Sélection de la langue

Recherche

Série Café virtuel de l'EFPC : Les médias sociaux, la confiance et l'établissement de communautés saines en ligne (TRN5-V34)

Description

Naheed Nenshi, ancien maire de Calgary, et Marsha Lederman, journaliste au Globe and Mail, parlent de la manière dont les médias sociaux, qu'ils ont tous les deux adoptés tôt, les ont aidés à communiquer avec le public, à établir une relation de confiance avec lui et à façonner des communautés fortes.

(Consultez la transcription pour le contenu en français.)

Durée : 00:55:31
Publié : 14 septembre 2022
Type : Vidéo

Événement : Série Café virtuel de l'EFPC : Les médias sociaux, la confiance et l'établissement de communautés saines en ligne


Lecture en cours

Série Café virtuel de l'EFPC : Les médias sociaux, la confiance et l'établissement de communautés saines en ligne

Transcription | Visionner sur YouTube

Transcription

Transcription : Série Café virtuel de l'EFPC : Les médias sociaux, la confiance et l'établissement de communautés saines en ligne

[Le logo de l'EFPC s'affiche à l'écran.]

[Vanessa Vermette apparaît à l'écran] :

Vanessa Vermette, École de la fonction publique du Canada : Bonjour à tous. Bienvenue à l'École de la fonction publique du Canada. Je m'appelle Vanessa Vermette et je suis la directrice générale des Communications et de la mobilisation ici à l'École de la fonction publique du Canada. Je suis vraiment ravie de modérer l'événement d'aujourd'hui, qui fait partie de la série Café virtuel. Cette série vise à présenter aux fonctionnaires des conférenciers distingués et à explorer des idées et des sujets intéressants par la conversation.

Je voulais aussi mentionner que l'interprétation simultanée sera disponible pour l'événement d'aujourd'hui.

Vous pouvez choisir de visualiser l'événement dans la langue de votre choix. Avant d'aller plus loin, j'aimerais reconnaître que puisque je diffuse à partir d'Ottawa, je suis sur le territoire traditionnel non cédé des Anichinabés. En participant à cet événement virtuel, reconnaissons que nous travaillons tous dans des endroits différents et que, par conséquent, nous travaillons chacun dans un territoire autochtone traditionnel différent. J'aimerais prendre un moment pour y réfléchir et vous inviter à faire de même.

L'événement d'aujourd'hui porte sur les médias sociaux, la mobilisation du public et la confiance. Nous vous réservons un événement vraiment intéressant, qui se concentrera sur ce sujet et sur la façon dont nous pouvons l'utiliser en tant que fonctionnaires pour mieux mobiliser le public et renforcer cette confiance. Nous accueillons aujourd'hui deux conférenciers absolument incroyables. Ils ont tous deux une grande expérience de l'utilisation des médias sociaux et ils comprennent personnellement l'immense potentiel et incidence qu'ils nous offrent, ainsi que certains des problèmes et défis qui peuvent découler de leur utilisation, en particulier pour les professionnels et les personnalités publiques très suivies.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Notre premier invité est quelqu'un que beaucoup d'entre vous reconnaîtront déjà. Naheed Nenshi est un bâtisseur communautaire, qui a effectué trois mandats en tant que maire de Calgary de 2010 à 2021. La campagne de M. Nenshi aux élections municipales a été surnommée la « révolution violette ». Il s'agissait d'une campagne virale unique, qui s'appuyait fortement sur l'utilisation des médias sociaux et était révolutionnaire à bien des égards. Il a fait la promotion de sa plateforme et mobilisé les électeurs par ce moyen; M. Nenshi, bienvenue!

Naheed Nenshi : Merci Vanessa, merci beaucoup d'être là,

Ça me fait grand plaisir d'être parmi vous tous, et j'ai vraiment hâte d'avoir cette conversation.

Vanessa Vermette : Super, merci. Notre deuxième conférencière est la journaliste et auteure Marsha Lederman. Mme Lederman est la correspondante des arts occidentaux pour le Globe and Mail, et ses reportages portent sur une gamme de sujets, notamment l'industrie du film et de la télévision, les arts visuels, le théâtre, la littérature et la politique culturelle. Comme la plupart des journalistes, Mme Lederman est active sur les médias sociaux, et elle a également récemment diffusé une vidéo sur YouTube dans laquelle elle et d'autres femmes journalistes parlent de la haine en ligne inquiétante qu'elles ont subie en tant que journalistes et de l'importance de ne pas laisser ce type de harcèlement se normaliser. Mme Lederman, merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui.

Marsha Lederman, The Globe and Mail : Merci beaucoup de m'avoir invitée. Je ne parlerai pas français.

Vanessa Vermette : <rires> C'est parfait.

Marcha Lederman : Je m'excuse. <rire>

Vanessa Vermette : Aucun problème.

Marcha Lederman : J'ai déjà menti. <rire>

Vanessa Vermette : Oui, vous avez déjà parlé français! Je voudrais parler d'abord du thème de la mobilisation et de l'établissement de la confiance. M. Nenshi, vous êtes sorti de nulle part en 2010, comme les gens le racontent, et votre campagne a vraiment utilisé les médias sociaux d'une manière qui était innovante à l'époque et que les gens n'avaient vraiment jamais vue auparavant en politique. Vous pourriez peut-être nous parler un peu du rôle des médias sociaux en 2010 et de la façon dont vous et votre campagne en avez tiré parti. Et peut-être nous parler un peu, 12 ans plus tard, des réflexions vous avez sur la façon dont tout cela s'est passé à l'époque.

Naheed Nenshi : Oh, c'est une grande question. Alors, Marsha, je vous laisse quelques minutes à la fin pour parler, car nous n'avons qu'une heure.

Vanessa Vermette : Oh mon doux. <Rire> J'aurais dû dire brièvement. J'aurais dû dire brièvement.

Naheed Nenshi : La pauvre Marsha est habituée à ça. Donc, quand elle doit me parler, c'est pour poser une question et bonne chance pour réviser la réponse <rire>, mais permettez-moi de revenir un peu en arrière et de replacer dans son contexte cette campagne de 2010.

[Nahed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Lorsque nous avons planifié cette campagne, je suis un stratège de formation et dans l'âme, nous avons vraiment réfléchi à la façon de mener une campagne où vous avez un candidat pas du tout traditionnel qui n'est pas très connu qui se présente contre des gens très connus et qui ont beaucoup plus d'argent. Et donc je dirais qu'il y avait trois éléments de succès dans cette campagne. Et le premier était le calendrier. À ce moment-là, Calgary et l'Alberta, peut-être le Canada, étaient prêts pour une nouvelle conversation. La politique était très rigide, très sclérosée, et les gens étaient prêts pour quelque chose de nouveau, parce qu'ils réfléchissaient vraiment à la façon dont la politique pourrait mieux refléter leurs propres espoirs, rêves et ambitions pour leur vie.

Le deuxième était ma philosophie politique – parce que je suis à la retraite maintenant, je peux voir que je ne porte pas de violet dans le Zoom.

[Naheed Nenshi montre ses vêtements et sourit]

Naheed Nenshi : Je porte des chaussettes violettes. J'ai un vase violet derrière moi. Mais pendant 12 ans, j'ai porté du violet tous les jours. Et ce n'est pas parce que c'est ma couleur préférée ou parce qu'elle fait ressortir mes yeux, c'est parce que le violet est une combinaison de rouge et de bleu. Et donc c'est en fait une déclaration politique disant que nous ne sommes pas définis par notre tribu ou notre partisanerie ou nos partis politiques. Nous sommes définis par notre humanité, mais, néanmoins, j'ai une philosophie politique et cette philosophie politique est que les gens ne sont pas stupides, que les citoyens, lorsqu'ils reçoivent la bonne information, prendront les bonnes décisions. Et donc vous devez mobiliser les gens à un niveau plus profond et plus large. Dans cette campagne, nous avons décidé, et parce que c'est aussi moi, après toutes ces années dans la vie publique, je ne sais toujours pas comment parler en petites phrases.

