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Série sur les compétences numériques : Les interactions inclusives (DDN2-A57)

Description

Cet article définit les interactions inclusives, qui constituent l'une des six compétences numériques du gouvernement du Canada, ainsi que ses applications pratiques.

Publié : 25 juin 2025
Type : Article
Collaboratrices : Dolly Theodore-Latchman, Andrea Leduc et l'Académie du numérique de l'EFPC


Groupe composé de personnes d'horizons culturels divers

Série sur les compétences numériques : Les interactions inclusives

Dans le monde d'aujourd'hui axé sur la technologie, l'acquisition d'un ensemble diversifié de compétences numériques constitue un aspect essentiel du perfectionnement personnel et professionnel. En vue d'orienter le perfectionnement personnel et celui des équipes, le gouvernement du Canada a élaboré un cadre fondé sur les six compétences numériques (accessible uniquement sur le réseau du gouvernement du Canada) suivantes : littératie numérique, amélioration continue, intendance de l'information et des données, responsabilité numérique, vigilance en matière de cybersécurité et interactions inclusives. La présente série comprendra six articles, chacun portant sur l'une de ces compétences, et présentera des connaissances utiles et des stratégies pratiques pour vous aider à améliorer ces aptitudes essentielles, ce qui vous permettra de vous orienter dans le monde numérique en toute confiance et de contribuer efficacement à un environnement de plus en plus connecté.

Cette série a été créée en collaboration avec le Bureau du dirigeant principal de l'information afin d'en assurer la conformité aux priorités et pratiques numériques actuelles.

Qu'entend-on par « interactions inclusives » dans le contexte des compétences numériques?

Appliquer la compétence des interactions inclusives dans le domaine du numérique consiste à veiller à ce que les documents, les communications, les sites Web et les formulaires soient accessibles, équitables et utilisables universellement. Par exemple, un document dans lequel le contraste des couleurs est faible ou sans texte de remplacement peut devenir inintelligible pour une personne ayant un handicap visuel. Lorsque l'information présentée en format numérique ou Web respecte les normes d'accessibilité visuelle, tout le monde peut y accéder. De même, des métaphores ou des expressions idiomatiques familières pour une culture donnée, comme « frapper un coup de circuit », peuvent prêter à confusion, voire être dénuées de sens pour une personne issue d'un autre milieu culturel. L'utilisation d'un langage clair et simple et le fait d'éviter les références culturelles garantissent le caractère inclusif et la compréhensibilité universelle des communications.

Pour appliquer le principe d'inclusion à vos interactions, vous devez utiliser des méthodes de communication adaptées, un langage inclusif et des outils numériques accessibles, tout en observant la manière dont vos diverses expériences façonnent vos valeurs et vos comportements. Vous devez prendre conscience de vos actions et de leurs effets sur les autres, et vous attaquer activement aux préjugés et aux suppositions que vous entretenez peut-être.

Figure 1 – La compétence numérique des interactions inclusives

Liste d'habiletés, connaissances et caractéristiques essentiels à la compétence numérique que sont les interactions inclusives : la prise de conscience des préjugés, l'empathie, la communication, l'écoute, la conscience de la diversité et l'orientation vers des services.
Figure 1 – Version textuelle
La compétence numérique des interactions inclusives
Habiletés, connaissances et caractéristiques
Prise de conscience des préjugés
Empathie
Communication
Écoute
Conscience de la diversité
Orientation vers des services

Pourquoi est-ce important?

La compétence numérique des interactions inclusives permet à tous les individus, quelles que soient leur provenance ou leurs capacités, de ne jamais être mis de côté dans les communications numériques. En donnant la priorité à des outils accessibles, à un langage clair et à des pratiques inclusives, cette compétence élimine les obstacles à la participation et favorise l'équité. Elle pousse aussi à prendre conscience des préjugés et à faire preuve d'empathie, ce qui garantit respect et dignité à l'ensemble de l'équipe. En fin de compte, les interactions inclusives permettent aux services publics d'être accessibles et inclusifs pour tout le monde. Elles aident à créer un lieu de travail valorisant et inclusif où chacun et chacune peut contribuer à sa juste valeur.

Comment mettre cette compétence en pratique?

Pour que vos interactions au travail soient véritablement inclusives, il vous faut adopter un état d'esprit qui reconnaisse et valorise la diversité des besoins, des expériences et des points de vue des autres. Autrement dit, il faut aller au-delà de la conformité aux normes d'accessibilité et intégrer activement des pratiques inclusives dans vos échanges quotidiens. Vous devez aussi vous adapter aux besoins des destinataires en fonction de la plateforme et du support de communication utilisé.

