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Série sur les défis stratégiques du Canada : Les perturbations économiques et le rôle du gouvernement (LPL1-V61)

Description

Cette vidéo met en vedette l'économiste Armine Yalnizyan, qui examine les défis liés au ralentissement de la croissance économique pour le Canada, ainsi que l'importance du gouvernement et de politiques efficaces pour protéger le bien-être des membres de la population canadienne.

Durée : 00:18:10
Publié : 31 août 2026
Type : Vidéo

Série vidéo : Série sur les défis stratégiques du Canada


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Les perturbations économiques et le rôle du gouvernement

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Transcription : Les perturbations économiques et le rôle du gouvernement

[00:00:05 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Série sur les défis stratégiques du Canada »

« Les perturbations économiques et le rôle du gouvernement, avec Armine Yalnizyan ».]

Narration : Le 22 septembre 2025, l'économiste Armine Yalnizyan a pris la parole lors d'une séance du Programme de développement en géopolitique et sécurité nationale destiné aux cadres supérieurs du gouvernement fédéral. Au cours de la discussion, Mme Yalnizyan a examiné les défis que pose le ralentissement de la croissance économique pour le Canada, ainsi que l'importance du gouvernement et de bonnes politiques pour protéger le bien-être des Canadiens.

[00:00:40 Armine Yalnizyan est assise à côté de deux panélistes.]

Armine Yalnizyan (Économiste, Titulaire de la bourse de recherche Atkinson sur l'avenir des travailleurs, fondation Atkinson) : Un tout nouveau monde se dessine pour la fonction publique fédérale.

[00:00:44 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Une nouvelle vague de réalité économique pour le Canada

  • Armine Yalnizyan, Titulaire de la bourse de recherche Atkinson sur l'avenir des travailleurs
  • École de la fonction publique du Canada Programme d'apprentissage sur la géopolitique et la sécurité nationale
  • Le 22 septembre 2025 ».]

Il va vous mettre au défi d'élaborer une nouvelle stratégie de croissance et une nouvelle stratégie industrielle, alors même que la croissance ralentit et que la récession se profile à l'horizon.

[00:00:51 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Aperçu

  • Nouvelle stratégie de croissance et industrielle
  • Ralentissement de la croissance ou récession
  • Le nouveau contexte et votre rôle ».]

Mais le défi reste de croître et de développer une nouvelle stratégie industrielle. C'est pourquoi je vais parler de ce contexte et de ce qu'il implique pour le rôle que vous jouez à votre niveau dans la fonction publique fédérale. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:01:11 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Qu'est-ce qui va stimuler la nouvelle croissance? »

« Plus d'investissement, moins de dépenses

  • Plus de marchés, moins de gouvernement?
  • Comptabilité budgétaire différente?
  • Le rendement de l'investissement des dépenses publiques s'étendra-t-il au capital humain (économie des soins)? »

« Keynésianisme militaire

  • Qui en profile le plus? Le Canada? Les États-Unis? L'Europe? Autres?
  • L'augmentation des dépenses de défense compensera-t-elle la perte d'emplois et de capacités industrielles dues à la guerre commerciale? »]

Alors, qu'est-ce qui pourra propulser une nouvelle croissance à un moment où; celle-ci est remise en question? On nous dit : « Plus d'investissement, moins de dépenses. » Puis-je d'abord nommer à quel point cette déclaration reste ouverte à interprétation? Elle pourrait signifier plus d'investissement et moins de dépenses pour les lignes de dépenses fédérales. Elle pourrait aussi signifier plus de marchés et moins de gouvernement. Nous ne le savons pas encore. Nous ne pourrons déterminer précisément sa portée qu'après la ventilation des dépenses entre fonctionnement et capital. Nous ne verrons pas exactement ce que cela implique. Nous savons toutefois que 150 milliards de dollars d'investissements publics fédéraux devraient mobiliser plus d'un billion de dollars dans le secteur privé. C'est le plan.

