancée il y a quelques semaines avec une discussion sur les enjeux économiques et sociaux de la pandémie avec Hassan Yussuff, président du Conseil du travail du Canada et Goldy Hyder, président et chef de direction du Conseil canadien des affaires. Aujourd'hui, nous sommes privilégiés d'accueillir deux personnes exceptionnelles qui se joignent à moi pour discuter d'un sujet qui est tout sauf simple et statique, mais incroyablement important, soit la sécurité publique et nationale. Le café virtuel se déroule en français avec traduction simultanée en anglais, belle initiative de l'école qui nous a forcés, les panélistes et moi, de retourner au lexique pour réapprendre certains mots en français. Permettez-moi d'abord de me présenter, mon nom est Daniel Jean et je serai votre animateur pour la séance d'aujourd'hui. J'ai œuvré plus de 35 ans au sein de la fonction publique, où j'ai entre autres occupé les fonctions de sous-ministre aux Affaires étrangères et de conseiller à la sécurité nationale et aux renseignements auprès du premier ministre. Cela a été un honneur pour moi de servir le Canada dans la gestion des enjeux de relations internationales et de sécurité nationale, de travailler avec des gens comme nos panélistes d'aujourd'hui et maintenant, je suis retraité et j'agis en tant que professionnel en résidence à l'école de, supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa, mais également en tant que membre émérite à l'École de la fonction publique. Le sujet aujourd'hui, soit la sécurité publique et nationale, est à la fois immensément individuel, qu'est-ce qui me menace moi individuellement, et collectif, qu'est-ce qui nous menace comme société, quel est le rôle du Canada en matière de paix et de sécurité dans le monde. Nous abordons ce sujet dans le contexte d'une scène...  [Paroles inaudibles] où règne beaucoup d'incertitude et où les menaces sont en complète mouvance, évolution. D'une part, nous sommes confrontés à des acteurs internationaux qui redéfinissent de plus en plus les partenariats transfrontaliers et délaissent les institutions et les règles traditionnelles. En parallèle, les acteurs internationaux influents sur lesquels on a compté souvent sont repliés sur eux-mêmes, otages de préoccupation domestique. La pandémie, une crise sanitaire mondiale qui demande une réponse planétaire, a à certains points exacerbé cette dynamique. Pas facile pour le Canada qui a connu ses heures de gloire quand le multilatéralisme se portait bien, de naviguer dans ce monde en mouvance. À travers tout cela émergent des menaces qui viennent à la fois de l'étranger et de chez nous. C'est là qu'interviennent des acteurs importants de la communauté et de la sécurité du renseignement comme nos deux panélistes d'aujourd'hui. D'une part, nos concitoyens s'attendent à ce que nos institutions puissent prévenir et enrayer ces menaces lorsqu'elles se manifestent. D'autre part, la façon dont le gouvernement lutte contre les menaces soulève d'importantes considérations liées à la vie privée, à la transparence et à la liberté individuelle. Nos organismes de sécurité et renseignement doivent être efficaces tout en restant fidèles à nos valeurs démocratiques. On en a eu un peu un aperçu dans le débat qu'on a eu sur le traçage, le suivi des données pour essayer d'évaluer les foyers d'éclosion de la COVID-19 et tout le débat que ça a donné par rapport à la protection de la vie privée. Je cède maintenant la parole à nos deux conférenciers, Monik Beauregard et David Vigneault. Monik a connu une brillante carrière au sein de divers organismes de la communauté de sécurité et de renseignement, dont le SCRS. Elle a été à la tête d'ITAC, notre centre d'évaluation des menaces et est maintenant sous-ministre déléguée à la sécurité publique. J'ai eu la chance de travailler de près avec Monik et de voir tout son brio lors de l'élaboration de la nouvelle loi sur la sécurité nationale. Quant à David Vigneault, qui est présentement le directeur du Service canadien du renseignement et de la sécurité, le SCRS, il a œuvré dans pratiquement tous les organismes de la communauté de sécurité et renseignement, y compris le ministère de la Défense. J'ai pu compter sur son appui indéfectible comme bras droit au Conseil privé et comme collègue suite à sa nomination comme directeur au SCRS lorsque j'ai été conseiller à la sécurité nationale. Monik et David vont tout d'abord faire une brève intervention où ils vont se présenter, présenter leur organisme et parler de leurs priorités actuelles. J'aimerais [Paroles inaudibles] une période de questions. Je vais lancer le débat avec quelques questions et ensuite, on va utiliser vos questions. J'aimerais préciser que vous posez vos questions en tout temps en cliquant sur l'icône Questions dans le coin supérieur droit de votre écran et ces questions-là vont m'être acheminées sur mon mobile, alors si je regarde mon mobile de temps à autre, c'est pas parce que j'essaie de voir qu'est-ce qui va se passer avec la reprise du hockey. Commençons avec les présentations initiales, Monik.

