Transcription
Transcription : Journée de la robe rouge 2025 : Travailler ensemble pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQIA+ autochtones
[00:00:00 Le logo de l'EFPC apparaît à l'écran.]
[00:00:06 L'écran s'estompe pour montrer Sherri Helgason dans un panneau de discussion vidéo.]
Sherri Helgason (Directrice, Commission canadienne des droits de la personne): Bonjour et bienvenue à cet événement d'apprentissage sur la sensibilisation aux cultures autochtones intitulé la Journée de la robe rouge 2025 : Travailler ensemble pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQIA+ autochtones Merci de vous joindre à nous.
Je m'appelle Sherri Helgason et je suis une directrice à la Commission canadienne des droits de la personne. Je serai votre modératrice de séance aujourd'hui. Je suis heureuse d'appuyer l'École de la fonction publique du Canada en animant cet événement.
Permettez-moi tout d'abord de souligner que je me joins à vous aujourd'hui depuis le territoire du Traité no 1, territoire traditionnel des Anishinaabe, des Cris, des Oji-Cris, des Dakota et des Dénés, et patrie de la Nation métisse de la rivière Rouge, dans ce que nous appelons aujourd'hui Winnipeg, au Manitoba.
Certains d'entre vous nous ont rejoint aujourd'hui de différentes régions du pays et je vous encourage donc à prendre un moment pour la connaître et souligner le territoire que vous occupez.
Je voudrais également mentionner que cette discussion traite de sujets qui peuvent susciter une forte réaction émotionnelle chez certaines personnes.
L'école de la fonction publique du Canada reconnaît la nécessité de prendre des mesures de sécurité pour minimiser les risques associés aux contenus troublants.
Si vous avez besoin d'aide ou de soutien pendant que vous regardez ce contenu, sachez que vous pouvez communiquer avec le service de soutien de l'initiative Femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées au 1-844-413-6649. Cette ligne est ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
J'ai maintenant le plaisir de vous présenter l'aînée Verna McGregor. L'aînée Verna vient de la communauté algonquine de Kitigan Zibi Anishinabeg. Elle est fermement ancrée dans sa communauté et sa nation en tant que membre du groupe des grands-mères traditionnelles, les Kokomisag, et fait partie des aîné·es. Leur rôle consiste notamment à promouvoir la conservation de la langue et de la culture algonquines, qui sont si importantes lorsqu'il s'agit d'aborder les questions communautaires et le lien avec la terre. Bienvenue, Verna.
[00:02:17 L'aînée Verna McGregor apparaît dans un panneau de discussion vidéo]
L'aînée Verna McGregor : Hello everybody. (parle en langue autochtone). Bonjour tout le monde. (parle en langue autochtone). Bonjour, je viens de Kitigan Zibi Anishinabeg et je m'appelle Verna McGregor. Je viens du clan du renard du côté de ma mère et du clan de l'oiseau-tonnerre du côté de mon père. Je suis honorée d'être ici aujourd'hui pour prononcer le mot d'ouverture de la Journée de la robe rouge. Cet enjeu me tient particulièrement à cœur, car nous avons également été touchés par le problème des Femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées, puisque deux filles de Kitigan Zibi ont été portées disparues en 2008.
À cette époque, je travaillais au Cercle national autochtone contre la violence familiale et je recevais des appels de parents demandant de l'aide, de l'assistance pour retrouver leurs proches disparu·es, et je me souviens d'avoir été anéantie parce qu'à leur place, j'aurais été perdue si c'était un·e membre de ma famille, ma fille, mon enfant ou mon fils. Alors, j'ai quitté l'organisation en 2008 pour prendre un congé d'été. Puis, en septembre, mon fils est rentré à la maison et a dit que la police était à l'école et que les deux filles avaient disparu, à savoir Maisy Odjick et Shannon Alexander. Cette information m'a rappelé toute cette expérience et ce traumatisme, car je pense que toute notre communauté a également été traumatisée. C'est pourquoi je pense que cette journée est importante, en raison du nombre disproportionné de femmes, de filles, de personnes bispirituelles autochtones, mais aussi d'autres membres des communautés autochtones. Cette Journée de la robe rouge est l'occasion de sensibiliser le public à ce problème.
Et j'ai une anecdote que je voudrais très rapidement vous raconter. En effet, mon fils est rentré à la maison… mon petit-fils je veux dire, Waylen (ph), était à l'école avant Noël, et il va à l'école dans la ville de Maniwaki. Ce qui s'est passé, c'est qu'il a remarqué qu'une personne inconnue parlait à l'un de ses plus jeunes élèves près de la palissade de l'école, et il s'est un peu inquiété en voyant ceci. Il est donc entré en courant pour prévenir le directeur de l'école, qui est par la suite sorti vérifier. On a également confiné l'école. J'ai pensé à cette journée, car la semaine dernière, des parents ont contacté mon fils pour lui dire qu'une personne avait été arrêtée à l'entrée de l'école. Cela peut donc arriver à n'importe qui, comme je l'ai moi-même vécu : j'ai été choquée par la disparition des filles de Kitigan Zibi. On a tendance à penser que ce genre de chose a lieu toujours ailleurs, mais ce n'est pas le cas. Il s'agit donc de sensibiliser les gens, et la Journée de la robe rouge est l'occasion de le faire, mais je pense aussi, avec l'incident qui est survenu à l'école de mon petit-fils, qu'il faut commencer par les plus jeunes.
Une partie de la colonisation de ce pays a consisté à interdire nos cérémonies. J'ai assisté à une cérémonie pour le passage à l'âge adulte des jeunes femmes de la communauté. Et les aîné·es parlaient aux jeunes filles et ensuite ils avaient un festin dans la loge. Il y avait les jeunes garçons qui avaient environ 10, 12, 13 ans, et la personne aînée s'est aussi tourné·e vers les garçons en disant que les jeunes femmes arrivent maintenant à l'âge adulte, votre responsabilité en tant que jeunes hommes et garçons est de nous avertir à chaque fois que vous soupçonnez quelqu'un de leur faire du mal. Cela fait une partie de votre responsabilité d'en parler, surtout à la lumière de ce qui s'est passé la semaine dernière, et même si on n'est pas sûr, le fait d'en parler et d'avertir les gens est important, car c'est comme ça qu'on peut garantir la sécurité.
Je vais donc prononcer une petite prière pour tout le monde, car je pense que la Journée de la robe rouge sensibilise les gens à dire (parle en langue autochtone). Ce que je fais, c'est… j'ai dit ça c'est… ce n'est pas une bénédiction, c'est une connaissance de, de toutes les choses ici. Il s'agit d'une prière d'Action de grâce, pour nous rappeler à quel point nous sommes doué·es ici et pour remercier tout ce qui existe, y compris la terre et les quatre éléments, nos proches, et pour demander que nous vivions dans la paix et l'unité; nous honorons tout ce qui existe; une personnes aînées a dit un jour en abordant la question de la violence à l'encontre des donneuses de vie, c'est-à-dire les femmes et les filles, mais aussi à l'encontre de toute autre personne : si nous nous guérissons nous-mêmes, cela conduira aussi à la guérison de plus grande donneuse de vie, à savoir notre mère la Terre.
Je vous souhaite donc une bonne réunion et une bonne discussion, mais je pense aussi que la chose plus importante est de sensibiliser les jeunes pour les permettre de grandir et de devenir des protecteurs et protectrices pour tout le monde. (parle en langue autochtone). Miigwech veut dire merci et je dis merci à tout le monde. Merci à tous et à toutes. (parle en langue autochtone).
Sherri Helgason : Merci beaucoup, Aînée Verna.
[00:10:45 Lindey Courchene, Marjolaine Étienne, Cora McGuire-Cyrette et Jordy Ironstar apparaissent dans des panneaux de discussion vidéo séparés]
Nos intervenants d'aujourd'hui sont Lindey Courchene, directrice générale de Femmes et Égalité des genres Manitoba. Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones du Québec Inc., Cora McGuire-Cyrette, directrice générale de l'Ontario Native Women's Association, et Jordy Ironstar, animateur national et responsable financier de la 2 Spirits in Motion Society. Je voudrais maintenant donner la possibilité à nos intervenant·es de se présenter et de faire leur présentation. Commençons par Lindey Courchene. Lindey, à vous.
Lindey Courchene (Directrice générale, Femmes et Égalité des genres Manitoba) : Miigwech, Sherri. (parle en langue autochtone). Bonjour à tout le monde. Je m'appelle Lindey Courchene et je suis directrice générale de Femmes et Égalité des genres Manitoba. Je tiens à adresser un miigwech tout particulier à l'aînée Verna McGregor pour avoir prononcé une prière d'ouverture et transmis un message spécial si important sur le sujet qui nous réunit ici aujourd'hui. C'est un plaisir de prendre part à l'événement d'aujourd'hui en l'honneur de la Journée de la robe rouge et en l'honneur du travail commun pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2SLGBTQIA+ autochtones.
[00:12:09 Une diapositive s'affiche, portant le texte « Journée de la robe rouge 2025 » : Travailler ensemble pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQIA+ autochtones — Lindey Courchene, directrice générale de Femmes et Égalité des genres Manitoba.]
Je tiens tout d'abord à souligner que je me joins à vous aujourd'hui depuis le territoire visé par le Traité n° 1, les terres traditionnelles des Anishinaabe, des Anisininew, des (inaudible), des Dakota Oyate et des Denesųłiné. Je tiens également à souligner qu'une partie du Manitoba est située sur le territoire des Métis de la rivière Rouge et qu'une partie du nord du Manitoba comprend les territoires ancestraux des Inuits. Nous tenons également à exprimer notre gratitude à Shoal Lake, qui nous fournit de l'eau potable ici au Manitoba, à Winnipeg. Je tiens à remercier Femmes et égalité des sexes Canada et l'École de la fonction publique du Canada de m'avoir chaleureusement invitée à cet événement d'aujourd'hui, pour parler du travail primordial en cours au Manitoba pour renforcer l'autonomie des femmes et des filles autochtones, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents.
[00:13:08 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Aperçu de la présentation
- Contexte
- Cercle de matriarches
- Fonds de dotation pour l'autonomisation et la guérison des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées
- Stratégie provinciale Mino'Ayaawag Ikwewag
- Remerciements]
Avant de commencer, je vais vous donner un survol de ma présentation. Je parlerai de la création du premier cercle de matriarches du Manitoba, du Fonds de dotation pour l'autonomisation et la guérison des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées, de la stratégie provinciale du Manitoba, Mino'Ayaawag Ikwewag. Je terminerai en faisant part de quelques remerciements importants aux personnes qui sont responsables de la réalisation de cet important travail.