Ma grande question, en tant que citoyenne canadienne qui n'a aucun contrôle sur la manière dont les entreprises étrangères vont investir, est : comment l'argent des contribuables canadiens va-t-il générer un retour sur investissement pour ce que nous dépensons pour notre propre population? Et cela s'étendra-t-il au capital humain de notre économie sociale et des soins? Nous savons qu'il y a quelques mois, nous avons trouvé 9,3 milliards de dollars « dans les coussins du canapé » pour dépenser davantage en défense, et que ces dépenses de défense, en proportion de l'économie, vont plus que doubler dans les cinq prochaines années. Est-ce du keynésianisme militaire? Nous ne savons pas, car nous n'avons pas encore de budget.

Mais la question que vous devez poser est : qui bénéficiera de ce supplément… le seul endroit évident où; nous allons dépenser beaucoup plus, sur le plan opérationnel et en capital, sera la défense. Cela pourrait signifier que nous allons dépenser davantage au Canada, et ce sera le cas. Mais ensuite, ce titre est-il mélangé à notre tentative de former de nouvelles alliances qui ne sont pas situées au sud de la frontière? Nous prévoyons toujours d'acheter des F-35. Combien de cet argent, l'argent des contribuables canadiens, fuit-il à l'étranger pour soutenir les fabricants d'avions de chasse ou tout ce dont nous avons besoin pour nous défendre et construire des alliances avec d'autres partenaires dans ce contexte particulièrement fragmenté?

Ensuite, la question est : l'argent dépensé pour les Canadiens et Canadiennes au Canada suffira-t-il à compenser la baisse prévisible d'emplois causée par des investisseurs qui, constatant le coût d'accès au marché américain, décideraient de relocaliser leurs activités? À l'heure actuelle, la proposition concernant l'acier, pour protéger ce secteur, envisage d'aider jusqu'à 10 000 travailleurs et travailleuses. Au début de l'année, il y en avait 20 000 dans toute l'industrie de l'acier. Nous envisageons une réduction de 50 % de la main-d'œuvre. Et quand je parle avec Unifor, je vois que la même situation va se produire avec le D3, même s'ils viennent d'annoncer qu'ils maintiendront leurs troisièmes équipes chez Stellantis et GM, ce qui est une bonne nouvelle. C'est le moment de prendre le pouls, de patienter et de constater ce qui va se passer. Nous ne savons donc pas combien d'emplois seront perdus, mais cela se chiffrera en dizaines de milliers. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:04:20 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Un Canada fort a besoin d'une stratégie industrielle »

« Le passage à une économie hautement innovante implique un abandon du rendement fonde sur les exportations de produits primaires ou de base ».

Un graphique linéaire fondé sur les données de l'ISDE montre le pourcentage des exportations primaires au fil du temps entre 1990 et 2024.]

Et, au fait, je n'ai même pas mentionné l'effet de cascade : une fois que les secteurs exposés au commerce seront touchés, cela affectera la consommation dans le commerce de détail et les services. Ainsi, les personnes qui n'ont rien à voir avec le commerce en subiront les conséquences.

Voici un graphique tiré d'un dossier documentaire préparé par Jim Stanford. Les données proviennent d'ISDE et montrent qu'en 1990, environ 25 % de nos exportations vers le monde entier concernaient des produits de base. Connaissez-vous la théorie des produits de base? C'est sur cela que l'économie canadienne s'est fondée : bûcheronnage, port d'eau, commerce des fourrures… toutes ces activités constituent la théorie des produits de base du développement économique avant la construction des chemins de fer. Eh bien, cela s'est poursuivi à un rythme soutenu. Environ 25 % de l'ensemble de nos exportations concernaient des produits de base, tels que les produits agricoles. Cette proportion est tombée à 20 % en 2000. Aujourd'hui, elle est la plus élevée depuis qu'ISDE tient ces statistiques, et près de 50 % de nos exportations sont des produits de base. Et quels sont ces produits? Principalement le pétrole et le gaz, qui sont en grande partie destinés aux États-Unis. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:05:47 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« La stratégie industrielle doit intégrer le moteur économique : l'économie des soins ».