Merci, Daniel, et merci à l'école d'avoir mis sur pied ce café virtuel sur la sécurité nationale. C'est un sujet qui me tient et qui nous tient à cœur, donc je vais commencer par vous parler des responsabilités du ministre, du ministère de la Sécurité publique, qui est un, qui est vraiment un vaste ministère, c'est-à-dire un vaste portefeuille. Le ministère lui-même est un petit ministère de 1 200 personnes, mais on a un portefeuille de cinq agences qui nous aident à soutenir le ministre de la Sécurité publique dans une variété de priorités et je vous indiquerai simplement que dans la lettre de mandat du ministre, y a pas moins de 17 priorités qu'on doit, sur lesquelles on doit se pencher. Donc je vais essayer de les résumer en quatre piliers. Donc le premier, la sécurité nationale évidemment, et on a le soutien de la GRC et du SCRS et David va pouvoir nous parler un petit peu plus de ça tout à l'heure. Nous avons la gestion des mesures d'urgence à travers la Loi sur la gestion des urgences et nous avons le « GOC », le groupe d'opérations du gouvernement qui nous aide à soutenir ça. Tout ce qui est application de la loi, protection civile, donc application de la loi, le régime correctionnel, la prévention du crime, etc., et nous travaillons de très près avec la GRC et les services correctionnels canadiens et finalement, la gestion des frontières. Et pour la gestion des frontières, c'est de travailler avec l'Agence des services frontaliers du Canada. Donc en gros, trois grandes priorités actuelles du Ministère. J'en reviens à la gestion des urgences, notamment le COVID actuellement, on est tous dedans, mais aussi garder un œil sur ce qui se passe du côté des inondations et actuellement, un petit peu plus les feux de forêt. Une autre priorité, une autre très grande priorité du ministre, et vous l'avez entendu en campagne électorale, c'est les armes à feu, de dresser des listes de restrictions beaucoup plus restrictives, en fait, sur les armes à feu. La troisième grande priorité c'est la sécurité nationale, et je vais revenir là-dessus, et en fait, Daniel nous a demandé de mentionner trois grandes priorités. Je pense qu'à la lumière des événements récents sur le racisme systémique, on voit se dessiner une nouvelle priorité pour nous, c'est de revoir le programme de police pour les Autochtones. Donc en matière de sécurité nationale en particulier, le Ministère joue un rôle, vraiment un rôle clé en développement de politique, et je vous donnerai certains exemples de ce que nous avons développé dans les dernières années en collaboration avec nos partenaires que j'ai déjà nommés, mais aussi d'autres partenaires de la sécurité et du renseignement. Les plus importantes initiatives, dernièrement en 2017, nous avons créé le Centre canadien d'engagement communautaire et de prévention de la violence. On l'appelle le « Centre » parce que le nom est vraiment trop long, et le Centre a entre autres développé une nouvelle stratégie nationale sur la lutte contre la radicalisation à la violence. En 2018, on a annoncé la nouvelle stratégie nationale de cybersécurité et engendré quand même des investissements assez considérables pour la mise en place de la stratégie et la création de certains organismes qui viennent la soutenir, et on pourra parler de ça un petit peu plus, plus tard. Et en 2019, on a eu la sanction royale sur le projet de loi C-59 qui a vraiment recadré la sécurité nationale et qui modernise les institutions de sécurité nationale ainsi que accroître aussi le niveau d'imputabilité de ces institutions. Pour les défis qui nous restent à adresser, il nous reste quand même des défis assez significatifs à relever en matière de sécurité nationale. Je parlerais de l'évolution de la menace terroriste, et puis je pense que David va pouvoir vous parler un petit peu plus de ça du côté de ce qu'on appelle le IMVE. On a une autre préoccupation grandissante, surtout avec la lentille COVID, c'est l'interférence étrangère, l'ingérence étrangère et les activités hostiles envers le Canada qui vraiment nous provoquent de la réflexion sur comment mieux protéger l'économie canadienne. Et il nous reste aussi des défis à relever du côté de la cybersécurité, surtout en ce qui concerne le 5G et encryption. En terminant, je remarquerais qu'au cours des dernières années, en fait, je dirais même plus des dernières décennies, depuis les événements du 11 septembre 2001, en fait, la principale préoccupation de la communauté de la sécurité et du renseignement a vraiment été axée sur la lutte contre le terrorisme et davantage le terrorisme qui émanait de Al-Qaïda et de ses affiliés, ensuite de ISIL, Daesh et de ses affiliés. Si on y pense, en fait, le Ministère a été créé en 2003 en réponse au 11 septembre et essentiellement, pour la lutte antiterroriste. Depuis les dernières années, étant donné plusieurs changements géopolitiques, on voit la montée de l'autoritarisme, on voit l'affaiblissement de la confiance envers certaines institutions internationales, sans diminuer la menace qui provient toujours de Daesh, je pense que c'est, et David pourra le confirmer, nos préoccupations se tournent davantage vers les activités hostiles menées par certains pays étrangers en particulier qui cherchent avant tout à avancer leurs propres intérêts stratégiques comme leur influence géographique, leur propre avancement économique ou leur avantage militaire. Donc je vais m'arrêter là sur ce qui est de la sécurité nationale en particulier, on pourra revenir à d'autres enjeux à travers la période de questions.

David, à ton tour.

Merci beaucoup, puis je dois dire, c'est un privilège pour moi d'avoir la chance de vous parler à tous, surtout en compagnie de mes collègues et amis, Monik et Daniel. Comme Daniel a mentionné, ça fait presque 25 ans que j'œuvre dans le domaine de la sécurité nationale et du renseignement, puis je dois vous dire que lorsqu'on regarde la fonction primaire du gouvernement fédéral, puis on le voit, c'est répété dans tous les discours du Trône, la responsabilité première du gouvernement c'est de protéger les Canadiennes et les Canadiens. Donc nous, au Service canadien du renseignement de sécurité, c'est ce qu'on fait jour après jour, donc de contribuer à cette sécurité-là. C'est un privilège exceptionnel, mais je dois vous dire que c'est un poids également sur tous les employés du SCRS parce qu'on sait l'impact de, lorsqu'y a des menaces à la sécurité nationale. Donc dans ce contexte-là, je voudrais remercier l'école moi aussi pour cette belle initiative. On va parler évidemment de plusieurs sujets aujourd'hui, mais j'aimerais peut-être seulement mentionner, commencer par le contexte de menace. Si on regarde l'environnement dans lequel on est en ce moment, le Canada et nos alliés, on est dans une profonde période de mutation, mutation au niveau technologique. On parle de 5G, on parle de technologie Quantum, l'intelligence artificielle, donc tous les bénéfices qui vont être possibles avec ces nouvelles technologies-là, mais également comme tout, y a deux côtés à chaque médaille. Y a également des menaces qui se profilent avec ces nouvelles technologies-là. Donc c'est important de comprendre cette perspective. Y a également tous les changements au niveau géopolitique, Monik et Daniel en ont fait part. Lorsqu'on voit des acteurs qui, comme la Russie et la Chine, qui profitent de l'environnement, façonnent l'environnement pour leur bénéfice qui, mais par contre [Paroles inaudibles] le font en utilisant des méthodes et des moyens qui vont contre nos valeurs, contre nos intérêts, c'est un changement au niveau de la géopolitique qui est très important. On voit l'affaiblissement des alliances traditionnelles comme l'OTAN, comme l'Union européenne et donc, quels sont les, quel environnement de menaces cela crée pour le Canada, évidemment. L'environnement sanitaire, lorsqu'on est dans le domaine de la sécurité nationale, la pandémie est quelque chose à laquelle on réfléchit, mais je dois vous dire que c'est pas nécessairement ce qui était sur le dessus de l'agenda lorsqu'on est arrivés au retour des Fêtes au mois de janvier, lorsqu'on a commencé à voir les premiers renseignements, les premières informations concernant les problèmes en Chine. Donc cet environnement-là façonne effectivement ce qui nous préoccupe plus spécifiquement. Donc l'environnement, le Service canadien de renseignement et de sécurité, notre mandat est d'enquêter sur les menaces sur la sécurité nationale, d'aviser le gouvernement, donner des conseils au gouvernement et, finalement, de prendre des mesures pour atténuer la menace lorsqu'elle a, lorsque c'est possible. Donc dans ce contexte-là, je vais vous parler plus spécifiquement de terrorisme et d'espionnage et d'ingérence étrangère qui sont les menaces les plus importantes sur lesquelles on met nos efforts. Monik a parlé de Al-Qaïda et de Daesh ou ISIS comme on le, souvent on l'entend. C'est vraiment, je vous dirais, ce qui, depuis 2001, le 11 septembre 2001, ce qui a vraiment été le moteur de tous les, de tous les activités des services de renseignement à travers le monde. Cela dit, la menace a continué de se transformer. Les acteurs apprennent, adaptent leurs méthodes, modifient leur approche et, ce qui fait en sorte que la menace est toujours en mouvement. On va toujours être en mesure d'essayer de mieux comprendre les vecteurs, les acteurs de cette menace-là. On a toujours eu des groupes qui épousaient des idéologies un petit peu plus reliées à l'extrême droite et à l'extrême gauche. Je vais y revenir un peu plus tard. Mais ces groupes-là prennent de plus en plus de place dans un agenda ou encore une fois, y a un manque de compréhension de la part des gens, y a un manque d'appartenance. Les gens se font, ont des sources d'information telles que les réseaux sociaux et des groupes sur le dark Web qui permettent de véhiculer des informations. Donc ces groupes-là prennent de plus en plus d'impact pour nous. Je parle des réseaux sociaux, je parle des réseaux de communication parce que c'est vraiment là où on voit le phénomène de la radicalisation. C'est là où les gens qui peuvent être des individus, qui a pratiquement peu ou pas de liens sociaux avec d'autres, d'autres éléments de menaces, vont pouvoir développer ces réseaux-là, vont pouvoir développer leur propre compréhension et leur propre manifestation, dans l'imaginaire d'un monde de différents et vont potentiellement se mobiliser pour commettre des actes de violence pour aller et faire avancer la cause qui, qui vont, qui est devenue la leur lors de ce processus de radicalisation. On parle beaucoup de terrorisme. Évidemment, je le dis publiquement, je le dis dans le rapport annuel du service, c'est toujours la menace la plus importante à la sécurité des gens. Par contre, l'espionnage et l'ingérence étrangère sont, selon nous, la menace, les menaces les plus importantes à la prospérité et la souveraineté du Canada, non seulement maintenant, mais dans les années à venir. J'ai parlé de certains États, Chine, Russie et d'autres qui veulent ce que nous avons. On est un pays riche, on est un pays avec beaucoup de ressources naturelles et avec beaucoup de ressources sur le plan humain, des universités, des entreprises de technologie de pointe. Les gens veulent ce que nous avons, envient d'une certaine façon nos libertés et vont utiliser tous les moyens pour transformer les avantages que nous avons pour leurs propres intérêts. Donc ce phénomène d'espionnage et d'ingérence étrangère existe depuis toujours, mais prennent des nouvelles formes et se présentent avec une acuité encore plus importante pour nous. Je vais peut-être mentionner une dernière chose dans le contexte dans lequel on travaille. On dit souvent, en anglais, National security is a team sport, donc c'est vraiment un travail d'équipe. Donc le SCRS, comme nos collègues l'ont mentionné, on travaille avec beaucoup de partenaires, tant au gouvernement fédéral que dans les autres paliers de gouvernement et d'autres, d'autres acteurs dans le domaine de la société civile canadienne. Cet après-midi, je rencontre les gens de la Chambre de Commerce du Canada. On va faire un webinaire avec eux dans les prochains jours pour justement parler aux entrepreneurs canadiens, pour leur faire part un peu de sécurité nationale. Donc le partenariat au Canada, mais également le partenariat à l'étranger. On travaille avec plus de 300 agences à travers le monde, donc plusieurs agences, dans plusieurs pays pour s'assurer qu'on ait la meilleure information, les meilleurs partenariats pour pouvoir faire nos enquêtes de sécurité nationale et nos opérations de renseignement pour le bénéfice du Canada. Le dernier point que je veux mentionner, et Daniel a fait mention, nous on travaille, on est une agence de renseignement qui travaille au Canada, donc un État de droit, un État qui est gouverné par des règles et le service, ça fait partie de nos valeurs fondamentales, le respect du droit et le respect des valeurs démocratiques. Je vous dirais pas que c'est la même chose pour nos adversaires et plusieurs pays qui contre lesquels on doit travailler, sur les activités qu'on doit surveiller et contrer. Ces pays-là, souvent ne respectent pas les valeurs de droit, ne respectent pas les valeurs démocratiques, donc font des choses que nous ne pouvons pas faire et ne voudrions pas faire de toute façon, parce qu'on est une organisation de renseignement qui travaille en démocratie, donc je pense que c'est assez important de le mentionner. Je vous dirais un mot sur la pandémie. Évidemment, c'est un sujet sur lequel on travaillait je l'ai mentionné tôt au début de l'année, mais de façon plus active déjà en février. Non seulement ça a eu un impact sur nous comme organisation, sur la façon dont on travaille parce que tous nos employés, tout comme le reste des Canadiens, ont été, ont dû réapprendre à vivre avec la pandémie, réapprendre à travailler avec la pandémie, donc nos opérations ont été affectées, mais je dois dire que, encore une fois, ce qui est phénoménal de travailler dans une organisation comme le SCRS, c'est de voir l'ingéniosité, l'innovation et le désir de faire une différence de la part des gens. Donc je vais m'arrêter ici pour l'instant, mais je voudrais vous dire que, encore une fois, c'est un privilège d'avoir la chance de vous parler à tous aujourd'hui. Merci.