[00:13:39 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Contexte critique »
« Le Manitoba est souvent considéré comme le "point zéro" des FFADA2E+ »
« 45 % des personnes en situation d'itinérance au Manitoba sont autochtones, et une grande partie d'entre elles s'identifient comme des femmes »
« Il est important de noter que ces résultats négatifs ne reflètent en aucun cas la force, le courage, la ténacité, les réalisations et les succès individuels et collectifs des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches autochtones de diverses identités de genre ».]
Le Manitoba est souvent considéré comme le point zéro de la crise des FFADA2E+, les femmes autochtones représentant l'un des plus grands nombres de FFADA2E+ à travers le pays. De nombreux facteurs contribuent au problème des FFADA2E+ dans notre province. Les données de Statistique Canada indiquent que les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches d'orientation sexuelle et de genre différents subissent des taux disproportionnés de violence dans toutes les catégories, notamment les agressions sexuelles déclarées, la violence entre partenaires intimes et les homicides au sein du foyer. En outre, des recherches menées par le protecteur des enfants et des jeunes au Manitoba indiquent que l'exposition des enfants à la violence entre partenaires intimes est associée à une augmentation des problèmes de santé mentale, à une diminution du temps passé à l'école, à une baisse du taux d'obtention d'un diplôme et à une augmentation des démêlés avec la justice. 81 % des enfants exposés à la violence entre partenaires intimes sont autochtones, et il existe également une corrélation entre la pauvreté et la violence. Ici, au Manitoba, 45 % des personnes en situation d'itinérance sont autochtones, et une grande partie d'entre elles s'identifient comme des femmes.
Octobre 2023 a marqué une période historique pour notre province, synonyme d'espoir de changement, puisque le Manitoba est devenu la première province canadienne à élire un premier ministre issu des Premières Nations. Par la suite, le premier ministre Wab Kinew a nommé deux femmes autochtones au conseil des ministres. La ministre Nahanni Fontaine a été nommée ministre des Familles et ministre responsable des Femmes et de l'Égalité des genres. Comme vous pouvez l'imaginer, cette élection a été le point de départ des changements très intéressants et très attendus pour le Manitoba. La ministre Fontaine est connue dans le monde entier pour son leadership et son action de sensibilisation et de justice en faveur des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents. Elle s'attache à un engagement sacré et permanent d'assurer la sécurité et la protection de ces personnes. En janvier 2004, la ministre Fontaine a nommé Cora Morgan conseillère spéciale pour les questions relatives aux femmes autochtones et secrétaire de la commission du cabinet chargée des FFADA2E+ et de la lutte contre la violence fondée sur le sexe. Cora a consacré son parcours à la défense et à l'autonomisation des femmes, des enfants et des familles autochtones. Ensemble, la ministre Fontaine et Cora ont créé ensemble le cercle de matriarches.
[00:16:27 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Le cercle de matriarches »
« Le cercle de matriarches est composé de matriarches issues de milieux et de professions différents. Elles sont représentatives de la diversité du groupe très accompli des femmes, des jeunes et de parents afroautochtones, anishinaabe, anisininew, cris, dakota, dénés, inuits et métis, ainsi que de proches d'orientation sexuelle et de genre différents ».
« Ce sont des gardiennes du savoir, des auteures, des artistes, des actrices, des athlètes et des conteuses ayant une expérience dans les domaines de la justice, de la santé et des services sociaux. Elles apportent une expertise acquise au cours d'années de défense des droits et de travail de cœur ».
« Le cercle se réunit tous les trimestres aux solstices et aux équinoxes, mais il est consulté régulièrement. Les conseils et les idées du Cercle de matriarches ont joué un rôle essentiel dans l'élaboration de la stratégie provinciale de Mino'Ayaawag Ikwewag ».
« L'objectif du Cercle de matriarches est d'utiliser leurs connaissances, leur expérience et leur expertise collectives pour informer et guider les projets et les initiatives qui ont une incidence sur la vie des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et les proches autochtones de diverses identités de genre au Manitoba ».]
En mars 2024, le gouvernement du Manitoba a organisé la première réunion d'un nouveau Cercle de matriarches, chargé de la responsabilité sacrée de donner la priorité à la protection et au bien-être des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents. Le Cercle des matriarches apporte une grande expérience en matière d'autonomisation, de mentorat et de soutien aux femmes et aux jeunes filles autochtones, et contribue à briser les barrières et à tracer des voies saines pour les jeunes générations. Composé de matriarches issues de milieux et de professions différents, le cercle est une représentation diversifiée de l'excellence de jeunes afroautochtones, Anishinaabe, Anisininew, Cree, Dakota, Dene, Inuit et Métis, ainsi que des proches d'orientation sexuelle et de genre différents. Ce sont des gardiennes du savoir, des auteures, des artistes, des actrices, des athlètes et des conteuses ayant une expérience dans les domaines de la justice, de la santé et des services sociaux et qui apportent une expertise acquise au cours d'années de défense des droits et d'expérience vécue. Le cercle des matriarches se réunit tous les trimestres à l'équinoxe de printemps, au solstice d'été, à l'équinoxe d'automne et au solstice d'hiver. Toutefois, il est régulièrement consulté pour des commentaires et des conseils sur les questions relatives aux femmes, aux filles, aux personnes bispirituelles et aux proches d'orientation sexuelle et de genre différents, notamment la mise en œuvre du Fonds de dotation pour l'autonomisation et la guérison des FFADA2E+ et la stratégie provinciale Mino'Ayaawag Ikwewag.
[00:18:05 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Fonds de dotation pour l'autonomisation et la guérison des FFADA2E+ — Un investissement fondamental pour soutenir les familles et les communautés des FFADA2E+ ».
« Le fonds de dotation a été créé grâce à un investissement de 15 millions de dollars de la province du Manitoba. Il s'agit d'une approche unique en son genre qui soutiendra les familles des FFADA2E+ d'une manière qui n'a jamais été faite auparavant ».
« Géré par la Winnipeg Foundation, le fonds de dotation se poursuivra à perpétuité, garantissant que les familles et les communautés des FFADA2E+ puissent bénéficier d'un soutien à la guérison et à l'autonomisation ».
« Le Fonds de dotation des FFADA2E+ pour la guérison et l'autonomisation soutient l'avancement des appels à la justice en finançant des activités qui apportent une aide tangible, adaptée à la culture et tenant compte des traumatismes aux enfants, aux familles et aux communautés des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents qui sont disparu·es et assassiné·es]
Pour en dire un peu plus sur le Fonds de dotation pour la guérison et l'autonomisation, en mai 2024, le gouvernement du Manitoba a annoncé un investissement de 15 millions de dollars pour créer le Fonds de dotation pour l'autonomisation et la guérison des FFADA2E+. Géré par la Winnipeg Foundation, le fonds sera maintenu à perpétuité et permettra aux familles et aux communautés FFADA2E+ d'avoir accès à des ressources vitales pour favoriser la guérison et l'autonomisation. Le fonds de dotation a été créé dans le but de faire avancer les appels à la justice et de financer des activités qui apportent un soutien tangible, culturellement adapté et tenant compte des traumatismes aux enfants, aux familles, aux survivant·es et aux communautés des FFADA2E+. Chaque année, les revenus générés par le fonds de dotation seront fournis au gouvernement du Manitoba pour administrer les subventions aux familles des FFADA2E+. De plus, une partie des fonds générés, soit 60 %, sera distribuée à une ou plusieurs organisations désignées pour soutenir les enfants et les familles des FFADA2E+ ainsi que les survivant·es. Les fonds restants, soit 40 %, seront utilisés pour des initiatives communautaires organisées par des organisations autochtones qui soutiennent les familles et les communautés des FFADA2E+.
Il est très important de noter que les organisations désignées ont été repérées pour garantir une approche fondée sur la distinction avec les organisations qui représentent les populations des Premières Nations. Désolée, je vais juste répéter cette phrase. Les organisations désignées ont été repérées pour garantir une approche fondée sur la distinction avec des organisations qui représentent les Premières Nations, les Métis, les Inuits et les populations autochtones urbaines et qui ont la capacité de servir des emplacements géographiques spécifiques pour englober toutes les familles et survivant·es des FFADA2E+ au Manitoba. Les organisations désignées distribueront les fonds aux membres de la famille immédiate qui ont un lien établi avec un ou proche des FFADA2E+. Plus important encore, le processus de distribution des fonds de dotation est conçu pour être très peu contraignant et facilement accessible. Nous voulons nous assurer que les familles n'auront pas d'obstacles à surmonter lorsqu'elles essayent d'obtenir le soutien dont elles ont tant besoin. Le fonds de dotation leur permettra de bénéficier d'une aide pour couvrir les frais liés à la recherche d'un ou une proche, au retour de la personne proche à la maison, aux frais funéraires, aux commémorations et aux veillées, à la participation à des procédures judiciaires, pour ne citer que quelques exemples. Les enfants des familles des FFADA2E+ peuvent également accéder à des fonds destinés à couvrir les frais d'éducation et de formation.
[00:21:15 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Le rêve et les principes directeurs — Mino'Ayaawag Ikwewag est axé sur un rêve, un rêve où TOUTES les femmes, les filles, les personnes bispirituelles, ainsi que les proches d'orientation sexuelle et de genre différents du Manitoba, peuvent vivre leur vie de manière authentique et complète et ont des possibilités pour eux-mêmes et leurs familles, et, en fin de compte, à être libres de toute violence. Cette stratégie inaugurale s'engage à faire de ce rêve une réalité. C'est l'aboutissement des efforts inlassables des matriarches, des dirigeant·es, des communautés, des allié·es et des membres des familles autochtones touché·es par la crise des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des membres de la famille autochtones disparu·es et assassiné·es ».]
Mino'Ayaawag Ikwewag désigne une approche de l'ensemble du gouvernement qui se concentre sur l'autonomisation des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents. Dans son rôle de dirigeante et de défenseure, la ministre Fontaine nous rappelle souvent que nous sommes plus que ce que l'on fait à notre corps. Nous sommes toutes des matriarches, des donneuses de vie, des mères, des grands-mères, des tantes et des sœurs. Mino'Ayaawag Ikwewag, qui signifie toutes les femmes qui se portent bien en anishinaabemowin, nous a été offert par la grand-mère Katie Whitford, de la Première Nation de Sandy Bay, ici au Manitoba. La stratégie est centrée sur un rêve où toutes les femmes du Manitoba sont en sécurité et protégées vivre et capables de leur vie de manière authentique et sans violence. Mino'Ayaawag Ikwewag est ancré dans des enseignements et des principes sacrés qui incarnent le bien-être et créent un espace pour les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches d'orientation sexuelle et de genre différents afin que ces personnes aient accès à des soutiens significatifs et à des possibilités pour s'épanouir. Mino'Ayaawag Ikwewag représente l'engagement du Manitoba à faire de ce rêve une réalité. Il s'agit de l'aboutissement des efforts déployés par les matriarches, les dirigeant·es, les communautés, les allié·es et les membres des familles autochtones touché·es par la crise du FFADA2E+. L'élaboration et la mise en œuvre de cette stratégie sont harmonisées avec l'enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui a lancé un appel à la justice.