Un graphique à colonnes fondé sur les données du tableau 31 10 0434 03 de Statistique Canada montre les « 10 premières industries au Canada en 2024 par contribution au PIB »]

Mais ce que nous continuons à ignorer, c'est à quel point l'économie des soins est en réalité le principal moteur du PIB dans ce pays. On la considère souvent comme un dérivé, ce que nous faisons une fois que l'économie a crû, mais elle est aujourd'hui plus importante. J'inclus dans l'économie des soins deux secteurs industriels selon Statistique Canada : la santé et l'assistance sociale, ainsi que l'éducation. J'ai trois points à sujet : elle représente 13,6 % de l'économie, plus que l'immobilier et le marché locatif, secteurs que l'on ne voudrait vraiment pas voir piloter notre économie, comme nous l'avons constaté. Elle est une fois et demie plus grande que l'ensemble du secteur manufacturier, pas seulement la partie exposée au commerce international. Elle est deux fois plus grande que la construction et presque trois fois plus que l'ensemble de l'exploitation minière, des carrières et de l'extraction de pétrole et de gaz, et nous l'ignorons comme si elle n'avait aucune importance. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:06:40 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« L'économie des soins : la plus grande source de revenue gagné pour la population canadienne ».

Un graphique à barres fondé sur les données du tableau 14-10-0023-01 de Statistique Canada montre la « Figure 11 : Emploi par secteur, 2024 ».]

Et c'est de loin la principale source de revenus gagnés par les Canadiens et Canadiennes. Il n'existe pas d'autre source d'emplois comparable. Plus de 21 % de tous les emplois au Canada se trouvent dans l'économie des soins, et pourtant, nous la traitons comme un secteur que nous n'avons pas besoin de considérer dans une stratégie industrielle.

[00:07:05 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Pourquoi ajouter les soins? Parce que l'économie ralentit pour des inévitables ».]

Nous devons l'intégrer dans une stratégie industrielle parce que… Diapositive suivante, s'il vous plaît. Pourquoi ajouter les soins? En partie à cause de la démographie, mais je vais vous montrer pourquoi l'économie ralentit. Je vais vous donner les principales raisons de ce ralentissement, et ce sont des raisons que rien de ce que vous pourriez proposer comme politique ne pourra inverser dans votre mandat au sein de la fonction publique fédérale. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:07:26 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Ralentissement de la croissance »

« Rapport de dépendance le plus élevé depuis les années 1960, mais sur une période beaucoup plus longue et avec une croissance du PIB inférieure de plus de moitié. »

Un graphique à colonnes empilées fondé sur les données de Statistique Canada montre « Figure 2.7 : Rapport de dépendance démographique, observé (1921 à 2013) et projeté (2014 à 2063) selon le scénario de croissance moyenne (M1), Canada ».]

Voici la courbe démographique. Elle remonte à 1920 et s'étend jusqu'en 2061. C'est un ancien graphique de Statistique Canada. Il est ancien parce que si vous faisiez exactement le même exercice aujourd'hui, vous verriez cette ligne bleue dans la zone grisée correspondant aux projections : cette zone représente le nombre d'enfants de moins de 14 ans, trop jeunes pour travailler, et de personnes de plus de 65 ans, trop âgées pour travailler. On peut donc voir que cette ligne bleue grisée chute fortement en raison de la baisse des taux de natalité qui se produit partout dans le monde, d'ailleurs. Ce n'est pas unique au Canada, mais le Canada est un peu en tête sur ce point. Nous avons donc un rapport de dépendance très élevé. Il est très différent de ce qu'il était la dernière fois que nous l'avons observé, soit à la naissance des baby-boomers dans les années 1950 et 1960; à cette époque le taux de croissance se trouvait entre 6 et 8 %.

La seule fois où; nous nous sommes approchés des 4 ou 5 % dont Anil parlait en matière de taux de croissance souhaité, c'était lors de la réouverture de l'économie après la pandémie. Nous n'atteindrons plus jamais un taux de croissance de 6 à 8 %. En réalité, l'économie s'est contractée au dernier trimestre. Nous pourrions être en pleine récession. Nous le saurons le 28 novembre, s'il s'agit de deux trimestres consécutifs de contraction. Quoi qu'il en soit, nous avons moins de 1 % de croissance, avec le rapport de dépendance le plus élevé sur la plus petite cohorte en âge de travailler que nous ayons vue depuis 60 ans. Vous pensez que ces personnes qui ont des enfants n'ont pas besoin d'aide? Vous pensez que ces personnes qui ont des parents âgés n'ont pas besoin d'aide? Ce sont elles qui portent la charge pour tout le monde. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:09:10 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Ralentissement de la croissance »

« Inégalités et intolérance croissantes

  • Concentration croissante de la richesse
  • Tendances en matière de propriété, évolution de l'écosystème du secteur des affaires (moins de petits acteurs)
  • Propice à une politique fondée sur l'exploitation de la colère et la stigmatisation de l' « autre »
  • Cible : les personnes étrangères – souvent celles qui viennent d'arriver et d'immigrer ».]