Merci beaucoup, David. Merci, Monik. David, pendant qu'on est sur, justement, le sujet des menaces, je pense que t'as fait une bonne élaboration des menaces les plus importantes que le service et que le Canada doivent se soucier. Y a quelques années, l'attention était vraiment sur le contre-terrorisme. On était vraiment dans la lutte contre Al-Qaïda, ensuite contre Daesh, comme Monik et toi y avez fait allusion, et quand on regarde ce qui s'est passé au cours des dernières années, aussi récemment que la COVID présentement, les allégations contre les Russes en Afghanistan, l'interférence dans les processus démocratiques. On semble avoir un retour en force de l'importance du renseignement. J'aimerais avoir tes commentaires sur l'importance du renseignement et l'importance du renseignement dans l'environnement dans lequel on est maintenant. Tout en respectant le caractère non classifié de cette discussion virtuelle-là, comment est-ce que le Canada peut faire le mieux possible pour évaluer, contrer les menaces en étant très efficace au niveau du renseignement.

Merci, Daniel. Je vais vous faire part de quelques commentaires à ce sujet-là. Le premier, c'est que le rôle du renseignement, c'est de donner un avantage au gouvernement. C'est d'être capable de donner de l'information au gouvernement qu'il ne serait pas capable d'avoir autrement. Donc c'est le renseignement secret, c'est les opérations d'infiltration, de recrutement, d'écoute, qu'un service comme le nôtre fait jour après jour. Donc c'est d'aller chercher de l'information qui est pas disponible autrement, de personnes qui ne voudraient pas nous donner l'information, de façon normale. C'est également, par contre, l'utilisation, de faire sens de toute information qui est également disponible dans le domaine public. Y a une panoplie de sources d'information, beaucoup qui sont crédibles, d'autres qui le sont beaucoup moins, et c'est de faire, d'être capable de prendre l'information dans le domaine public, l'information dans le domaine secret et de faire une bonne analyse pour donner, encore une fois, un avantage au gouvernement canadien sur la prise de décisions. Ça peut être au niveau très tactique, donc ça peut être de dire qui sont les acteurs dans le domaine, dans le contexte de la pandémie. Ça peut être d'arriver pis dire qui sont les acteurs au Canada et à l'étranger. Qui essaie d'utiliser des chaînes d'approvisionnement pour les instruments de protection, les ventilateurs, les masques et tout ça pour avoir un impact négatif sur le Canada. Ça peut être une puissance étrangère qui essaie de manipuler l'opinion publique pour faire croire que la situation n'est pas vraiment ce qu'elle est, pour mettre en lumière certains, certains éléments plus positifs de l'activité d'un gouvernement étranger pour que notre population supporte ces activités-là. Donc nous, notre travail, à ce moment-là, c'est d'arriver et c'est de prendre l'information publique, mais également d'aller chercher de l'information de sources secrètes et de pouvoir donner la bonne analyse au gouvernement pour dire, voici ce qui se passe vraiment, voici ce que nos alliés pensent, voici ce que les autres services de renseignement à travers le monde voient et donc de permettre au gouvernement de prendre les meilleures décisions possible. C'est très, des fois, c'est ce qu'on appelle très tactique, donc est-ce que le contrat X qui est en train d'être négocié avec une puissance étrangère, les intentions de cette puissance-là sont les bonnes ou est-ce que y a, ça peut être également dans le domaine du vaccin, est-ce que y a un partenaire qui nous propose certaines choses qui a des motifs ultérieurs sur lesquels il faut donner de l'information au gouvernement pour pouvoir se protéger. Donc dans le domaine, dans le contexte de la pandémie, je vous dirais oui, y a un besoin plus criant du renseignement, mais, comme je l'ai mentionné, ça fait plus de 25 ans ou presque 25 ans que j'suis dans le domaine, je vous dirais qu'y a toujours un besoin d'avoir cette information-là, d'avoir un avantage pour le gouvernement. C'est vraiment la raison pour laquelle on existe.