[00:22:58 Une diapositive s'affiche, montrant une série d'images de papillons et différentes parties du papillon éclairées dans chaque image. Le texte correspondant à chaque image est le suivant :
« Les papillons : Transformation, métamorphose, beauté et grâce »
« Graines, vignes, fleurs, baies de cœur : Représentation du cycle de vie et des générations. La baie de cœur enseigne le pardon et la paix. La baie de cœur nous rappelle également la réconciliation et la manière d'entretenir des relations sincères au sein de nos familles et de nos communautés"
« Les bleuets : Reconnus pour leur symbolisme spirituel et leur importance culturelle, ils sont souvent associés au bien-être"
« Sauge : L'un des quatre médicaments sacrés. La sauge libère l'esprit en cas de troubles et élimine l'énergie négative ».
« Cèdre : L'un des quatre médicaments sacrés. L'arbre de vie ».
« Crocus : L'une des premières plantes à émerger, après avoir survécu aux conditions hivernales les plus rudes. Un signe d'espoir annonçant des jours plus chauds et plus lumineux »
« Cheveux longs : Cela représente une forte identité culturelle. Favorise l'estime de soi, le respect de soi et un bon sentiment d'appartenance ».
« Eau : Une ressource sacrée pour les communautés. Depuis des générations, les populations autochtones dépendent de l'eau pour leurs moyens de subsistance, leurs pratiques spirituelles et leurs connaissances traditionnelles ».
« Rose sauvage » : Un symbole de vie, qui représente la survie et la vitalité, souvent apprécié pour ses propriétés curatives en tant que médicament traditionnel »
« Cône clochette : La danse à robe à clochettes a d'abord été considérée comme une danse de guérison. Les cônes de différentes couleurs symbolisent les personnes 2SLGBTQIA+ »]
En parlant de la stratégie Mino'Ayaawag Ikwewag, il est vraiment important de parler de notre identifiant de stratégie. Cette très belle image et ce dessin ont été créés par une jeune femme autochtone, Cassy Regier. L'identifiant de la stratégie a été créé sous la forme d'un papillon et incorpore le symbolisme autochtone dans tout le dessin et la signification. Dans notre culture, le papillon représente la transformation, la métamorphose, la beauté, l'équilibre et la grâce. Chaque section du motif du papillon a une signification sacrée et importante. Les ailes, la sauge, le cèdre, les crocus, les graines, les vignes, les fleurs, les baies de cœur et les myrtilles qui figurent sur cette image ont également une grande signification culturelle. La sauge et le cèdre sont des médicaments sacrés. Le crocus qui survit aux hivers rigoureux annonce des jours meilleurs. Les myrtilles représentent le bien-être, et les graines, les vignes, les fleurs et les baies de cœur représentent les cycles de vie, la réconciliation et le maintien de relations sincères avec la famille et la communauté. On peut également voir au bas des ailes des cheveux qui se transforment en eau. Les cheveux représentent l'identité culturelle et le sentiment d'appartenance, tandis que l'eau qui coule est considérée comme sacrée et vitale pour les moyens de subsistance, les pratiques spirituelles et les modes de vie traditionnels des autochtones. Le centre qui maintient les ailes ensemble est une magnifique rose sauvage. Enfin, la robe avec les cônes de Noël et la jupe en ruban représente la survie, la vitalité et la guérison, les différentes cloches du cône de Noël symbolisant les personnes proches bispirituelles et de diverses identités de genre. Cet identifiant stratégique a pour but de tirer la force et l'unité de nos racines autochtones, symbolisant l'importance de s'unir pour créer un changement pour les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches d'orientation sexuelle et de genre différents, afin d'assurer la sécurité et la guérison tout en démantelant la peur et la violence.
[00:25:27 Une diapositive s'affiche, portant le texte « Stratégie Mino'Ayaawag Ikwewag : Toutes les femmes se portent bien », le 22 novembre 2024 » au-dessus d'une image colorée qui décrit la stratégie provinciale »]
Cette image, cette magnifique œuvre d'art, a été créée par Jennifer Chartrand, membre de la Première Nation de Sandy Bay, qui est également l'assistante spéciale de la ministre Fontaine. L'image raconte une belle histoire, celle d'un exercice de cheminement organisé avec le cercle de matriarches, au cours duquel celles-ci se sont réunies pour définir des objectifs et des indicateurs à court et à long terme afin de contribuer à l'élaboration d'une stratégie visant à autonomiser les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches d'orientation sexuelle et de genre différents.
[00:26:05 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Le chemin : Mino'Ayaawag Ikwewag
« La stratégie Mino'Ayaawga Ikwewag a été conçue en pensant aux femmes manitobaines de toutes les identités de genre, de toutes les ethnies et de tous les milieux. Elle reconnaît la guérison, l'autonomisation et la sécurité pour toutes les femmes, les filles et les citoyens et citoyennes issues de la diversité des genres ».
« En mars 2024, la ministre Fontaine a annoncé la création du premier cercle de matriarches du Manitoba, qui a joué un rôle essentiel dans l'élaboration de Mino'Ayaawag Ikwewag. La vision est fondée sur les enseignements traditionnels : physique (corps), mental (tête), émotionnel (cœur) et spirituel (esprit) »
« Le gouvernement du Manitoba s'est engagé dans ce processus et invite tous les allié·es, partenaires et citoyens et citoyennes à se sentir habilité·es à soutenir les proches de diverses identités de genre dans la réalisation de leurs rêves grâce à cette stratégie ».]
La stratégie Mino'Ayaawag Ikwewag a été conçue pour les femmes de toutes les identités de genre, de toutes les ethnies et de toutes les origines. Elle reconnaît que la guérison, l'autonomisation et la sécurité sont importantes pour toutes les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches de diverses identités de genre.
[00:26:28 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Les piliers »
« Cette stratégie repose sur dix piliers qui appellent à une action immédiate et à une attention urgente pour améliorer et protéger les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents ».
« Pilier 1 : Accès à la culture »
« Pilier 2 : Développement économique »
« Pilier 3 : Éducation »
« Pilier 4 : Sécurité alimentaire »
« Pilier 5 : Services de santé »
« Pilier 6 : Communautés en bonne santé »
« Pilier 7 : Logement »
« Pilier 8 : Justice et sécurité »
« Pilier 9 : Transport »
« Pilier 10 : Leadership matriarcal ».]
La stratégie repose sur dix piliers. Les piliers décrits sont depuis longtemps indiqués par les défenseurs et les défenseures, les membres des familles et les survivant·es de la violence dans divers débats, engagements et forums comme des domaines critiques nécessitant une attention urgente pour améliorer et protéger les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches d'orientation sexuelle et de genre différents. Mino'Ayaawag Ikwewag appelle à une action immédiate et couvrira une période de quatre ans, de 2024 à 2028, en se concentrant sur des actions à court terme et des solutions à long terme.
[00:27:10 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Pilier 1 : Accès à la culture
- Pour que les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents puissent s'épanouir, un accès significatif à la culture est essentiel pour renforcer la résilience, la santé, le bien-être et l'autonomisation. La culture est intégrale à la réalisation de leurs rêves et de leurs objectifs »
« Pilier 2 : Développement économique
- Lorsque les populations autochtones bénéficient d'un soutien culturel et sécuritaire sur leur lieu de travail — qu'il s'agisse de petites entreprises, de métiers, d'universités, de soins de santé, de services essentiels, d'entrepreneuriat ou de postes de direction dans les secteurs public et privé — elles prospèrent et apportent des contributions significatives à ces secteurs ».]
Je suis heureuse de passer en revue, à un niveau très élevé, certains des piliers qui sont couverts par notre stratégie. En fait, j'aimerais vous présenter les dix piliers identifiés et inclus dans la stratégie provinciale Mino'Ayaawag Ikwewag. Le premier pilier concerne l'accès à la culture. Pour que les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones de diverses identités de genre puissent s'épanouir, un accès significatif à la culture est essentiel pour renforcer la résilience, la santé, le bien-être et l'autonomisation. La culture est un élément primordial à la réalisation de leurs rêves et de leurs objectifs. Pilier 2 : Développement économique. Le gouvernement du Manitoba s'est engagé à accroître les possibilités de liberté économique pour les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones de diverses identités de genre grâce à des programmes et à des politiques adaptés.
[00:28:08 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Pilier 3 : Éducation
- Les femmes et les filles autochtones, les personnes bispirituelles et les proches de diverses identités de genre ont le droit d'accéder à une éducation de qualité, quel que soit l'endroit où ils vivent au Manitoba »
« Pilier 4 : Sécurité alimentaire
- L'accès aux médicaments culturels, aux aliments traditionnels, aux pratiques autochtones de récolte et de chasse et à la participation à l'agriculture doit être protégé et encouragé afin d'assurer leur développement sain ».]
Le pilier 3 est axé sur l'éducation. Les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents ont le droit d'accéder à une éducation de qualité, quel que soit l'endroit où ils vivent au Manitoba. Le gouvernement du Manitoba augmentera les possibilités d'éducation pour que les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents réussissent leur parcours scolaire. La sécurité alimentaire est un pilier très important. Elle est vitale pour le bien-être des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents, ainsi que pour l'ensemble de nos communautés. L'accès aux médecines culturelles, aux aliments traditionnels, aux pratiques autochtones de récolte et de chasse et à la participation à l'agriculture doit être protégé et encouragé afin de garantir un développement sain.