Et parce que je parle tellement et que j'écris tellement, nous avons décidé de mener une campagne que nous avons appelée « la politique en phrases complètes ». Et pendant de nombreuses années, les journalistes m'ont dit, les phrases complètes, c'est bien, mais pourquoi y en a-t-il autant?

[Vanessa Vermette apparaît à l'écran, rit] :

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Mais ce que nous avons fait, c'est que chaque semaine pendant trois mois, 12 semaines, nous avons publié une nouvelle plateforme politique, qui avait en quelque sorte un titre concis : « les transports en commun devraient être le choix préféré, pas le dernier choix, des navetteurs ». Et puis, il y avait une sorte de résumé d'une ou deux pages de ce que j'avais l'intention de faire, une vidéo et un balado audio, ce qui était très nouveau – je ne pense pas que nous avions même le mot balado à ce moment-là, mais une vidéo et une publication audio, si vous voulez. Et puis, il y avait aussi un document de recherche joint à chacun d'eux avec des notes de bas de page et des études de cas et des exemples, sur des modes qui ont fonctionné dans d'autres parties du monde.

Et chacune de ce que nous les appelons les meilleures idées. Chacune de ces meilleures idées contenait plus de mots que les plates-formes combinées de tous mes adversaires,

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Naheed Nenshi : et nous avons pu utiliser des outils en ligne pour reconnaître que les gens interagissaient réellement avec ce genre de choses. Je publiais une vidéo de cinq ou sept minutes, ce qui était du jamais vu à l'époque, rien ne dépassait deux minutes, et nous pouvions voir que les gens la regardaient jusqu'à la fin. J'avais un discours de 14 minutes que quelqu'un a enregistré que je n'avais pas l'intention de mettre en ligne et la vidéo a été diffusée. Et nous avons vu que des milliers de personnes l'ont regardé jusqu'à la fin, ce qui était surprenant. Et donc les gens avaient vraiment envie de ce genre de contenu.

Le troisième élément était une stratégie politique très traditionnelle, qui consiste à aller vers les gens là où ils vivent. Et donc cela signifiait ne pas s'attendre à ce qu'ils viennent vers vous. Et donc cela signifiait, parce que je n'avais pas d'argent, que nous allions là où les gens se rassemblaient dans la communauté, j'ai passé un été entier dans des parcs à chiens et des sentiers fluviaux à aller à chaque festival d'été. Je n'ai frappé à aucune porte. En fait, je suis allé là où les gens se rassemblaient déjà dans la communauté pour essayer de faire passer le message. Mais ce que nous avons également appris – maintenant je réponds enfin à votre question –

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : c'est que beaucoup de gens vivent en ligne et il y avait des possibilités pour nous de vraiment mobiliser les gens de manière très authentique et très profonde en utilisant les canaux de médias sociaux alors populaires, principalement Facebook et Twitter. Et mon gestionnaire de campagne a déclaré que d'autres candidats et politiciens utilisent les médias sociaux comme une télévision, c'est-à-dire qu'ils diffusent un message, nous les utilisons comme un téléphone. En fait, nous parlons aux gens et nous interagissons avec eux. Et pendant de nombreuses années, même lorsque j'étais maire, j'étais le seul à avoir ce mot de passe sur Twitter. Donc, si vous interagissiez avec moi sur Twitter, c'était moi.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Vanessa Vermette : J'allais vous interroger à ce sujet. J'ai entendu cette rumeur. Alors, c'est vrai. Vous étiez le seul à avoir accès à vos comptes.

Naheed Nenshi : Les gens pensaient que j'étais là-dessus toute la journée et toute la nuit, mais je passais en fait environ une heure avant d'aller me coucher le soir, le cas échéant, juste à répondre aux questions des gens. Et j'ai vraiment apprécié cela, parce que cela m'a permis de me faire une idée en dehors de la bulle politique et médiatique de ce qui préoccupait réellement les gens. Vous savez, il pouvait y avoir une histoire scandaleuse en première page du journal, mais si personne n'en parlait vraiment, je me rendais compte que c'était fabriqué. Cela ne reposait sur rien. Parlons plutôt de ce dont les gens parlent réellement. Donc ça a vraiment très bien fonctionné jusqu'en 2015 environ, quand tout est parti en vrille <rire> et je vais peut-être m'arrêter là. <Rire> Et nous pourrons parler du monde de l'après 2015 après avoir entendu Marsha.

Vanessa Vermette : Bien sûr. Oui, j'allais dire que vous rendez cela tellement idyllique, vous savez, 2010 semblait être tellement une période innocente de la mobilisation sur les médias sociaux quand nous regardons en arrière à partir d'où nous sommes aujourd'hui, mais cela reste néanmoins fascinant de découvrir comment tout a commencé dans le cadre de votre campagne.

Marsha Lederman : J'avais presque oublié à quel point cela pouvait être agréable. C'était...

Naheed Nenshi : ...avant, c'était amusant. Vous savez?

Marsha Lederman : C'était amusant. Vraiment. Parfois, c'est toujours le cas, mais toujours avec un signe ou une menace de ce qui pourrait mal tourner.

Vanessa Vermette : Absolument. Et c'est une excellente transition, Marsha, vers ma question pour vous. De toute évidence, les médias sociaux ont énormément changé le journalisme et l'industrie des médias depuis leur création. Peut-être pourriez-vous nous dire un peu à quel moment les médias sociaux sont devenus une partie importante de votre travail de journaliste et comment votre capacité à entrer en contact avec les lecteurs a changé votre façon de travailler ou non, ce qui est resté identique et ce qui a changé.

Marsha Lederman : C'est une excellente question. Je sais que j'ai joint Facebook en 2007. Je me souviens de ce moment et c'est devenu au départ très, très utile pour trouver des gens, trouver des histoires, trouver des invités, un excellent moyen de contacter des gens. C'était amusant. C'était surtout social. Et puis, Twitter est arrivé. Je ne me souviens pas exactement quand j'ai ouvert mon compte, j'étais l'une des premières à l'adopter. Je crois que c'était peut-être en 2008 ou au début de 2009.

[Marsha Lederman apparaît en plein écran]

Marsha Lederman : Et encore une fois, c'était un moyen de rester en contact avec les gens et de savoir ce qui se passait, peut-être de retrouver une histoire. Et puis, c'est devenu de plus en plus un moyen de promouvoir mon propre travail, de promouvoir les articles que j'écrivais et de les faire connaître, car à mesure que les médias sociaux devenaient de plus en plus importants, de moins en moins de personnes, si je comprends bien, se rendaient sur theglobeandmail.com pour chercher un article sur l'art qu'ils voudront peut-être lire.

J'essayais donc de faire connaître mes articles. Et Twitter était un excellent outil pour cela. Je suis tombée sur beaucoup d'histoires de cette façon, je les ai transformées en exclusivités, j'ai beaucoup compris ce qui se passait dans divers secteurs grâce à un dialogue qui a commencé sur Twitter, principalement Twitter, je dirais parfois Facebook, et c'était aussi amusant. C'était un excellent moyen, par exemple, la soirée des Oscars, je n'écris pas l'article sur les Oscars pour le Globe and Mail, mais je peux toujours communiquer avec les gens qui regardent les Oscars et offrir mes réflexions et <rire>,

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Marsha Lederman : vous savez, parfois des choses inattendues se produisent et vous pouvez y répondre immédiatement. Et donc ce sont quelques-unes des bonnes façons dont j'ai utilisé Twitter dans le passé et que je continue à l'utiliser. Et Facebook aussi, dans une moindre mesure. Aussi, je veux juste dire, M. Nenshi, Monsieur le Maire, c'est bizarre d'utiliser votre prénom, je ne peux pas m'y habituer.