Merci, David. Si tu me permets de faire un peu de pouce sur ce que tu viens de dire, c'est très important pour le gouvernement, mais comme dans mes activités maintenant au niveau universitaire, je rencontre beaucoup de gens du secteur privé, beaucoup de gens du secteur académique, et ils me parlent constamment de l'importance pour eux d'être mieux sensibilisés également à ces menaces-là où le géopolitique pis le géoéconomique se mêlent et comme l'importance que des agences comme le SCRS, comme le Centre de sécurité sur les télécommunications puissent mieux les informer là, dans ce qui est possible de divulguer, dans ces menaces-là. Je sais que c'est un dossier qui est très important. J'ai vu que dans des premiers discours, dans la première année, t'as abordé ce sujet-là. Qu'est-ce qu'on fait présentement et qu'est-ce qu'on doit faire davantage pour mieux équiper nos citoyens, notre secteur privé par rapport à ces menaces-là.

Merci, Daniel. Je suis content que tu soulèves ce point-là parce que c'est, pour le Service, une priorité. Le Service de renseignement a des autorités et des gens avec des compétences assez exceptionnelles. On fait beaucoup de choses, mais on n'est pas capables, un, de tout faire, on n'a pas le droit de tout faire et on n'est pas les meilleures personnes pour, pour être capable de contrer la menace à tous les moments, à tous les endroits au Canada et à l'étranger. Donc quand on parle de la sécurité nationale est un sport d'équipe, les gens de la société civile, les universitaires, les gens qui sont dans les entreprises, dans divers organismes communautaires qui travaillent avec différentes parties de la population, ce sont des gens qui, à notre avis, doivent avoir une meilleure, doivent être mieux sensibilités à certains, à certains phénomènes, comme par exemple, si on parle d'ingérence étrangère, on a des groupes, des diasporas. Comme tous on le sait, le gouvernement canadien et la société canadienne est très ouverte sur le monde. On accueille à chaque année quelques centaines de milliers de nouveaux Canadiennes, Canadiens, donc il faut, ces gens-là arrivent de pays qui parfois essaient d'utiliser ces diasporas-là pour avoir une influence sur le Canada, sur le gouvernement canadien. Donc mieux ces gens-là vont comprendre ce qui se passe, les risques, les façons de faire de puissances étrangères, mieux ils vont être en mesure de bien se protéger. J'ai eu l'occasion de parler avec les présidents des plus grandes universités canadiennes pour être capable d'arriver, justement, à les sensibiliser. C'est pas de leur dire que à chaque fois qu'ils font un partenariat avec des universitaires étrangers ou des compagnies étrangères qu'y a un risque. Que tout le monde a des intentions malveillantes. La réalité, par contre, c'est qu'y a des compagnies, y a des gens, y a des pays qui ont des intentions malveillantes. Leur but, c'est pas de faire profiter dans un partenariat d'égal à égal, c'est d'être capable de manipuler le travail, de manipuler la recherche scientifique pour le bénéfice de ces pays-là. On l'a mentionné publiquement, je vais le faire avec vous aujourd'hui. On est quelques centaines, on va se faire confiance. La Chine est effectivement un pays qui utilise tous les moyens possibles pour le bénéfice de leur, de l'avancement de la Chine. Encore une fois, c'est ce que nous tous on veut faire. On veut faire, on veut faire en sorte que notre pays soit le mieux positionné possible. Par contre, lorsque les moyens qui sont utilisés sont illicites, sont sous couverture, sont, utilisent la coercition, c'est là qu'y a un problème. Je vais mentionner le secteur économique. C'est absolument fondamental que les gens, les acteurs économiques du Canada comprennent mieux les menaces d'espionnage pour la survie de leur propre entreprise et avec l'effet multiplicateur, pour la prospérité du Canada. On a vu des entreprises canadiennes qui ont développé des technologies, des innovations que personne d'autre avait fait à travers le monde pour se rendre compte que par l'espionnage humain, l'espionnage électronique, donc les cybermenaces, et par des partenariats des acquisitions, se sont retrouvées du jour au lendemain avec la propriété intellectuelle complètement partie et l'entreprise étrangère était maintenant l'entreprise qui manufacturait et commercialisait ces produits-là. Donc le Canada a perdu les emplois et le Canada a perdu la prospérité qui avait semblé venir de là. Donc c'est vraiment tous les secteurs de la société canadienne qui doivent être mieux sensibilisés, puis je pense que ce que le webinaire d'aujourd'hui [Paroles inaudibles] est un des éléments-là. Tous nos collègues qui sont sur la plateforme aujourd'hui sont des personnes qui en comprenant mieux ça en étant des acteurs importants dans le gouvernement, sont capables d'avoir un impact. Donc, je pense que le point que tu soulèves, Daniel, est très, très important.

[Daniel Jean parle] Merci beaucoup, David. Monik, parlons un petit peu de cybersécurité. Lorsque j'étais conseiller à la sécurité nationale, quand je voyageais dans les capitales de nos différents pays alliés, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe, on me soulignait toujours qu'on nous voyait comme un chef de file en matière de protection des systèmes gouvernementaux, quand venaient les menaces de cybersécurité. Par contre, entre nous, on savait qu'on avait des progrès à faire au niveau de sensibiliser la population, rendre le Canada, les Canadiens, notre secteur privé, plus résilients aux menaces cyber et c'est ce qui a mené à l'élaboration de la stratégie sur la cybersécurité que votre ministère a annoncée en 2018. En parallèle, votre ministère, l'agence de David, le centre de Centre de sécurité sur les télécommunications [ a également fait beaucoup de travail avec la ministre responsable des institutions démocratiques et avec les partis politiques canadiens pour qu'ils soient mieux sensibilités contre les menaces possibles au processus démocratique via de l'ingérence qui se fait, de manière [cyber, mais qui veut  également se faire dans le bon vieux modèle d'ingérence analogue. Monik, je sais que vous travaillez très près avec le centre de sécurité sur les télécommunications  ces questions-là. Quel est l'état de la menace cyber au Canada? Où en êtes-vous dans la mise en place de la stratégie? Comment va le nouveau centre canadien sur la cybersécurité et comment vont les efforts de la GRC d'avoir  une stratégie nationale avec les corps de police au niveau plus de la cyber, du crime cyber, si on veut, la fraude cyber?