[00:28:58 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Pilier 5 : Services de santé
- Mino'Ayaawag Ikewag s'engage à améliorer l'accessibilité, la réactivité et la pertinence culturelle des services de santé pour les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents dans tout le Manitoba »
« Pilier 6 : Communautés saines
- Les enseignements culturels, la réunification des familles, l'accès des jeunes aux sports, le renforcement des capacités des organisations autochtones à but non lucratif et la garantie de la sécurité des personnes victimes de violences sont autant d'éléments qui contribuent à favoriser l'émergence de communautés saines]
Pilier 5 : Services de santé. Mino'Ayaawag Ikwewag s'engage à améliorer l'accessibilité, la réactivité et la pertinence culturelle des services de santé pour les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents à travers le Manitoba. Pour améliorer les résultats en matière de santé, les services de soins de santé doivent prioriser à la sécurité et la compétence culturelle, qu'il s'agisse de répondre à des besoins de santé courants ou à des défis inattendus de la vie. Pilier 6 : Communautés en bonne santé. Les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents ont droit à des communautés sûres et saines. Les enseignements culturels, la réunification des familles, l'accès des jeunes aux sports, le renforcement des capacités des organisations autochtones à but non lucratif et la garantie de la sécurité des personnes victimes de violences sont autant d'éléments qui contribuent à la création de communautés saines. Cela implique un changement systémique au sein des services à l'enfance et à la famille, en reconnaissant la force des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents.
[00:30:04 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Pilier 7 : Logement
- Cela comprend l'accession à la propriété, les locations abordables, les maisons de taille familiale, les abris sûrs et les logements de transition »
« Pilier 8 : Justice et sécurité
- Cette stratégie soutient la réforme de la justice en augmentant le soutien aux victimes, en améliorant l'accès aux politiques et aux programmes et en renforçant la formation sur l'impact des pensionnats, de la misogynie, du racisme et des systèmes patriarcaux »]
Pilier 7 : 7. Les femmes et les filles autochtones, les personnes bispirituelles et de sexe différent, ainsi que notre communauté dans son ensemble, méritent des logements stables, sûrs et accessibles dans tout le Manitoba. Cela comprend l'accession à la propriété, les locations abordables, les maisons familiales, les refuges sûrs et les logements de transition. L'indépendance économique est un facteur de protection culturelle qui favorise le bien-être et la prospérité future. Justice et sécurité. Les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents ont une représentation disproportionnée dans le système de justice pénale. Cette stratégie soutient la réforme de la justice en augmentant le soutien aux victimes, en améliorant l'accès aux politiques et aux programmes et en renforçant la formation sur les conséquences des pensionnats, de la misogynie, du racisme et des systèmes patriarcaux.
[00:31:03 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Pilier 9 : Transport
- Les systèmes de transport du Manitoba doivent être sûrs et accessibles, notamment les abribus, le covoiturage et les taxis. Les moyens de transport dans les zones rurales, nordiques et reculées doivent faire l'objet d'une attention particulière afin de garantir la sécurité et la protection des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents »
« Pilier 10 : Le leadership des matriarches
- Le leadership des matriarches autochtones a toujours été essentiel à la santé et au bien-être des familles et des communautés autochtones]
Pilier 9 : Transport. Les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches d'orientation sexuelle et de genre différents dépendent des transports publics et privés pour leurs besoins quotidiens. Les systèmes de transport du Manitoba doivent être sûrs et accessibles, y compris les abribus, le covoiturage et les taxis. Les options de transport dans les régions rurales, nordiques et éloignées doivent faire l'objet d'une attention particulière afin de garantir la sécurité et la protection des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des proches d'orientation sexuelle et de genre différents. Enfin, le pilier numéro 10 met l'accent sur le leadership matriarcal. Le leadership des femmes et des matriarches autochtones, a toujours été essentiel à la santé et au bien-être des familles et des communautés autochtones. Cette stratégie met l'accent sur la nécessité de renforcer et de restaurer le rôle des matriarches, en améliorant les possibilités de visibilité et de reconnaissance de leurs communautés.
[00:32:05 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Remerciements
- Au cercle de matriarches, aux familles et aux ami·es des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, aux personnes bispirituelles et aux proches d'orientation sexuelle et de genre différents, aux défenseur·es, aux aides, aux personnes guérissantes et aux dirigeant·es qui ont contribué en partie à l'élaboration de ce cadre stratégique.
- L'honorable ministre Nahanni Fontaine, connue pour son leadership et son action en faveur de la sensibilisation et de la justice pour les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents »
- Cora Morgan, conseillère spéciale pour les questions relatives aux femmes autochtones, Jen Chartrand, assistante spéciale, et Cassy Regier
- Kichi-miigwech à Katie Whitford, aînée anishinaabe respectée et gardienne de la langue de la Première Nation Sandy Bay Ojibway, pour nous avoir donné le nom Mino'Ayaawag Ikwewag, qui signifie « Toutes les femmes se portent bien » en anishinaabemowin, et un merci tout particulier à notre équipe de Femmes et Égalité des genres Canada MB, qui nous aide à accomplir un travail important en vue d'autonomiser et d'encourager les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les peuples autochtones de diverses identités de genre.]
Et pour conclure, je voudrais juste vous faire part de quelques remerciements très rapides. Je tenais à souligner que Mino'Ayaawag Ikwewag envisage un avenir où toutes les femmes et filles autochtones, les proches bispirituelles et de diverses identités de genre du Manitoba sont en sécurité, autonomes et capables de vivre une vie épanouie, ayant des possibilités pour elles-mêmes et pour leurs familles. Il reconnaît également le travail sincère des Manitobains autochtones et non autochtones pour favoriser la prise de conscience et le changement transformationnel. Mino'Ayaawag Ikwewag veille à ce que les voix des communautés soient entendues et prises en compte dans la politique gouvernementale, les actions évoluant en fonction des besoins et des priorités des communautés. Mino'Ayaawag Ikwewag incarne la conviction que lorsque les femmes, les filles, les personnes bispirituelles et les proches autochtones d'orientation sexuelle et de genre différents prospèrent, tous les Manitobains en profitent.
Enfin, j'aimerais prendre un moment pour remercier le Cercle de matriarches pour leur soutien dans l'élaboration de ce cadre stratégique, la ministre Fontaine pour son leadership et son action en faveur d'un changement transformateur, Cora Morgan pour s'être faite la championne de cet important travail de mobilisation, Jennifer Chartrand pour son aide incroyable dans l'avancement d'une transformation significative, Cassy Regier pour avoir mis ses dons et ses talents au service de la réalisation d'un projet, la grand-mère Katie Whitford pour avoir organisé la cérémonie et nous avoir donné le nom de Mino'Ayaawag Ikwewag. Un remerciement spécial à notre équipe de WAGE Manitoba pour nous avoir aidés à accomplir un travail important en vue d'autonomiser les femmes et les filles autochtones, les personnes bispirituelles et les proches de diverses identités de genre. Je tiens à vous remercier toutes et tous d'avoir pris le temps de participer à cette petite séance d'apprentissage et d'entendre parler du Manitoba et de certains des travaux importants qui sont en cours pour renforcer l'autonomie des femmes et des filles autochtones, ainsi que des proches de diverses identités de genre. Je vous remercie toutes et tous. Miigwech.
Sherri Helgason : Miigwech. Merci, Lindey.
J'aimerais maintenant inviter Marjolaine Étienne à se présenter et à donner sa présentation. Marjolaine.
Marjolaine Étienne (Présidente, Femmes Autochtones de Québec Inc.) : Oui, bonjour. Kwe. Je m'appelle Marjolaine Étienne. Je suis de la communauté innue de Mashteuiatsh. Donc, je viens de la province de Québec. En fait, avant de procéder à ma présentation, j'aimerais d'abord offrir mes pensées et mes prières aux familles éprouvées par la perte d'une personne chère. Je pense qu'effectivement que ces personnes ou ces familles et nos collectivités ont besoin effectivement beaucoup d'amour et beaucoup de lumière pour connaître une fois pour toutes la vérité. Donc, mes pensées, mes prières vont à celles et à ceux et familles qui ont perdu une personne, un être cher. Donc tout d'abord, merci beaucoup de m'inviter à cette, à cette journée de la robe rouge.
[00:35:34 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Presentation de Femmes Autochtones du Québec / Quebec Native Women » « Journee de la robe rouge 2025: Travailler ensemble pour mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQIA+ autochtones »
« Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones Québec (QNW) ».]
En fait, ma présentation comme présidente de Femmes autochtones du Québec va s'adresser bien sûr à toutes les personnes qui, qui sont à l'écoute. Dont, les auditeurs et les auditrices. Et la Journée de la robe rouge 2025, c'est vraiment de travailler ensemble pour mettre fin à la violence entre les femmes et les filles et les personnes de LGBTQIA+ autochtones. Donc, comme je le disais, Marjolaine Étienne, présidente de Femmes autochtones du Québec depuis… élue une première fois en décembre 2021 et réélue en décembre 2024. Donc, la prochaine slide, s'il vous plaît.
[00:36:21 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« A propos de FAQ »
« Fondée en janvier 1974, Femmes Autochtones du Québec (FAQ) représente les femmes des Premières Nations du Québec ainsi que les femmes autochtones qui vivent en milieu urbain. »
« FAQ est la référence incontournable quant aux enjeux qui concernant les femmes autochtones au Québec ».]
En fait, j'aimerais vous parler un peu à propos de femmes autochtones du Québec. Femmes autochtones du Québec a été fondée en 1974. Donc, c'est en 2024 où est-ce que nous avons célébré, là, notre 50ᵉ d'existence comme organisation. Donc, Femmes autochtones du Québec représente les femmes des Premières Nations du Québec ainsi que les femmes autochtones qui vivent en milieu urbain. Donc, ça a été… la photo dont vous voyez représente madame Mary Two Axe Early. Elle a été aussi le membre fondatrice de cette organisation, avec d'autres femmes bien sûr. Donc, Mary Two Axe Early est une grande défenderesse, une femme mohawk, une défenderesse de l'égalité et de l'injustice sociale concernant les enjeux des femmes autochtones. Donc, on peut, on peut croire effectivement, que Femmes autochtones du Québec est la référence incontournable quant aux enjeux qui concernent les femmes autochtones au Québec. Donc, notre existence de 50 ans qu'on a célébré en 2024 démontre bien effectivement que l'expertise et la connaissance des enjeux et des réalités qui est propres au niveau des femmes autochtones à travers le Québec souligne vraiment notre, notre Fondation, notre organisation comme Femmes autochtones du Québec. La prochaine, s'il vous plaît.
[00:37:56 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
"A propos de FAQ / About QNW"
« Notre mission – FAQ représente et défend les intérêts de toutes les femmes des Premières Nation à travers le Québec dans l'amélioration de leurs conditions de vie par la lutte pour l'égalité, la justice, la non-violence, la sante et la sécurité économique et sociale. »]
Donc, la mission de femmes autochtones du Québec, bien sûr, représente… a pour but de représenter et défendre les intérêts de toutes les femmes des Premières Nations à travers le Québec, toujours dans la perspective d'améliorer nos conditions de vie, soit par la lutte pour l'égalité, la justice, la non-violence, la santé et la sécurité économique et sociale. Suivant.