Le ralentissement de la croissance est aussi une conséquence de la croissance des inégalités. Une étude du FMI, réalisée, je crois, avant la crise financière mondiale, montrait que plus les inégalités sont élevées, plus la volatilité économique est grande, et plus la croissance globale ralentit. Donc, l'inégalité croissante est un facteur de ralentissement de la croissance, mais c'est aussi un facteur de montée de l'intolérance. On peut retracer la croissance du « moi d'abord » et de l'intolérance envers les autres à la crise financière mondiale. On peut revenir au lendemain de l'effondrement financier de 2008-2009, qui a fait disparaître des milliers de milliards de dollars, et observer le Printemps arabe, puis, fondamentalement, le début du Brexit, avec David Cameron qui disait en 2010 que le Royaume-Uni n'accepterait que 100 000 immigrants et immigrantes, ce qu'il n'a jamais pu tenir à cause de ce que je vais vous montrer dans un instant, une situation propice à la politique de la colère.

Les gens exploitent cette colère à cause de l'inégalité croissante et du sentiment de perte de contrôle, ce qui pousse à penser : « Moi d'abord, je m'occupe de moi d'abord ». C'est ce qui fait dire à la Russie « la Russie d'abord ». C'est pourquoi le Royaume-Uni a dit « la Grande-Bretagne d'abord ». C'est ce que disent les États-Unis avec MAGA : « Moi d'abord, tant pis pour les autres », et la cible n'est souvent pas les autres. Eh bien, ce sont les autres. Il peut s'agir des personnes transgenres, ou n'importe qui, mais la cible est le plus souvent les personnes nouvellement arrivées, et nous l'avons vu cet été avec la hausse du chômage des jeunes, qui n'est pas liée aux personnes nouvellement arrivées. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:10:49 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Ralentissement de la croissance – Effondrement du système »

« Recomposition de l'ordre mondial :

  • Plus une superpuissance et un ennemi uniques : les États-Unis et la Russie
  • Rôles émergents de la Chine et de l'Inde
  • Axe émergent de dictatures (obtenir le pouvoir, le conserver, établir des règles selon son bon vouloir)

« Effondrement réglementaire et institutionnel, à l'échelle internationale et nationale :

  • Incapacité ou refus d'appliquer les règles
  • Absence de consensus ou d'élan international

« Mésinformation, désinformation, destruction explicite des statistiques officielles

« Médias sociaux utilisés comme arme ».]

L'effondrement du système va ralentir la croissance. Nous avons un ordre mondial en mutation, et l'économie n'est plus celle que vos parents ont connue, pas vrai? Ce n'est plus les États-Unis contre la Russie. Ce n'est plus l'Europe. Ce n'est plus la Chine d'autrefois, qui ralentit aussi à cause du vieillissement de sa population lié à sa politique de l'enfant unique dans les années 1980. La Corée, d'ailleurs, la Corée du Sud vieillit plus rapidement que tout autre pays au monde, n'est-ce pas? Donc, ce n'est plus le Japon qui mène cette course. Et ensuite, il y a cette émergence de dictatures. Tout ce phénomène de « moi d'abord » qui se répand partout politiquement a donné naissance à une série de dictateurs, qui obtiennent le pouvoir, le conservent et modifient les règles pour s'assurer de pouvoir faire ce qu'ils veulent. Cela entraîne une perte de sécurité réglementaire et institutionnelle, tant à l'international qu'à l'intérieur des pays.