Naheed Nenshi : Vous pouvez utiliser Naheed. <Rire>

Marsha Lederman : D'accord. Vous êtes l'une des meilleures personnes à interroger. Vous êtes toujours si intelligent et charmant et honnête et franc. Donc je veux juste que ça soit dit.

Naheed Nenshi : Non, c'est très gentil. Merci. <Rire> et je parle trop.

Vanessa Vermette : <Rire> bon, ce n'est pas un problème.

Marsha Lederman : Ce ne serait pas un échange sur Twitter. Nous irions probablement l'un contre l'autre.

Naheed Nenshi : Oui.

Vanessa Vermette : Oui, plus de politique dans des phrases complètes, je pense.

Naheed Nenshi : J'essaie toujours.

Vanessa Vermette : <Rire> continuez, continuez l'effort.

Naheed Nenshi : Peut-être que je peux sauter un peu et parler de ce qui s'est passé, selon moi, à partir de 2015, où nous sommes arrivés à une sorte de situation de tribalisme dans laquelle nous nous trouvons maintenant. Maintenant, j'ai besoin que tout le monde, si les gens travaillent toujours à domicile; la fonction publique fédérale travaille-t-elle toujours à domicile?

Vanessa Vermette : Pour la plupart, oui. Mais il y en a qui sont de retour au bureau.

Naheed Nenshi : Prenez du papier d'aluminium et fabriquez votre chapeau en papier d'aluminium. Parce que ce que je suis sur le point de dire ressemblera un peu à une théorie du complot, mais cela s'est réellement produit, les histoires les plus étranges se sont réellement produites. Et ce qui s'est passé à partir de 2015 environ est le double. La première chose est que les politiciens et les stratèges politiques ont réalisé est qu'ils pouvaient en fait utiliser les médias sociaux, en particulier Twitter, mais vraiment tous les médias sociaux pour plaire aux gens afin de créer des communautés, ce qui est normal. Cela arrive. Je veux dire, je l'ai fait. Je n'étais pas vraiment en train de plaire aux gens, mais j'essayais de rendre les gens plus enthousiasmés par l'endroit où ils vivent et les possibilités pour leur propre communauté à l'avenir. Mais quelque chose d'un peu plus néfaste s'est produit. Vous vous souvenez peut-être du scandale autour d'une société appelée Cambridge Analytica. On en a beaucoup parlé à l'époque, mais étrangement, je ne pense pas, parce que cela ressemble trop à un complot, qu'on a vraiment expliqué ce qui s'est passé et quel était le but.

Je vais vous le dire. Des personnes très intelligentes de cette société ont découvert qu'elles pouvaient utiliser l'intelligence artificielle et des algorithmes d'apprentissage automatique pour examiner les publications de Marcia Lederman sur les médias sociaux et faire tout un tas d'hypothèses sur qui elle est, ce qu'elle achètera, sur quoi elle travaillera. Il s'agit d'un marché en ligne très ordinaire. Je suis professeur de marketing de profession. C'est donc, vous savez, formidable pour le monde du marketing. Et donc, ce que Cambridge Analytica a fait, c'est qu'elle a utilisé une technologie de pointe, et elle n'est pas la seule à l'avoir fait, mais elle est la plus connue pour ce que j'appellerais des fins assez néfastes. Donc, vous voyez des gens qui sont généralement contre le gouvernement, contre la communauté, les gens en colère sont traditionnellement des solitaires.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Vous avez des groupes néonazis et des organisations suprématistes blanches, mais généralement ce sont des solitaires. Et ils ont le sentiment que personne ne les comprend, que le monde est contre eux. Et ils ne votent assurément pas, parce que tout gouvernement est corrompu et mauvais. Donc, ce qu'Analytica a compris, c'est que si elle pouvait utiliser l'empreinte des gens sur les médias sociaux pour déterminer les personnes qui pourraient être, je vais être direct, des haineux, des racistes et autres, elle pourrait utiliser cette information. Et la plupart des gens savent que c'est ce qu'elle a fait. Ce qu'ils ne savent pas, c'est la partie suivante. Et la partie suivante, c'est qu'elle a créé des groupes en ligne pour que ces gens s'y rassemblent et elle a diffusé des messages de plus en plus radicaux, ainsi que des messages de vote. Ainsi, un groupe qui n'avait jamais voté auparavant est soudainement devenu très engagé dans la politique et a affiché des pourcentages de vote très élevés. C'était en somme la radicalisation de personnes déjà radicales. Et je n'ai pas besoin de dire à quelqu'un qui habite à Ottawa, Vanessa, ce qui s'est passé?

Vanessa Vermette : J'allais juste vous poser une question sur, vous savez, l'incidence de ce que nous venons de voir avec les protestations du convoi et, en quelque sorte, comment nous voyons que cet extrémisme et cette polarisation se développent de plus en plus.

Naheed Nenshi : Et donc ces gens, c'est une situation triste et difficile. Et j'ai gardé quelques-uns de mes amis sur Facebook qui sont en quelque sorte de ce monde sur ma page Facebook pour observer leur radicalisation continue. Et si je peux dire une autre chose controversée, une chose dont nous devons parler au Canada et dont nous ne parlerons jamais, ce n'est pas la radicalisation des jeunes hommes musulmans, sur laquelle on me pose constamment des questions. Il faut parler de la radicalisation des Blancs. Et je ne pense pas que nous le ferons un jour. Je ne pense pas que nous soyons assez courageux. Mais ce qui est triste dans toute cette situation, c'est que ces gens croient sincèrement qu'ils sont majoritaires, que tout le monde est d'accord avec eux. Et j'écoutais des entrevues avec certains des membres du convoi dans la nuit, la police est venue, des journalistes se tenaient là pendant que la police arrivait, discutant avec les gens. Et ces gens, ils ne faisaient pas semblant. Ils étaient vraiment surpris et choqués que la police ait un autre travail que de les protéger.

Vous savez, ils pensaient en fait que tout le monde était d'accord avec eux. La police est de leur côté. Le seul qui est contre eux, c'est le premier ministre, et toute leur vision du monde était basée là-dessus. Et ironiquement, ils appellent tout le monde des moutons, mais ils sont tombés dans un monde où si une source en qui ils ont confiance dit quelque chose, ils l'acceptent sans poser de questions. Et donc c'est un vrai défi, et je sais que nous parlons des médias sociaux, mais le défi est que cela se reflète aussi dans la vraie vie. Et c'est là que nous avons un problème très important avec notre communauté dans son ensemble, où les médias sociaux ne sont qu'un miroir de cette communauté, plus qu'un problème en soi. Et je suis très inquiet à ce sujet. Je suis très inquiet de ce qu'il faut pour ramener le sens de la communauté. Je vais vous dire qu'au milieu de la gestion de la pandémie il y a deux ans, au début de la pandémie, j'ai en fait ressenti un peu d'optimisme, parce que je sentais que, bon, la pandémie nous rassemble. Nous faisons tous des sacrifices les uns pour les autres. Et cela nous rappelle, comme l'ont fait les inondations à Calgary en 2013, notre capacité à pouvoir travailler ensemble en tant que communauté, mais à mesure que la pandémie avançait, alors que les gens étaient légitimement épuisés, car ils perdaient pied, la pandémie bouleversant tout ce que nous savions sur la communauté et la société, les choses ont empiré.

Marsha Lederman : Puis-je dire quelque chose sur les chambres d'écho, car elles fonctionnent de deux manières? Il y a la chambre d'écho...

[Marsha Lederman apparaît en plein écran]

Marsha Lederman : ... dont Naheed parle à propos de ce groupe vraiment radical qui, je pense, ressent les choses d'une manière très différente de, je suis sûre, nous trois, je pense, mais il y a aussi la chambre d'écho de ce que peut-être serait appelé « la gauche » par ce groupe.

Vanessa Vermette : La classe de l'ordinateur portable.