[00:38:26 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Journée de la robe rouge »
« La robe rouge comme symbole puissant de l'absence, de la mémoire et de la résilience. »
« Origine, Signification, Vision »]
Donc, aujourd'hui, la journée de la robe rouge. On sait que c'est un moment effectivement de se rappeler non seulement en une seule journée, mais je pense que, au quotidien et à tous les jours, qu'effectivement que, il y a encore aujourd'hui des femmes et des filles, des personnes de LGBTQIA+ autochtones qui vivent des drames. Donc, c'est un moment aujourd'hui de pouvoir s'en rappeler. Donc, la robe rouge pour nous, elle a quand même un symbole très puissant qui représente l'absence, la mémoire et surtout de la résilience. Je pense qu'il est important effectivement que cette journée, on se remémore effectivement ce que les femmes et les filles autochtones et ainsi que des personnes de LGBTQIA+ subissent au quotidien. Je vous dirais que chez Femmes autochtones du Québec, on est, comme je le disais tantôt, dans la mission de travailler très fort à faire en sorte de… que nos familles et nos collectivités puissent un jour savoir la vérité. Je pense que c'est important effectivement de pouvoir faire en sorte qu'une fois pour toute, ces familles puissent avoir la vérité. Mais nous continuons effectivement de sensibiliser et informer sur la situation parce que c'est un enjeu très important que nous chérissons là. C'est également pour travailler et rappeler que de l'importance de se rappeler que les femmes et les filles et les deux LGBTQ+ subissent au quotidien, de la pression, de l'injustice aussi également. Donc, on souhaite que dans un avenir, les familles et les communautés puissent savoir effectivement, puissent jouir effectivement aussi également sur des communautés plus en santé, plus sécuritaires aussi également. Donc en ce sens, nous, nous participons activement à sensibiliser, informer de cet enjeu. Prochaine diapositif.
[00:40:52 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Défis actuels »
« a) Racisme systémique dans les institutions : Joyce Echaquan, stérilisations imposée et refus du gouvernement du Québec. »
« b) Lenteur dans la mise en œuvre dans 231 appels à la justice de l'ENFFADA. »
« c) Collecte de données »
« 63% des femmes autochtones ont été victimes de violence physique ou sexuelle au cours de leur vie, comparativement à 45% des femmes non autochtones »]
Les défis actuels que nous sommes exposés, donc, on sait qu'il y a 63, 63 % des femmes autochtones sont victimes de violence physique ou sexuelle au cours de leur vie, comparativement, bien sûr, au 45 % des femmes non autochtones. Donc, au quotidien, je vous dirais que ces personnes subissent du racisme systémique, que ce soit dans les institutions, que ce soit policières, que ce soit dans les fréquentations usagées ou usagères, utilisatrices de services en santé, services sociaux à l'extérieur de nos communautés, bien sûr, vous savez que dans nos communautés, parfois, on n'a pas de service qu'on a besoin. Donc, on se doit effectivement quitter nos communautés pour aller chercher un service selon nos besoins. Donc, le racisme systémique est encore présente, même aussi dans les institutions policières. Donc, il y a quand même là, je vous dirais un fossé qui est inacceptable, qui persiste encore dans la réalité des femmes autochtones et celle des femmes non autochtones aussi, bien sûr, en matière d'accès à la protection. Donc, je vous rappellerais aussi que le 27, au cours du mois de septembre, Femmes autochtones du Québec va participer à la commémoration de madame Joyce Echaquan. Joyce Echaquan étant une femme atikamekw, une mère de famille qui, au cours de l'année 2019 nous a quitté d'une… nous a quitté pour aller rejoindre ses ancêtres. C'est une jeune femme qui allait chercher des services en santé pour se faire soigner et qui au bout de tout ça, elle en est décédée. Donc pour nous, ça a été une grande tragédie. On voit bien, effectivement, que les soins de santé, qui sont encore des… de la raciste et du systémique aussi également. On voit bien que les politiques colonialistes sont encore présents dans nos institutions de santé. Madame Joyce Echaquan voulait se faire soigner. Elle voulait effectivement recevoir les soins nécessaires sans aucune discrimination. Elle souhaitait bien sûr retourner dans sa famille, auprès des siens, rejoindre ses enfants. Mais c'est ce qui n'a pas été le cas au cours de cette, de cette tragédie. Je constate aussi également la lenteur dans la mise en œuvre des 231 appels qui restent encore. Bien sûr, il y a aussi l'aspect au niveau de la collecte de données qui est importante aussi également parce qu'il faut adapter en fonction de ces données, adapter le financement et les efforts à nos besoins. La prochaine.
[00:43:57 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Progrès réalisés »
« a) Création de programme de soutien communautaire dirigés par et pour les femmes autochtones.
- Espace Femmes Premières Nations Québec pour celles en situation de violence conjugale, familiale ou sexuelle : accueil, écoute et référencement
- Programme de soutien aux survivantes de violence de l'AFAC (2023) »
« b) Initiatives locales
- Project de cartographie des FFADA au Québec en cours
- Charte d'égalité entre les femmes et les hommes de Premières Nations »
« c) Avancées politiques
Il y a quand même des progrès réalisés. Nous avons pu faire en sorte, de faire en sorte de créer un programme de soutien communautaire qui serait dirigé par et pour des femmes autochtones. Nous avons créé une OBNL qui a pour but effectivement d'accompagner et de soutenir les femmes qui sont victimes de violence conjugale, familiale ou sexuelle. C'est un service d'accueil, d'écoute et de référence. C'est un programme de soutien aux survivantes de violence aussi également. Il y a aussi des initiatives locales qui concernent un projet de cartographie des femmes disparues et assassinées au Québec qui est présentement en cours. On souhaite aussi effectivement savoir les tendances dans chaque, pratiquement dans chaque nation. Donc, de voir une photo vue de haut de l'ensemble du Québec va nous permettre effectivement d'identifier les enjeux des femmes autochtones dans leur milieu. Tout récemment, nous avons, nous avons créé une charte d'égalité entre les femmes et les hommes des Premières Nations. C'est une première au Québec. C'est possiblement aussi une première au niveau du Canada, mais aussi une première à l'échelle internationale. Donc, pour nous, la charte d'égalité va permettre effectivement aux femmes d'être encore mieux protégées et de faire en sorte d'affirmer les droits, les droits qu'elles ont aussi également. La prochaine.
[00:45:19 Une diapositive s'affiche, portant le texte :
« Collaboration »
« Communautés autochtones <- -> Gouvernements <- -> Société canadienne ».]
La collaboration. On mise beaucoup sur la collaboration. Je pense que c'est important effectivement d'assurer une collaboration, que ce soit entre nations, entre communautés, qu'elles soient allochtones ou non autochtones. Je vous dirais que, au sein du gouvernement du Québec, il n'a pas l'intention de reconnaître le racisme systémique. Pour nous, on croit effectivement que c'est un enjeu qu'on doit travailler, trouver des pistes de solutions. Mais à ce jour, le gouvernement du Québec ne reconnaît pas le racisme systémique. Donc, la… notre visée est de vraiment travailler entre communautés autochtones et la société canadienne aussi également pour sensibiliser et informer davantage aussi, sinon collectivement, sur ce qui est en termes, ce que les femmes et les femmes des filles vivent au quotidien, donc sur nos enjeux, que ce soit la stérilisation forcée, que ce soit le racisme, la discrimination systémique, encore de la violence que nos femmes subissent effectivement dans nos communautés et en dehors de… en dehors de nos communautés, dans les grandes villes. Je pense que l'important, effectivement, c'est d'avoir des actions communes aussi pour pouvoir faire en sorte de faire front commun et de faire en sorte de minimiser, sinon de diminuer la tendance à l'heure actuelle, pour que nos jeunes ne vivent pas cette, ces enjeux qui est au niveau de la violence aussi également. Donc, en gros, je vous dirais que, il y a quand même des avancées politiques. Je vous dirais concernant la loi 79 qui était mis en place depuis… depuis quelques années, je participe en tant que présidente de Femmes autochtones du Québec. C'est quoi la loi 79 ? Bien c'est une loi qui autorise effectivement la communication de renseignements personnels aux familles qui ont perdu un enfant autochtone. Et je pense aussi également que ce qui serait important, c'est que le Fonds de soutien communautaire pour les enfants disparus des pensionnats est encore insuffisant. Et de travailler amplement sur la stérilisation forcée, le racisme et la discrimination systémique pour reconnaître une fois pour toutes ces enjeux qui est vraiment nécessaire. Donc pour moi… La prochaine slide, s'il vous plaît.
[00:47:41 Une diapositive s'affiche, portant le texte : "Wliwni" "Chi naskumitin" "Wela'iloq" "Merci" "Niá:wen" "Mikwetc" "Tsheniskemeten" "Woliwon" "Tshinashkumitin" "Thank you" "Megwetch".]
Voilà. Ceci termine ma présentation. Je vous dirais qu'en conclusion nous devons effectivement être solidaires et travailler dans un esprit d'unité pour faire front commun sur les enjeux. Pour qu'une fois pour toutes les femmes et les filles autochtones et les personnes de LGBTQIA+ autochtones puisse s'épanouir et vivre sereinement et pleinement dans leur communauté. Je vous remercie beaucoup.
Sherri Helgason : Merci beaucoup Marjolaine.
Je voudrais maintenant inviter Cora McGuire-Cyrette à se présenter et à faire sa présentation.
Cora McGuire-Cyrette (directrice générale de l'Ontario Native Women's Association) : Merci. Bonjour. (S'exprimant en langue autochtone). Bonjour, je suis Cora McGuire-Cyrette. Je suis directrice générale de l'Ontario Native Women's Association, la plus ancienne et la plus grande organisation autochtone au Canada. Je tiens tout d'abord à rendre hommage aux femmes autochtones courageuses qui ont brisé le silence et dit la vérité sur les violences qu'elles ont subies et qu'elles continuent de subir. La défense des intérêts des populations autochtones est claire. Nous exigeons des changements pour toutes les femmes autochtones et pour les générations futures. Je suis très fière de faire partie de l'ONWA. Nous encourageons les femmes autochtones et créons des espaces et des lieux où elles peuvent éprouver un sentiment de connexion et d'appartenance, ce qui est au cœur de notre action. Le sentiment d'appartenance à une communauté, le lien avec notre culture, avec la terre et la compréhension de nos rôles et de nos responsabilités en tant que femmes autochtones sont des éléments fondamentaux de notre sécurité. Les femmes autochtones nous ont parlé d'avoir besoin de justement ces éléments pour se sentir en sécurité.