Je pense qu'il faut que je m'enlève de Mute. Est-ce que shu, non, OK... Donc écoutez, l'état de la, l'état de la menace, ça, on va dire qu'avec COVID, ça a vraiment pris une tournure. La menace cyber est encore plus présente aujourd'hui que jamais. Déjà avant COVID, le Centre canadien pour la cybersécurité du CST, du Centre des services de télécommunication, en moyenne bloquait quotidiennement à peu près un milliard d'actions malveillantes envers les systèmes et les bases de données et plusieurs sites Web du gouvernement fédéral. Aujourd'hui, avec presque 85, 90 % de la fonction publique qui travaille de la maison, on peut dire vraiment que les actions malveillantes, la cyber, les menaces, les cybermenaces ont vraiment augmenté et le CST double, redouble d'efforts pour pouvoir identifier et contrer ces menaces-là. Je dirais aussi également que la cybercriminalité est davantage un problème. Ça l'a toujours été. Y a tout le temps des entités malveillantes qui cherchent à cibler les plus, les plus vulnérables d'entre nous et je dirais également qu'en termes de cybercriminalité, malheureusement, il y a une recrudescence et même une augmentation assez marquée de l'exploitation sexuelle des enfants en ligne sur Internet. Donc, le fait que COVID soit parmi nous, malheureusement, n'a pas agi comme un dissuasif envers la cybermenace et la cybercriminalité. Et j'irais dans le même sens que David en parlant de cybermenaces, que ce ne sont pas seulement les menaces envers le gouvernement ou envers les individus contre nous, mais ce sont aussi les cybermenaces envers nos entreprises canadiennes et comment devrions-nous être mieux outillés pour protéger l'économie canadienne. En ce qui a trait au deuxième volet de ta question, qui est sur où en est-on avec la mise en application de notre stratégie de, notre stratégie nationale de cybersécurité, je dois dire que on se débrouille assez bien. Y a eu énormément de progrès. On est basés sur trois piliers, vraiment, trois thèmes. Un thème de sécurité-résilience qui est de, de travailler davantage avec nos partenaires en matière de cybersécurité, non seulement à travers le gouvernement, mais aussi avec les Canadiens et donc, je vais dans le même sens que David. On utilise tous les partenaires pour communiquer davantage avec les Canadiens sur la cybercriminalité et sensibiliser sur la cybermenace. En matière d'innovation, en matière de cybersécurité aussi, quand même beaucoup de progrès pour ce qui est de perfectionner les compétences et les connaissances en matière de cybersécurité. Et aussi en leadership et collaboration, beaucoup de travail avec les provinces et les territoires. Vraiment, on essaie de jouer un rôle de premier plan pour faire progresser les connaissances en matière de cybersécurité au Canada. La stratégie a été accompagnée de financement assez significatif pour créer en particulier deux centres. Le premier, c'est le Centre canadien pour la cybersécurité qui est créé et tout à fait fonctionnel, qui est dirigé par Scott Jones, et qui a été créé en rassemblant les fonctions et les expertises de trois ministères, le CST, donc les fonctions opérationnelles du Centre de sécurité des télécommunications. Notre équipe opérationnelle à nous, à Sécurité publique, donc, on s'en est divorcé, elle est maintenant au sein du Centre canadien pour la cybersécurité, et ainsi que les expertises opérationnelles de Services partagés Canada. Tout ça, finalement, forme maintenant un centre d'excellence qui, comme je vous disais, est totalement opérationnel et dont le rôle consiste à collaborer avec le gouvernement, le secteur privé et le milieu universitaire. Le deuxième dispositif qui a été créé c'est l'Unité nationale de coordination de la lutte contre la cybercriminalité, et cette unité a été créée au sein de la GRC afin d'accroître la capacité de la GRC à enquêter sur la cybercriminalité. En gros, ça devient un centre de coordination pour les partenaires et ça devient aussi la porte d'entrée pour signaler un incident de cybercriminalité, que ce soit d'une entreprise ou d'individus canadiens et aussi c'est le centre qui est aux prises en ce moment avec la croissance dont je parlais sur les cas d'enfants exploités sexuellement sur Internet. Donc, voilà.

Merci, Monik. Je vais poursuivre avec les questions. Avant de poursuivre, je veux juste dire à nos auditeurs, leur rappeler que vous pouvez écrire vos questions. En regardant dans l'onglet à droite, vous avez une personne comme avec une main qui se lève. En appuyant là-dessus, vous pouvez écrire vos questions et elles vont nous être acheminées. Y a encore quelques questions dans mon arsenal, mais je vais avoir besoin de renforts, alors s'il vous plaît envoyez vos questions. Merci beaucoup. Toujours sur la menace cyber, Monik, je sais que c'est une question pour probablement   plus du ressort du centre de sécurité de Scott Jones ou du centre sur la sécurité des communications, mais on a plus de 600 auditeurs présentement. Quel est le meilleur conseil que vous pouvez leur donner pour à la fois prendre, exploiter les opportunités du monde numérique, mais tout en le faisant de façon sécuritaire au niveau de la cybersécurité, plus  particulièrement en ce moment de télétravail?

Le premier conseil que je donnerais à tout le monde c'est vraiment de visiter le site Web du Centre canadien pour la sécurité, pour la cybersécurité, vraiment tous les outils sont là. Donc je vais, je vais quand même en nommer quelques-uns. Naturellement, on parle tout le temps de nos mots de passe, de revérifier sans arrêt, de les changer régulièrement, de pas utiliser 1, 2, 3, 4 ou 10, 9, 8, 7, 6, comme faisait ma mère, d'être un petit peu plus créatifs avec nos mots de passe et de les réviser régulièrement. Aussi, de pas ouvrir des courriels qui nous semblent douteux. Si on voit que l'adresse URL du courriel qui nous, qui nous provient, tout simplement de les éliminer, de les mettre tout de suite, de les identifier comme pourriels, de ne pas les ouvrir car souvent, simplement le fait de l'ouvrir permet de se faire harponner. C'est de l'hameçonnage, donc on essaie de ne pas ouvrir ce genre de courriels. Si possible, chiffrer nos données, utiliser des, moi personnellement j'utilise Proton.Mail. J'utilise aussi Gmail, mais surtout ProtonMail qui soi-disant chiffre nos courriels, donc si on a des courriels à envoyer de manière à ce qu'il y ait du encryption, donc chiffrer l'information, d'utiliser d'autres outils que Gmail ou Hotmail, ou des produits de la sorte. Supprimer aussi l'information qui est stockée dans nos dispositifs et j'ajouterai aussi, pour ce qui est des médias sociaux, c'est un petit peu la même chose. Utilisez des mots de passe uniques, quand même, chaque fois qu'on a accès à différents médias sociaux. Consultez régulièrement les politiques de sécurité et de confidentialité qui sont changées assez régulièrement, on a tendance à les ignorer. Je sais que c'est très, très long à lire. Je dirais que même moi aussi, des fois, j'essaie de lire plutôt en diagonale. Et surtout d'être vigilants quand on clique sur des liens et que ça nous amène sur d'autres sites où nos informations pourraient être siphonnées à travers de ces sites-là. Donc, quelques conseils, mais surtout d'aller visiter le site du CST ou du Centre canadien pour la cybersécurité.