Les personnes qui établissent les règles semblent de moins en moins disposées à les faire respecter pour celles et ceux qui ne sont pas considérés comme les « autres ». Si vous êtes au pouvoir, vous établissez les règles et vous les appliquez comme vous l'entendez. Cela peut signifier victimiser certaines personnes et donner un laissez-passer à vous et à vos proches. Et comme il n'y a pas de consensus international pour l'instant — l'OMC, le GATT, l'ONU, tout cela importe peu pour quiconque à ce stade — nous recréons en quelque sorte l'espace où; un consensus international pourrait exister. Le seul consensus actuel semble être l'axe des dictatures, qui semblent toutes suivre le même manuel. Et bien sûr, comme l'a dit Anil, la désinformation, la mésinformation et la destruction explicite des statistiques officielles contribuent à militariser les médias sociaux, où; la majorité des gens obtiennent la majeure partie de leurs informations. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:12:40 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Ralentissement de la croissance – Réponses contre-productives »

« y = f (L, K)

  • y = production ou PIB
  • f = combinaison technologique qui crée la productivité globale
  • L = main d'œuvre
  • K = capital

« Faites le calcul

  • Quarante ans de baisse du taux de natalité signifient que près de 100 % de la croissance de la population active provient de l'immigration
  • La productivité s'est stabilisée depuis 2015
  • L'investissement des entreprises est en baisse
  • Réduisez l'immigration en raison de la colère liée à l'emploi ou au logement, et vous verrez votre économie se contracter ».]

Je vais vous donner un petit cours d'économie 101. Vous voyez le graphique à gauche? Y est égal à F, une fonction du travail et du capital. Y est le PIB ou la production. F est cette fameuse productivité qui s'applique à votre système. La main-d'œuvre est L et K est le capital. Faisons donc le calcul. Nous parlons d'un PIB qui diminue peut-être. Quoi qu'il en soit, nous voyons que tout commence à ralentir partout dans le monde où; il y a eu un baby-boom après la Deuxième Guerre mondiale. Le monde ralentit, en particulier l'effondrement des systèmes. Nous avons donc 40 ans de baisse des taux de natalité. Ainsi, selon le ministre de l'Immigration, presque 100 % de notre croissance de la main-d'œuvre provient de l'immigration. Donc, si vous n'êtes pas favorable à l'immigration, cela aura une incidence, car la productivité a en fait stagné au Canada depuis 2015.

Pourquoi? Le prix mondial du pétrole s'est effondré et tout le monde a commencé à parler de désinvestissement. Et le pétrole et le gaz étaient la principale raison des augmentations d'investissement en machines et équipements pour les entreprises. Donc, l'investissement des entreprises baisse, la productivité stagne, et la seule source de croissance de la main-d'œuvre, c'est cela. C'est votre fonction ici. C'est ainsi que l'on obtient la croissance du PIB. Si vous voulez une croissance du PIB et que vous dites « je n'aime pas l'immigration », vous vous dirigez vers une récession garantie, parce qu'il n'y a rien d'autre qui croît. Tout le reste se contracte. Donc, peu importe ce que vous allez dire sur la productivité. Il n'existe pas de baguette magique de productivité capable de relancer une économie où; le nombre de travailleurs et travailleuses et le capital diminuent. Vous n'allez pas inverser cette tendance. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:14:33 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Ralentissement de la croissance »

« Récession? Nous ne sommes pas prêtes pour un récession. »

Un graphique à colonnes fondé sur des données de Statistique Canada montre « Prestataires réguliers de l'AE/AC en pourcentage des chômeurs au Canada, données annuelles moyennes, 1941-2024, données mensuelles jusqu'à mai 2025 ».]

Et nous ne sommes pas prêts pour cette récession. Donc, si nous parlons d'une récession, on ne parle pas de deux trimestres consécutifs de contraction, mais plutôt d'une croissance très lente, voire d'une récession pendant un an, peut-être deux ans comme dans les années 1990. Dans les années 1990, nous avons connu six trimestres consécutifs de contraction. Nous en avons eu quatre au début des années 1980 lors de récessions majeures. Nous ne sommes pas prêts pour cela. Ce graphique montre que depuis 1941, lorsque le programme d'assurance-chômage a été instauré, jusqu'à aujourd'hui, selon les données les plus récentes, moins du tiers des personnes sans emploi ont accès aux prestations de chômage. Les prestations de chômage sont une assurance sociale. Elles permettent de faire en sorte qu'une récession ne soit pas aussi profonde ou aussi longue qu'elle pourrait l'être. Nous ne sommes pas prêts pour une récession. Nous ne couvrons pas suffisamment de personnes. Et même lorsque nous couvrons le personnel de longue date, leur taux de remplacement du revenu est insuffisant pour empêcher une cascade de perturbations économiques lorsque les gens perdent leur logement, qu'on parle d'une personne travaillant dans le secteur de l'acier gagnant un salaire à six chiffres qui ne peut pas refinancer son hypothèque avec un taux de remplacement du revenu inférieur à 30 %; ou d'une personne travaillant dans le commerce de détail ou l'hôtellerie, à peine au-dessus du salaire minimum, qui ne peut pas payer son appartement avec 55 % d'un revenu à peine supérieur au salaire minimum. Et il n'y a nulle part de moins cher où; aller. Donc, à moins de corriger la situation, nous aurons de sérieux problèmes. Diapositive suivante, s'il vous plaît.