Marsha Lederman : La classe de l'ordinateur portable. Oui. Bien que la plupart des gens aient des ordinateurs portables à ce stade, du moins ici. Mais nous sommes aussi dans notre propre chambre d'écho, et je pense que quelques choses se sont produites qui nous ont fait réaliser à quel point les choses étaient absolument différentes en dehors de notre propre bulle, notre bulle libérale, l'élection de Donald Trump. Oh mon Dieu. Qui aurait pu penser que cela se produirait en se basant sur tous ceux à qui nous avons parlé, pas seulement en personne, mais dans nos cercles de médias sociaux.

Et puis, je pense de nouveau, on l'a vu avec le convoi, avec les manifestations des camionneurs, on a vu tous ces gens sortir du bois et pour nous, parce qu'on est dans nos bulles, à écouter les autres dire les mêmes choses que nous lisons, les mêmes nouvelles que nous lisons – les vraies nouvelles. Et tout à coup, vous avez tous ces gens qui pensent autre chose. C'est vrai que leur nombre n'est pas aussi grand qu'on pourrait le penser si jamais vous gazouillez quelque chose et obtenez des réponses de leur part. Mais je pense que la chambre d'écho est un endroit dangereux et c'est dangereux pour nous, parce que nous devons regarder en dehors. Et c'est super que vous connaissiez, que vous gardiez quelques amis sur Facebook qui font partie, vous savez, des anti-vaccins ou quoi que ce soit, quelle que soit la manière dont vous voulez les catégoriser. Mais j'ai du mal à lire une bonne partie de ce qui se dit dans ces groupes. Et je me suis retrouvée à ne plus suivre pas mal de personnes, ce qui est dangereux. Vous devez savoir ce qui se dit, ce qui se passe.

[Vanessa Vermette apparaît en plein écran] :

Vanessa Vermette : Oui, absolument. Et je veux dire, vous avez tous les deux été la cible, je pense, d'un vaste harcèlement en ligne au cours de votre carrière et de vos interactions publiques en ligne. Pouvez-vous nous parler un peu, nous allons commencer de nouveau avec vous, Marsha, puisque vous venez d'évoquer,

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Vanessa Vermette : de certaines des expériences négatives que vous avez eues sur les médias sociaux, l'incidence que cela a eu sur vous et peut-être certaines stratégies que vous avez élaborées pour y faire face.

Marsha Lederman : Bien sûr. Je vais rester sur la manifestation des camionneurs, parce que c'était pour moi la pire expérience que j'ai eue. Je suis sûre que Naheed a eu des expériences bien pires, mais ça, c'était absolument bizarre, surréaliste et très bouleversant au point où j'ai envisagé de quitter les médias sociaux, et j'y pense encore.

[Marsha Lederman apparaît en plein écran]

Marsha Lederman : La première fin de semaine de ces manifestations, j'ai été un peu surprise de les voir ici à Vancouver. Et j'ai gazouillé quelque chose sur le fait que le drapeau canadien devenait le symbole de quelque chose qui me mettait mal à l'aise et, oh mon doux, les réponses n'ont pas manqué! Et les réponses ont été vraiment intéressantes. Beaucoup de réponses étaient formulées exactement de la même manière, souvent à partir de comptes qui ressemblaient à « Bob065302 » avec un drapeau américain et peut-être un drapeau canadien et elles étaient méchantes, vraiment méchantes.

Et puis, la deuxième semaine, je n'arrive pas à croire que j'ai refait ça, mais j'ai décidé de gazouiller quelque chose de nouveau. Et si j'ai le temps, j'aimerais simplement expliquer pourquoi. Le gazouillis était « J'étais sur le point de sortir pour faire une course ». J'allais chercher un morceau de pizza pour mon fils de 13 ans. Et il m'a dit, si tu vois des camionneurs, fais comme si tu n'étais pas juive. Et j'ai décidé de gazouiller ça, ce qui, vous savez, m'a fait traverser une sorte de processus de réflexion. Dois-je gazouiller ça? Ou pas? Je suis sur le point de publier un livre sur l'Holocauste et j'ai résolu d'essayer de faire tout ce que je peux pour dénoncer l'antisémitisme et le racisme. Donc, une partie de moi disait : je fais une bonne chose en diffusant ce gazouillis à tous.

Mon fils a vu qu'il y avait une croix gammée lors du rassemblement à Ottawa. Cela l'a bouleversé en tant qu'enfant juif de 13 ans. Il s'inquiète que sa mère sorte pour un morceau de pizza. J'envoie ce gazouillis et je vais chercher la pizza. Je rentre à la maison et bon sang, j'avais été victime d'un ratio. Et je vais simplement expliquer rapidement ce qu'est le ratio pour ceux qui ne savent pas ce que c'est. Lorsque vous envoyez un gazouillis, quelqu'un peut l'aimer, le partager avec un commentaire ou pas, ou le commenter. Lorsque vous avez beaucoup plus de commentaires que de mentions J'aime – c'est le ratio – vous avez été victime d'un ratio et ces commentaires ne sont généralement pas positifs, je dirai. Et ils étaient horribles. Certains de ces commentaires étaient tout simplement ignobles.

Et j'ai exprimé le contenu de certains d'entre eux dans cette vidéo à laquelle vous avez fait référence plus tôt. On m'a appelée par le mot en P. On m'a appelée par le mot en Y. Le pire commentaire a probablement été quand quelqu'un a accusé mes grands-parents d'être des sympathisants nazis. Mes grands-parents ont été assassinés dans des chambres à gaz. C'était vraiment, vraiment horrible et à vif et fou. C'était une situation de fou.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Marsha Lederman : Et je ne savais pas vraiment quoi faire, vous savez, pour prendre soin de moi à ce moment. J'ai supprimé les notifications de mon téléphone il y a longtemps. Je ne reçois pas un « ding » chaque fois que quelqu'un dit quelque chose sur moi ou utilise mon pseudo. Et puis, vous savez, vous devez tenir compte de la source, car vous savez, « Amy60532 » n'est peut-être pas vraiment Amy et ne l'est probablement pas. Et il y avait quelque chose à laquelle je devais vraiment penser : qui sont ces gens? Et je ne me défends pas. Ça ne sert à rien, absolument à rien. Je ne sais pas si cela a répondu à votre question, mais ce n'est que la chose la plus récente et la plus horrible qui me soit arrivée.

Vanessa Vermette : Oui, absolument. On dirait que vous avez bouclé la boucle, vous savez, en vous engageant à interagir, puis en gardant un peu plus vos distances en fixant des limites à la façon dont vous interagissez sur les médias sociaux. Je ne sais pas ce que vous pouvez faire d'autre, franchement, à part comme vous l'avez dit, supprimer vos comptes, et tout éteindre, parce qu'il y a encore une conversation importante dans cet espace. Mais il y a là aussi beaucoup, beaucoup de négativité. Naheed, avez-vous quelque chose à ajouter à cette question sur votre propre expérience?

Naheed Nenshi : Oui. Eh bien, laissez-moi revenir à ce que Marsha disait à propos de la chambre d'écho. Les chambres d'écho ont, bien entendu, toujours existé. Et même avant les médias sociaux, nous avons tendance à traîner et à parler avec des personnes avec qui nous sommes en sympathie. Et d'une certaine manière, au début des médias sociaux, cela nous a permis de comprendre plus facilement les points de vue des autres, car ils sont juste là. Je n'ai pas besoin d'aller boire un verre avec quelqu'un, n'est-ce pas? Je peux lire ce qu'il pense. Et donc de cette façon c'était très, très positif. Cependant, les deux défis que je vois sont d'abord que les chambres d'écho se traduisent par des actions réelles qui peuvent rendre les gens mal à l'aise à bien des égards. Et je dirai, et je serai franc à ce sujet, qu'il y a des chambres d'écho des deux côtés et les gens de droite ou de la droite radicale diraient, eh bien, BLM est une chambre d'écho. Absolument.