Merci beaucoup, Monik. De très, très bons conseils. Lorsque je fais du travail avec des acteurs plus du côté du secteur privé, ça me frappe toujours, le nombre d'acteurs qui ne connaissent pas le Centre sur la cybersécurité et lorsqu'on met à leur attention les outils comme les dix meilleures pratiques, ce genre de choses-là, à quel point c'est utile pour eux. De la même façon, je dirais un conseil additionnel à ceux que tu as proférés que je donnerais à nos auditeurs, c'est la question des mises à jour. Ce qui est intéressant dans l'analyse des plus grandes violations de sécurité qui ont été faites, surtout au niveau de la vie privée avec les grandes entreprises, le nombre de ces cas-là où ça aurait pu être évité. Parce qu'y avait effectivement une mesure de sécurité qui avait été mise en place y a des mois auparavant, mais souvent, comme c'est le cas avec nous, on voit mise à jour encore, mise à jour encore, j'ai pas le temps. On la fait pas, et puis tout d'un coup, on n'a pas pu profiter de la mesure de sécurité qui aurait pu nous protéger. Vous avez tous les deux parlé, Monik et David, du phénomène de l'extrémisme violent qui est motivé de façon idéologique. Bon, on a toujours fait face à ça, d'une certaine manière, du côté du terrorisme et de d'autres choses, mais on voit maintenant de nouvelles tendances là-dessus. Vous, David, vous avez un rôle important dans le suivi, le renseignement, les choses qui peuvent qui peuvent équiper  pour soit prévenir, enrayer, travailler avec la GRC si y a des questions criminelles là-dessus. De l'autre côté, au niveau des politiques, Monik, vous en avez parlé, vous avez fait énormément de travail ce que vous appeler le centre, le centre de prévention de la violence et d'engagement communautaire. Comment est-ce que le gouvernement peut mieux travailler avec les parents, avec les acteurs dans la société pour essayer de prévenir ce phénomène-là et essayer, au moins, si on peut pas le prévenir, d'être capable d'agir avant qu'y ait des tragédies comme on a vues ici, mais également ailleurs?

Peut-être que je vais, je vais commencer, Daniel, je vais peut-être parler plus du côté, la première chose à faire c'est de bien comprendre le phénomène. C'est un phénomène qui est complexe. Souvent, les gens vont parler d'extrême droite, d'extrême gauche pour essayer de comprendre les motivations et les idéologies. Le Service canadien du renseignement de sécurité a fait beaucoup de travail au cours des deux, trois dernières années pour mieux comprendre le phénomène puis pour développer une nomenclature qui était plus, plus juste. T'as utilisé l'expression extrémiste violent à caractère idéologique, c'est ce qui, c'est le concept, le paradigme qu'on a développé pour mieux comprendre ces formes d'extrémisme-là. On a quatre grandes catégories d'extrémisme. On parle de l'extrémisme xénophobe, donc les gens qui ont, caractérisés par la peur ou la haine de l'autre, de ce qui est considéré comme étranger ou différent. On a vu cette manifestation-là de façon assez horrible en Nouvelle-Zélande, y a deux ou trois ans, lorsqu'un individu est allé dans les mosquées et a tué 51 personnes. Donc, vraiment, lorsqu'on parle des groupes néonazis, donc les gens qui se, utilisent des références idéologiques, des références historiques pour encore une fois dénigrer l'autre, dénigrer celui qui est, celui ou celle qui est différent. Donc, on le voit au Canada, ici, le gouvernement a déclaré comme organisation criminelle un groupe comme Blood and Honor puis Combat Eighteen, des organisations néonazies qui ont des adeptes malheureusement ici au Canada. L'autre vecteur de cette mouvance idéologique-là, l'extrémisme biologique, c'est l'extrémisme antiautoritaire. Donc, ce sont les gens qui voient les formes de gouvernement, l'autorité démocratique comme une menace pour leurs libertés individuelles. Encore une fois, cette philosophie-là, cette idéologie-là peut être tout à fait correcte, donc de croire que les libertés individuelles sont plus importantes que les libertés collectives. Par contre, c'est lorsque le mouvement se déplace vers, quelles sont les actions à prendre pour protéger ces libertés individuelles-là. On voit que c'est là qu'y a les dérapages. Au Canada, ici, on se souviendra de l'attaque à Moncton où un individu a abattu quatre officiers de la GRC parce qu'ils représentaient l'autorité de l'État, donc c'est très, très important. L'autre vecteur c'est la violence sexiste. Donc c'est les gens qui ont vraiment une haine envers les personnes de l'autre sexe ou des personnes d'orientation sexuelle différente. L'exemple qui est le plus frappant c'est ce qu'on appelle en anglais les Involuntary celibates Incel, c'est un, une mouvance idéologique qui est caractérisée par des hommes, des jeunes hommes qui se sentent frustrés sexuellement et leur façon de manifester cette frustration-là c'est d'attaquer des femmes. Et on l'a vu, l'individu à Toronto, y a deux ans, qui a pris un camion puis est allé faucher les gens sur le trottoir en tuant dix personnes ici à Toronto, est un, est une personne qui se revendique de cette idéologie. La dernière, finalement, c'est un peu une violence fondée sur d'autres récriminations, idéologies. C'est là où on voit, on entre les religions et les groupes traditionnels comme Al-Qaïda, Daesh, qui se revendiquent de, d'aspects religieux. Donc, la première chose c'est vraiment, c'est de comprendre le phénomène, c'est de comprendre qu'est-ce qui motive les gens. À partir de là, on peut développer des approches, et Monik pourrait en parler avec le centre de prévention. Mais pour nous, du côté du renseignement, c'est de comprendre qui sont les acteurs principaux, faire une différence entre ce qui est protégé par la liberté d'expression. Donc quelqu'un peut dire des choses absolument horribles en ligne, mais c'est protégé par la charte des droits et libertés. Lorsque nous, on s'intéresse à des gens qui commencent à organiser, qui sont des gens qui vont vouloir fomenter la violence, c'est là où nous, on va intervenir avec nos activités de renseignement pour pouvoir découvrir qui sont ces gens-là avant qu'ils commettent des activités. Donc peut-être, Monik...

Oui.

Je te passerais la parole peut-être un peu à ce moment-ci.