[00:15:59 Le texte suivant apparaît à l'écran :

« Une nouvelle vague de réalité économique pour le Canada »

  • On ne peut pas résoudre les problèmes du nouvel ordre mondial en appliquant des solutions de l'ancien ordre mondial (réductions d'impôts, compressions des dépenses, déréglementation).
  • « Plus de marchés, moins de gouvernement » est la formule utilisée depuis les années 1980, ce qui n'a fait que renforcer la concentration du pouvoir
  • Quoi de neuf? Beaucoup de choses. Vieillissement de la population, phénomènes climatiques extrêmes, protectionnisme économique, réalignement des alliances mondiales, guerre
  • Risques sociaux et économiques liés à une baisse de la prévisibilité, de la sécurité et de la confiance. C'est plus de gouvernement [stable], et non moins, que requiert la situation actuelle, caractérisée par la plus faible cohorte en âge de travailler depuis 60 ans ».]

La façon dont nous avons abordé cette nouvelle crise, cette crise du nouvel ordre mondial, consiste, comme Janice l'a mentionné plus tôt, à utiliser des solutions de l'Ancien Monde : réductions d'impôts, compressions des dépenses, déréglementation, stimulation de l'investissement des entreprises. Mais cette idée de « plus de marchés, moins de gouvernement » est la ligne directrice depuis 40 ans. Et la grande question lorsqu'on parle d'attirer davantage d'investissement est la suivante : allons-nous protéger certains secteurs? Je veux dire, nous parlons de Teck, n'est-ce pas? Teck va être vendue, tout comme la dernière grande entreprise minière restante, n'est-ce pas? Est-ce que le Canada en sera propriétaire ou sera-t-elle détenue par un investisseur étranger? Allons-nous protéger l'investissement privé dans les soins de santé? Parce que, partout où; il a été introduit, il a profondément détérioré les systèmes de santé. Nous payons davantage et nous obtenons moins.

Nous n'avons pas de mode d'emploi pour ce moment, et tant d'éléments sont nouveaux. Ce n'est pas comme les 40 dernières années. Le vieillissement de la population n'est pas ce à quoi nous avons été confrontés au cours des 40 dernières années. Les événements climatiques extrêmes sont devenus plus fréquents. Le protectionnisme économique n'est pas entièrement nouveau, mais, dans sa forme actuelle, il remonte à une dizaine d'années, et le réalignement des alliances mondiales est nouveau, tout comme la possibilité d'une troisième guerre mondiale. Nous faisons donc face à des risques sociaux et économiques liés à une baisse de la prévisibilité, de la sécurité et de la confiance. Ce dont nous avons besoin maintenant, ce n'est pas de plus de marchés et moins de gouvernement, mais de plus de gouvernement stable, de gouvernements menés par des « génies stables », et non de moins, et c'est ce que requiert la situation actuelle, caractérisée par la plus faible cohorte en âge de travailler depuis 60 ans.

Narration : L'École de la fonction publique du Canada organise des événements, des ateliers et des cours stimulants et enrichissants sur la géopolitique et la sécurité nationale. Pour en savoir plus, veuillez contacter l'addresse courriel suivante.

[00:17:51 Le texte suivant apparaît à l'écran : "gnslp-pagsn@csps-efpc.gc.ca"]

[00:18:01 Le logo animé de l'EFPC apparaît à l'écran.]

[00:18:06 Le logo du gouvernement du Canada apparaît à l'écran.]

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