Les stratégies suivantes énumèrent des mesures pratiques pour appliquer le principe d'interactions inclusives dans :

  1. les documents,
  2. les communications,
  3. les réunions,
  4. les activités.
Que faire pour améliorer l'accessibilité des documents?
  • Comprendre et utiliser les fonctions de formatage : Utilisez les marqueurs de titres, sous-titres et en-têtes (dans le menu « Styles » de Microsoft Word) pour aider les gens à naviguer dans les documents.
  • Utiliser des outils de vérification de l'accessibilité : Tirez parti des outils intégrés comme le vérificateur d'accessibilité de Microsoft Office (qui se trouve sous l'onglet « Révision » dans Word, Excel et PowerPoint) pour vous assurer que vos documents sont accessibles. Notez toutefois que cet outil ne détecte qu'environ 30 % des problèmes.
  • Informer le lectorat de la présence de changements ou de commentaires en suivi des modifications : Dites-le à l'avance si un document contient des changements ou des commentaires en suivi des modifications; c'est important pour les personnes qui utilisent des lecteurs d'écran.
  • Choisir des couleurs très contrastées : Utilisez des combinaisons de couleurs très contrastées et vérifiez leur accessibilité à l'aide d'outils intégrés afin de garantir la lisibilité.
  • Transmettre l'information autrement que par la couleur : Utilisez des caractères gras ou augmentez la taille de la police pour souligner les concepts importants. Ces stratégies de mise en évidence tiennent compte des personnes daltoniennes.
  • Proposer plusieurs formats : Préparez les documents en différents formats, et rappelez-vous que les fichiers Word sont généralement plus accessibles que les fichiers PDF.
  • Sollicitez de la rétroaction sur l'accessibilité : Demandez aux destinataires de vous faire part de leurs commentaires sur l'accessibilité des documents et consultez les spécialistes du ministère pour apporter les améliorations nécessaires.

Ressources : Exigences et meilleures pratiques d'accessibilité pour Word; Liste de vérification de l'accessibilité des documents PDF; Questions et réponses sur les documents accessibles; Liste de vérification de la conformité des documents; Exigences et meilleures pratiques d'accessibilité pour PowerPoint; Exigences et meilleures pratiques d'accessibilité pour Excel

Que faire pour garantir l'inclusion dans les communications générales?
  • Respecter les préférences linguistiques : Veillez à ce que toutes les communications officielles soient disponibles en français et en anglais, en respectant les préférences linguistiques des personnes avec lesquelles vous travaillez.
  • Mettre les pronoms dans la signature des courriels : Ajoutez vos pronoms à votre signature de courriel afin de normaliser la pratique et de manifester votre respect pour l'identité des autres.
  • Utiliser un langage non genré : Adressez-vous aux groupes en employant des termes inclusifs tels que « collègues » au lieu de « amis » qui doit prendre un « e » selon qu'il est écrit au masculin ou au féminin.
  • Éviter l'argot et le jargon : Ces termes peuvent nuire à la compréhension et être de possibles sources d'exclusion. Choisissez un langage clair et simple qui favorise la participation et l'inclusion de tout le monde.
  • Comprendre le contexte historique des expressions : Portez attention aux origines et aux connotations de certaines expressions. Par exemple, le fait d'utiliser « se faire laver le cerveau », une expression qui découle d'événements sombres du passé, peut blesser involontairement.

Ressources : Le pouvoir des mots et des images : guide pour une meilleure communication avec les personnes en situation de handicap, et à leur sujet; Exigences et meilleures pratiques d'accessibilité pour Outlook