Oui, oui, parfait. Merci, David. Et puis avant d'entrer dans le rôle du centre, je dirais aussi d'abord et avant tout qu'on a quand même plusieurs outils à notre disposition pour lutter contre le terrorisme. David vient de parler de tout ce qui est enquête, collecte de renseignements, etc., mais on a quand même plusieurs outils. On a la Loi antiterroriste de 2001 qui nous permet de créer des listes d'entités terroristes qui aident finalement la GRC, qui vraiment facilitent les enquêtes criminelles de la GRC liées à la sécurité nationale. On a la Loi sur la sûreté des déplacements aériens qui nous permet également de prévenir les déplacements de certaines personnes. On a également la possibilité d'annuler, de refuser, de révoquer des passeports de certains individus qu'on soupçonne pourraient voyager à l'étranger pour commettre des activités liées au terrorisme, etc. Le service aussi travaille, a dans ses pouvoirs les mesures de réduction de menaces pour atténuer les menaces posées par certains individus et naturellement, on travaille avec le centre, le centre canadien pour lutter contre la radicalisation et la violence pour la prévention. Donc, le travail directement avec les parents, Daniel, se fait à travers les agences qui sont soutenues par le centre. Le centre, son objectif principal est vraiment de promouvoir et de coordonner, et de collaborer avec un large éventail d'intervenants qui travaillent directement, des intervenants privés, des intervenants municipaux ou même des intervenants provinciaux qui eux, travaillent directement avec les individus qui sont touchés, donc dans certains cas les parents ou même les individus eux-mêmes qui ont été radicalisés et qu'on cherche à déradicaliser, ou même des individus qui sont en voie de radicalisation vers la violence, mais qui ont pas encore passé ce cap vers la violence. Donc essentiellement, le centre finance plusieurs de ces intervenants-là. On a un fonds pour la résilience communautaire qui vise à augmenter la capacité canadienne à lutter contre la radicalisation et qui vise aussi d'abord et avant tout, comme, comme le mentionnait David, à vraiment comprendre le phénomène. Parce qu'on peut pas augmenter notre capacité à lutter et à déradicaliser si on n'a pas compris le phénomène d'abord et avant tout. Le centre lui-même ne donne pas de conseils, ne gère pas les cas individuels, mais on soutient les interventions au moyen du fonds pour la résilience communautaire, et on offre ce soutien financier à ces initiatives qui visent, justement, à prévenir la radicalisation qui mène à la violence.

Merci beaucoup, Monik et David. Une question qui nous vient des auditeurs. Dans la bonne tradition non partisane de la fonction publique canadienne, vous avez travaillé de près, vos organismes, et autres organismes avec le ministre responsable des institutions démocratiques, avec les différents partis politiques pour prévenir une éventuelle ingérence dans le processus démocratique au Canada. Un auditeur nous demande « Quel est le danger de cyberingérence lors des élections au Canada? ».

Vas-y, je vais suivre.

Veux-tu y aller? OK parfait, merci, Monik. Je vais commencer peut-être par vous raconter une petite anecdote. C'est lorsqu'on se préparait aux élections de 2019, on a évidemment très bien compris les leçons de ce qui s'était passé aux États-Unis lors d'ingérence russe, lors de l'élection de 2016 qui a mené à l'élection de Donald Trump. On a essayé de comprendre quelles étaient les menaces ici au Canada. Quelles étaient les opportunités de prévenir ces menaces-là, et donc on s'est, l'anecdote c'est que, le petit secret, c'est que pour tout nous bons fonctionnaires là, dans une bureaucratie, lorsqu'on a un problème qui est complexe, qui requiert des partenariats avec différentes personnes, une des bonnes façons de faire, les façons testées c'est de créer un task force. Donc, une équipe intégrée et donc, un vendredi après-midi, la cheffe du Centre de sécurité des télécommunications et moi, on se disait « Qu'est-ce qu'on va faire? Comment est-ce qu'on va s'organiser pour être capables de donner la bonne information au gouvernement, aux Canadiens, aux partis politiques, etc.? ». Donc, on a créé un bon task force, donc le Centre de sécurité des télécommunications, le Service de renseignement, la GRC et le ministère des Affaires étrangères, les Affaires mondiales, on s'est regroupés ensemble pour créer en anglais ce qu'on appelait le Security and Intelligence Taskforce on Elections, et le but c'était vraiment de bien comprendre les enjeux. Ce qui est critique dans une période de haute intensité d'activités démocratiques comme la pré-élection, l'élection et ce qui s'ensuit, c'est que les Canadiens doivent garder confiance en leur institution, doivent garder confiance aux résultats. Donc pour nous, ce qui était important, c'était pas contrer toute la désinformation qui était sur Internet, mais d'arriver, pis si y avait un vecteur d'activités critiques, on a été capable d'intervenir. C'était également de s'assurer que les pays étrangers, les diplomates postés ici au Canada et autres organisations n'utilisaient pas les libertés fondamentales du Canada pour avoir un impact négatif sur la démocratie canadienne. Faire en sorte que le vote qui est si important à chacune et chacun d'entre nous soit perverti par des activités d'une puissance étrangère. Donc, dans ce cas-là, nous, on a fait différentes choses que je peux pas révéler sur cette plateforme, mais qui vont être publiques éventuellement dans les rapports du gouvernement sur les activités qui menaient aux élections. Donc le but ici c'est de travailler avec des acteurs clés, encore une fois, de bien les sensibiliser aux menaces, de s'assurer que eux prennent les bonnes mesures également. Encore une fois, les partis politiques sont les mieux placés pour prendre les mesures pour se protéger eux-mêmes, mais qu'à ce moment-là, on soit capable d'arriver et d'intervenir, et en amont, et durant les élections pour prévenir ces menaces-là. Je dois vous dire que le système canadien fait l'envie de beaucoup d'États à travers le monde et que ce qu'on fait collectivement pour protéger la démocratie canadienne est absolument essentiel.

Merci. Monik, tu es sur Mute, Monik.

D'accord, OK, vous m'entendez? Parfait. Ce que je dirais pour compléter ce que David a dit c'est que on a eu le bénéfice de deux analyses qui ont été publiées par le CST sur les cybermenaces envers les processus démocratiques canadiens. Une analyse a été publiée en 2017 et la deuxième, en début 2019. Et à la lumière de ces rapports, c'est ça qui nous a permis non seulement une prise de conscience, la prise de conscience était quand même déjà là parce que, comme David l'a mentionné, quand on voyait ce qui se passait à l'étranger, mais une prise de conscience vis-à-vis des risques d'ingérence étrangère, particulièrement pour les élections canadiennes de 2019. Donc ça, ça nous a permis de vraiment développer un plan de protection des élections pour 2019 et entre autres, je vous mentionnerais quelques-uns de, quelques-unes des initiatives. La première, y avait vraiment une composante éducative. Donc non seulement d'éduquer les Canadiens, mais aussi d'éduquer les partis politiques. Et David, ainsi que Shelly Bruce, la chef du CST, les deux ont fait énormément, ont fait des briefings, je pense que c'était chaque semaine, David. Vous faisiez des briefings aux partis politiques pour leur faire part de certaines menaces et c'était des individus qui avaient obtenu leur cote de sécurité, donc ils bénéficiaient de certains briefings pour qu'ils aient vraiment l'heure juste sur les cybermenaces envers les élections. La deuxième initiative c'était le groupe de travail dont David a mentionné. Et ce groupe de travail nous produisait des briefings sur papier, mais aussi des briefings verbaux, à un comité qui était en fait un comité de cinq sous-ministres ainsi que le greffier, qui mettait en place un peu un protocole public en cas d'incident électoral majeur. Donc, le greffier ainsi que le sous-ministre de la Sécurité publique, le sous-ministre des Affaires étrangères, sous-ministre de la Justice et sous-ministre, j'en oublie toujours un, Sécurité publique, Justice, Affaires étrangères, aide-moi David, y en manque un, bref. Donc, on se rencontrait une fois par semaine également pour prendre conscience des rapports de renseignement qui avaient été écrits par le groupe de travail dont parlait David, et déterminer si effectivement il y avait eu ingérence ou si certains des événements qu'on voyait avaient vraiment le potentiel de changer le cours des élections, changer le cours du résultat des élections. Et on a également travaillé de concert avec les plateformes des médias sociaux pour ce qui est de la désinformation, des publicités, etc. Donc, quand même énormément d'initiatives qui ont été mises en place pour protéger les élections et j'écho  ce que David disait, c'est qu'on a vraiment fait l'envie de nos alliés quand ils ont pris conscience de l'ampleur de l'éventail des mesures que nous avons mises sur pied pour protéger les élections de 2019 contre toute ingérence étrangère.