Mais je dirais que la chambre d'écho que nous voyons se développer du côté populiste, et je ne dirai même pas la droite, est beaucoup plus dangereuse. Et la raison en passant pour laquelle je ne dirai pas la droite, c'est parce que la COVID a fait quelque chose de bizarre. Et en tant qu'observateur politique, si vous pouvez être détaché à ce sujet, ce sera intéressant de voir si cela dure,

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : ce qui est une véritable unité entre beaucoup de gens qui seraient considérés comme de la gauche traditionnelle et beaucoup de gens de la droite traditionnelle. Combien de temps cela peut-il durer? Mais peut-être que ce sera le cas. Peut-être parce que j'ai toujours dit que la gauche et la droite sont des constructions artificielles, qui ne signifient rien pour personne. Peut-être avons-nous découvert une nouvelle façon de rassembler les gens. Donc, c'est la première chose, le fait que cela se traduit dans la vraie vie.

La deuxième chose est qu'il y a beaucoup de choses fausses.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Naheed Nenshi : Donc « Amy608749 » n'est pas une vraie personne. Et les algorithmes sont suffisamment intelligents pour qu'elle ou lui puisse ressembler à une vraie personne. Donc, vous savez, quand je me suis présenté aux élections en 2010, il n'y avait vraiment pas de racisme à proprement parler dans cette campagne. La question de ma foi a été soulevée exactement deux fois, lorsque j'ai eu un incident de vandalisme à mon bureau de campagne, ce qui arrive, mais c'est arrivé le 11 septembre. Et donc la question était : étaient-ce des abrutis ou des abrutis racistes?

Vanessa Vermette : Oui.

Naheed Nenshi : C'était en fait une bonne chose, parce que j'ai fini par avoir ma plus grande donatrice individuelle ce jour-là, parce qu'elle se sentait si mal, une membre de la communauté juive qui a dit « bon, ce n'est pas la ville dans laquelle je vis », et elle a recueilli beaucoup d'argent pour moi dans cette communauté, soit dit en passant, après cela.

Mais vous savez, c'est arrivé une fois, mais la deuxième fois, c'est quand le Calgary Herald a publié un article. Et, vous savez, incidemment, quand vous vous présentiez aux élections dans le passé, je pense que c'est toujours comme ça, Marsha, me direz-vous, mais vous deviez rencontrer le comité de rédaction du journal. Et ils décident, vous savez, s'ils vont ou non vous soutenir, mais il y a aussi un ou une journaliste dans la salle. Et donc il ou elle va vous poser une tonne de questions. Et elle, dans mon cas, va écrire un article sur vous, un profil. Et c'est la seule chose que vous obtenez pendant l'élection qui ne concerne que vous. Tous les autres articles doivent traiter de tous les candidats. Et dans ce cas particulier, après une longue et ardue réunion avec le comité de rédaction, où on m'a interrogé sur les transports en commun, les taxes foncières et l'entretien des routes, elle m'a posé une question à laquelle je ne m'attendais pas.

Et la question était : pensez-vous que Calgary est prête pour un maire musulman? Et j'ai été un peu choqué par la question. Et j'ai dit, eh bien, vous savez, en grandissant, je n'ai jamais, une seule fois dans ma vie, pensé qu'il y avait un emploi qui m'était fermé à cause de ma foi, en dehors de rabbin. Et nous avons juste continué, n'est-ce pas? Mais le seul profil de moi qui a été écrit dans le journal, le titre était « enfant ethnique, prêt à être maire » ou quelque chose comme ça. Et tout cela concernait ma foi. Et elle a interrogé des musulmans au hasard qui ne me connaissent même pas dans différentes parties du pays au sujet de ma foi. Et c'était vraiment quelque chose. Et en passant, je dois souligner que c'est une journaliste hors pair. Elle continue d'être une journaliste hors pair. Elle avait passé beaucoup de temps en Afghanistan. Elle a juste pensé que c'était un angle intéressant et elle s'est sentie coupable à ce sujet probablement depuis le jour où il a été publié.

Et je lui ai dit il y a longtemps : vous aviez fait ce que vous pensiez être juste. Il n'y a pas de problème. Mais la rédaction a reçu plus de plaintes concernant cet article que tout ce qu'elle avait jamais publié au cours des deux années précédentes.

Vanessa Vermette : Ouah.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Parce que les gens ont dit : nous ne nous soucions pas de sa foi. Nous nous soucions de ce qu'il va faire pour les nids de poule, je fais en sorte que ça sonne très idyllique. Ce n'était pas aussi idyllique, mais les questions de racisme et d'islamophobie ne se sont jamais vraiment posées. Et je me souviens qu'à un moment donné, j'ai eu un débat avec l'un des membres de mon équipe pendant des semaines sur la question de savoir si nous devrions interdire un gars de notre page Facebook qui était en quelque sorte un abruti. Et bien sûr, au fur et à mesure que les choses ont avancé, les attaques raciales sont devenues quotidiennes, quand j'étais encore politicien, l'interdiction était à l'heure <rire>. Et finalement, ce que j'ai fait il y a environ un an, c'est que j'ai désactivé les réponses sur mon compte Twitter.

Certaines personnes m'envoient encore des gazouillis pour dire : comment oses-tu, espèce de lâche. Et je veux dire, et je ne peux pas, même si je ne suis qu'un politicien à la retraite, je ne suis pas un lâche. Je n'ai pas peur de vous. Simplement, vous ne m'intéressez pas. <Rire>

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Naheed Nenshi : Et je me fiche de ce que vous pensez. Mais ce qui s'est passé, c'est que tous les comptes « Lisa07494 » viennent de disparaître. Comme les gens doivent maintenant faire une action supplémentaire pour me répondre, un clic supplémentaire, cela a en fait supprimé tous les robots. Et oui, cela a conduit à moins de mobilisation, mais la raison, donc je n'ai pas terminé mon histoire – j'ai été le seul à avoir le mot de passe Twitter pendant longtemps. Et je suis de nouveau le seul à avoir le mot de passe Twitter, maintenant que je suis à la retraite, mais pendant quelques années, je ne l'utilisais plus.

Quelqu'un d'autre l'a géré. Et nous l'avons utilisé comme une télévision. C'était juste « l'horaire de printemps des paniers verts commence la semaine prochaine ». Et la raison en était que lorsque je continuais à essayer de répondre à la question légitime de quelqu'un, vous savez, il disait : quand commence l'horaire de printemps des paniers verts? Et je n'ai jamais dit : il suffit de chercher sur Google. Voici le lien. N'est-ce pas? Et ça commence ce jour-là. Mais alors tout un tas de gens m'envoyaient des choses désagréables sur la façon dont les paniers verts font partie du complot mondial de la 5G contre le secteur pétrolier et gazier. Mais le fait est qu'ils mettaient en copie la pauvre personne qui avait posé la question, n'est-ce pas? Ainsi, son fil d'actualités se remplissait de bêtises. Et c'est la raison pour laquelle j'ai arrêté, parce que je pensais qu'il n'était tout simplement pas juste que ces gens voient leur fil d'actualités corrompu de cette façon, car cela rendait les médias sociaux moins amusants pour eux. Et donc maintenant j'y reviens rarement, je ne les lis pas beaucoup, mais de temps en temps je fais des commentaires. Je passe beaucoup de temps sur Facebook, mais mon premier compte Facebook personnel est verrouillé. C'est donc comme Facebook en 2010. Je vois des photos des enfants des gens et je dis joyeux anniversaire à mes amis, vous savez, et j'ai des amis qui publient une blague quotidienne ou une distraction quotidienne. Donc j'aime ça, parce que ça ressemble à une communauté, mais c'est verrouillé. Mes paramètres de confidentialité sont stricts et je n'accepte pas les demandes d'amis de personnes que je ne connais pas. Cela m'a donc aidé à essayer de récupérer un peu de ce qui est bon, mais cela n'a certainement pas aidé à résoudre les problèmes plus importants et plus existentiels ici.