Je pense que l'ONWA est une organisation unique, car notre modèle de fonctionnement reflète notre approche holistique de la sécurité des femmes autochtones, de la revendication et de la restauration de nos droits et de nos rôles en tant que matriarches. Pour ce faire, nous proposons des programmes et des services fondés sur la culture, par le biais de la recherche, de l'élaboration de politiques, de la défense des intérêts, du développement communautaire et du renforcement des capacités. Aujourd'hui, 88 % des femmes autochtones de l'Ontario vivent hors des réserves dans des zones urbaines, des centres urbains et des zones rurales de la province. Toute femme autochtone, quelle que soit son ressort territorial ou sa communauté, a le droit à la sécurité. Aucune femme autochtone ne devrait avoir à compromettre sa sécurité pour satisfaire ses besoins fondamentaux. Malgré les efforts de base inlassables des femmes autochtones et de leurs organisations, les femmes autochtones ne sont toujours pas en sécurité et leurs droits inhérents continuent d'être bafoués. La violence à laquelle nous sommes confrontés est systémique, comme mes collègues l'ont mentionné aujourd'hui. La colonisation et les politiques d'assimilation du Canada ont rompu l'équilibre de nos relations avec nos communautés et les rôles et responsabilités des femmes autochtones en matière de leadership. En même temps, les systèmes coloniaux avec lesquels nous interagissons sont imprégnés de racisme et de sexisme qui perpétuent la discrimination, les inégalités et la violence à notre égard. Nous pouvons commencer à (inaudible) la colonisation en commençant à écouter la sagesse et les connaissances des expertes en la matière que sont les femmes autochtones, et c'est ce que nous avons fait et continuerons à faire ici à l'ONWA.
J'aimerais en dire un peu plus sur le travail que nous faisons ici à l'ONWA pour rétablir la sécurité des femmes autochtones. Notre rapport sur la réconciliation avec les femmes autochtones : Notre rapport intitulé « Changing the story of MMIWG » est le document qui nous guide dans notre travail pour faire face à cette crise. Il repose sur l'engagement et le leadership de plus de 5 700 femmes autochtones au cours d'une décennie. Notre rapport est l'un des nombreux qui ont été publiés, et j'encourage chacun d'entre vous à le lire dans notre site Web et à choisir une action, une recommandation, et à commencer à y travailler. Nos services se sont développés rapidement au cours de la dernière décennie afin de répondre aux lacunes que nous constatons dans les systèmes traditionnels. Nous savons que les systèmes traditionnels ne répondent pas aux attentes des femmes autochtones. Ces institutions ne sont pas des lieux de sécurité pour nous ou nos familles. Actuellement, nous proposons 76 programmes et services sur 26 sites en Ontario, dirigés par et pour des femmes autochtones. Nos services sont ancrés dans la culture et soutiennent les femmes autochtones de manière holistique dans tous les aspects de leur santé, de leur guérison et de leur bien-être, et abordent les problèmes qui contribuent à la violence, tels que la traite des personnes, la santé mentale et la toxicomanie, l'itinérance, la justice et la participation à la protection de l'enfance. Notre programme « Courage for Change » est désormais le plus grand programme visant à lutter contre la traite des personnes dirigé par des Autochtones au Canada, et notre programme de logement (inaudible) est le plus grand programme d'aide au logement dirigé par des femmes autochtones au pays. L'année dernière, il a permis à 281 femmes autochtones et à leurs familles de trouver un logement sûr et stable, et notre programme « Breaking Free from Family Violence » a permis d'éviter 111 arrestations par les services de protection de l'enfance et de réunir 63 enfants et leurs familles, rien que l'année dernière.
Une grande partie du travail consiste également à renforcer les capacités des femmes autochtones dans les communautés et à renforcer les capacités communautaires et notre leadership par le biais de ressources, de l'éducation et de la formation. Notre programme de liaison pour la lutte contre la traite des personnes à l'intention des Autochtones en est un exemple. Les agent·es de liaison sont situé·es dans des organisations autochtones à travers l'Ontario pour aider à renforcer la capacité de nos communautés et de nos partenaires à lutter contre la traite des êtres humains et à soutenir les survivant·es autochtones. Enfin, nous avons plaidé à tous les niveaux et collaboré avec tous les ordres de gouvernement pour transformer les systèmes qui perpétuent la violence à l'égard des femmes autochtones et pour aider les femmes autochtones à assumer leur rôle de leader au sein de leur famille, de leur communauté et de leur nation. Au niveau municipal, l'ONWA a signé des protocoles d'accord avec deux associations municipales de l'Ontario qui engagent nos organisations à travailler en partenariat pour améliorer la sécurité des femmes autochtones. Nous avons participé de manière proactive à des conférences municipales et à des comités consultatifs afin de sensibiliser les municipalités aux responsabilités qui leur incombent en vertu de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et des appels à la justice dans le cadre de l'Enquête nationale sur les FFADA, et nous dirigeons l'élaboration conjointe d'un plan de sécurité pour la communauté autochtone urbaine de Thunder Bay, qui mettra l'accent sur la sécurité des femmes autochtones, en partenariat avec la ville de Thunder Bay, la police, la Première nation de Fort William et la Nation Anishinabek. Au niveau provincial, je suis coprésidente du Conseil consultatif des femmes autochtones de l'Ontario, qui réunit des dirigeantes autochtones pour conseiller le gouvernement sur les mesures à prendre pour lutter contre la violence à l'égard des femmes autochtones et la prévenir. Le conseil joue un rôle de premier plan dans l'élaboration de la réponse de l'Ontario à l'enquête nationale, la stratégie « Pathways to Safety », et la création d'un cadre de mesure de rendements pour évaluer l'incidence des efforts provinciaux visant à améliorer la sécurité des femmes autochtones. Au niveau national, nous participons au Cercle des femmes autochtones coordonné par WAGE afin de garantir que les voix des femmes autochtones influencent le travail du Canada pour améliorer l'égalité des genres. Nous avons également réuni une table de femmes autochtones d'à travers le Canada, expertes en matière de lutte contre la violence à l'égard des femmes autochtones. Ce tableau présente des recommandations politiques aux ministères fédéraux en vue de changements systémiques et de la responsabilisation des femmes autochtones et de leurs familles. Au niveau international, nous plaidons pour que le leadership des femmes autochtones, nos droits et notre sécurité soient considérés comme prioritaires par les organes des Nations Unies chargés des droits de l'homme, tels que la Commission de la condition de la femme et l'Instance permanente sur les questions autochtones sur les questions autochtones.
J'aimerais maintenant parler de certains des défis et des obstacles que rencontrent les femmes autochtones dans leurs efforts constants pour protéger leur vie et mettre fin à la violence dont elles sont victimes. Tout d'abord, les investissements dans la sécurité des femmes autochtones restent insuffisants. Le travail d'une femme autochtone n'est pas reconnu et n'est pas financé. Nous avons besoin d'un financement de base durable pour transformer les systèmes qui perpétuent la violence à notre égard. Nos vies ne sont pas des projets. Nous ne pouvons pas mettre fin à la violence et soutenir la guérison à long terme en finançant des projets à court terme. Nous devons investir davantage dans la prévention et la guérison plutôt que dans des interventions politiques axées sur les conséquences de la violence. Deuxièmement, nous constatons peu de progrès dans la mise en œuvre des appels à la justice. Les femmes autochtones connaissent les solutions, et cela fait des décennies que l'on recommande de mettre fin à cette crise nationale. Pourtant, nous ne constatons que peu, voire pas du tout, d'action soutenue de la part des gouvernements à tous les niveaux pour assurer la sécurité des femmes autochtones et s'attaquer aux obstacles spécifiques et uniques auxquels elles sont confrontées et qui contribuent à la violence. La sécurité des femmes autochtones doit être une priorité dans toutes les politiques, tous les plans et toutes les initiatives du gouvernement. Nous ne pouvons plus attendre que les systèmes changent alors que les femmes autochtones continuent de perdre la vie. Enfin, le leadership des femmes autochtones continue d'être sapé par l'approche politique actuelle du Canada, fondée sur la distinction entre les Nations, en ce qui concerne les relations avec les autochtones. En donnant la priorité à la mobilisation des organisations autochtones nationales fondées sur des distinctions, les voix des femmes autochtones continuent d'être marginalisées, ce qui constitue en soi une forme de violence structurelle. L'ONWA leur demande une approche plus inclusive qui reconnaisse les femmes autochtones et les organisations qu'elles choisissent pour les représenter comme des partenaires légitimes et équitables dans la prise de décision et les possibilités de financement pour aborder les questions qui les touchent.
Pour aller de l'avant, nous avons besoin d'un plus grand leadership, d'une plus grande responsabilité et de plus de ressources pour la réconciliation avec les femmes autochtones. Aujourd'hui, nous vous demandons à toute personne d'agir pour soutenir la réconciliation avec les femmes autochtones et rétablir notre sécurité. Depuis plus de 50 ans, les femmes autochtones nous font l'honneur de nous raconter leurs histoires et de nous faire part de leurs recommandations, en espérant que nous assumerons nos responsabilités et que nous agirons. Tout le monde a une contribution à faire à la solution pour honorer à nouveau les femmes autochtones, mais le travail doit toujours commencer par nous en tant que femmes autochtones. Nous sommes la médecine nécessaire pour nous guérir nous-mêmes, nos familles et nos communautés. Miigwech. (parle en langue autochtone).
Sherri Helgason : Excellent. Merci, Cora.
Enfin, je voudrais inviter Jordy Ironstar à prendre la parole. Jordy, à vous.
Jordy Ironstar (animateur national et superviseur des finances, 2 Spirits in Motion Society) : (parle en langue autochtone). Bonjour, mes proches. Je m'appelle Jordy Ironstar. Je suis une personne bispirituelle (parle en langue autochtone) et un fier membre de la Nation Carry The Kettle Nakota, située dans le Traité 4 en Saskatchewan, à environ 40 minutes au sud-est de Regina, Saskatoon (inaudible). Je vis actuellement à Saskatoon et c'est là que je travaille. Je fais partie de l'équipe de gestion de la société 2 Spirits in Motion et je suis l'un des cofondateurs de la 2 Spirit Alliance of Saskatchewan. En dehors de ces fonctions, je siège à divers comités et conseils à Saskatoon, tels que l'Indigenous Technical Advisory Committee et le MMIWG2SLGBTQQIA National Action Committee, je sais que cet acronyme est à coucher dehors (rires). Dans ces différents rôles, je considère qu'il est de ma responsabilité d'entretenir de bonnes relations avec nos frères et sœurs autochtones et d'utiliser les outils et les connaissances que j'ai acquis au cours de mes années de travail communautaire pour apporter une compréhension, et c'est vraiment comme ça que je vois mon rôle : comment pouvons-nous obtenir une meilleure compréhension de ces questions? Je réitère : entretenir de bonnes relations avec nos proches. Je ne saurais trop insister sur ce point, et j'y reviendrai dans un instant.