Merci beaucoup, Monik. Merci, David. Il nous reste cinq minutes. Je veux vous poser une dernière question et ensuite, on va amener ça à la clôture. Au fil des dernières années, le parlement a confirmé plusieurs des autorités nécessaires pour être capable de faire le travail que vous faites en termes de prévention et d'empêcher les menaces de se manifester, mais en même temps, a introduit énormément de, beaucoup plus de mécanismes, je dirais, de surveillance. Alors on a eu la création du comité parlementaire sur la sécurité nationale. Dans la loi sur la sécurité nationale , nouveau rôle pour ce qui est de l'organisme de surveillance au niveau de la sécurité et renseignement. Également, nouveau rôle pour le commissaire sur le renseignement. Ça fait maintenant un peu plus d'un an, dans le cadre du comité, un peu plus de deux ans que ces mécanismes-là sont en place. Quelle est votre expérience à date? Comment la communauté de la sécurité de la sécurité et  renseignement s'adapte à ces mécanismes de surveillance et pourquoi sont-ils importants à votre avis?

Monik, je vais peut-être commencer, étant donné que le service, ça fait depuis la création du service en 1984 qu'un organisme de surveillance des activités du renseignement. Donc encore une fois, je le mentionnais plus tôt, une agence de renseignement dans un État démocratique, c'est très différent que de plusieurs de nos, des agences contre lesquelles on travaille. C'est important que les Canadiens aient confiance, que les parlementaires aient confiance dans le travail qu'on fait. Par nature, notre travail doit être beaucoup, des éléments doivent être secrets, mais beaucoup d'autres choses où on est capable de dire publiquement. C'est pour ça qu'on a notre rapport annuel qui est rendu public. Je vous invite à le consulter. Mais encore une fois, en démocratie, c'est fondamental que les gens aient cette confiance-là. Donc, le gouvernement s'est rendu compte qu'y avait un besoin d'avoir un organisme qui revoie les activités de toutes les agences qui sont impliquées, donc les 17 agences du gouvernement qui sont impliquées en sécurité nationale, revoir les activités au niveau Top Secret, Très secret, pour être capable de comprendre ce qui se passe. Pour nous, des fois, c'est un peu, c'est une leçon d'humilité. On se rend compte qu'on a fait des choses pour les bonnes raisons, mais on se rend compte peut-être que la façon dont on l'a fait, ou les autorités, ou l'impact était pas ce qu'on avait en tête. Donc, d'avoir quelqu'un qui nous, qui nous, travaille avec nous et rend compte publiquement, et, encore une fois, une question d'humilité, et c'est ce qui fait que nos agences deviennent meilleures, on apprend. Je peux vous dire que le Service canadien du renseignement de sécurité avec 35 d'existence   est un meilleur service à cause de ça. La création du service de sécurité parlementaire, donc, ce sont des parlementaires qui ont une cote Top Secret, des élus de la Chambre des communes et des sénateurs qui ont passé à travers le processus pour avoir une cote Top Secret, donc ont accès à notre information. Et pour nous, c'est très important parce que une agence comme la nôtre, pis je vous fais pas de grandes révélations, mais peut-être que vous allez voir certaines choses dans les médias dans les jours qui viennent, mais pour nous, c'est important que nos autorités suivent l'évolution de la menace. Et donc c'est le rôle du parlement canadien d'octroyer les autorités, donc d'avoir un service où les parlementaires sont représentés, comprennent les défis, comprennent ce qu'on fait est très, très important pour nous, pour que les Canadiens soient bien protégés, que le gouvernement ait la bonne information et que le service travaille avec les bonnes autorités. Donc en démocratie, c'est fondamental et on est heureux d'avoir ces organismes qui travaillent avec nous.

Merci, David. Monik.

Donc, tout ce que David a dit, et en plus ce que je dirais c'est que oui, il faut absolument protéger les Canadiens d'un point de vue de sécurité nationale, mais faut aussi protéger leurs droits, leur droit à la vie privée et les lois, et s'assurer que les organismes de renseignement et de sécurité nationale respectent les lois canadiennes. Donc, l'imputabilité des organismes et les mesures de reddition de comptes sont absolument nécessaires. Et chaque fois qu'on octroie de nouveaux pouvoirs à ces organismes-là, il faut aussi accroître en même temps la portée des bureaux de surveillance et de reddition de comptes. Donc, c'est pas nécessairement nouveau, je pense que vraiment ce qu'y a de nouveau c'est le comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, ça c'est vraiment la nouvelle entité. L'Office de surveillance en matière de sécurité nationale et de renseignement est nouveau dans son ampleur, c'est-à-dire que c'est l'ancien CESAR qui a été reformulé, et ce que ça nous donne, c'est que ça nous, ça nous permet maintenant d'élargir l'éventail des ministères qui sont, qui sont ouverts à l'imputabilité. C'est-à-dire qu'avant, le CESAR se concentrait essentiellement sur le service. On avait aussi un organisme qui se préoccupait des enquêtes de la GRC, mais y avait pas de connectivité entre ces enquêtes-là et quand une enquête en particulier incluait d'autres ministères du gouvernement, comme par exemple les Affaires étrangères ou la Justice, ou l'Agence des services frontaliers du Canada, ils étaient plus ou moins coupés de cette révision. Ce que l'Office de surveillance nous offre maintenant, c'est d'être capables de suivre un dossier de A à Z en passant par toutes les agences qui sont impliquées par ce dossier-là, et donc ça nous permet une surveillance beaucoup plus approfondie, beaucoup plus accrue, et vraiment donc on peut, on peut rassurer les Canadiens, effectivement, que c'est pas seulement une agence du renseignement qui respecte les lois et qui respecte les droits et la vie privée des Canadiens, mais c'est vraiment la totalité des agences qui œuvrent dans le renseignement et la sécurité nationale au Canada. Et aussi, on a le Bureau du commissaire à la vie privée qui est toujours très présent et avec qui on travaille, et avec qui d'ailleurs on a travaillé pour le projet de loi C-59, pour s'assurer que les nouvelles mesures qu'on voulait apporter dans le projet de loi C-59 rencontraient son sceau d'approbation.

Merci beaucoup, David. Merci beaucoup, Monik. Une discussion riche, captivante. Pour moi, ça a été vraiment un plaisir de vous retrouver. Je veux dire à nos auditeurs qu'il va y avoir un prochain café virtuel qui aura lieu ce jeudi, le 16 juillet, sur le thème Le Canada en chiffres avec notre statisticien en chef Anil Arora de Statistique Canada et Nik Nanos de la firme de sondage Nanos. Nous espérons que vous serez également des nôtres à cette occasion. Merci beaucoup, bonjour et restez en santé. Au revoir.

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