Vanessa Vermette : Absolument. Et je veux dire, vous nous avez parlé un peu de la façon dont vous gérez les médias sociaux maintenant, aujourd'hui dans votre vie actuelle. Je me demande si vous pourriez nous dire un peu comment votre utilisation des médias sociaux et la mobilisation du public ont changé de la campagne à la gouvernance lorsque vous êtes devenu maire?

Naheed Nenshi : Vous savez, il y a là une question plus profonde, n'est-ce pas? Et la question plus profonde est de savoir comment passer de la campagne à la gouvernance. Et donc l'une des choses intéressantes pour moi, c'est que j'ai été pendant longtemps un critique dans le meilleur sens de ce terme du gouvernement municipal précédent, j'étais de facto le chroniqueur de l'hôtel de ville pour le Calgary Herald.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : J'avais une chronique à la radio de la CBC et j'avais été assez critique et beaucoup de gens m'ont demandé, car il semblait que je pourrais gagner cette élection : Comment allez-vous maintenant gagner le soutien des personnes envers lesquelles vous avez été si critique? Et donc la seule chose qui a vraiment changé dans mon esprit, c'est que j'ai maintenant 15 000 collègues qui comptent sur moi tous les jours – des gens qui conduisent le bus et les camions à ordures, des policiers et des pompiers, etc.

Et je n'ai pas à être d'accord avec tout ce que fait la Ville. Mais maintenant, j'ai la capacité de le changer. Je ne peux donc pas me contenter d'être critique tout le temps, et je dois aussi être lié par la loyauté envers les femmes et les hommes qui viennent travailler tous les jours. C'était donc une étape très importante pour moi. Mais beaucoup de gens m'ont dit : bon sang, vous savez, où sont passées vos flammes? La bonne nouvelle est que je ne suis pas censuré dans le meilleur des cas.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Naheed Nenshi : Donc, les flammes étaient toujours là, mais vous devez vraiment comprendre que même si vous n'êtes pas d'accord avec la décision au gouvernement municipal, c'est vraiment critique, car il n'y a pas de gouvernement, il n'y a pas d'opposition. Vous savez, à Vancouver, dans le Lower Mainland et dans certaines parties du Québec, il y a des partis politiques au niveau municipal, mais dans la majeure partie du Canada, il n'y en a pas.

Et donc j'ai 15 personnes, qui me mettent souvent en minorité. Je ne peux accomplir quelque chose que si huit ou sept d'entre elles sont d'accord avec moi, super. Mais une fois que le conseil a pris une décision ou une fois que la ville a fait une action, mon travail consiste à la défendre. Parce que je dois expliquer pourquoi c'est arrivé, même si je n'étais pas d'accord avec ça. Donc, parfois, je disais, écoutez, je n'étais pas d'accord avec cela, mais je vais vous dire pourquoi le conseil a voté pour cela et ce qu'il en pensait. Et donc l'utilisation des médias sociaux pour moi, devait devenir beaucoup plus comme ça. Et je pense que, vous savez, vous obtenez beaucoup d'avantages lorsque vous êtes au pouvoir, vous arrivez à être au pouvoir, mais vous devez abandonner certaines choses. Et l'une des choses que vous devez abandonner, c'est que vous devez avoir une certaine grâce dans le travail que vous faites, une certaine magnanimité et vous ne pouvez que relever, jamais rabaisser. Et je pense que trop de politiciens ont été corrompus par le discours et ont oublié cette règle.

Vanessa Vermette : Eh bien, en fait, vous touchez à ma prochaine question pour vous deux. Je voudrais vous entendre tous les deux sur le thème de la confiance, qui est, vous savez, un thème clé de l'événement d'aujourd'hui. Et parler de quel rôle pensez-vous que les médias sociaux jouent dans l'établissement de la confiance avec votre public ou, au contraire, dans la destruction de la confiance? Parce que je pense que nous avons vu les deux cas. Quel rôle jouent-ils dans l'établissement de cette confiance avec votre public ou sa détérioration? Nous allons donc commencer de nouveau avec vous Naheed.

Naheed Nenshi : Je pense que la confiance est le problème le plus important auquel nous sommes confrontés dans notre communauté aujourd'hui. La confiance des gens dans les politiciens, dans les institutions, dans les journalistes est...

Vanessa Vermette : Dans le gouvernement.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Et dans le gouvernement est sérieusement en déclin et nous devons arrêter cela. Nous devons arrêter et renverser cette tendance, car une société qui n'a pas confiance est une société qui ne peut pas fonctionner. Et donc, cela consiste en partie à examiner les causes profondes de ce qui cause cette baisse de confiance. Et il y a beaucoup de choses tactiques ici autour des médias sociaux, autour de la façon dont nous avons des conversations, mais il y a aussi quelques problèmes plus profonds. Et nous devons réfléchir à la manière de les résoudre. Par exemple, le pays n'a jamais été aussi riche qu'il ne l'est maintenant, mais la plupart des gens ne se sentent pas plus riches. Donc, ce qui s'est passé, vous savez, le ministre des Finances peut continuer à parler des chiffres incroyables de l'économie, mais si les gens ne ressentent pas cela lorsqu'ils vont faire leurs courses, c'est un problème. Donc, si je puis me permettre d'avoir l'air très à gauche pour un instant, quelque chose dont nous ne parlons plus, parce que c'est démodé, c'est la question de l'inégalité des revenus, mais c'est un très gros problème.

Et la concentration de la richesse parmi les très rares personnes les plus riches de notre communauté n'est pas quelque chose qui existe depuis toujours. C'est un phénomène récent et c'est d'ailleurs un phénomène qui a été conçu ainsi. Les mécanismes par lesquels nous fixons la rémunération des dirigeants, où les entreprises veulent être au 60 ou 65e centile de leur groupe de pairs, il suffit de faire le calcul. Cela signifie automatiquement que la rémunération va augmenter de plus en plus. Lorsque j'ai obtenu mon diplôme universitaire, il n'y a pas si longtemps, le PDG moyen gagnait 20 à 50 fois ce que le travailleur moyen gagnait dans son entreprise. Maintenant, il gagne 400 fois plus que le travailleur moyen. C'est un phénomène récent et nous devons déterminer la façon de nous y attaquer afin que les gens puissent sentir qu'ils ont réellement un intérêt dans leur communauté et que leur communauté a un intérêt en eux. De même, nous avons appris au début de la COVID la façon dont nous avions structuré notre système de soins de longue durée, à laquelle de nombreuses personnes, même si elles ont des membres de leur famille en soins de longue durée, n'y avaient probablement pas pensé, mais l'ensemble du système des soins de longue durée dans la plupart des provinces est basé sur un système où le gouvernement paie à un exploitant privé ce qu'il en coûterait au gouvernement pour exploiter cet établissement.

Et l'exploitant privé gagne de l'argent sur la différence entre ce que cela coûterait au gouvernement et ce qu'il doit lui-même payer. Alors, comment fait-il cela? Il le fait en employant des travailleurs à temps partiel, en dévalorisant les travailleurs, en ne leur accordant pas d'avantages sociaux. Et presque tous ces travailleurs sont des femmes. Presque tous sont racisés. Et nous avons conçu un système où ils sont venus au Canada et nous leur avons donné la possibilité de venir au Canada, parce qu'ils ont été formés dans un domaine, et dès qu'ils sont arrivés ici dans le meilleur leurre au monde, nous avons dit : eh bien, vous ne pouvez pas réellement travailler dans votre domaine, mais vous pourriez envisager un travail à temps partiel dans les soins de longue durée. Et donc ils sont dans un système où ils font le travail tous les jours sans espoir d'avancement et sans espoir de changement, sauf pour leurs enfants. Et, de nouveau, cela a été conçu ainsi. Ce n'est pas seulement la nature humaine. Et donc pour que nous puissions reconstruire cette confiance, nous devons vraiment remédier à ce que nous avons fait aux gens pour leur faire perdre confiance dans la façon dont nous avançons. Nous pouvons donc nous plaindre des fausses nouvelles et de la façon dont cela a détruit l'intérêt pour le vrai journalisme, et c'est un vrai problème et c'est quelque chose que je partage vraiment, mais nous devons aussi nous demander pourquoi les gens sont attirés par cela en premier lieu? Et c'est parce qu'ils vivent des vies où ils ne voient plus l'espoir qu'ils avaient autrefois, et ils cherchent des boucs émissaires.