Aujourd'hui, je profiterai donc de l'occasion pour parler du travail que je fais avec le MMIWG2SLGBTQQIA National Action Committee. Je peux parler de certains des travaux que nous menons à la Société 2 Spirits in Motion, mais avant de le faire, je voulais parler, encore une fois, de ma compréhension et de mon processus de réflexion et de mes perspectives sur les questions auxquelles nous sommes confronté·es aujourd'hui. Et bien sûr, avant de commencer, je voudrais tout d'abord saluer et remercier notre porteuse de connaissances qui nous a fait démarrer de la bonne manière, Verna McGregor de Kitigan Zibi. Dans mon mode de vie en tant que Nakoda, nous n'appelons pas vraiment nos cousins et cousines au premier degré des cousins ou de cousines. Ce sont nos frères ou nos sœurs, et j'ai une sœur à Kitigan Zibi qui a été élevée dans sa famille là-bas (inaudible), et je suis resté ici dans les Prairies. C'est donc une bonne chose d'entendre ces mots de Verna, et je tiens à remercier les organisateurs de m'avoir invité aujourd'hui, ainsi que nos co-présentatrices, et c'était vraiment fascinant d'entendre parler de certains des travaux réalisés et le magnifique logo que Lindey a partagé, du travail très — je ne voudrais pas parler de « conscient », c'est un mot surutilisé sur TikTok, mais du travail très soucieux qui est réalisé que j'apprécie beaucoup. Alors… Je souffre de TDAH, alors je lance un minuteur sur mon téléphone pour m'assurer que je reste sur la bonne voie. Je ne suis pas vraiment le genre de personne qui aime faire des présentations. Tout le monde a fait de très belles présentations aujourd'hui. J'aime parler à cœur ouvert. Parfois, ça marche pour moi, parfois non. Il m'est arrivé de parler ouvertement et de me faire pleurer devant tout le monde (rires). J'essaierai de ne pas le faire aujourd'hui. (parle en langue autochtone). Merci. Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont partagé leur expérience.
Donc, comme je l'ai dit, dans le travail que je fais au sein de la communauté, j'essaie vraiment, vraiment… Je suppose que je suis à cet âge où j'essaie vraiment de comprendre les choses, comme j'essaie de comprendre la vue d'ensemble des choses. Aujourd'hui, le 5 mai, nous célébrons la Journée de la robe rouge. Nous l'honorons en tant que Journée de la robe rouge. Je me demande donc pourquoi. C'est pour que nous honorions nos femmes, nos filles et nos personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées, ou nos proches autochtones disparu·es et assassiné·es, dirai-je. Et encore une fois, je pose la question : pourquoi nos proches ont disparu? Pourquoi on les assassine? Verna, l'aînée Verna, en a parlé un peu. On en a parlé un peu et mentionné quelque chose qui m'a rappelé la raison pour laquelle je voulais parler de ce dont je parle aujourd'hui. La façon dont je vois cette question et la raison pour laquelle il est si important d'inclure nos personnes bispirituelles et, plus important encore, nos femmes transgenres, la raison pour laquelle il est important de les inclure, c'est que lorsque je pense à cette question, ce n'est pas seulement une attaque contre nos femmes, contre nos donneuses de vie, mais c'est une attaque contre celles qui sont féminines, c'est ainsi que je vois cette question. En ce qui me concerne, je défendrai toujours l'idée que nos femmes transgenres sont des femmes. Elles vivent leur vie en tant que femmes, mais la société d'aujourd'hui a été façonnée par des lois, des politiques qui font que la société occidentale considère les femmes, la féminité comme inférieure, et nous, en tant qu'Autochtones, et je peux… je ne parlerai pas au nom des Inuits ou des Métis qui (inaudible). Je suis un membre des Premières Nations. Je peux donc parler de ce point de vue.
Mais si l'on considère les femmes des Premières Nations et les différents types de politiques qui les ont affectées, elles ont perdu leurs droits statutaires pour avoir épousé des personnes n'appartenant pas aux Premières Nations, alors que des femmes n'appartenant pas aux Premières Nations se sont vu accorder des droits statutaires. Et encore une fois, si l'on regarde la situation dans son ensemble, pourquoi en est-il ainsi? Toute notre identité est en quelque sorte basée sur le statut, sur le degré de sang. Ainsi, on se débarasse des donneuses de vie des Premières Nations, vous leur retirez ce statut et, dans leur perspective, dans leur esprit, ce qu'on essaye de faire, je crois, c'est de diluer le degré de sang imposé à notre peuple. Nous n'y croyons pas, mais c'est ce qu'on a imposé à notre peuple, de manière très stratégique. Si j'en parle, c'est encore une fois parce que j'essaie de prendre du recul. Pourquoi en sommes-nous là aujourd'hui? Et cela guide vraiment le travail que je fais, et il semble que pour moi, et comme je l'ai mentionné, une partie du travail que je fais (inaudible), mon travail est très fortement axé sur les personnes bispirituelles, mais ce n'est pas vraiment un travail bispirituel. Le travail que je fais est destiné à toutes nos personnes proches. J'écoutais donc quelqu'un dire récemment, comme Verna et certaines des choses qu'elle a partagées aujourd'hui sur nos rôles en tant qu'hommes, en tant que personnes ayant un corps masculin, quels sont nos rôles dans la société d'aujourd'hui? Quel est notre rôle en ce concerne ce problème? Le rôle des hommes est de protéger, de subvenir aux besoins, et ce n'est pas seulement pour les femmes, mais pour l'ensemble de membres du camp, et je pense aux rôles des hommes d'où je viens, des oyats, et je pense aux chasseurs et à la société des chasseurs, et la chose honorable à faire était de subvenir d'abord aux besoins des aîné·es. Lorsqu'on va à la chasse, on s'occupe d'abord les aîné·es, puis les personnes en situation de handicap ou celles qui n'étaient pas en mesure de subvenir à leurs besoins ou de chasser pour elles-mêmes. Ceci est le rôle de l'homme honorable. Avant de penser à sa famille et à lui-même, il travaille pour tous les autres, et on nous enseigne ces choses lors de nos cérémonies de passage à l'âge adulte, ce qui n'est pas souvent le cas de nos jeunes hommes et de nos jeunes femmes de nos jours. C'est donc sur ce point que je me suis penché aujourd'hui. J'ai beaucoup lu, j'ai beaucoup parlé aux aîné·es, j'ai assisté à des cérémonies et j'ai parlé à nos proches. Quand je parle du travail bispirituel, il ne s'agit pas seulement de créer un événement de fierté, de jeter un arc-en-ciel sur quelque chose. Il s'agit de revenir aux racines de notre identité en tant que peuple des Premières Nations.
J'avais donc quelques remarques à faire pour compléter les propos de l'aînée Verna et expliquer pourquoi nous sommes là où nous sommes aujourd'hui. Ainsi, si l'on considère les aspects spirituels, physiques, mentaux et émotionnels, nous avons beaucoup de chemin à parcourir en matière de guérison en tant que peuple des Premières Nations. Et quand je regarde l'aspect spirituel, c'était la loi. C'était la loi sur ces terres, la loi des colons, mais toujours la loi (rires) que nos cérémonies étaient interdites. L'un des pavillons où je vais dans le nord et ils parlent de la façon dont ce pavillon, ce n'était pas à cet emplacement, c'était plus loin dans les bois parce qu'ils devaient le cacher. Ils auraient de sérieux, sérieux problèmes s'ils étaient pris en train de pratiquer leurs cérémonies. Ainsi, avec ces lois, ils ont tenté de rompre ce lien avec notre santé spirituelle. Puis, lorsque le Canada a commencé à s'établir à se déplacer vers l'ouest, notre peuple a été placé dans des réserves, et lorsqu'on regarde vraiment cela, encore une fois, en regardant la situation dans son ensemble, pourquoi cela? On dit que certaines personnes utilisent le terme nomade. Les Premières Nations étaient des peuples nomades. Je ne suis pas du tout d'accord avec cela, car nous n'étions pas en train d'errer sans but. Lorsque j'ai parlé aux aîné·es de ma communauté, j'ai constaté que nous nous déplacions en triangle. Ainsi, autour de ce qui est aujourd'hui la région de Winnipeg, nous nous installions en tant qu'Assiniboines, en tant que Nakodas Assiniboine, Nakoda. Nous allions à Milk River, nous allions à Cypress Hills, et nous formions en quelque sorte ce triangle, parce que nous connaissions le temps, nous savions où (parle en langue autochtone) allait, ces bisons, la nation des bisons, et nous nous déplacions aussi pour les cérémonies. Notre mode de vie était donc très lié à (parle en langue autochtone), la terre mère, et lié à (parle en langue autochtone), toute vie, toute vie, (parle en langue autochtone), ces quadrupèdes, ces oiseaux, ces bipèdes, toute la vie qui pousse. Ainsi, sans pouvoir effectuer ce processus de migration, sans suivre ces saisons, ces plantes, ces bisons, nous ne pouvions plus le faire dans un système de réservation et nous ne pouvions même pas quitter la réserve en raison du système de laissez-passer. Cela a donc affecté notre sécurité alimentaire, et l'un de nos co-présentatrices l'a mentionné, notre sécurité alimentaire. Et en tant que personne Nakoda, je comprends parfaitement cela.