Que faire pour favoriser l'inclusion lors des réunions?
  • Reconnaître la diversité et les dynamiques de pouvoir : Sachez reconnaître l'effet de ces facteurs sur la participation. Par exemple, lorsque vous faites une présentation, mentionnez vos pronoms pour normaliser cette pratique et faire de la place à l'inclusion.
  • Combattre la pression de conformité : Organisez les réunions de manière à encourager la diversité des points de vue. Tenez compte de la sécurité psychologique des personnes présentes en leur offrant plusieurs moyens de contribuer, par exemple à l'aide d'outils comme Miro ou Wooclap, et veillez à ce que chacun et chacune se sente à l'aise d'exprimer des opinions variées.
  • Assurer une participation équitable : Créez un espace où toute l'équipe peut faire sa part. Invitez activement les personnes qui s'expriment moins à apporter leur contribution, et surveillez l'équilibre de la participation pour vous assurer que personne n'est mis à l'écart.
  • Encourager les questions et la curiosité : Favorisez une culture qui encourage à poser des questions. Les leaders doivent fournir des réponses ouvertes et patientes et apprécier les personnes qui remettent en question le statu quo en posant des questions réfléchies.
  • Amplifier les voix les plus discrètes : Prévoyez des moments de silence pendant les discussions afin de donner aux personnes présentes le temps d'assimiler l'information et de traduire leurs pensées en mots. Les membres de l'équipe qui prennent moins souvent la parole se sentiront ainsi plus en confiance pour s'exprimer.
  • Établir un ordre du jour clair : Fournissez à l'avance le plan de la réunion en précisant les objectifs et le rôle de chaque membre de l'équipe. Tous et toutes pourront donc se préparer et participer pleinement à la réunion, même s'il ne leur est pas possible d'y assister en temps réel.
  • Réagir aux interruptions avec respect : Si une personne se fait interrompre, ramenez poliment la conversation vers elle pour qu'elle puisse faire valoir son point de vue en entier.
  • Prononcer les noms correctement : Prenez le temps d'apprendre et de prononcer correctement les noms des membres de l'équipe. C'est une preuve de respect envers leur identité.
  • Reconnaître les contributions : Soulignez les réussites de vos collègues. Nommez publiquement l'apport de vos collègues pour valoriser leur contribution.
  • Célébrer la différence : Accueillez et appréciez véritablement la diversité des origines, des compétences et des expériences de chaque membre de l'équipe. C'est ainsi qu'on favorise une culture d'inclusion.

Ressources : Guide de planification de réunions inclusives

Que faire pour améliorer l'accessibilité?
  • Choisir des lieux accessibles (en personne) : Veillez à ce que les endroits choisis soient accessibles aux personnes en situation de handicap. Avant l'activité, proposez des accommodements pour répondre aux besoins particuliers des personnes qui seront présentes.
  • Choisissez des dates et des horaires convenables : Organisez les activités au milieu de la journée de travail afin de ne pas écarter les personnes ayant un horaire de travail différent. Tenez également compte de la participation régionale et des différents fuseaux horaires, ainsi que des jours fériés comme la semaine de relâche en mars, les fêtes religieuses et les élections générales, de même que d'autres activités organisationnelles. Tous ces facteurs peuvent influencer la participation.
  • Assurer la diversité des intervenant·es et des points de vue : Veillez à ce que les présentateurs et présentatrices aient des origines et des opinions diverses afin de promouvoir l'inclusion, tant au niveau du contenu que de la présentation.
  • Faire de la place au bilinguisme : Veillez à permettre une participation totale et active dans les deux langues officielles en proposant des services de traduction ou d'interprétation si nécessaire. Si possible, il est préférable d'organiser des événements distincts (l'un en anglais, l'autre en français).
  • Fournir les bons outils aux intervenant·es : Veillez à ce que tout l'équipement nécessaire (casques, microphones, caméras) soit mis à la disposition des intervenant·es pour assurer la clarté de leurs présentations audio et visuelles. Demandez-leur d'adopter un rythme de parole approprié, ni trop rapide ni trop lent, pour accommoder l'auditoire dans son ensemble.
  • Prévoir des pauses santé : Pour les séances de plus longue durée, prévoyez des pauses santé régulières, et veillez à ce qu'elles aient lieu au bon moment pour donner aux gens l'occasion de se reposer et refaire le plein de motivation.
  • Distribuer les documents à l'avance : Veillez à ce que tous les courriels, documents et présentations soient accessibles et distribués aux participant·es et aux prestataires de services au moins une semaine avant la réunion pour leur permettre de s'y préparer.
  • Assurer une communication inclusive pendant l'événement : Les intervenant·es doivent se présenter, utiliser un langage simple, faire face à la caméra pour accommoder les personnes qui lisent sur les lèvres, et respecter le temps imparti par respect pour toutes les personnes présentes.
  • Donner la priorité à l'accessibilité dans la planification : Faites de l'accessibilité un aspect clé de l'organisation dès le départ, et non une réflexion après coup.

Ressource : Bonnes pratiques pour les événements virtuels accessibles

Ressources


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