[Vanessa Vermette apparaît en plein écran]

Vanessa Vermette : Et peut-être que les médias sociaux ont rendu toute cette inégalité et cette injustice plus visibles. N'est-ce pas?

[Marsha Lederman apparaît en plein écran]

Marsha Lederman : Et c'est aussi, je veux dire, que cela a alimenté la capacité de briser la confiance existante. Et je suis d'accord avec tout ce que vous venez de dire, absolument tout, mais je dirai que lorsqu'il y a des groupes de personnes qui ont intérêt à créer une sorte de rupture de la confiance qui existe entre une population et les médias, par exemple, et ils ont un outil aussi efficace que Twitter et Facebook avec vous savez, je vais utiliser le terme « robots », mais ce sont des campagnes organisées comme nous venons de l'entendre il y a quelques minutes et vous avez la capacité d'alimenter la méfiance et d'envoyer de l'information suspecte, ou non suspecte, mais en fait inexacte, mais qui amène le lecteur à remettre en question le journalisme réel qui existe, l'information réelle, la science comme nous l'avons bien entendu, c'est-à-dire que c'est un énorme problème. Et oui, je pense que le système est cassé. Je pense que les médias sociaux ont contribué à alimenter cela de manière énorme et effrayante. Et je ne sais pas vraiment comment les médias sociaux peuvent la ramener. J'ai l'impression qu'il est déjà trop tard.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Vanessa Vermette : Oui. Ce que vous venez de dire m'a fait penser à ce livre marquant Les Marchands de doute, souvenez-vous, à propos de l'industrie du tabac. Et maintenant, il semble que nous ayons des millions de marchands de doute, aidant les gens à remettre en question tout ce qu'ils pourraient voir en ligne et ayant vraiment l'impression qu'ils ne peuvent pas faire confiance à l'information qu'ils rencontrent, ce qui est assez effrayant.

Marsha Lederman : Oui. Vous le voyez, pas seulement à partir de ces éléments organisés, vous savez, qui ont incité les gens moyens à sortir, à s'élever contre le vrai journalisme, le bon journalisme. Je le vois tout le temps. La façon dont mes collègues sont attaqués pour avoir fait des reportages sur les vaccinations ou quoi que ce soit à voir avec la COVID ou en fait quoi que ce soit à voir avec quoi que ce soit maintenant. Cela donne une idée de la gravité de la situation. Donc je pense que c'est passé de ce genre de campagne organisée à les gens qui ont maintenant le sentiment que, oh ouais, je peux le faire, les coudes levés. Je vais leur montrer aussi de quoi je suis capable. Et c'est très méchant.

Naheed Nenshi : Oui. Cela dépend en grande partie de votre hypothèse de base sur les gens. Et je dois vous dire que la mienne est un peu secouée, parce que j'ai toujours cru que les gens sont intrinsèquement bons et feront ce qui s'impose, quelle que soit leur partisanerie. Mais ce que nous voyons est exactement ce que Marsha met en évidence, c'est que les gens font ressortir les côtés sombres de leur nature. Nous vivons dans une société où les gens perdent leur honte ou leur capacité à respecter les normes sociétales, c'est de l'auto-indulgence.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Et donc la question est : jusqu'où cela va-t-il aller? Ou cela frappera-t-il un mur de « mais les gens sont convenables? » Et je ne connais pas la réponse à cela. J'aurais aimé la connaître, mais je vous dirai que le groupe que nous avons un peu oublié ici ce sont les vrais politiciens, car il y a beaucoup, beaucoup de politiciens qui voient beaucoup de gains à court terme à alimenter ce problème. Puis ils paniquent quand ça revient pour les mordre, parce qu'ils ne connaissent pas les monstres qu'ils ont laissés sortir du placard. Nous voyons donc ces longs jeux se dérouler dans de très nombreux endroits. Et c'est épuisant, car on a l'impression qu'il faut se battre sur plusieurs fronts en même temps, mais il faut le faire, car sans cela, on ne pourra pas résoudre les problèmes. Alors, laissez-moi essayer de passer à un ton plus optimiste.

[Vanessa Vermette apparaît en plein écran]

Vanessa Vermette :<Rire> Je vous en prie. Parce que je ne veux pas laisser nos auditeurs, nos téléspectateurs, sur ce ton. Nous allons donc essayer de changer de ton pendant que nous concluons.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Permettez-moi de commencer par le fait qu'il n'y a aucun endroit au monde où je préférerais avoir ces conversations qu'ici au Canada. Nous bénéficions, et je ne dis pas seulement cela à cause de ce public, nous bénéficions d'une fonction publique incroyablement professionnelle, d'un gouvernement stable et non idéologique, même quand c'est le cas, si cela a du sens.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Naheed Nenshi : Et nous bénéficions du fait que nous avons le multiculturalisme et le pluralisme comme politique gouvernementale officielle depuis 50 ans maintenant, depuis que je suis en vie. Et donc il n'y a nulle part où je veux être plus qu'ici pour résoudre ce problème. Je préférerais de loin être ici plutôt que dans la plupart des pays d'Europe, plutôt qu'avec nos voisins du Sud pour avoir cette discussion. Et oui, malgré tout ce qui s'est passé à Ottawa et ce qui se passe toutes les fins de semaine à Calgary, dans les rues, nous avons les taux de vaccination les plus élevés au monde, nous avons parmi les taux de mortalité les plus bas au monde liés à la COVID, ce qui montre que les gens lorsqu'on leur demande faire ce qui s'impose feront ce qui s'impose et prendront soin les uns des autres en faisant cela.

Donc c'est vraiment important. Et cela rend la vie meilleure ici. Et l'autre chose que je dirai, c'est que je ne sais pas quelle est la solution. Je ne sais pas où nous essayons d'aller. Je ne sais pas à quoi ressemble la lutte contre le racisme, par exemple, mais je sais en quelque sorte comment y arriver. Je sais en quelque sorte quel est le chemin et le chemin est vraiment autour du service. C'est autour de « seva ». C'est un mot sanskrit que tout le monde à Calgary connaît, mais il s'agit d'avoir ce service et de s'assurer que nous cherchons tous des moyens de bâtir ensemble la communauté, individuellement et collectivement. C'est vraiment tout. Et je pense que les moments de crise nous rappellent le service, mais qu'en définitive chacun de nous a la capacité d'opérer ce genre de changement.

Vanessa Vermette : J'aime que ce soit vraiment optimiste et ça remplit mon cœur d'entendre cela, c'est vraiment une belle réflexion.

Naheed Nenshi : Je devrais en fait vous dire rapidement que j'ai lancé un programme quand j'étais maire, que j'ai ramené chez moi, que j'ai littéralement ramené chez moi, parce que la seule manifestation physique de celui-ci est une figurine géante en mousse, qui vit dans mon sous-sol à l'heure actuelle. Et la figurine en mousse est le numéro trois, et c'est un programme que j'ai lancé à Calgary, puis étendu dans l'ensemble du pays pour le sesquicentenaire du Canada, toujours mon mot préféré à dire en 2017, c'est plus amusant en français, sesquicentenaire. Mais c'est trois choses pour le Canada. Et l'objectif est incroyablement simple. Nous demandons simplement à chaque Canadien de faire au moins trois actions de service communautaire chaque année, cela pourrait être quelque chose de petit – déblayer l'allée de votre voisin, cela pourrait être quelque chose de grand, se charger du programme d'études de l'Alberta. Peu importe que ce soit grand ou petit, il importe juste que ce soit du seva, du service. Et finalement je pense que c'est comme ça que nous nous en sortirons, parce que c'est ce qui nous rappelle notre humanité et notre responsabilité les uns envers les autres.