Je vais essayer de conclure très rapidement. Je vous prie de m'excuser. Je sais que je parle beaucoup. Cela a donc affecté notre santé physique. En ce qui concerne la nourriture, nous étions soumis à des rations alimentaires, on nous donnait de la farine, du bacon, toutes ces choses qui nuisaient à notre santé physique. Ensuite, on a placé nos enfants dans des pensionnats. On a appris à nos garçons qu'ils devaient avoir une certaine apparence, qu'ils ne devaient pas pleurer. Cela nous a affectés mentalement. Et quand les enfants sont finalement rentrés chez eux… et on les appelle les survivant·es des pensionnats, et respectueusement, je ne sais pas si ce terme s'applique à tout le monde parce que mon grand-père est passé par cette école et il a quitté ce monde en étant un homme très brisé, et je l'aime beaucoup, mais je comprends pourquoi il s'est comporté comme il s'est comporté. Ce système a créé beaucoup de traumatismes intergénérationnels, même à la 4e génération. Ainsi, en ce qui concerne la Journée de la robe rouge, ce que je veux partager avec les personnes qui nous écoutent aujourd'hui ou qui nous écouteront, c'est qu'en ce concerne le travail que je fais, je l'envisage de deux manières. Pour les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits, je vous encourage vivement à faire ce travail, à désapprendre beaucoup de choses. Il y a beaucoup de désapprentissage à faire. Nous devons nous replonger dans nos histoires de création, dans nos cérémonies de passage à l'âge adulte, dans nos loges. Nous devons comprendre ce mode de vie, cette perspective. Nous devons réclamer notre langue, car c'est là que se trouvent nos perspectives. Et pour les personnes qui ne sont pas des Premières Nations, des Métis ou des Inuits, je vous encourage vivement à faire le contraire. Dans votre cas, il faut apprendre, non pas désapprendre, mais apprendre. Vous devez lire ces rapports, les rapports sur les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Vous devez lire la DNUDPA. Vous devez lire le rapport de la Commission de vérité et réconciliation et comprendre pourquoi nous en sommes arrivé·es là aujourd'hui, car les réponses à la guérison de notre peuple et à la véritable réconciliation de ces relations de nation à nation ne se trouvent pas dans l'avenir. C'est ce qui a été fait dans le passé, et nous devons revenir en arrière et comprendre cela. C'est donc ce que je voulais partager aujourd'hui et je vous remercie pour votre écoute. (parle en langue autochtone).
Sherri Helgason : Merci beaucoup, Jordy. Nous pourrions écouter nos intervenants pendant des heures, mais nous en sommes maintenant à la période de questions-réponses de cet événement. On a une dizaine de minutes pour les questions-réponses. Et pour cette séance, nous invitons nos intervenants à répondre dans l'ordre inverse, dans l'ordre dans lequel ils se sont exprimés initialement. Pour cela, nous commencerons par vous, Jordy. Étant donné qu'on a environ 10 minutes pour cette partie, je demanderais à chacun et à chacune de nos panélistes de limiter leurs réponses à deux ou trois minutes. La première question que nous avons à poser est donc la suivante : « Quels sont les causes profondes ou les facteurs contribuant à la violence fondée sur le genre qui ne sont pas pris en compte dans les politiques et programmes gouvernementaux actuels? « Dans quels cause profonde ou facteur contribuent de la violence fondée sur le genre ne sont toujours pas abordés dans les politiques et programmes gouvernementaux actuels ? »
Jordy, commençons par vous, puis nous passerons à Cora, Marjolaine, et Lindey.
Jordy Ironstar : Je parlerai très vite (rires). Cora l'avait mentionné et comme je n'ai pas eu l'occasion de parler beaucoup de la société 2SIMS, le financement est une question très importante qui doit être abordée aujourd'hui. Comme Cora l'a mentionné, nos structures de financement actuelles permettent aux Premières Nations, aux Métis et aux Inuits de bénéficier d'un financement important, mais surtout… je ne devrais pas dire surtout, mais de mon point de vue en tant que personne bispirituelle, je dirais que la majorité des initiatives bispirituelles qui sont financées aujourd'hui proviennent généralement du ministère de Femmes et équité entre les sexes. Les problèmes et les perspectives auxquels sont confrontés nos femmes et nos personnes bispirituelles sont deux perspectives différentes, deux ensembles de problèmes différents. Je ne voudrais jamais priver nos femmes, nos matriarches, d'une quelconque possibilité, mais la structure de financement est telle que nous sommes en quelque sorte montées les unes contre les autres. Dans l'ensemble du pays, nous avons environ 13 organisations bispirituelles régionales et 2SIMS, l'organisation nationale. Une grande partie de ce travail est réalisée en rassemblant de très petites sommes d'argent et en faisant en sorte que la magie opère. Nous devons donc vraiment commencer à l'envisager sous cet angle. Merci.
Sherri Helgason : Merci, Jordy. Cora, voulez-vous partager votre avis sur cette question?
Cora McGuire-Cyrette : Oui, merci. Je suis également d'accord avec Jordy. Toute personne participant à cette séance devrait comprendre que ce qu'il faut pour mettre fin à cette crise nationale, c'est examiner la politique gouvernementale, et les programmes doivent aborder la façon dont les rôles des femmes autochtones dans leurs communautés ont été violemment modifiés à la suite de la colonisation et des politiques d'assimilation, et je vais juste vous donner trois ou quatre points sur la façon dont vous pouvez aborder ces questions et agir, ça vous va? Tout le monde fait partie de la solution. Tout d'abord, comme l'a mentionné Jordy, vous pouvez améliorer vos modèles de financement. Cela signifie qu'il faut fournir un financement de base durable et investir dans des services fondés sur la prévention. Nous ne sommes pas des projets. Nous recevons toujours un financement par projet, et là, on parle de notre gagne-pain, de ce que nous sommes en tant que personnes. Nous ne sommes pas un projet, et c'est pourquoi nous devons être en mesure d'examiner cette question. Deuxièmement, il est possible d'adopter une approche « plus » qui tient compte de la particularité de nation à nation. Je crois que c'était Jordy ou Marjolaine, je ne me souviens plus, qui avait parlé du fait qu'on est toujours comme inférieur·es et qu'on est en fait une valeur ajoutée pour une politique. Ainsi, pour pouvoir s'engager dans la politique publique et garantir une bonne politique, il faut s'engager avec tout le monde, quand tout le monde est autour de la table. Enfin, vous pouvez donner la priorité à la sécurité des femmes autochtones dans toutes vos activités. Tous les aspects de la sécurité des femmes autochtones touchent probablement à tous les aspects de la bureaucratie dans laquelle vous travaillez. Enfin, vous pouvez soutenir le leadership des femmes autochtones en veillant à ce qu'elles participent à la conception et à la mise en œuvre des solutions aux problèmes qui les touchent. Miigwech.
Sherri Helgason : Excellent. Merci, Cora.
Marjolaine, pourriez-vous répondre à la question aussi ?
Marjolaine Étienne : Oui, bien sûr. Ça fait plaisir de répondre à votre question. Pour ma part, je vous dirais que c'est certain que c'est vraiment important de pouvoir faire en sorte de parler du passé, de se rappeler effectivement d'où l'on vient. Avant la colonisation, nos communautés où nous occupions le territoire, le territoire ancestral, les relations entre les hommes et les femmes des Premières Nations étaient en équilibre. Et puis par la suite, le colonialisme, le pensionnat, la Loi sur les Indiens est venue, est venue briser son vœu, le cœur de nos familles. A l'heure actuelle, je vous dirais que le traumatisme, le trauma intergénérationnel est important aussi d'y travailler parce que c'est… ça se perpétue dans le temps. Et présentement, je trouve qu'effectivement, ce sont nos jeunes, nos petits-enfants et nos jeunes, nos jeunes filles, nos jeunes hommes aussi également, nos familles, nos collectivités qui sont, qui sont brisées par le trauma intergénérationnel qui et que du contexte historique, le trauma historique est encore présent et les réalités sociales dans lesquelles nous vivons dans nos communautés et à l'extérieur de communautés. Moi, je trouve effectivement qu'on parle beaucoup du pensionnat et les effets et des impacts que ça fait encore aujourd'hui chez nos familles et nos jeunes. Moi, je pense qu'effectivement il y a matière effectivement encore plus de façon tangible d'avoir des programmes gouvernementaux qui va pouvoir faire en sorte de parler de cette histoire-là aussi également, qui suit pour se rappeler effectivement que ça brise nos familles. Mais je pense que le trauma intergénérationnel est encore présent. Nos langues autochtones sont en danger. Puis ça, je pense que, faut faire en sorte effectivement que c'est… ce contexte historique-là qui est encore présent, bien c'est ce qui occasionne encore aujourd'hui et détruit effectivement nos, nos vies, nos vies. Puis, je fais référence effectivement à… en pensée à ce que je souhaite que ça soit, que ça ne tombe sur les jeunes, que les jeunes ne subissent pas. Moi, c'est pour ça que je pense effectivement que, en travaillant ensemble aussi sur ces enjeux-là, va nous permettre effectivement d'avoir un meilleur avenir pour, pour nos générations futures. Mais malheureusement, le contexte historique, les traumas historiques est encore trop présent au sein de nos communautés.
Sherri Helgason : Excellent. Merci, Marjolaine.
Et Lindey, il semble que nous vous donnerons le dernier mot sur cette question.
Lindey Courchene : D'accord. Je pense donc à toutes les personnes qui se sont réunies pour apprendre aujourd'hui et à celles qui travaillent en tant que fonctionnaires partout dans le pays et celles qui jouent un rôle d'aide très important, un rôle politique, et qui sont en mesure de formuler des recommandations importantes. Je pense simplement que, sur la base de certaines des choses que mes collègues ont évoquées, il est important de laisser la place à la communauté, aux solutions communautaires, de réfléchir à… comment puis-je le dire? Ces connaissances existent déjà. Les réponses sont là. Un travail considérable a été réalisé au niveau communautaire pour contribuer à l'élaboration de ces solutions. Je vous encourage donc à faire de la place. Je vous encourage à sortir de votre bureau, à sortir des sentiers battus, à entrer en contact avec la communauté et à prendre le temps de vous asseoir, d'écouter et d'aider à éclairer votre travail. Miigwech.
Sherri Helgason : Excellent. Miigwech, Lindey, et merci aux panélistes pour leurs observations judicieuses. J'aurais souhaité que nous disposions d'heures supplémentaires pour poursuivre cette discussion.
Mais ceci conclut l'événement aujourd'hui. Encore une fois, si vous sentez le besoin d'aide ou de soutien suite au visionnement de ce contenu, sachez que vous pouvez communiquer avec la ligne d'aide pour les femmes, les filles et les personnes du LGBTQIA+ autochtones disparues et assassinées 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au 1-844-413-6649.
Au nom de l'École de la fonction publique du Canada, j'aimerais remercier l'aînée Verna, nos invité·es, ainsi que chaque membre de notre audience, dans tout le pays, d'avoir participé à l'événement d'aujourd'hui.
Vos commentaires sont très importants pour nous et je vous invite à remplir l'évaluation électronique que vous recevrez au cours des prochains jours.
L'École offre d'autres événements et je vous encourage à visiter son site Web pour vous tenir au courant et vous inscrire à toutes les futures occasions d'apprentissage.
Encore une fois, merci et passez une excellente journée. Merci. Miigwech.
[01:23:58 Le logo de l'EFPC apparaît à l'écran.]
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