Marsha Lederman : Puis-je dire quelque chose sur l'éducation, parce que l'éducation est si importante et comme vous, je regarde ces histoires qui viennent, vous savez, en grande partie des États-Unis et je suis absolument consternée – vous interdisez le roman graphique Maus d'Art Spiegelman roman graphique sur le sujet de l'Holocauste, parce qu'il y a de la nudité dedans. C'est absurde, vous ne pouvez pas y croire. Mais j'ai un enfant de 13 ans et le niveau de connaissance des médias parmi cette génération est très élevé. Il descend le matin et me dit des choses sur les nouvelles qu'il voit sur TikTok. Il les voit avant moi, et je suis accro aux infos. Et il a également la capacité, en général, de couper court aux conneries. Il peut voir quand quelqu'un offre de fausses nouvelles dans l'une de ces vidéos. Et il y a beaucoup de fausses nouvelles sur TikTok, je suis désolée de le signaler. Mais il en est conscient. Et je pense que les jeunes sont très intelligents. J'ai l'impression qu'ils sont tellement plus intelligents que nous ne l'avons jamais été, tellement plus conscients de ce qui se passe. Et j'ai beaucoup de foi dans le fait qu'ils vont être capables de couper court aux bêtises et aux mensonges, et j'espère la haine, et faire quelque chose de mieux avec ce monde, parce que c'est, je veux dire, c'est en fait, nous sommes en crise maintenant et nous sommes sur le point de transmettre une situation très troublée aux jeunes. Je pense qu'ils pourront aider. Vraiment.

Vanessa Vermette : Oui, ils vont certainement être mieux équipés que nous pour s'attaquer à ces problèmes en tant que personnes qui ont mariné dans l'environnement numérique depuis leur naissance. Donc il y a certainement de l'espoir à cet égard. Il ne nous reste que quelques minutes, alors je voudrais conclure sur un petit conseil que vous pourriez avoir tous les deux pour les professionnels ou, vous savez, les fonctionnaires du gouvernement qui travaillent dans les communications et essaient d'utiliser les médias sociaux comme outil de mobilisation de leur public. Comment peuvent-ils tirer le meilleur parti des avantages de cet outil tout en protégeant leur programme et eux-mêmes des éléments négatifs de celui-ci? Peut-être que Marsha vous pouvez commencer cette fois.

[Marsha Lederman apparaît en plein écran]

Marsha Lederman : Oui, je serai très rapide, parce que nous savons que sinon je ne pourrais pas en placer une. Je dirais numéro un, lisez les médias sociaux. C'est vraiment important. Lisez-les largement, lisez divers domaines des médias sociaux. Ne restez pas dans votre chambre d'écho, votre bulle avec vos amis, lisez-les. Vous n'avez pas à commenter. Ne commentez pas forcément. Cela ne va probablement pas accomplir grand-chose. Et en fait, juste l'autre jour en discutant avec mon attachée de presse de mes inquiétudes concernant mon livre, à propos de l'Holocauste, elle m'a conseillé de ne pas fermer complètement mes réponses, mais de les réserver uniquement aux personnes auxquelles je suis abonnée sur Twitter. Et je pourrais le faire juste pour ma propre santé mentale.

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Faites-le, cela aide à changer le monde, faites-le. C'est exactement ce qu'il faut faire.

[Vanessa Vermette apparaît en plein écran]

Vanessa Vermette : J'ai vu tellement plus de gens faire ça au cours des six derniers mois.

[Marsha Lederman apparaît en plein écran]

Marsha Lederman : Oui, je suis sur le point de le faire. Et donc cela vous aidera à rester en contact, parce que je pense vraiment que Twitter en particulier est extrêmement important, Facebook aussi, pour le discours. C'est là que ça se passe. C'est là que se déroule le débat. Les politiciens les lisent, les journalistes aussi. Vous ne pouvez donc pas vous en détacher complètement. Lisez-les. Vous n'avez pas à commenter.

[Vanessa Vermette apparaît en plein écran]

Vanessa Vermette : Merci, Marsha. Et vous Naheed?

[Naheed Nenshi apparaît en plein écran]

Naheed Nenshi : Je suis entièrement d'accord. C'est exactement ce qu'il faut faire. Restez branché, mais vous n'avez pas à commenter. Demandez-vous : qu'est-ce que mon commentaire accomplira? Vais-je faire changer d'avis cette personne? Non, vous ne le ferez pas. N'oubliez pas que le plus grand mensonge du monde est « mes opinions ne reflètent pas les points de vue de mon employeur ».

Vanessa Vermette : <Rire>

Naheed Nenshi : Parce que les gens découvriront pour qui vous travaillez. Et d'une manière ou d'une autre, cela provoquera un drame et c'est un drame dont vous n'avez tout simplement pas besoin dans votre vie. Mais continuez à travailler dans la communauté, continuez à faire des commentaires sur votre équipe de hockey locale, continuez à faire des commentaires sur ce nouveau restaurant mexicain familial que vous avez trouvé. Parce que cela semble banal, mais ce sont les choses qui construisent la communauté. Et vous savez, ces moments où c'est encore amusant sont les moments où quelqu'un dit : « mon fils de 13 ans a dit la chose la plus loufoque ». Quelle est la chose la plus loufoque que votre adolescent a dite? », et vous savez, des milliers et des milliers de réponses qui vous font rire aux éclats et ces choses existent toujours. Et ces choses sont les choses qui nous rappellent notre humanité, parce que vous avez tous vu ce mème sur les médias sociaux pendant le convoi qui a dit ce qu'ils veulent que nous pensions sur la division de la société...

[Naheed Nenshi fait des gestes tranchants avec ses mains]

et l'œuf est fendu au milieu, puis la division réelle de la société, et le bord de l'œuf est un peu coupé et c'est toujours vrai. Et c'est toujours vrai sur les médias sociaux. Lisez beaucoup, mais ne vous laissez pas abattre. Souvenez-vous que la plupart des gens veulent juste vivre une vie décente et élever leurs enfants dans un monde meilleur que celui qu'ils ont maintenant. Et finalement, je crois toujours au violet. Je crois toujours que c'est cette humanité de base qui prévaudra.

[Vanessa Vermette, Naheed Nenshi et Marsha Lederman apparaissent dans des panneaux de conversation vidéo]

Vanessa Vermette : C'est fantastique. Alors, merci beaucoup. Je vais conclure ici. C'est un excellent ton sur lequel laisser les téléspectateurs, je pense. Merci beaucoup à nos deux incroyables conférenciers invités. Nous vous sommes reconnaissants de nous avoir faire part de vos réflexions, de vos idées sur ce sujet important pour nos téléspectateurs aujourd'hui. Nous tenons également à remercier notre public, qui va regarder cela.

[Vanessa Vermette apparaît en plein écran]

Nous espérons que vous avez apprécié la conversation d'aujourd'hui. Veuillez prendre quelques instants pour nous faire part de vos commentaires à l'École, en utilisant le sondage que vous recevrez après l'événement. Si vous souhaitez en savoir plus sur les médias sociaux et vos responsabilités en tant que fonctionnaires, nous avons un tout nouveau cours virtuel intitulé Utiliser les médias sociaux en tant que fonctionnaire. Vous pouvez constater que dans notre catalogue en ligne, ce cours offre une introduction aux échanges efficaces et responsables sur les médias sociaux et à l'usage du jugement sûr dans ce genre de contexte public ouvert. Abonnez-vous à notre bulletin d'information si vous ne l'avez pas déjà fait. Et nous allons vous revoir bientôt, prenez soin de vous et profitez du reste de votre semaine.

[La conversation vidéo laisse place au logo de l'EFPC.]

[Le logo du gouvernement du Canada apparaît et devient noir.]

Liens connexes


Date de modification :